Et Randal répond vaillamment: «Non.»

Cependant il ne pourra pas agir suivant la justice avant de savoir; son

sang s’y refuse, et ses nerfs exaspérés, et sa santé d’homme robuste. Il

doit savoir. Vaine entreprise que de travailler dans l’incertain: il

faut qu’il sache, il le faut avant tout.

A qui demander cela?--A elle? Oui, peut-être... plus tard, mais avec

quelles paroles?--A lui? certes... immédiatement.

Randal s’est assis devant sa table: il prend une plume, une feuille de

papier, un dictionnaire, car il veut écrire en français. Il s’applique;

il déchire un brouillon, puis deux. Il recommence. Son écriture sera

ferme et reposée; sa main obéira. Il écrit, il plie la feuille, il la

met sous enveloppe, il cachette l’enveloppe, il sonne le gardien de

nuit... Quand le gardien se présente, il s’aperçoit que c’est l’aube. La

lettre sera donc remise ce matin même, à dix heures.

Le messager parti, Randal va remercier Dieu; ensuite, il se couchera et

tentera de dormir, mais il reste encore, sans bouger, tout pâle,

harassé, les mains mortes sur la table.

«Cela a été très dur,» dit-il.

«_It has been very hard work._»

La conscience dans le mal: roman · 第 37 / 45 题