Le service intégral de deux ans avait déjà beaucoup favorisé les femmes
qui se destinent aux professions libérales et de même aux professions
commerciales, qui demandent un long apprentissage technique et des
connaissances spéciales. Le service intégral de trois ans va achever de
les mettre dans une situation tout à fait privilégiée et il est possible
que l’on voie augmenter beaucoup, d’ici quelques années, le nombre des
femmes médecins, des femmes avocates, des femmes commis de bureau. Déjà
notablement plus précoces que les hommes, les voilà encore pourvues
d’une avance de trois ans sur leurs concurrents. Elles feraient mieux
d’en profiter au lieu de se plaindre éternellement d’un esclavage
chimérique. Elles n’ont qu’à le vouloir pour déloger les hommes d’un tas
de positions acquises. Mais il y aura un revers à cette conquête. Les
hommes, gagnant de plus en plus difficilement leur vie, se trouveront de
moins en moins enclins au mariage, d’où baisse probable de la natalité.
On commencera à voir cela dans dix ans. Il faut prévoir aussi une
diminution de l’expansion commerciale et beaucoup d’autres diminutions
dans tous les domaines, que l’activité un peu incohérente des femmes
arrivera difficilement à combler. En tout cas, le moment est unique pour
elles et si dans un quart de siècle elles n’ont pas immensément accru
leur importance sociale, c’est qu’elles ne sont bonnes à rien et que
leurs revendications féministes ne sont qu’un mode des traditionnelles
criailleries féminines. Mais, quoi qu’il arrive, il ne faut pas croire
que la prolongation du service militaire puisse n’avoir de conséquence
que dans l’ordre militaire. Tout se tient dans une société aussi
complexe et aussi tassée que la nôtre et ce serait faire preuve d’une
bien médiocre capacité politique que de ne pas considérer quelques-uns
des retentissements très probables de la nouvelle loi.