L'ambassadeur d'Autriche refuse de reconnaître les titres des
maréchaux de l'Empire. -- Cercles chez le Roi. -- Indemnité des
émigrés. -- Influence du parti prêtre. -- Naissance de Jeanne
d'Osmond.
La Cour de Vienne n'avait jamais consenti à reconnaître les titres,
allemands ou italiens, que l'empereur Napoléon avait distribués à ses
généraux. Celle de France, de son côté, ne voulait pas leur imposer
l'ordre de les quitter; et cette difficulté restait pendante entre les
deux gouvernements, sans que les titulaires eussent à s'en mêler.
Depuis 1814, l'ambassadeur d'Autriche, baron de Vincent, avait
dissimulé cette situation de manière à éviter toute tracasserie. Il
était garçon et n'avait pas de soirées de réceptions; ses politesses
se bornaient à des dîners. Il invitait de vive voix, monsieur le
maréchal ou monsieur le duc, sans ajouter de nom au titre; et,
lorsqu'il attendait quelque personnage de cette espèce, il avait le
soin de se placer assez près de la porte pour que le valet de chambre
ne se trouvât point dans le cas de l'annoncer. Cela se passait si
naturellement que ce manège s'est renouvelé pendant de longues années
sans que personne le remarquât.
Il en fut tout autrement à l'arrivée du comte Appony. Celui-ci voulait
tenir une très grande maison et débuter avec éclat. Des billets
d'invitation furent envoyés au maréchal Soult, au maréchal Oudinot, au
maréchal Marmont, etc. On ne s'en formalisa pas. Tous y allèrent.
Mais leurs femmes, plus qu'eux-mêmes, avaient l'habitude de porter
exclusivement le nom du titre. Il fallut bien finir par remarquer que,
lorsque les domestiques avaient donné le nom de la duchesse de
Dalmatie ou de Reggio, le valet de chambre proclamait la maréchale
Soult ou la maréchale Oudinot. Cela devint encore plus marqué lorsque
les belles filles, qui n'avaient jamais porté d'autre nom que celui du
titre, se le virent refuser et que les duchesses de Massa et d'Istrie
se virent annoncer comme mesdames Régnier et Bessières. Une
explication devint nécessaire.
Il y eut un cri général de réprobation. Tout ce qui était militaire
déserta en masse les salons de l'ambassade d'Autriche. Il faut rendre
justice à qui de droit; des personnes très ultra se montrèrent
vivement offensées de cette impertinence [faite] à nos nouvelles
illustrations. Il aurait été facile d'éviter cet esclandre; mais le
comte Appony n'était pas adroit et le baron de Damas, alors ministre
des affaires étrangères, aussi borné qu'exclusivement émigré, ne
comprenait pas que cela dût élever la moindre clameur.
Charles X ne s'en tenait nullement pour offensé; il exigea même que
les courtisans, attachés à sa personne, ne s'éloignassent pas de
l'ambassade. Louis XVIII aurait ressenti cet affront par politique.
Aussi la Cour de Vienne ne fit-elle pas cette entreprise pendant son
règne. Après qu'on eut bien crié, que la société se fut divisée et
querellée, les beaux bals et les élégants déjeuners ramenèrent bien du
monde chez la comtesse Appony. Toutefois, la position de l'ambassadeur
resta gauche et gênée. Beaucoup de gens ne voulaient pas aller chez
lui et savaient mauvais gré au Roi de ne témoigner aucun
mécontentement.
On a beaucoup dit que la liste civile se trouvait fort obérée à la
mort de Louis XVIII et que c'était en lui présentant l'espoir d'en
combler le déficit que monsieur de Villèle était parvenu à rendre
Charles X si zélé pour sa loi du trois pour cent et l'arrangement fait
à ce sujet avec la maison Rothschild; mais ces propos étaient tenus
par l'opposition; et, je ne saurais assez le répéter, rien n'est si
mal informé que les oppositions. Il ne faut guère les écouter quand on
veut conserver de l'impartialité: soit qu'elles entrent sincèrement
dans la voie de l'erreur, soit qu'elles mentent avec connaissance de
cause, on ne trouve presque jamais la vérité dans leurs rangs. Ce
qu'il y a de sûr, c'est que Charles X quêtait des voix pour la loi
d'une manière si ostensible que, moi-même j'en ai été témoin au cercle
des Tuileries.
Madame la Dauphine voulut animer la Cour, et, le deuil du feu Roi
terminé, elle décida Charles X à donner des spectacles et des cercles.
On annonça qu'il y en aurait chaque semaine. Cela ne dura guère.
Bientôt le Roi et surtout monsieur le Dauphin s'en ennuyèrent.
Madame la duchesse de Berry, que cela gênait, n'y encourageait pas.
Madame la Dauphine avait fait violence à ses goûts en cherchant à
attirer plus de monde autour d'elle. Se voyant si peu secondée, elle y
renonça, et, les dernières années, il n'y avait plus que deux ou trois
cercles par hiver et point de spectacle, hormis pour les occasions
telles que les visites de princes souverains.
Les cercles se tenaient dans les grands appartements, depuis le
cabinet du Roi jusqu'au salon de la Paix. Toutes les personnes
invitées devaient être réunies avant l'arrivée de la famille royale,
car alors on fermait les portes et la sortie n'était pas plus permise
que l'entrée. On n'admettait pas de distinction de pièces. Cependant
les duchesses affectaient de prendre possession de la salle du trône.
Les princes faisaient leur tournée, selon leur rang d'étiquette,
parlant à tout le monde.
Le Roi se plaçait ensuite au jeu dans le cabinet du conseil où il n'y
avait d'autre meuble que la table, son fauteuil et les trois sièges
nécessaires aux personnes faisant sa partie. C'était ordinairement une
femme titrée, un ambassadeur et un maréchal.
Madame la Dauphine se mettait à une table de jeu dans le salon du
trône, madame la duchesse de Berry dans le salon de la Paix, madame la
duchesse d'Orléans dans le salon bleu. Ces princesses nommaient pour
leurs parties qui n'étaient établies que pour la forme. Chacun suivait
leur exemple et s'attablait souvent sans toucher aux cartes.
Le Roi lui-même ne jouait pas sérieusement. Hommes et femmes allaient
faire le tour de sa table; cela s'appelait faire sa cour au Roi. On se
plantait vis-à-vis de lui jusqu'à ce qu'il levât les yeux sur vous; on
faisait alors une grande révérence et ordinairement il adressait
quelques mots aux postulants. Les très zélés répétaient cette
cérémonie à la table de toutes les princesses.
Je ne saurais dire ce que devenait monsieur le Dauphin; je crois qu'il
s'en allait après la première tournée. Au bout d'une heure environ, le
Roi donnait le signal; tout le monde se levait; il rentrait dans les
salons. Les politesses alors étaient moins banales; elles ne
s'adressaient plus qu'aux élus.
C'est dans cette circonstance que j'ai vu Charles X, allant de député
en député, les encourager du geste et de la voix pour obtenir leur
vote. Il faisait aussi des frais vis-à-vis des pairs, mais on voyait
que c'était avec moins d'abandon et de confiance. Monsieur de Villèle
lui avait inspiré une sorte de jalousie de la pairie qu'il regardait
comme trop indépendante.
À dix heures du soir ces assemblées, qu'on désignait du nom
_d'appartement_ et où l'on assistait en costume de Cour, étaient
finies.
On portait aussi l'habit de Cour pour les spectacles. Madame la
Dauphine aurait voulu faire revivre l'usage de s'inscrire pour y être
invité, mais cela ne put s'établir. Les capitaines des gardes
envoyaient des billets, en avertissant de les rendre si on ne pouvait
en profiter. Du reste, on pouvait leur en demander et même cela était
bien vu, d'autant qu'il y avait rarement assez de femmes présentées
pour remplir les grandes loges. Elles étaient principalement occupées
par les personnes d'une piété assez affichée pour refuser d'aller au
spectacle de la ville, quoique ce fussent les mêmes pièces jouées par
les mêmes acteurs. Leurs directeurs faisaient exception pour le
théâtre des Tuileries et les autorisaient à s'y aller divertir.
Les demoiselles, auxquelles on ne permettait pas _Polyeucte_ aux
Français, étaient menées, en sûreté de conscience, voir un vaudeville
grivois dans les petites loges de la salle royale. Au surplus, le coup
d'oeil était fort brillant, et la Cour avait grand air dans ces
occasions.
On distribuait abondamment des rafraîchissements, très bons, dans des
verres de cabaret et des soucoupes de faïence portés sur des plateaux
de tôle. Rien de ce qui tenait au matériel n'était soigné chez le Roi.
Madame la Dauphine n'avait pas de maison. Chez madame la duchesse de
Berry, ces détails étaient bien entendus et fort élégants.
Monsieur de Villèle, poussé jusque dans ses derniers retranchements,
ne put résister plus longtemps aux clameurs de son monde qui demandait
la loi sur l'indemnité des émigrés. Cette fois, elle fut séparée du
projet de réduction sur les rentes. Cependant ce cachet de spoliation
lui avait été précédemment imprimé et les intérêts révolutionnaires
s'en trouvant lésés eurent bien soin qu'elle ne pût s'en laver.
Il aurait été possible de lui donner un caractère politique et
national, mais ce n'était pas l'intention du parti qui la proposait.
Il la voulait réactionnaire et privilégiée et repoussait, à grands
cris, l'idée d'assimiler les pertes causées par la loi du maximum et
par la suppression des dotations militaires de l'Empire à celles
subies par les émigrés.
La discussion de cette loi d'indemnité mit le comble au dégoût. Les
gazettes de l'opposition donnèrent la liste nominale des émigrés, ou
fils d'émigrés, siégeant à la Chambre des députés. Le chiffre se
trouva en rapport exact avec celui qui votait d'acclamation tous les
articles, ou amendements, portant avantage pour eux.
Chaque séance était employée à soutirer quelques liards de plus, en
évitant toutefois de laisser insérer aucune expression qui indiquât un
compte final. On voulait, au contraire, laisser la porte ouverte à de
nouvelles réclamations. Les acquéreurs de biens nationaux, couverts
d'insultes par les orateurs de la majorité, étaient bien et dûment
avertis que les émigrés ne se tiendraient pas pour satisfaits et
comptaient encore sur de nouvelles chances en leur faveur. De sorte
que ce milliard, destiné à combler le _gouffre des révolutions_, selon
l'expression du gouvernement, ne fit que le creuser plus profondément.
Les haines personnelles et de parti s'envenimèrent; les acquéreurs ne
furent point rassurés. Les terres n'en prirent pas une plus grande
valeur. Malgré la défense de proclamer leur origine, les ventes ne
cessèrent pas d'afficher les biens comme patrimoniaux toutes les fois
qu'ils ne venaient pas de confiscations.
La noblesse acheva de se déconsidérer, et, enfin, les émigrés
eux-mêmes se plaignirent avec raison, car les plus grosses sommes
tombèrent entre les mains de gens que les places et les bienfaits de
la Cour avaient déjà amplement dédommagés de pertes toujours
présentées avec exagération.
Monsieur de Villèle ne démentit pas, dans cette circonstance, ses
habitudes de finesse intrigante. Il fit assigner cent millions à une
réserve, qu'il baptisa du nom de _fonds commun_, destinée à indemniser
ceux des émigrés qui, à la fin de la liquidation, se trouveraient trop
maltraités dans les catégories ordonnées par la loi. Ce fonds commun,
qui devait être distribué à peu près arbitrairement, devint l'étoile
polaire de tous les émigrés, de tous les députés, surtout de tous les
courtisans, et le leurre par lequel monsieur de Villèle tenait tout ce
monde enchaîné à sa fortune.
Dieu seul sait à combien de milliards s'élevèrent les châteaux en
Espagne, bâtis sur les espérances de ces cent millions que monsieur de
Villèle disait, à d'autres, avoir arraché à la rapacité des
prétendants, avec l'intention de les employer à des objets d'utilité
générale et spécialement aux routes restées, depuis l'invasion, dans
un pitoyable état de dégradation.
La crainte de perdre une partie notable de leur revenu avait engagé
presque tous les rentiers à mettre leurs fonds entre les mains de
spéculateurs, pendant que le peu de confiance dans la solidité des
gouvernements faisait répugner aux entreprises éloignées. Ces deux
dispositions, qui se contredisaient entre elles, donnèrent un prix
extravagant aux terrains dans Paris. Partout on commença des bâtisses;
la plupart ne purent s'achever. Les acquéreurs se trouvèrent ruinés,
et beaucoup de petits rentiers, dans la crainte de perdre un
cinquième de leur revenu, virent leurs capitaux s'évanouir en entier.
Il ne manquait pas de gens pour accuser la noblesse et les classes
privilégiées d'avoir entraîné ces catastrophes en grevant l'État d'un
milliard d'indemnité qu'il avait fallu se procurer par la réduction du
revenu des rentiers. Ce n'était pourtant là qu'une thèse déclamatoire,
exploitée à profit par les ennemis du gouvernement auxquels les
âpretés de la discussion avaient donné beau jeu.
Le fait était que monsieur de Villèle, circonvenu par quelques riches
banquiers et tous les agents d'affaires qui comptaient en tirer un
immense profit, s'était persuadé que son plan du trois pour cent était
la plus belle conception de l'esprit humain et devait le présenter à
la postérité comme le plus grand financier du monde civilisé. Une
autre considération n'était pas sans poids auprès de lui. L'opération
devait durer cinq années à se compléter, pendant lesquelles il se
croyait sûr de conserver le ministère et d'asseoir son pouvoir de
façon à le rendre inébranlable. La malveillance a ajouté qu'il
espérait aussi gagner de l'argent pour son compte. Je le croîs assez
chaste sous ce rapport et aussi modéré dans la cupidité qu'immodéré
dans l'ambition.
Le trois pour cent était devenu son idée fixe, le faire monter à la
Bourse sa pensée dominante. Quiconque voulait obtenir sa faveur
n'avait qu'à en acheter, et bien des gens ont suivi ce chemin pour
arriver à des places qu'ils auraient vainement sollicitées par un
autre moyen.
La désastreuse affaire de l'indemnité de Saint-Domingue fut faite
uniquement pour procurer quelques jours de hausse au trois pour cent.
Malgré tous ces soins, il y eut bientôt une réaction. Les fonds
tombèrent, les spéculations de terrains firent banqueroute, et il y
eut une espèce de débâcle qui donna de vives inquiétudes.
Pendant ce temps, la Congrégation ne cessait pas de presser monsieur
de Villèle d'accomplir ses promesses et le trouvait de plus en plus
récalcitrant. La loi sur les communautés de femmes avait passé à
grand'peine, dans la Chambre des pairs, et avec un amendement qui
proscrivait formellement les communautés d'hommes.
Néanmoins, les maisons de jésuites se formaient partout; elles
voulaient obtenir la garantie d'une loi, au lieu d'une protection de
tolérance. L'établissement de Saint-Acheul, près d'Amiens, s'était
créé avec une rapidité inouïe, et toutes les personnes qui voulaient
se faire bienvenir aux Tuileries confiaient leurs fils aux jésuites de
Saint-Acheul et leurs filles aux dames du Sacré-Coeur. Les chefs
politiques de la Société de Jésus avaient élu domicile dans leur
maison de Montrouge. C'était là que s'ourdissaient les intrigues et où
ils étaient en rapport avec leurs affiliés de la Cour et de la ville.
J'ai bien des fois rencontré les plus actifs sur la route de
Montrouge.
On avait hâté le moment où monsieur le duc de Bordeaux devait passer
aux hommes. Cela était d'autant plus remarquable que madame de Gontaut
lui donnait la meilleure éducation qu'un enfant pût recevoir. Le jeune
prince prospérait de toute façon entre ses mains; mais on voulait le
marquis de Rivière établi aux Tuileries et ayant un accès encore plus
facile auprès du Roi.
J'ai raconté, fort au long, comment l'un et l'autre s'étaient jetés
dans les idées religieuses, dans le même temps et par la même voie,
ainsi que l'espèce de sympathie établie entre eux par cette
similitude.
Monsieur de Rivière, honnête et loyal mais aussi borné que peu
éclairé, était complètement jésuite de robe courte, et obéissait
implicitement à ses supérieurs dans l'ordre. Il entraînait le Roi à
toutes les mesures les plus déplaisantes au pays, en croyant
consciencieusement accomplir un devoir.
L'opinion publique était déjà fort exaspérée lorsque monsieur de
Montlosier adressa, à la Chambre des pairs son _Mémoire à consulter_
contre les jésuites. Cet ouvrage eut un succès de vogue, et la voix de
ce vieux défenseur, du Roi et de la religion, venant dénoncer le
_parti prêtre_, eut un prodigieux retentissement dans le pays.
L'expression frappa d'une façon indélébile les intrigants de
sacristie. L'appellation de _parti prêtre_ remplaça souvent celle de
Congrégation et rendit encore plus impopulaires ceux qui méritaient
d'y être rangés.
La Révolution a laissé en France beaucoup de religion, mais peu de
bienveillance pour ses ministres; et, dès qu'un ecclésiastique veut
ajouter l'influence politique à l'influence religieuse, il perd toute
considération. On ne le tolère qu'à l'église ou au lit du pauvre;
mais, là, on le respecte et le révère. Je ne sais si c'est mieux ou
plus mal, mais c'est ainsi que la Révolution nous a faits. Le Roi, le
clergé et les émigrés ne voulaient pas plus se l'avouer que les autres
faits accomplis en leur absence. Toutefois, le mémoire de monsieur de
Montlosier, et l'effet qu'il produisit dans le public, arrêta un
moment le vol des prétentions jésuitiques. Monsieur de Villèle, leur
aurait volontiers coupé les ailes, s'il avait osé.
Nous eûmes à cette époque une grande joie de famille. La santé de ma
belle-soeur, toujours très délicate, avait été encore affaiblie par
trois fausses couches successives, et nous désespérions de lui voir
des enfants lorsque, le premier janvier 1827, après neuf ans de
mariage, elle accoucha d'une fille. Cet événement, si désiré et si
longtemps attendu, nous causa une vive satisfaction, et je dois dire
que le public sembla y prendre une part fort obligeante. Madame la
Dauphine témoigna un très grand intérêt à ma belle-soeur; elle
envoyait d'heure en heure demander de ses nouvelles, et un de ses
valets de pied attendait la naissance de l'enfant pour aller la lui
dire.
Je me rappelle avoir assisté, le surlendemain, à la grande réception
de nouvel an au Palais-Royal et y avoir été assaillie des compliments,
en apparence sincères, de tous les gens que je connaissais et même de
beaucoup sur les figures desquelles j'avais peine à mettre un nom.
Peut-être voulut-on, dans cette occasion, faire compensation à
l'explosion de malveillance qui avait éclaté au sujet du mariage de
mon frère. Aucun de nous ne pensa à faire reproche à Jeanne d'être une
petite fille.
Deux ans et demi après (le 24 juin 1829), nos voeux furent comblés par
la naissance de son frère, Rainulphe d'Osmond, à qui ces récits de la
vieille tante sont destinés. S'il tient ce qu'il promet à huit ans, il
y a espoir qu'il deviendra un homme distingué.