H. DE RIGNY

Mons, 15.

Je vous remercie bien d'avoir pensé à moi. C'est une bien bonne

distraction pour un malade qu'un souvenir d'amitié; je suis dans un

assez triste état; je suffoque jour et nuit. Les douleurs aiguës ont

un peu cédé, mais il me reste un mal que je ne comprends pas et que je

crois n'être pas plus compris des médecins; le mien vient de repartir

pour rejoindre la caravane avec laquelle voyage Thiers.

Vous me dites que j'ai eu tort de partir avant que rien ne fut

décidé; mais d'abord rien ne devait se faire qu'au retour de Thiers,

et je ne prévoyais pas que je serais impotent. Ce qui se fera, je ne

le sais; j'ai eu une explication avec le Roi la veille de mon départ.

Son embarras est grand, entre Gérard, auquel il a promis, et

Sebastiany auquel il a promis encore.

Celui-ci veut s'en retourner à Londres maréchal; l'autre veut la

légion d'honneur; il faut que ces prétentions là soient satisfaites

avant les miennes. Cependant, aux tourments que j'endure et qui ne

sont dus qu'à ce voyage de Naples, il me semble qu'on me devrait

compter aussi.

J'aurai fait triste figure à votre dîner de M{de} de Lieven, moi qui

n'ai pas voulu aller à Pétersbourg. Maison ne demanderait mieux que de

donner sa place à Sebastiany.

Du reste, je ne sais rien de ce qui se passe, je désire beaucoup être

en état de monter en voiture car je m'ennuie fort ici. Mais comment

faire avec 3 vésicatoires, des cataplasmes et des synapismes sur tout

le corps; la patience commence à être à bout.

Quant à M{de} de Rigny elle quitte décidément le pays, ce qui la force

à rester jusqu'à la fin du mois pour ses arrangements de cloture.

Voulez vous faire mes compliments à Mr Pasquier.

J'aurais voulu lui dire mon entrevue avec le Roi qui m'a dit qu'il n'y

avait plus que Duperré qui fit obstacle et qu'il était, lui,

consentant à me nommer amiral.

Adieu, madame, que votre bonté ne s'épuise pas.

mille hommages

Récits d'une tante (Vol. 3 de 4) Mémoires de la Comtesse de Boigne, née d'Osmond · 第 59 / 106 题