MON CHER COUSIN,

«J'ai trouvé ma fille, comme je m'y attendais, désespérée d'avoir

à contracter une union avec sir Frédéric d'une manière si subite

et si inattendue. Elle ne conçoit pas même le péril dans lequel

nous nous trouvons, et jusqu'à quel point nous nous sommes

compromis; employez toute votre influence sur sir Frédéric pour

l'engager à modifier ses demandes. Je n'ai ni le pouvoir, ni même

la volonté d'engager ma fille à une démarche dont la précipitation

est contraire à toutes les règles des convenances et de la

délicatesse. Vous obligerez votre cousin,

«R. V.»

Dans le trouble qui l'agitait, les yeux obscurcis par les larmes,

l'esprit en proie aux alarmes et aux soupçons, Isabelle comprit à

peine le sens de ce qu'elle venait de lire, et ne remarqua pas que

cette lettre, au lieu d'appuyer sur la répugnance que lui causait

ce mariage, ne parlait que du délai trop court qu'on lui accordait

pour s'y décider.

Ellieslaw tira le cordon d'une sonnette, et donna son billet à un

domestique, avec ordre de lui rapporter sur-le-champ la réponse de

M. Mareschal. En attendant, il se promena en silence, d'un air

fort agité. Enfin le domestique revint, et lui remit une lettre

ainsi conçue:

Le nain noir · 第 18 / 24 题