À moins d'empéchements absolus, je compte arriver à Paris lundi 26.
M{de} de Rigny vient avec moi, et le médecin qui m'a traité m'accompagne
une partie de la route; c'est une entreprise que je fais car je ne sais
si je supporterai la voiture. J'ai beaucoup souffert; depuis hier je
suis plus calme et j'ai enfin pu dormir artificiellement deux ou trois
heures. J'étais venu ici pour des affaires dont il m'a été impossible de
m'occuper. Je les laisse en souffrance; quant à celles de Paris, je
m'en occuppe encore moins; il parait qu'on trouve des difficultés à
tout. Je ne sais pas ce qui fait dire que je demande qu'on renvoie Seb.
de Londres pour m'y mettre ou qu'on renvoie Dup. de la marine pour m'y
mettre encore. Je n'ai rien demandé de tout cela; je ne désire la place
de personne, j'ai le jour de mon départ, demandé au Roi quelles
objections il avait à me nommer amiral, il a fini par me dire aucune!
Je demande un grade qui n'est et ne peut être l'ambition de personne,
mais il faut que je trouve là Seb. à la traverse. Les arrangements
ministériels devaient se faire au retour de Thiers; la vérité est que
si on ne les brusque pas, il ne se fera rien.
Je serai vraisemblablement plusieurs jours à Paris sans pouvoir
sortir. Si M. Pasquier pouvait disposer d'un 1/4 d'heure pour moi, je
lui en serai bien reconnaissant, le mardi ou le mercredi; de cette
manière, j'aurai de vos nouvelles.
J'ai besoin de vous dire combien j'ai été sensible à vos bonnes
attentions, et de vous renouveler tous mes hommages.