CHAPITRE III.

_Changemens survenus dans la fortune des grands et du parlement

pendant les guerres civiles._

Quelques soins que la maison de Guise eût pris de ne point laisser

affoiblir l’opinion que le public avoit depuis si long-temps de

la puissance royale, il doit paroître surprenant qu’un prince qui

succédoit à des rois aussi odieux et aussi méprisés que Charles IX et

Henri III, ait pu reprendre subitement le pouvoir le plus absolu. Les

prérogatives de la couronne n’avoient pas été, il est vrai, bornées

et fixées par des lois; mais comment la licence des guerres civiles,

et le mépris qu’on avoit eu pour Catherine de Médicis et ses fils,

n’avoient-ils pas du moins donné plus de fierté aux esprits, et fait

contracter de nouvelles habitudes qui gêneroient l’ambition du prince

qui monteroit sur le trône? Une nation est comme une vaste mer, dont

les flots sont encore agités après que les vents qui les soulevoient,

ont cessé de souffler. En effet, Henri IV n’auroit joui, malgré ses

talens, que d’une autorité équivoque et contestée, si pendant le

cours des guerres civiles, il n’étoit survenu dans la fortune des

grands et du parlement des changemens considérables, qui étoient autant

d’obstacles à l’inquiétude qui devoit les agiter.

La révolution que souffrit la pairie étoit préparée depuis long-temps;

et il faut se rappeler que, quoique les nouveaux pairs que

Philippe-le-Bel et ses successeurs avoient créés, lussent dans leurs

patentes qu’ils étoient égaux aux anciens pairs, et devoient jouir

des mêmes prérogatives; les esprits s’étoient refusés à ces idées,

et l’opinion publique, qui décide souverainement des rangs et de la

considération qui leur est due, ne confondit point les anciens et les

nouveaux pairs: il y eut une telle différence entre eux que le duc de

Bretagne, loin d’être flatté de se voir élevé à la dignité de pair,

craignit au contraire que les anciennes prérogatives de son fief n’en

fussent dégradées; possédant une seigneurie plus puissante et plus

libre que celle des nouveaux pairs, il eut peur qu’on ne voulût le

réduire aux simples franchises dont jouissoient le duc d’Anjou et le

comte d’Artois. Yoland de Dreux, duchesse de Bretagne, eut sans doute

raison de demander à Philippe-le-Bel une déclaration[327] par laquelle

il assuroit que l’érection du duché de Bretagne en pairie ne porteroit

aucun préjudice au duc et à la duchesse de Bretagne ni à leurs enfans.

Cette précaution étoit sage: quand on contesteroit quelques droits à

la Bretagne, il devoit arriver qu’on consultât moins les anciennes

coutumes qui les autoriseroient, que les priviléges ordinaires dont

les nouvelles pairies seroient en possession, et que le conseil du roi

seroit intéressé à regarder comme le droit commun de la pairie.

La même vanité qui avoit porté les ducs de Normandie, de Bourgogne

et d’Aquitaine, ainsi que les comtes de Champagne, de Toulouse et

de Flandre à se séparer des seigneurs qui relevoient comme eux

immédiatement de la couronne[328], pour former un ordre à part dans

l’état, les empêcha encore de se confondre avec les seigneurs à qui

le roi avoit attribué le titre de la pairie: ils prétendoient que ces

pairs de nouvelle création n’étoient pas pairs de France, mais tenoient

seulement leurs terres en pairie; et le public admit cette distinction,

que ni lui ni les pairs n’entendoient pas, mais qui supposoit

cependant une différence entre les anciens et les nouveaux pairs.

Quelque passion qu’eussent ces derniers de s’égaler aux autres, ils

ne pouvoient se déguiser à eux-mêmes la supériorité de l’ancienne

pairie. La nouvelle, formée dans un temps où le gouvernement féodal

faisoit place à la monarchie, n’étoit assise ordinairement que sur

des terres déjà dégradées, ou sur des terres que les rois avoient

données en apanage à des princes de leur maison. Quand les nouveaux

pairs auroient été mis en possession des mêmes prérogatives que les

anciens, ils n’en auroient pas en effet joui, ou n’en auroient joui que

d’une manière précaire, parce qu’ils n’avoient pas les mêmes forces

pour les conserver malgré le roi, et que l’inégalité des forces met

une différence réelle entre les dignités qui d’ailleurs sont les plus

égales. Il est si vrai que l’opinion publique n’avoit pas confondu les

anciennes et les nouvelles pairies, qu’après l’union des premières

à la couronne, les nouveaux pairs ne parurent pas sous leur nom aux

cérémonies les plus importantes, telles que le sacre des rois; mais y

représentèrent les anciens pairs qui n’existoient plus, et c’étoit

avouer bien clairement que la nouvelle pairie étoit inférieure en

dignité à l’ancienne.

Malgré cette espèce de dégradation, tout contribua cependant à faire de

la nouvelle pairie la dignité la plus éminente et la plus importante de

l’état. Elle ne fut conférée qu’à des princes de la maison royale, qui,

sous les fils de Philippe-le-Bel, se trouvant tous appelés au trône,

acquirent une considération qu’ils n’avoient point[329] eue, tant qu’il

avoit été incertain si la royauté étoit une seigneurie masculine, ou

seroit soumise au même ordre de succession que les grands fiefs qui

passoient aux filles. La nouvelle pairie conserva un rang supérieur

aux distinctions qui furent attachées à la dignité de prince du sang;

les princes qui en étoient revêtus, prirent le pas sur[330] ceux

qui étoient plus près de la couronne dans l’ordre de la succession,

mais qui n’étoient pas pairs, et cet usage établit comme un principe

la supériorité de la pairie sur la dignité de prince de la maison

royale. La révolution arrivée à notre gouvernement, sous le règne de

Charles VI, ne fut pas moins favorable à la pairie; car les pairs

en qualité de pairs n’auroient point eu un prétexte aussi plausible

qu’en qualité de princes du sang, de s’emparer de l’administration du

royaume. Quoiqu’ils se regardassent comme les colonnes de l’état[331]

et les ministres de l’autorité royale, il étoit juste que dans des

troubles qui intéressoient plus le sort de la maison régnante que celui

de l’état, ils eussent moins de part aux affaires que les héritiers

nécessaires de la couronne. Les pairs qui vraisemblablement auroient

été dégradés s’ils n’avoient pas été princes, acquirent au contraire

un nouveau degré de crédit par l’autorité dont ils s’emparèrent comme

princes.

Tant que les pairs furent princes du sang, on ne songea point à mettre

une distinction entre leurs dignités, qui, si je puis parler ainsi,

s’étayant réciproquement, jouirent des mêmes prérogatives. On étoit

même si accoutumé à voir les princes pairs précéder ceux qui n’étoient

pas revêtus de la même dignité, que des princes étrangers à qui la

pairie fut conférée eurent le même avantage, et dans les cérémonies

occupèrent une place supérieure à celle des princes du sang qui

n’étoient pas pairs. C’est ainsi, pour en donner un exemple, qu’au

sacre de Henri II[332], le duc de Guise et le duc de Nevers prirent

le pas sur le duc de Montpensier. Mais en voyant élever à la pairie

d’autres personnes que les princes du sang, il étoit aisé, si je ne me

trompe, de prévoir sa décadence prochaine. Dans une monarchie telle

que la nôtre, et gouvernée par une coutume que nous appelons la loi

salique, c’étoit beaucoup que l’orgueil du sang royal ne fût pas choqué

de céder le pas à un prince d’une branche cadette, et il ne falloit

point s’attendre à la même condescendance pour des familles étrangères

à la maison royale.

Dès qu’un prince de cette maison régnante se plaindroit de se voir

précéder par une famille sujette, le public devoit trouver ses plaintes

légitimes; et le roi, par l’intérêt de sa vanité, devoit établir

une nouvelle coutume, et laisser un long intervalle entre sa maison

et les familles les plus distinguées de l’état. En effet, le duc de

Montpensier fit sa protestation sur la prétendue injure qu’il croyoit

avoir reçue au sacre de Henri II; et vraisemblablement cette querelle

naissante auroit été dès-lors terminée, si le duc de Guise, qui

gouvernoit le roi par la duchesse de Valentinois, n’eût fait rendre

une ordonnance obscure qui ne décidoit rien; et qui servant également

de titre aux prétentions des princes et des pairs, annonçoit que la

dignité des premiers seroit bientôt supérieure à celle des seconds.

Quand la pairie n’auroit été conférée qu’à des familles d’un ordre égal

à celles du duc de Guise et du duc de Nevers, ou qu’on n’auroit pas

oublié que les principales maisons du royaume, tiroient leur origine de

seigneurs puissans qui avoient été princes[333], et dont les descendans

l’auroient encore été, si le gouvernement des fiefs eût subsisté en

France comme il a subsisté en Allemagne, la contestation élevée par le

duc de Montpensier devoit bientôt se terminer à l’avantage des princes

du sang. Henri II érigea Montmorency en pairie; ce n’étoit que faire

rentrer cette maison dans les droits dont elle avoit joui[334] sous

les prédécesseurs de Philippe-Auguste. Mais cette grâce, qui n’étoit

point un abus du pouvoir souverain, ouvrit cependant la porte à mille

abus. La manie éternelle de tout gentilhomme en France, c’est de se

croire supérieur à ses égaux, et égal à ses supérieurs; l’élévation de

la maison de Montmorency répandit donc une ambition générale parmi les

courtisans, et sous les règnes foibles qui suivirent celui de Henri

II, comment des favoris n’auroient-ils pas obtenu une dignité qu’ils

devoient dégrader? La pairie fut bientôt conférée à des familles d’une

noblesse ancienne, mais qui n’avoient jamais possédé que des fiefs

peu distingués. En la voyant multiplier, on ne sut plus ce qu’il en

falloit penser. Le public, trop peu instruit pour juger des pairs par

leur dignité, jugea de leur dignité par leur personne; et sans qu’il

fût nécessaire de porter une loi pour régler l’ordre que les princes

et les pairs devoient tenir entre eux, il s’établit naturellement et

sans effort une subordination entre des pairs dont la naissance ne

présentoit aucune égalité; et c’est ainsi qu’au sacre de Charles IX,

les pairs qui étoient princes donnèrent le baiser à la joue, et les

autres ne baisèrent que la robe du roi.

Dans le lit de justice qui se tint à Rouen pour la majorité du même

prince, les droits du sang parurent encore supérieurs à ceux de la

pairie; et les princes, qui n’avoient d’autre titre que celui de leur

naissance, précédèrent les pairs qui n’étoient pas de la maison royale.

S’il s’élevoit encore quelque contestation, l’événement ne pourroit

en être douteux; et en donnant enfin l’édit qui établit les choses

dans l’ordre où elles sont actuellement, Henri III[335] affermit une

coutume qui avoit déjà acquis force de loi. Mais la pairie ne tarda

pas à recevoir un second échec: étant moins considérée depuis qu’elle

étoit multipliée, les grandes charges de la couronne devinrent l’objet

de l’ambition des courtisans. On sait qu’en mourant, François de Guise

avertit déjà son fils de ne pas rechercher ces places qui attiroient,

disoit-il, la jalousie, l’envie et la haine, et qui exposoient à mille

dangers ceux qui les occupoient. Les pairs avoient un grand titre,

mais les grands officiers de la couronne avoient un pouvoir réel, et

c’est ce qui porta Henri III à donner à ces officiers la préséance sur

les pairs[336], dont la dignité fut encore dégradée par la manière

arbitraire dont il disposa de leur rang sans égard à l’ancienneté[337]

des érections. Cet édit auroit détruit l’esprit et toutes les coutumes

de notre ancien gouvernement, s’il eût été observé dans toute son

étendue; mais il ne servit à élever au-dessus de la pairie que quelques

offices que les anciens pairs ne regardoient[338] qu’avec une sorte de

dédain.

Tandis que ces différentes révolutions annonçoient aux grands la ruine

de leur pouvoir, quand la tranquillité publique seroit rétablie, le

parlement éprouva aussi diverses fortunes. Il étoit naturel qu’une

compagnie qui n’avoit de crédit et de considération que par les lois,

perdit l’un et l’autre au milieu des troubles et des désordres de la

guerre civile. Le chancelier de l’Hôpital lui-même, choqué du fanatisme

du parlement, tenta une fois de ne point y envoyer[339] les édits

pour y être vérifiés, mais ce fut sans succès; et l’enregistrement

continua d’avoir lieu, parce que la guerre civile, interrompue par des

paix fréquentes, ne dura jamais assez long-temps pour qu’à la faveur

de la nécessité il s’établît un usage contraire. Si Henri III ne put

s’affranchir de cette formalité odieuse au gouvernement qu’elle gênoit

et qu’il vouloit détruire[340], il apprit du moins à ses successeurs

à la rendre inutile; puisqu’il lui suffit d’aller tenir son lit de

justice au parlement, pour que toutes ses volontés devinssent autant de

lois. Une autorité dont il étoit si aisé de trouver la fin, n’auroit

laissé aucune considération au parlement, si quelques circonstances

favorables à son ambition ne lui avoient rendu une sorte de confiance.

Il arriva entre autres deux événemens qui persuadèrent à cette

compagnie qu’elle étoit, pour ainsi dire, au-dessus de la nation,

lorsque la tenue des lits de justice auroit dû lui apprendre qu’elle

n’avoit en effet aucune autorité. Elle eut la hardiesse[341] de rejeter

ou de vouloir modifier plusieurs articles de l’édit que Henri III

publia d’après les remontrances des états de Blois. Un prince plus

ferme et plus éclairé auroit saisi cette occasion pour réprimer les

entreprises du parlement, et sous prétexte de venger la dignité des

états qu’il ne craignoit pas, se seroit débarrassé pour toujours de

l’enregistrement qui le gênoit. Mais soit que Henri vît avec plaisir

qu’on infirmoit une loi dont plusieurs articles lui déplaisoient, soit

que par une suite de sa foiblesse et de l’avilissement dans lequel

il étoit tombé, il n’osât faire un acte de vigueur, cet attentat

fut impuni; et le parlement, fier d’avoir humilié à la fois le roi

et la nation dans ses représentations, crut follement que son droit

d’enregistrement étoit plus affermi que jamais; et qu’après cet

exemple, on ne pourroit plus lui contester la puissance législative.

On pourroit peut-être croire que c’est en conséquence de cet attentat

contre les droits de la nation, que le parlement de Paris osa s’élever

au-dessus des états-généraux de la ligue, et lui prescrire des lois.

Il fit un arrêt[342] pour ordonner une députation solennelle au

duc de Mayenne; et le supplier de ne faire aucun traité qui tendît

à transférer la couronne à quelque prince ou à quelque princesse

d’une autre nation; on lui insinuoit de veiller au maintien des lois

de l’état, et de faire exécuter les arrêts de la cour donnés pour

l’élection d’un roi catholique et Français. Puisqu’on lui avoit confié

l’autorité suprême, il étoit de son devoir, lui disoit-on, de prendre

garde que sous prétexte de servir la religion catholique, on n’attentât

aux loix fondamentales du royaume, en mettant une maison étrangère sur

le trône de nos rois. Enfin, l’arrêt du parlement cassoit et annulloit

comme contraires à la loi salique tous les traités et conventions

qu’on auroit déjà faits, ou qu’on pourroit faire dans la suite pour

l’élection d’une princesse ou d’un prince étranger.

Quelque idée que le parlement eût prise de son autorité par les

modifications qu’il avoit mises dans l’enregistrement de l’édit de

Blois: n’est-il pas vraisemblable qu’étant fanatique et ligueur, il

n’auroit jamais tenté une pareille entreprise, s’il n’y avoit été

invité par le duc de Mayenne lui-même? C’est après la séparation des

états de Blois, c’est quand ils n’existoient plus, que le parlement

les offensa; mais les états de la ligue, présens et maîtres de Paris,

devoient-ils souffrir patiemment que le parlement leur fît la loi? On

ne reconnoissoit pas dans cette compagnie le droit de disposer de la

couronne, puisqu’on avoit cru nécessaire d’assembler les états pour

cette opération. Par quel vertige le parlement auroit-il donc osé

s’ériger en surveillant de leur conduite, s’il n’avoit été sûr de la

protection du duc de Mayenne?

Je croirois que ce seigneur, pressé par les intrigues des Espagnols,

et ennemi des prétentions de la cour de Madrid, qu’il étoit cependant

obligé de ménager, vouloit leur nuire en feignant de la servir. Il

se cacha sous le nom du parlement, et se servit du crédit de cette

compagnie pour faire échouer les projets de l’Espagne, ou du moins pour

y opposer un obstacle de plus. Il est vrai que les historiens ne disent

point que le parlement fût invité par le duc de Mayenne à donner cet

arrêt qui l’élevoit au-dessus des états; mais doit-on en être surpris?

Le mystère le plus profond devoit être l’ame de cette opération, pour

qu’elle produisît l’effet qu’on en attendoit, Mayenne ne s’adressa

sans doute qu’aux principaux membres du parlement qui lui étoient

dévoués; et tout son artifice auroit été perdu pour lui, si on eût su

qu’il avoit sollicité un arrêt contraire aux intérêts de l’Espagne.

Ne voit-on pas que cet arrêt est dicté par le duc de Mayenne? C’est

pour lui ouvrir le chemin du trône que le parlement en veut écarter

les étrangers. Si cette compagnie n’eût pas été conduite par ce motif

secret, si elle eût été véritablement attachée à l’ordre de succession,

en ne voulant cependant rien faire qui pût préjudicier à la religion

catholique, pourquoi ne se seroit-elle pas expliquée d’une manière plus

claire? Pourquoi n’auroit-elle parlé que confusément du successeur de

Henri III ou du cardinal de Bourbon? Tous les princes de la maison

royale n’étoient pas hérétiques et relaps; et si l’arrêt du parlement

n’eût pas été l’ouvrage de l’intrigue, il auroit nommé le prince que

les lois appeloient au trône.

Les historiens disent que le duc de Mayenne fut extrêmement irrité

de l’arrêt et de la députation du parlement: ils devoient dire

seulement qu’il eut l’art de le paroître. Dans un temps où le mensonge,

l’intrigue et la fourberie étoient l’ame de la politique, étoit-il

si rare et si difficile d’emprunter des sentimens contraires à ceux

qu’on avoit en effet? Pour ne se pas brouiller avec les Espagnols,

pour ralentir leurs démarches, pour ménager ses propres partisans,

pour persuader aux Parisiens mêmes que l’arrêt du parlement étoit

une bien plus grande importance qu’il n’étoit, Mayenne ne devoit-il

pas feindre une colère qu’il n’avoit pas? S’il eût été véritablement

irrité, pourquoi n’auroit-il pas cherché à soulever les états contre le

parlement?

Collection complète des oeuvres de l'Abbé de Mably, Volume 3 (of 15) · 第 19 / 49 题