A Bouour, en face des derniers villages des Ida ou Gemmed, commence,

sur la rive gauche, le territoire des Indaouzal. Au-dessous de

Tinzert, on entre, sur la rive droite, dans celui des Menâba. Le

fleuve forme la frontière entre les deux tribus. Voici les villages

qu’il arrose :

Rive droite : Menâba :

Tinzert 150 fusils.

Ida ou Qaïs (groupe compact de 7 villages) 120 fusils.

Zaouïa Moulei Ạbd el Qader.

Ạïn n Ougeïḍa.

Igoudar.

Aït Ioub 150 fusils.

Oulad Ḥasen 150 fusils.

Tamast (sur la rive gauche de l’ouad ; seul village 300 fusils.

des Menâba dans cette situation)

Oulad Brahil en face de Tamast.

Ạïn el Ạsid.

Souaṭat 120 fusils.

Zrabia.

El Bordj.

Oulad Brahim.

Agedal.

Dir.

Sama.

Ida ou Gouilal 150 fusils.

Igli 200 fusils.

Erzagna.

Aït Ạïssa.

Zaouïa Ben Abbou.

Agadir er Remel.

Rive gauche : Indaouzal :

Tassoumat.

Assaka.

Louleïza 120 fusils.

Tafellount.

Tirkt.

Agadir el Bour.

Aït Merras.

Sidi Malek.

A Sidi Malek finit la portion occupée par les Indaouzal ; ils sont

suivis par les Oulad Iaḥia, à qui appartient toute la rive gauche

du fleuve depuis là jusqu’à Taroudant : le long de cet espace, ce

n’est qu’une série non interrompue de villages ; voici seulement

les noms des principaux :

Tamast (appartenant aux Menâba, quoique sur la rive

gauche).

Taouraṛt.

Tezzart.

El Mḥara.

Timdouin 400 feux.

Arazan 120 feux.

Taqṭrant.

Agadir n Abbou.

Oulad Bou Ṛis 120 feux.

Freïja.

Au-dessous des Menâba, sur la rive droite, se trouvent d’abord

les Aït Iiggas, bordant l’ouad de leurs villages ; puis les

Oulad Iaḥia, qui, à partir de là, occupent les deux rives du

fleuve jusqu’à Taroudant. Ce n’est, dans ces deux tribus, que

succession constante de jardins, de hameaux et de bourgades tout

le long du cours d’eau : le principal centre, sur la rive droite,

est le village de Ben Sifer.

L’Ouad Sous a toujours de l’eau dans son lit.

Nous avons dit le nombre de fusils des localités les plus

importantes : les autres ont en général de 30 à 60 familles.

Distances : de Tinmekkoul à Aoulouz 3 heures.

de Tinmekkoul à Tasdṛemt 1 h. 1/2.

d’Aoulouz à Tir Le fleuve seul les

sépare.

de Tir à Tinzert 3 heures.

de Tinzert à Igli 3 heures.

de Tir à Ida ou Qaïs 4 heures.

d’Aoulouz à Iferd n Khalifa Leurs jardins se

touchent.

d’Iferd n Khalifa à Tagadirt n 2 heures.

Ououddiz

d’Iṛil n Oro à Aderdour (en coupant fort 1/2 jour.

au court)

d’Iṛil n Oro à Aoulouz (en coupant fort 1/2 jour.

au court)

d’Iṛil n Oro à Igli 1 jour 1/3.

d’Iṛil n Oro à Tinmekkoul (en forte journée.

longeant l’ouad)

d’Igli à Ida ou Gouilal Ils se touchent.

d’Igoudar à Ida ou Gouilal 2 heures.

d’Igoudar à Igli 2 heures.

d’Igoudar à la frontière des Rḥala 1 heure.

de Zaouïa Ben Abbou à Agadir er Les jardins se

Remel touchent.

d’Aït Ạïssa à Agadir er Remel Les jardins se

touchent.

de Tinnikt à Oulad Ḥasen 1 h. 1/2.

de Tinnikt à Aourz 3 h. 1/2.

de Tasdṛemt à Tirkt (en coupant au 3 h. 1/2.

court)

de Tasdṛemt à Bouour (en suivant 3 heures.

l’ouad)

de Tirkt à Bouour (en suivant 2 heures.

l’ouad)

de Tirkt à Oulad Bou Ṛis 1 jour.

d’Oulad Bou Ṛis à Freïja 1 h. 1/2.

d’Oulad Ḥasen à Taroudant 1 jour.

De l’examen de ces distances il ressort deux choses : la première,

c’est que l’Ouad Sous fait un coude considérable auprès

d’Aoulouz ; la seconde, que l’Ouad Zagmouzen décrit un long

circuit avant de se jeter dans l’Ouad Tifnout.

On ne met en effet que 3 heures et demie pour aller de Tasdṛemt à

Tirkt : on laisse le fleuve à gauche, on coupe au court à travers

un désert, le Khela Aït Ouasạou, et on ne retrouve l’Ouad Sous

qu’à Tirkt. Si on voulait faire le même trajet en longeant le

fleuve, au milieu des villages et des cultures, il faudrait 5 heures

de temps.

De même, pour se rendre d’Iṛil n Oro à Aoulouz, il suffit

d’une forte demi-journée. On descend l’Ouad Zagmouzen jusqu’à

Taourirt el Ḥad : là on le quitte et on coupe au court à

travers les montagnes du flanc gauche. On monte d’abord par le

désert Timezgiḍa n Izrar ; puis on arrive à la qoubba de Sidi

Bou Reja, située au col même où se franchit le massif : ce col,

fort célèbre, s’appelle Tizi n Sous. De là on passe dans un

nouveau désert, la forêt de Dou Ouzrou Zouggaṛ, célèbre par

les brigandages qui s’y commettent : non loin de là se trouve le

village d’Agni n Fad, qui reste en dehors de la route. Après deux

heures de marche dans cette solitude, on débouche chez les Rḥala

à Aourir, village du groupe d’Aoulouz. Ce chemin est ce qu’on

appelle le chemin de Tizi n Sous. Quoique en montagne, il n’est pas

très pénible. Il se fait en une demi-journée. On mettrait deux

fois plus de temps en suivant le fond des vallées : en effet, on

compte une forte journée pour aller d’Iṛil n Oro à Tinmekkoul,

et il y a encore deux ou trois heures de ce point à Aoulouz.

Nous avons dit plus haut que, si les bords du Sous sont cultivés

partout, il n’en est pas de même de la large plaine formant le fond

de la vallée : elle n’est cultivée qu’en partie : le reste est

couvert de bois et de pâturages. Les principales forêts sont : sur

la rive droite, celle de Bou Taddout (Aït Iiggas et Oulad Iaḥia) ;

sur la rive gauche, celle de Briouga (Oulad Iaḥia, entre Timdouin et

Taroudant) ; au milieu de cette dernière se trouve le grand village

de Tiout, situé à mi-distance entre Igli et Taroudant.

=REMARQUES SUR LES TRIBUS.= — Les habitants du Sous, sauf un ou

deux petits groupes d’Arabes de quelques tentes seulement, comme

celui des Oulad Dris, groupes jetés on ne sait comment et noyés

au milieu du reste de la population, sont tous de race tamaziṛt

(chleuḥa) et de mœurs sédentaires. La langue usuelle y est

partout le tamaziṛt. Dans le haut Sous, au-dessus du Ras el Ouad,

et dans les chaînes du Grand et du Petit Atlas, cette langue est à

peu près la seule connue. Mais à mesure qu’on descend le cours du

fleuve et qu’on se rapproche du fond de sa vallée, le nombre des

individus sachant l’arabe augmente. A partir des Menâba, il est

peu d’hommes, au bord de l’ouad, qui ne connaissent cette langue.

L’état politique des tribus du Ras el Ouad a traversé depuis

quelque temps diverses vicissitudes : durant de longues années,

ces tribus ont été insoumises, sans aucune relation avec le

makhzen. Récemment, pendant l’été de 1882, Moulei El Ḥasen

fit une campagne dans le bas Sous et le nord du Sahel Marocain, et en

profita pour inviter les habitants du Ras el Ouad à l’obéissance :

c’était dans un moment de famine ; les populations, pauvres

et affaiblies, ne voulurent pas entrer en lutte ; d’ailleurs une

portion d’entre elles, fatiguée d’une longue anarchie, souhaitait

un gouvernement régulier : elles se soumirent. On donna le titre de

qaïd à leurs chikhs héréditaires : ceux-ci furent chargés de

collectionner l’impôt et de lever des soldats pour le compte du

sultan : au reste, point de garnisons, point d’hommes du makhzen,

pas un seul fonctionnaire étranger. Tel était l’état du pays

au moment de mon voyage. On était soumis au sultan, mais celui-ci

n’exigeait que fort peu ; trop cependant, au gré de ces tribus

jalouses de leur liberté : même ceux qui naguère avaient désiré

ce régime en étaient lassés : il est vrai qu’ils n’y avaient

point trouvé le bien qu’ils en attendaient. Aussi cet état de

choses n’a, paraît-il, pas duré longtemps. Dès la première

année d’abondance, la révolte a été générale : en automne

1884, toutes les tribus ont, dit-on, refusé argent et soldats ;

en quelques lieux où les qaïds avaient abusé de leur autorité

ou voulu maintenir l’ordre établi, elles les ont chassés, en

détruisant leurs demeures. Depuis lors toutes vivent de nouveau dans

une complète indépendance, sans aucun rapport avec Moulei El Ḥasen.

Celui-ci avait divisé le Ras el Ouad en six provinces,

_ạmel_. Chacune d’elles se composait d’une des tribus ou

fractions de tribus principales, que gouvernait son chikh avec

le titre de qaïd : ce magistrat avait de plus dans son ressort,

surtout en ce qui concernait leurs rapports avec le sultan, les

tribus voisines moins considérables, ou celles dont la dépendance

n’était pas complète. C’est ainsi que le qaïd des Menâba

avait dans son ạmel les Aït Iiggas et les Talkjount d’une part,

les Indaouzal de l’autre. Les six ạmels étaient :

1o Rḥala (Ida ou Gemmed).

2o Rḥala (Aït Ououlouz et Ida ou Tift).

3o Menâba.

4o Oulad Iaḥia.

5o Aït Semmeg (sur l’Ouad el Amdad ; versant sud du Grand Atlas).

6o Mentaga (dans le massif du Grand Atlas).

RHALA. — Tribu occupant les deux rives de l’Ouad Sous. Tous les

villages en sont sur les bords mêmes du fleuve. Elle se divise, comme

nous l’avons vu, en Ida ou Gemmed, Aït Ououlouz, Ida ou Tift. Deux

chikhs héréditaires, portant aujourd’hui le titre de qaïd, les

gouvernent : ce sont le qaïd Ḥaïda ould El Ḥasen ou Aḥman,

résidant à Tagenza : il a sous son autorité les Ida ou Gemmed ;

le qaïd Ọmar el Aoulouzi, demeurant à Agadir n Iblaz : il commande

aux Aït Ououlouz et aux Ida ou Tift. Deux marchés chez les Rḥala,

le Ḥad Aoulouz et l’Arbạa Aoulouz. Cinq mellaḥs.

MENABA. — Tribu occupant la rive droite de l’Ouad Sous ; elle

forme une bande étroite le long du fleuve et ne s’étend pas dans

l’intérieur de la vallée. Elle est gouvernée par Qaïd El Ạrbi,

résidant à Igli ; la maison de celui-ci, vaste demeure avec grandes

dépendances, s’appelle El Mkhatir. Trois marchés dans la tribu,

Ḥad Igli, Djemạa Tinzert et Tlâta Aït Ioub : ce dernier, connu

sous le nom de Tlâta Menâba, est le marché le plus important du

Ras el Ouad. Il y a 12 mellaḥs chez les Menâba.

INDAOUZAL. — C’est une grande et puissante tribu située sur la

rive gauche de l’Ouad Sous ; sur les bords immédiats du fleuve,

elle n’occupe qu’une faible longueur ; mais au delà elle

s’étend au loin, bornée à l’est par les Aït Iaḥia et les

Aït Semmeg, au nord par les Rḥala et les Menâba, à l’ouest par

les Oulad Iaḥia, au sud et au sud-ouest par diverses petites tribus

indépendantes : toute la plaine qui s’étend au sud des Menâba

et des Rḥala lui appartient, ainsi que les premières pentes du

Petit Atlas sur une assez grande profondeur ; le Tizi n Sous est

sur son territoire. Elle a deux chikhs héréditaires résidant,

l’un à Akchtim, l’autre dans un village appelé de son nom,

Ould Sidi Malek. De plus, les localités des Indaouzal limitrophes

des Aït Iaḥia se sont rangées sous l’autorité du chef de ces

derniers, le chikh d’Arfaman. Pour leurs rapports avec le sultan,

les Indaouzal dépendent du qaïd El Ạrbi, d’Igli. Cette tribu,

en paix en ce moment, a été longtemps désolée par des querelles

intestines : depuis une époque très ancienne, elle est divisée

en deux partis, presque toujours en guerre l’un contre l’autre ;

dans ces luttes, chaque parti eut constamment pour soutien son voisin,

l’un les Aït Semmeg, l’autre les Oulad Iaḥia. A la longue

ils prirent les noms de ces alliés, en sorte qu’aujourd’hui une

moitié des Indaouzal est dite Aït Semmeg, l’autre Oulad Iaḥia.

La tribu est chleuḥa et sédentaire ; elle possède un grand nombre

de villages : nous en avons cité quelques-uns sur l’Ouad Sous ;

ce sont presque les seuls qui soient arrosés par une rivière ;

la plupart des autres n’ont que des sources ou des citernes ;

voici les noms des principaux :

Tidnes, Agni n Fad, Kouilal, Tabia n Imaoun, Taourirt el Mrabṭin,

Aït Ious, Aït Djamạ, Akchtim, Amalou, Assaïn, Aït Bazmad,

Aït Bou Iạzza, Tamalalt, Amari, Es Sebt, Imi el Ạïn.

Distances : d’Arfaman (Aït Iaḥia) à Tidnes 1 h. 1/2.

de Tidnes à Agni n Fad (forêt de Dou Ouzrou) 3 heures.

d’Agni n Fad à Assaïn 1 heure.

d’Assaïn à Tassoumat 3/4

d’heure.

Aït Bazmad, Aït Bou Iạzza, Tamallalt,

Amari, Es Sebt, Imi el Ạïn sont groupés autour

d’Assaïn.

Deux marchés : l’un se tient le samedi, au village appelé pour ce

motif Es Sebt ; l’autre est l’Arbạa Aït Ạbd Allah ou Mḥind.

Deux mellaḥs.

OULAD IAHIA. — Très grande tribu, la plus considérable du bassin

du Sous. Elle s’étend sur la rive droite du fleuve de Taroudant aux

Aït Iiggas, sur sa rive gauche de Tamast à Taroudant. Sur toute cette

longueur, la vaste plaine située entre le Grand Atlas d’une part,

le Petit Atlas de l’autre, lui appartient. Elle occupe la vallée

dans toute sa largeur, au lieu de ne comprendre, comme les Rḥala

et les Menâba, que les bords de l’ouad. Elle est gouvernée par

un chikh héréditaire, portant aujourd’hui le titre de qaïd ; il

se nomme Ould El Djeïdli ; sa résidence est Timdouin : c’est un

homme riche et puissant. Il y a quelques années, avant la soumission

du Ras el Ouad, ayant eu l’imprudence d’aller à Taroudant, il

y fut saisi et incarcéré par ordre du sultan : moyen de lui faire

donner une partie de ses richesses. Il demeura près de 6 ans en

prison, et ne fut relâché que sur les instances de Sidi Moḥammed

ou Bou Bekr, chef de la zaouïa de Tamegrout, lors d’un voyage que

ce saint personnage fit à Taroudant.

Le principal marché de la tribu est le Tenîn Timdouin. Trois

mellaḥs.

MENTAGA. — Tribu soumise au sultan, que gouverne, avec le titre de

qaïd, son chikh héréditaire, Ạli ou Malek. Il réside à Sidi

Mousa. Les Mentaga habitent sur les pentes du Grand Atlas. Une seule

rivière, à laquelle ils donnent leur nom, arrose leur territoire :

elle prend sa source à la crête même de la chaîne ; on ne peut

me dire où elle se jette. Deux marchés, le Tlâta et l’Arbạa

Mentaga.

=AFFLUENTS.= — L’Ouad Sous en a un grand nombre : voici les

principaux : l’Ouad Tazioukt, s’y jetant à Tasdṛemt ; l’Ouad

el Amdad, s’y jetant à Ida ou Qaïs ; l’Ouad Bou Srioul, s’y

jetant à Oulad Ḥasen ; l’Ouad Talkjount, s’y jetant à Igli. Il

reçoit tous ces cours d’eau sur sa rive droite.

OUAD TAZIOUKT. — Il sort du désert d’Iger n Znar, qui s’étend

entre son cours et le district d’Ouneïn. Il arrose successivement

les villages suivants :

Tagoulemt, Tanfit, Agersaf, Takemmou, Bou Maziṛ, Iḥouzin,

Tlemkaïa.

Leur ensemble forme le district de Tazioukt ; il dépend du qaïd

d’Aoulouz.

L’Ouad Tazioukt a de l’eau sur tout son cours et en toute saison.

Distance : de Tasdṛemt à Tagoulemt 3 heures.

Largeur du désert d’Iger n Znar 3 heures.

OUAD EL AMDAD. — Dans son haut cours, on l’appelle souvent

Ouad Ouneïn. Il prend sa source aux crêtes du Grand Atlas ; en

descendant, il entre d’abord dans le district d’Ouneïn : il y

arrose un grand nombre de villages, dont les principaux sont :

Adouz, Irazin, Anzi, Taleouin.

De là il passe dans la tribu des Aït Semmeg ; il y arrose

successivement beaucoup de villages : les principaux sont :

Sidi ou Ạziz, Aït Bou Bekr (groupe de plusieurs villages),

Aouftout, Touloua.

Durant tout ce temps, il reste en montagne. Ensuite il débouche

en plaine par le kheneg d’Imi n ou Asif : il entre là dans la

vallée du Sous ; il y traverse, dans sa partie orientale, la tribu

des Talkjount ; puis il sert de limite pendant quelque temps entre

les Rḥala et les Menâba, et enfin il se jette dans l’Ouad Sous,

entre Ida ou Qaïs et Ạïn n Ougeïḍa.

A Imi n ou Asif se trouve un grand village avec marché, Khemîs Sidi

Moḥammed ou Iạqob.

L’Ouad el Amdad a de l’eau sur tout son cours et en toute saison.

Distance : d’Aderdour à Ouneïn 1 jour.

Le district d’Ouneïn est fort peuplé ; il se compose non seulement

des villages arrosés par l’Ouad el Amdad, mais encore de plusieurs

autres à proximité : il est gouverné par un chikh. Ce district a

fait sa soumission en même temps que tout le Ras el Ouad : auparavant

le Genṭafi s’était efforcé à plusieurs reprises de le réduire

sous son autorité : il n’avait jamais pu y réussir. Un mellaḥ

dans l’Ouneïn.

Les Aït Semmeg sont une nombreuse tribu habitant les bords de l’Ouad

el Amdad et la région voisine : ils n’ont rien de commun avec

les Aït Semmeg de l’Ouad Zagmouzen. Ceux que nous trouvons ici

forment un des 6 ạmels du Ras el Ouad. Ils sont gouvernés par le

qaïd Ọmar ben Bacha, résidant à Aouftout. Un mellaḥ sur leur

territoire. Deux marchés : le Khemîs Sidi ou Ạziz et le Tenîn

Aït Bou Bekr.

Ce nom d’Aït Bou Bekr rappelle une triste histoire. En août 1880,

un jeune Autrichien, M. Joseph Ladeïn, quittait Merrâkech avec

l’intention de gagner Taroudant par l’Atlas : c’est une route

ordinairement sûre : il ne prit pas de travestissement, n’emmena

point d’escorte, se pensant assez protégé en se joignant à une

caravane. Un domestique israélite le suivait. Il remonta l’Ouad

Nfis, traversa l’Ouneïn, entra chez les Aït Semmeg : jusque-là

tout allait bien. Mais le malheureux ne devait pas dépasser les

Aït Bou Bekr : cheminant sur leur territoire, il arriva au village

d’Hierk, chez les Aït Ben Mançour, non loin de la zaouïa de Sidi

Bou Nega. Il voulut s’y arrêter quelques instants et demanda à

boire : on lui tendit un vase d’eau : au moment où il le portait

à ses lèvres, on se jeta sur lui et on l’égorgea. Dans la suite,

les Aït Ben Mançour furent, dit-on, condamnés à une forte amende

pour ce crime. Quel en avait été le mobile ? Ce n’était point

le vol : le voyageur n’avait que des effets de peu de valeur ;

rien dans son équipage ne dénotait qu’il fût riche. Tous ceux

qui me racontèrent le fait me dirent qu’on l’avait tué parce

qu’il était chrétien.

OUAD BOU SRIOUL. — Il prend sa source aux crêtes du Grand Atlas,

non loin de celle de l’Ouad el Genṭafi, auprès du Djebel

Aṛbar. Il passe d’abord dans diverses fractions, puis entre sur

le territoire des Gezoula : c’est une nombreuse tribu, restée

insoumise au sultan ; de là, la rivière débouche en plaine et

traverse successivement les terres des Talkjount et celles des Menâba.

L’Ouad Bou Srioul a toujours de l’eau dans son lit.

Distance : d’Oulad Ḥasen au Djebel Aṛbar 1 jour.

OUAD TALKJOUNT. — Il prend sa source au Djebel Titouga ; puis il

entre chez les Ida ou Zeddaṛ, grande tribu soumise au makhzen :

de là il débouche en plaine, et traverse d’abord le territoire

des Talkjount, puis celui des Menâba.

L’Ouad Talkjount a de l’eau pendant la plus grande partie de

l’année.

Distance : d’Igli au Djebel Titouga 1 jour.

4o. — ITINÉRAIRES.

1o _DE L’OUAD TIFNOUT AU TELOUET_. — Un chemin mène de l’un à

l’autre : on remonte l’Ouad Tifnout jusqu’auprès de sa source ;

de là, une côte douce conduit à un col et au bassin opposé. Point

de pentes raides ; route facile.

2o _DE TAZENAKHT AUX AIT OUBIAL_. — La distance est d’un jour de

marche. De Tazenakht, on remonte d’abord l’ouad du même nom, puis

l’Ouad Ta n Amelloul jusqu’à sa source. On franchit le désert

de Ta n Amelloul ; celui-ci s’étend entre les Aït Ouaṛrda et

les Aït Oubial ; on se trouve à cette dernière tribu dès qu’on

l’a traversé.

Distances : de Tazenakht à Imdṛeṛ 3 heures.

d’Imdṛeṛ au Khela Ta n Amelloul 3 heures.

Traversée du Khela Ta n Amelloul 1 h. 1/2.

3o _DE TAZENAKHT AUX AIT TEDRART_. — On gagne les Aït Oubial,

puis les Aït Ọtman ; là on laisse l’Ouad Zagmouzen à Outoura,

et on monte vers le nord dans les montagnes qui en forment le flanc

droit : elles s’appellent à ce point Djebel Ḥeddi et forment

un désert dangereux. On y chemine jusqu’aux Id ou Illoun : il y

a 2 heures entre leur territoire et Outoura. On traverse l’Ouad

Id ou Illoun ; on entre dans un nouveau désert, celui de Teddref :

après l’avoir franchi, on se trouve à l’Ouad Aït Tedrart. Une

heure entre les Id ou Illoun et Aglagal.

4o _DE TAZENAKHT AUX AIT TAMELDOU_. — Il y a deux chemins

principaux ; les voici :

I. — Gagner d’abord le territoire des Id ou Illoun, puis celui des

Aït Tedrart ; de là passer aux Aït Tameldou, qui n’en sont qu’à

1 heure de distance. On marche tout le temps en pleine montagne.

II. — De Tazenakht, on gagne les Ikhzama à Tesakoust (Ouad

Iriri). De là on va à Amasin (Ikhzama) et on remonte l’ouad de

ce nom jusqu’à sa source, au Tizi n Ougdour. On franchit ce col :

c’est un passage facile ; il forme la limite entre les bassins du

Dra et du Sous. De là on s’engage dans le désert d’Igisel,

où l’on marche durant 5 heures, jusqu’au village de Tittal,

le premier des Aït Tameldou.

5o _DE TAMAROUFT A TINFAT (SEKETANA)_. — On compte 1 jour de marche

entre ces deux points. On gagne le Khela Tasṛirt en passant par

Aït Mesri : on marche une demi-journée dans ce désert : on en sort

à Iṛri, sur l’Ouad Sidi Ḥaseïn. Iṛri n’est qu’à une

demi-heure de marche de Tinfat.

Distance : de Tamarouft au Khela Tasṛirt 4 heures.

6o _D’IRIL N ORO AUX SEKETANA_. — On suit les rives de l’Ouad

Zagmouzen jusqu’à Iṛil Mechtiggil (Zagmouzen). Là on le quitte

et, marchant vers le sud, on s’engage dans le Petit Atlas. Au bout

d’une heure de marche, on atteint le territoire des Seketâna : on

passe d’abord à Tizgi, puis aussitôt après on trouve Tirikiou. De

là, si on veut se rendre chez les Seketâna proprement dits, on prend

à l’ouest ; si on veut gagner soit les Imadiden, soit les Imskal,

on se dirige vers l’est. Ces deux fractions sont en face l’une

de l’autre, du même côté et presque à même distance de Tirikiou.

Distances : d’Iṛil n Oro à Iṛil Mechtiggil 3/4 d’heure.

d’Iṛil Mechtiggil à Tirikiou 1 h. 1/4.

7o _DES AIT IAHIA (OUAD ZAGMOUZEN) A TATTA_. — Il y a un chemin

partant du territoire des Aït Iaḥia, remontant l’Ouad Aït Semmeg

jusqu’à sa source, puis gagnant Tatta.

8o _D’IRIL N ORO A MERRAKECH_. — On compte 5 jours et demi

de marche :

_1er jour._ — D’Iril n Oro à Tinmekkoul, en descendant l’Ouad

Zagmouzen.

_2e jour._ — On gagne Tlemkaïa sur l’Ouad Tazioukt ; on remonte

cette rivière jusqu’à Tanfit. Là on la quitte, et on s’engage

dans le désert d’Iger n Znar qui s’étend au delà de sa rive

droite. On y marche durant trois heures ; puis on atteint à Taleouin

(district d’Ouneïn) l’Ouad el Amdad : on le remonte jusqu’à

Adouz.

_3e jour._ — On quitte l’Ouad el Amdad à Adouz : on s’engage

dans une vaste plaine ; au bout de 3 heures, on atteint un groupe

formé de 2 villages : le premier est Tamsellount, le second

Tamdroust : ils comptent dans le district d’Ouneïn. En sortant de

Tamdroust, on entre dans le désert montagneux d’Ouichdan : côtes

raides, chemin parfois difficile : au milieu de ce désert est le col

où l’on franchit la crête supérieure du Grand Atlas. On chemine

dans le Khela Ouichdan jusqu’à la fin de la journée : le soir,

on parvient au village d’Alla où l’on s’arrête : on y entre

sur le territoire des Genṭafa. Alla est sur l’Ouad El Genṭafi,

qui, à quelques pas plus bas, s’unit à l’Ouad Agoundis. La

jonction de ces deux cours d’eau forme l’Ouad Nfis.

_4e jour._ — D’Alla on gagne, à très peu de distance, Dar El

Genṭafi, où se trouve le confluent des deux rivières. Dar El

Genṭafi, appelée aussi Tagentaft, est un gros village, résidence

du qaïd des Genṭafa. A partir de là, on descend le cours de

l’Ouad Nfis : jusqu’au soir, on ne cesse d’en longer les

bords. C’est une vallée très encaissée, ressemblant à celle

de l’Ouad Iounil : les flancs en sont des murailles à pic presque

partout infranchissables : on ne peut passer qu’au fond ; là, pas

un point désert : tout est couvert de cultures et de villages ; voici

les principaux de ceux qu’on traverse successivement : Imeṛraoun,

Takherri, Iḥenneïn, Targa Aït Iraṭ, Iger n Kouris, Toug el Khir,

Tigourramin, Talat n As, Imidel, Imgdal, Tagadirt el Bour, Ouirgan,

Imaṛiren. On passe la nuit à Imaṛiren. Là s’arrêtent le

territoire des Genṭafa et l’autorité de leur puissant qaïd.

_5e jour._ — On quitte l’Ouad Nfis, on gravit le flanc gauche de

sa vallée, et on sort de celle-ci. Au bout de 3 heures de marche,

on atteint un village, Asdṛem Kik : on entre là sur un nouveau

territoire, soumis au qaïd El Gergouri ; on passe ensuite à Agdour

Kik, Ouizil, Tigzit : ces quatre villages font partie de la fraction

de Kik, portion de la tribu où nous sommes. Au delà, on en traverse

encore deux du ressort d’El Gergouri, Agergour et Fres. A Fres

s’arrête son autorité et commence la juridiction du bacha de

Merrâkech. Jusqu’au soir, on continue à cheminer en rencontrant

de fréquents villages : les principaux sont Tala Moumen, Toukhribin,

Agadir Aït Teççaout, Akreïch. C’est dans ce dernier qu’on passe

la nuit. De toute la journée, on n’a pas aperçu une seule rivière

sur la route. (D’Asdṛem Kik à Agergour, 2 heures. — Agergour

et Fres se touchent. — De Fres à Tala Moumen, 1 heure. — De Tala

Moumen à Agadir, 1 heure. — D’Agadir à Akreïch, 2 heures.)

_6e jour._ — D’Akreïch à Merrâkech il n’y a que 4 heures

de marche : durant tout ce temps on est en plaine et sous bois :

cet espace entier est occupé par une forêt de grands arbres, lieu

désert et dangereux, d’ordinaire infesté de brigands.

Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte) · 第 39 / 59 段