--Voici ma réponse, dis-je à Pélagie: je serai chez moi demain toute la
journée.
--Alors, j'ai campo? fit-elle, bonsoir!
Puis, se tournant vers Guzman, qu'elle enveloppa d'une oeillade
séduisante, mais modeste, elle ajouta:
--Je ne me plains pas d'avoir attendu avec une personne bien élevée,
mais quand vous viendrez faire une commission à la maison, nous offrons
à rafraîchir.
Guzman rougit jusqu'aux oreilles.
Au moment où Pélagie passait la porte, mes voisins du cinquième
remontaient chez eux en chantant des hymnes patriotiques.
--Est-il venu quelqu'un? demandai-je vivement dès que la Normande fut
partie.
--Monsieur, me répondit Guzman, vous avez tout de même de drôles de
connaissances!
Il était tout à fait en colère.
--Si Monsieur me laissait du Vespétro, poursuivit-il, pour rincer le bec
aux demoiselles qui viennent chez lui comme au cabaret à des heures
indues....
Je lui saisis le bras et répétai:
--Est-il venu quelqu'un?
--Oui, il est venu quelqu'un. Encore un drôle de pistolet!... Mais cette
Normande-là, voyez-vous....
--Qui est venu? m'écriai-je en le secouant.
--Croyez-vous qu'ils disent leur nom, ceux qui viennent vous voir! Il a
laissé un mot sur la table de Monsieur.
Je le repoussai et je m'élançai dans ma chambre.
Une lettre cachetée était sur ma table, en effet. Du premier coup
d'oeil, je reconnus l'écriture de Lucien. Guzman poussa la porte
derrière moi, et je l'entendis qui disait:
--Monsieur sait ce qu'il fait, mais, moi, je ne le sais pas!
La lettre de Lucien ne contenait que quelques lignes. Elle disait:
«Ne t'inquiète pas de moi. J'ai la tête froide et calme. Je ne cours
aucun danger.