C'est ici que s'est arrêtée la culture étrangère; par delà le
christianisme, elle n'a pu greffer sur ce tronc barbare aucun rameau
fructueux ni vivant. Toutes les circonstances qui ailleurs avaient
adouci la séve sauvage, manquaient ici. Les Saxons avaient trouvé la
Bretagne abandonnée des Romains; ils n'avaient point subi comme leurs
frères du continent l'ascendant d'une civilisation supérieure; ils ne
s'étaient point mêlés aux habitants du sol; ils les avaient toujours
traités en ennemis ou en esclaves, poursuivant comme des loups ceux qui
s'étaient réfugiés dans les montagnes de l'Ouest, exploitant comme des
bêtes de somme ceux qu'ils avaient conquis avec le sol. Tandis que les
Germains de la Gaule, de l'Italie et de l'Espagne devenaient Romains,
les Saxons gardant leur langue, leur génie et leurs moeurs, faisaient en
Bretagne une Germanie hors de la Germanie. Cent cinquante ans après la
conquête, l'importation du christianisme et le commencement d'assiette
acquise par la société qui se pacifiait, firent germer une sorte de
littérature, et l'on vit paraître Bède le Vénérable, plus tard Alcuin,
Jean Érigène et quelques autres, commentateurs, traducteurs,
précepteurs de barbares, qui essayaient non d'inventer, mais de
compiler, de trier ou d'expliquer dans la grande encyclopédie grecque et
latine ce qui pouvait convenir aux hommes de leur temps. Mais les
guerres danoises vinrent écraser cette humble plante qui d'elle-même eût
avorté[68]. Quand Alfred[69] le libérateur devint roi, «il y avait
très-peu d'ecclésiastiques, dit-il, de ce côté de l'Humber, qui pussent
comprendre en anglais leurs prières latines, ou traduire aucune chose
écrite du latin en anglais. Au delà de l'Humber, je pense qu'il n'y en
avait guère; il y en avait si peu, qu'en vérité je ne me rappelle pas un
seul homme qui en fût capable, au sud de la Tamise, quand je pris le
royaume.» Il essaya, comme Charlemagne, d'instruire ses sujets, et mit
en saxon à leur usage plusieurs livres, surtout des livres moraux, entre
autres la _Consolation de Boëce_; mais cette traduction même témoigne de
la barbarie des auditeurs. Il récrit le texte pour l'approprier à leur
intelligence; les jolis vers de Boëce, un peu prétentieux, travaillés,
élégants, peuplés de souvenirs classiques, d'un style raffiné et serré,
digne de Sénèque, se changent en une prose naïve, longue, traînante, et
pourtant hachée, semblable à un conte de fées qu'une nourrice fait à un
enfant, expliquant tout, recommençant et brisant les phrases, tournant
dix fois autour d'un détail, tant il faut descendre pour se mettre au
niveau de cet esprit tout neuf, qui n'a jamais pensé et ne sait
rien[70].
[Footnote 68: Ils sentent eux-mêmes leur impuissance et leur
décrépitude. Bède, divisant l'histoire du monde en six périodes, dit que
la cinquième, qui s'étend du retour de Babylone à la naissance du
Christ, est la période sénile; la sixième est la présente, _ætas
decrepita_, _totius morte sæculi consummanda_.]
[Footnote 69: Mort en 901. Adlhem, mort en 709. Bède, mort en 735.
Alcuin vivait sous Charlemagne, Érigène sous Charles le Chauve.]
[Footnote 70: Voici le latin de Boëce, si étudié, si joli, et qu'on ne
saurait rendre en français.
«Quondam funera conjugis
Vates Threicius gemens,
Postquam flebilibus modis
Silvas currere, mobiles
Amnes stare coegerat,
Junxitque intrepidum latus
Sævis cerva leonibus,
Nec visum timuit lepus
Jam cantu placidum canem;
Cum flagrantior intima
Fervor pectoris ureret,
Nec qui cuncta subegerant
Mulcerent dominum modi;
Immites superos querens,
Infernas adiit domos.
Illic blanda sonantibus
Chordis carmina temperans,
Quidquid præcipuis Deæ
Matris fontibus hauserat,
Quod luctus dabat impotens,
Quod luctum geminans amor,
Deflet Tartara commovens,
Et dulci veniam prece
Umbrarum dominos rogat.
Stupet tergeminus novo
Captus carmine janitor;
Quæ sontes agitant metu
Ultrices scelerum Deæ
Jam moestæ lacrymis madent.
Non Ixionium caput
Velox præcipitat rota,
Et longa site perditus
Spernit flumina Tantalus.
Vultur dum satur est modis
Non traxit Tityi jecur.
Tandem, vincimur, arbiter
Umbrarum miserans ait.
Donemus comitem viro
Emptam carmine conjugem.
Sed lex dona coerceat,
Nec, dum Tartara liquerit,
Fas sit lumina flectere.
Quis legem det amantibus!
Major lex fit amor sibi.
Heu! noctis prope terminos
Orpheus Eurydicem suam
Vidit, perdidit, occidit.
Vos hæc fabula respicit,
Quicunque in superum diem
Mentem ducere quæritis.
Nam qui tartareum in specus
Victus lumina flexerit,
Quidquid præcipuum trahit
Perdit, dum videt inferos.
(Livre III, metrum 12)]
«Il arriva autrefois qu'il y avait un joueur de harpe dans le
pays qu'on appelait Thrace; c'était un pays en Grèce. Ce joueur
de harpe était extraordinairement bon. Son nom était Orphée. Il
avait une femme très-bonne, elle s'appelait Eurydice. Alors les
gens commencèrent à dire de ce joueur de harpe, qu'il savait si
bien jouer de la harpe que les bois dansaient et que les pierres
se remuaient au son, et que les bêtes sauvages accouraient à lui
et restaient là comme si elles eussent été apprivoisées, si
tranquilles que, quand même des hommes ou des chiens venaient
contre elles, elles ne les évitaient pas. Et on dit aussi que la
femme du joueur de harpe mourut et que son âme fut conduite en
enfer. Alors le joueur de harpe devint très-triste, si bien qu'il
ne pouvait plus demeurer avec les autres hommes; mais il allait
dans les bois, et s'asseyait sur les montagnes, la nuit comme le
jour, et pleurait et jouait de la harpe; alors les bois se
remuaient et les rivières s'arrêtaient, et nul cerf ne fuyait les
lions, et nul lièvre les chiens; et nulle bête ne ressentait peur
ou haine des autres, à cause de la douceur du son. Alors il
sembla au joueur de harpe que rien ne lui plaisait plus dans ce
monde. Alors il pensa qu'il pourrait aller trouver les dieux de
l'enfer, et essayer de les adoucir avec sa harpe, et les prier de
lui rendre sa femme.»
Voilà comme on parle quand on veut faire entrer une pensée bégayante.
Boëce avait pour lecteurs des sénateurs, des hommes cultivés qui
entendaient aussi bien que nous les moindres allusions mythologiques;
toutes ces allusions, Alfred est obligé de les reprendre, de les
développer, à la façon d'un père ou d'un maître qui prend entre ses
genoux son petit garçon, lui contant les noms, qualités, crimes,
châtiments que le latin ne fait qu'indiquer; mais l'ignorance est telle
que le précepteur lui-même aurait besoin d'être averti; il prend les
Parques pour les Furies, et donne gratuitement trois têtes à Caron comme
à Cerbère. Enfin, voici Orphée devant Pluton:
«Quand il eut longtemps et longtemps joué de la harpe, alors
parla le roi des habitants de l'enfer. Et il dit: Donnons à
l'homme sa femme. Car il l'a gagnée par sa musique. Il lui
commanda alors de bien faire attention de ne pas regarder par
derrière après qu'il serait parti, et dit que, s'il regardait par
derrière, il perdrait sa femme. Mais les hommes ont beaucoup de
peine, si même ils le peuvent, à retenir leur amour. Las! las!
Voilà qu'Orphée emmena sa femme avec lui jusqu'à ce qu'il fût
venu à la borne de la lumière et de l'obscurité. Puis venait
après lui sa femme. Quand il fut arrivé à la lumière, il regarda
derrière lui du côté de sa femme. Alors aussitôt elle fut perdue
pour lui.»
Nul ornement dans ce récit; nulle finesse comme dans l'original; Alfred
a bien assez de se faire comprendre. Que va devenir entre ses mains la
noble morale platonicienne, l'adroite interprétation imitée de
Jamblique et de Porphyre? Tout s'alourdit. Il faut appeler ici les
choses par leur nom, appliquer les yeux des gens sur une grosse idée
bien visible. Encore celle-ci est peut-être trop relevée pour eux:
«Cette fable apprend à tout homme qui veut fuir les ténèbres de
l'enfer et arriver à la lumière du vrai bien, à ne point regarder
ses anciens vices, de façon à les pratiquer derechef aussi
pleinement qu'auparavant. Car quiconque, avec une pleine volonté,
tourne son âme vers les vices qu'il avait auparavant quittés, et
les pratique, ils lui agréent pleinement, il ne pense jamais à
les quitter, et il perd tout son ancien bien, si derechef il ne
s'amende.»
Le sermon est approprié à son auditoire de thanes; les Danois, qu'Alfred
venait de convertir par l'épée, avaient besoin d'une morale claire. Si
on leur eût traduit exactement les derniers mots de Boëce, ils auraient
ouvert de grands yeux stupides et se seraient endormis.
C'est que tout le talent d'une âme inculte gît dans la force et dans la
sincérité de ses sensations. Hors de là, elle est impuissante; l'art de
penser et de raisonner est au-dessus d'elle. Ceux-ci perdent tout génie
en perdant leur fièvre ardente. Ils balbutient gauchement et lourdement
de sèches chroniques, sortes d'almanachs historiques. Vous diriez des
paysans qui, en sortant du labour, viennent inscrire avec de la craie,
sur une table enfumée, la date d'une disette, le prix du blé, les
changements de temps et les décès[71]. De même, à côté des maigres
chroniques de la Bible qui bégayent la suite des règnes et des
massacres juifs, se déploient l'exaltation des Psaumes et le délire des
prophéties. Le même poëte lyrique peut être tour à tour une brute et un
homme de génie, parce que son génie vient et s'en va comme une maladie,
et qu'au lieu de le posséder, il le subit:
[Footnote 71: Ingram's _Saxon chronicle_.]
«Année du Seigneur, 611. Cette année Cynegills succéda à la
royauté dans le Wessex et l'occupa trente et un hivers. Cynegills
était le fils de Céol, Céol celui de Cutha, Cutha celui de
Cyuric.
«614. Cette année Cynegills et Cwichelin combattirent à Bampton,
et tuèrent deux mille quarante-six Gallois.
«678. Cette année apparut une comète en août, et elle brilla
chaque matin pendant trois mois, comme un rayon de
soleil.--L'évêque Wilfrid ayant été chassé de son évêché par le
roi Everth, deux évêques furent consacrés à sa place.
«901. Cette année mourut Alfred, le fils d'Ethelwolf, six jours
avant la messe de tous les saints. Il était roi de toute la
nation anglaise, excepté de cette partie qui était sous le
pouvoir des Danois. Il tint le gouvernement trente hivers, moins
un an et demi. Et alors Edward, son fils, prit le gouvernement.
«902. Cette année il y eut un grand combat dans l'Holme entre les
hommes de Kent et les Danois.
«1077. Cette année furent réconciliés le roi des Franks et
Guillaume, roi d'Angleterre; mais cela ne dura que peu de temps.
Cette année Londres fut brûlée, la nuit d'avant l'Assomption de
sainte Marie, si terriblement qu'elle ne l'avait jamais été
autant depuis qu'elle fut bâtie.»
Ainsi parlent avec une sécheresse monotone les pauvres moines qui, après
Alfred, compilent et notent les gros événements visibles; de loin en
loin, quelques réflexions pieuses, un mouvement de passion, rien de
plus. Au dixième siècle, on voit le roi Edgard donner un manoir à un
évêque à condition qu'il mettra en saxon la règle monastique écrite en
latin par saint Benoît. Alfred lui-même est presque le dernier des
hommes cultivés; il ne l'est devenu, comme Charlemagne, qu'à force de
volonté et de patience. En vain les grands esprits de ce temps essayent
de s'accrocher aux débris de la belle civilisation antique, et de se
soulever au-dessus de la tumultueuse et fangeuse ignorance où les autres
clapotent; ils se soulèvent presque seuls, et, eux morts, les autres se
renfoncent dans leur bourbe. C'est la bête humaine alors qui est
maîtresse; l'esprit ne peut trouver sa place parmi les révoltes et les
appétits du sang, de l'estomac et des muscles. Même dans le petit cercle
où il travaille, son labeur n'aboutit pas. Le modèle qu'il s'est proposé
l'opprime et l'enchaîne dans une imitation qui le rétrécit; il n'aspire
qu'à bien copier; il fait des assemblages de centons qu'il appelle vers
latins; il s'étudie à retrouver les tournures vérifiées des bons
modèles; il n'arrive qu'à fabriquer un latin emphatique, gâté, hérissé
de disparates. En fait d'idées, les plus profonds récrivent les
doctrines mortes d'auteurs morts. Ils font des manuels de théologie et
de philosophie d'après les Pères; Érigène, le plus docte, va jusqu'à
reproduire les vieilles rêveries compliquées de la métaphysique
alexandrine. À quelle distance ces spéculations et ces réminiscences
planent-elles au-dessus de la grande foule barbare qui hurle et s'agite
dans les bas-fonds? nulle parole ne peut le dire. Il y a tel roi de
Kent, au septième siècle, qui ne sait pas écrire. Figurez-vous des
bacheliers en théologie qui disserteraient devant un auditoire de
charretiers, non pas de charretiers parisiens, mais de charretiers tels
qu'il y en a encore aujourd'hui en Auvergne ou dans les Vosges. Seul
parmi ces clercs qui pensent en écoliers studieux d'après leurs chers
auteurs, et sont doublement séparés du monde à titre d'hommes de collége
et à titre d'hommes de couvent, Alfred, à titre de laïque et d'esprit
pratique, descend par ses traductions en langue saxonne, par ses vers
saxons, à la portée de son public; et l'on a vu que son effort, comme
celui de Charlemagne, s'est trouvé vain. Il y avait un mur
infranchissable entre la savante littérature ancienne et l'informe
barbarie présente. Incapables d'entrer dans l'ancien moule, et obligés
d'entrer dans l'ancien moule, ils le tordaient. Faute de pouvoir refaire
les idées, ils refaisaient le mètre. Ils tâchaient d'éblouir leurs
collègues en versification par le raffinement de la facture et le
prestige de la difficulté vaincue. Pareillement, dans nos colléges, les
bons élèves imitent les coupes savantes et la symétrie de Claudien
plutôt que l'aisance et la variété de Virgile. Ils se mettaient des fers
aux pieds, et prouvaient leur force en courant avec leurs entraves. Ils
s'imposaient les règles de la rime moderne avec les règles de la
quantité antique. Ils y ajoutaient l'obligation de commencer chaque vers
par la même lettre que le précédent. Quelques-uns, comme Adlhem,
écrivaient des acrostiches carrés, où le premier vers, répété à la fin,
se retrouvait encore sur la gauche et sur la droite du morceau; ainsi
formé par les premières et dernières lettres de tous les vers, il
embrasse toute la pièce, et le morceau de poésie ressemble à un morceau
de tapisserie. Étranges tours de force littéraires, qui transforment les
poëtes en artisans; ils témoignent de la contrariété qui opposait alors
la culture et la nature et gâtait à la fois la forme latine et l'esprit
saxon.
Par delà cette barrière, qui séparait invinciblement la civilisation de
la barbarie, il y en avait une autre non moins forte qui séparait le
génie saxon du génie latin. La puissante imagination germanique, où les
visions éclatantes et obscures affluent subitement et débordent par
saccades, faisait contraste avec l'esprit raisonneur dont les idées ne
se rangent et ne se développent qu'en files régulières, en sorte que si
le barbare, dans ses essais classiques, gardait quelque portion de ses
instincts primitifs, il ne parvenait qu'à produire une sorte de monstre
grotesque et affreux. Un d'entre eux, cet Adlhem, parent du roi Ina, qui
sur le pont de la ville chantait à la fois des ballades profanes et des
hymnes sacrées, trop imbu de la poésie nationale pour imiter simplement
les modèles antiques, décora les vers latins et la prose latine de toute
«la pompe anglaise[72].» Vous diriez d'un barbare qui arrache une flûte
aux mains exercées d'un artiste du palais d'Auguste, pour y souffler à
pleine poitrine comme dans une trompe mugissante d'auroch. La langue
sobre des orateurs et des administrateurs romains se charge, sous sa
main, d'images excessives et incohérentes. Il accouple violemment les
mots par des alliances imprévues et extravagantes; il entasse les
couleurs; il atteint le galimatias extraordinaire et inintelligible des
derniers scaldes. En effet, c'est un scalde qui latinise, et transporte
dans son nouveau langage les ornements de la poésie scandinave, entre
autres la répétition de la même lettre, tellement que, dans une de ses
épîtres, il y a quinze mots de suite qui commencent de même, et que,
pour compléter ce nombre de quinze, il met un barbarisme grec parmi les
mots latins[73]. Maintes fois chez les autres, chez les légendaires, on
retrouvera cette déformation du latin violenté par l'afflux de
l'imagination trop forte. Celle-ci éclate jusque dans leur pédagogie et
leur science. Alcuin, dans les dialogues qu'il compose pour le fils de
Charlemagne, emploie en manière de formules les petites phrases
poétiques et hardies qui pullulent dans la poésie nationale. «Qu'est-ce
que l'hiver? L'exil de l'été.--Qu'est-ce que le printemps? Le peintre de
la terre.--Qu'est-ce que l'année? Le quadrige du monde.--Qu'est-ce que
le soleil? La splendeur de l'univers, la beauté du firmament, la grâce
de la nature, la gloire du jour, le distributeur des heures.--Qu'est ce
que la mer? Le chemin des audacieux, la frontière de la terre,
l'hôtellerie des fleuves, la source des pluies.» Bien plus, il achève
ses instructions par des énigmes dans le goût des scaldes, comme on en
trouve encore dans les vieux manuscrits avec les chants barbares.
Dernier trait du génie national, qui, lorsqu'il travaille à comprendre
les choses, laisse de côté la déduction sèche, nette, suivie, pour
employer l'image bizarre, lointaine, multipliée, et remplace l'analyse
par l'intuition.
[Footnote 72: Mot de Guillaume de Malmesbury.]
[Footnote 73: Primitus (pantorum procerum prætorumque pio potissimum
paternoque præsertim privilegio) panegyricum poemataque passim prosatori
sub polo promulgantes, stridula vocum symphonia ac melodiæ cantilenæque
carmine modulaturi hymnizemus.]