L’Ouad Oumm er Rebiạ prend sa source sur le territoire des Beni

Mgild, à une haute montagne d’où sort aussi la Mlouïa. De là il

traverse les tribus des Zaïan, des Ichqern, des Qeṭạïa, des Aït

Roubạ, des Beni Ạmir, des Beni Mousa, ces quatre dernières faisant

partie du Tâdla. En sortant des terres des Beni Mousa, il reçoit

l’Ouad el Ạbid, qui est la limite et de cette tribu et du pays

de Tâdla. A partir de là, il ne cesse de couler entre des tribus

différentes, formant frontière entre elles : d’abord entre les

Beni Miskin au nord et les Sraṛna au sud ; puis entre les Chaouïa

(nord) et les Rḥamna (sud) ; ensuite entre les Chaouïa (nord) et les

Doukkala (sud) ; enfin entre les Chtouga (nord) et les Doukkala (sud).

Les tribus mentionnées en aval du Tâdla sont nomades, parlent

l’arabe et se disent de race arabe. Elles sont soumises au

sultan. Trois d’entre elles sont regardées comme les plus

puissantes du blad el makhzen : celles des Rḥamna, des Chaouïa et

des Doukkala : les premiers peuvent, dit-on, mettre 11000 hommes à

cheval, les seconds 7000, les derniers 6000.

=AFFLUENTS.= — L’Ouad Oumm er Rebiạ reçoit un grand

nombre d’affluents, parmi lesquels on remarque, en descendant

son cours : l’Ouad Derna, l’Ouad Daï, l’Ouad el Ạbid,

l’Ouad Teççaout. Ces quatre cours d’eau se jettent sur sa rive

gauche. L’un d’eux, l’Ouad el Ạbid, égale en importance

l’Oumm er Rebiạ elle-même.

1o _OUAD DERNA_. — Cette rivière prend sa source dans le Djebel Aït

Seri, arrose le grand village de Tagzirt et, à 2 heures de marche

au-dessous de ce point, entre dans le territoire des Aït Iạïch :

elle se jette dans l’Oumm er Rebiạ à Zidania, vieille qaçba

qui ressemble à celle de Fichtâla et qui a été construite aussi

par Moulei Ismạïl. Zidania est située à 5 heures de marche

au-dessous de Qaçba Tâdla, chez les Oulad Ạbd Allah, fraction

des Beni Ạmir. Point de ville du nom de Derna.

2o _OUAD DAI_. — Cette rivière roule à peu près le même volume

d’eau que l’Ouad Derna : elle prend sa source dans la même chaîne

de montagnes : c’est chez les Oulad Bou Bekr, fraction des Beni

Mellal, qu’elle entre en plaine. Elle se jette sur la rive gauche

de l’Oumm er Rebiạ dans le territoire des Beni Mousa. Point de

ville du nom de Daï.

3o _OUAD EL ABID_. — Les sources de cette grande rivière sont, comme

celles de l’Oumm er Rebiạ, dans une contrée sauvage, boisée,

infestée de lions et de panthères, région peu fréquentée et que

ne traverse aucun chemin. En remontant l’Ouad el Ạbid au-dessus

d’Ouaouizert, on trouve les Aït Messaṭ sur sa rive gauche et les

Aït Atta d Amalou sur sa rive droite : la rivière forme frontière

entre les deux tribus. Puis elle entre dans celle des Aït Seri. A

partir de là, plus de bourgades ; il n’y a que de petits villages,

des huttes et des tentes groupées autour de tiṛremts.

Au-dessous d’Ouaouizert, c’est encore la grande tribu des

Aït Messaṭ qui occupe la rive gauche de l’ouad : les Entifa,

puis les Sraṛna lui font suite. Sur la rive droite, on traverse

successivement, en descendant la rivière, les Aït Atta d Amalou,

les Aït Bou Zîd, les Aït Ạtab et enfin les Beni Mousa.

L’Ouad el Ạbid a deux points de passage importants dans la portion

inférieure de son cours :

A 3 heures de marche en amont de son confluent avec l’Oumm er

Rebiạ, se trouve le gué de Bou Ạqba, célèbre par la bataille

qui s’y livra. En cet endroit, l’Ouad el Ạbid forme limite

entre les Entifa et les Beni Mousa.

5 heures plus haut, c’est-à-dire à 8 heures du confluent, se

trouve un pont construit par Moulei Ismạïl et encore en bon état :

il n’a point de nom particulier : on l’appelle _El Qanṭra_.

=AFFLUENT.= — L’Ouad el Ạbid reçoit sur sa rive gauche une

rivière importante dont nous avons aperçu le confluent entre

Ouaouizert et Aït ou Akeddir ; c’est l’Ouad Aït Messaṭ.

OUAD AIT MESSAT. — Cette rivière prend sa source dans le Grand Atlas

un peu au-dessus de Zaouïa Aḥansal. Elle arrose sur son cours un

grand nombre de qçars : ils appartiennent aux Aït Isḥaq, l’une

des 5 fractions des Aït Messaṭ. Voici les principaux d’entre eux,

dans l’ordre où on les trouve en descendant l’ouad :

Zaouïa Aḥansal (zaouïa très importante, dont le chef actuel se nomme

Sidi Ḥamed ou Ḥamed Aḥansal).

Aït Tamzout rive droite.

Zaouïa Aït Sidi Ạli ou Ḥaseïn rive droite.

Tillougit rive droite.

Aït Ạïssa rive droite.

Izerouan (3 qçars) rive droite.

Distances : de l’Oussikis à Zaouïa Aḥansal 1 jour.

De Zaouïa Aḥansal à Ouaouizert 2 jours.

4o _OUAD TEÇÇAOUT_. — Cette rivière se jette sur la rive

gauche de l’Oumm er Rebiạ, à 7 heures de marche au-dessous du

confluent de ce fleuve avec l’Ouad el Ạbid. La Teççaout est

formée de la réunion de deux cours d’eau : le premier, Teççaout

Fouqia ou Ouad Akhḍeur, passe entre Demnât et Bezzou ; le second,

Teççaout Taḥtia ou Teççaout Merrâkech, passe entre Demnât et El

Qlạa. Ces deux rivières prennent leur source dans un même massif de

montagnes et se dirigent vers le nord, l’une par l’est, l’autre

par l’ouest : elles se réunissent en plaine entre El Qlạa et

Bezzou, et de là vont se jeter dans l’Oumm er Rebiạ. Le chemin

qui va en ligne directe de Demnât au Dâdes, chemin très suivi,

remonte la Teççaout Fouqia jusqu’à sa source : de là il passe

sur le territoire des Haskoura, dans le bassin du Dra. La Teççaout

orientale a tout son cours supérieur occupé par la grande tribu

tamaziṛt indépendante des Aït b Ououlli. Elle traverse ensuite

le territoire des Aït Abbes, puis celui des Entifa, enfin celui des

Sraṛna, sur lequel les deux Teççaout se réunissent et se jettent

dans l’Oumm er Rebiạ.

=AFFLUENTS.= — La Teççaout Fouqia reçoit plusieurs affluents

dont le principal est l’Ouad el Ạrous, se jetant sur sa rive

droite au point frontière entre les Aït b Ououlli et les Aït Abbes.

OUAD EL AROUS. — A 2 kilomètres au-dessus de son confluent avec

l’Ouad Teççaout, il reçoit lui-même sur sa rive droite, au

village d’Agerd n Ouzrou, un cours d’eau important, l’Ouad

b Ougemmez.

=Ouad b Ougemmez.= — Cette rivière porte aussi le nom d’Ouad

Aït Ouaham. Elle prend sa source dans le Grand Atlas, auprès du

Tizi Izouṛar : le cours en appartient tout entier à la tribu des

Aït b Ougemmez : un grand nombre de qçars s’échelonnent le long

de ses rives : le plus rapproché de sa source est Zaouïa Aït Ouaham

(appelé aussi Zaouïa Alonzi) ; le plus bas est Agerd n Ouzrou, où il

se jette dans l’Ouad el Ạrous. Entre eux, il en existe d’autres,

dont les principaux sont, en descendant : Aït Ạli, Aït Ouriad.

Entre Aït Ouriad et Agerd n Ouzrou, l’Ouad b Ougemmez reçoit sur

sa rive gauche un affluent, l’Ouad Ibakellioun.

_Ouad Ibakellioun_. — Le cours en appartient aussi en entier

aux Aït b Ougemmez : il est bordé de nombreux qçars : le plus

considérable d’entre eux est Ibakellioun, situé non loin de la

source de l’ouad.

Cette rivière reçoit elle-même un affluent, l’Ouad Tizi Aït Imi,

se jetant sur sa rive gauche dans la partie basse de son cours.

_Ouad Tizi Aït Imi_. — Il prend sa source au col d’Aït Imi,

dans le Grand Atlas. Le cours en appartient à la tribu des Aït b

Ougemmez. Il arrose plusieurs qçars.

Les localités situées sur les cours des ouads b Ougemmez, Ibakellioun

et Tizi Aït Imi forment la totalité de la tribu des Aït b Ougemmez,

tribu indépendante, de race et de langue tamaziṛt.

Pas de marché chez les Aït b Ougemmez.

Un mellaḥ, sur l’Ouad b Ougemmez.

Distances : de l’Oussikis à Aït forte 1/2 journée.

Ouaham

D’Aït Ouaham à Ḥad Aït 1 jour.

Ạtab

» Agerd

n Ouzrou 17 kilomètres.

» Demnât 2 petites

journées.

=Renseignements sur les tribus.=

_TRIBUS DU TADLA_. — Voici la décomposition des tribus du Tâdla :

{ Oulad Brahim.

{

{ Oulad Bḥar el Kebar. { Gouffa.

{ {

{ { Beni Khelf.

{

Ourdiṛra { { Mfasis. }

{ { } 1

{ { Oulad Ạzzouz. }

{ Oulad Bḥar es Sṛar. {

{ { Oulad Smir.

{

{ Beni Ḥasen.

{ Oulad Bou Ṛadi.

{

Beni Khîran { Beni Mançour.

{

{ Genadiz.

{ Torch.

{

{ Mạdna. { Beraksa.

{ {

{ { Ạsasga.

Smâla {

{ { Houasen.

{ {

{ Oulad Ạïssa. { Oulad Fennan.

{

{ Chraạ.

{ Oulad Gaouch.

{

{ Aït Çaleḥ. }

{ } 1

{ { Nouaser. }

{ Oulad Iousef. {

{ { Berachona. }

{ { } 1

{ { Oulad Nahr. }

{ {

{ { Beni Zrandil.

{

{ { Ạbabsa.

{ {

{ { Oulad Brahim.

Beni Zemmour { {

{ Beni Bataou. { Zania.

{ {

{ { Soual.

{ {

{ { Rouased.

{

{ { Aït Bihi.

{ {

{ { Aït Mousa.

{ Aït Iaḥi. {

{ { Ahouraïn.

{

{ Geraïat.

{ Semget.

{

{ Ạït Ạla. }

Qeṭạïa { } 1

{ Aït Brahim. }

{

{ Aït Kerkaït.

{ Oulad Smạïn.

{

{ Oulad Sạïd. { Oulad Iạqoub.

{ {

{ { Oulad Bou Iạoud.

{

{ { Bezzaza.

{ {

Beni Mạdan ; Aït Roubạ. { Oulad Iousef. { Oulad Iạïch.

{ {

{ { Oulad Mạmmer.

{

{ Zouaïr.

{

{ Beni Mellal.

{ Oulad Assoun }

{ }

{ Oulad Nedjạ } 1

{ }

{ Oulad Ạbd Allah }

{

{ Beradia }

{ }

{ Ahel Sous } 1

{ }

{ Oulad Ạli }

{

Beni Amir { Oulad Ḥasen }

{ }

{ Krifat }

{ } 1

{ Oulad Zian }

{ }

{ Oulad Bou Ḥerrou }

{

{ Beni Chegdal }

{ }

{ Oulad Rejiạ } 1

{ }

{ Mouali el Ouad }

{ Oulad Zahra.

{

{ El Amgar.

{

{ Oulad Zmam.

{

{ Ạsara.

{ Oulad Ạrif. {

{ { Oulad Smida.

{ {

{ { Beni Ạoun.

{ {

{ { Oulad Meraḥ.

Beni Mousa { {

{ { Krazza.

{

{ Beni Oujjin.

{

{ Oulad Brahim.

{

{ Ahel Zerberrachi.

Beni Miskin.

_AIT SERI_. — Voici la décomposition des Aït Seri, tribu tamaziṛt

indépendante :

{ Aït Ouirra

{

{ Aït Mḥammed

{

{ Aït Seri

{

{ Imhaouchen.

{

{ Aït Daoud.

{

Aït Ouirra. { Aït Mesạoud.

{

{ { Aït El Ḥasen.

{ {

{ { Aït Ạlou ou Brahim.

{ {

{ { Aït ou Ạzzou.

{ {

{ { Aït Ousaden.

{ {

{ { Aït Iqqo.

{

{ { Aït Ạbd es Selam.

{ {

{ { Aït Iạqoub.

{ {

{ Aït Mḥammed. { Aït Smạïn.

{ {

{ { Aït Ḥammi.

{ {

{ { Aït Bou Bekr.

{

{ { Aït Ichcho.

{ {

{ { Mrabṭen.

{ {

{ { Aït Daoud.

Aït Seri { {

{ Aït Ạbd el Ouali. { Aït Ousakki.

{ {

{ { Mḥarir.

{ {

{ { Aït Ạlou ou El Ḥasen.

{ {

{ { Aït Ioudi.

{

{ Friata }

{ }

{ Aït Ḥebibi }

{ } 1

{ Aït Maḥa }

{ }

{ Aït Ạbd en Nour. }

{

{ { Aït Ạli ou Seliman.

{ {

{ { Aït Ḥammou ou Sạïd.

{ {

{ { Aït Isḥaq.

{ {

{ { Iḥebaren.

{ Aït Sạïd {

{ { Aït Ḥammou ou Mançour.

{

{ Aït Daoud ou Bou Ḥïa.

{

{ Aït Daoud ou Iousef.

{

{ Aït Ougrar.

Les Aït Seri sont de langue comme de race tamaziṛt. Partie nomades,

partie sédentaires, ils ont des tentes et des villages ; ces derniers

dominent. Leur territoire nourrit peu de chevaux ; pouvant armer un

très grand nombre de fantassins, ils n’ont presque pas de cavaliers.

Deux fractions des Aït Seri, les Aït Ouirra et les Aït Mḥammed,

sont célèbres pour leur hostilité aux Juifs : leur territoire est

absolument interdit à cette race. Un Israélite veut-il le traverser

quand même, il lui faut se travestir et prendre garde de ne point

se trahir : s’il était reconnu, il n’échapperait pas à la

mort. Tout Juif trouvé est tué, et l’horreur qu’il inspire va

si loin qu’on ne dépouille pas son cadavre et que ses marchandises

sont jetées au vent.

_ICHQERN_. — Les Ichqern sont une tribu de race et de langue

tamaziṛt bornée au nord par les Zaïan, à l’ouest par le

Tâdla (Beni Zemmour et Qeṭạïa), au sud par les Aït Seri

(Aït Ouirra). Il y a 4 heures de chemin entre Qaçba Tâdla et leur

frontière. Ils peuvent mettre environ 8000 hommes à cheval. Ils sont

indépendants, bien qu’un qaïd in partibus vive chez eux. Ils ont,

en ce qui concerne les Juifs, le même usage que les Aït Ouirra et

les Aït Mḥammed, usage qui n’existe nulle part ailleurs au Maroc.

Sur la frontière nord des Ichqern, se trouve le point assez connu de

Khanifra. Khanifra est une qaçba un peu plus grande que Fichtâla,

située à 9 heures de marche à l’est-nord-est de Bou el Djạd ;

sur la limite même des Ichqern et des Zaïan, elle fut longtemps

un sujet de disputes pour ces deux tribus. Fondée par les premiers,

elle appartient aujourd’hui aux seconds. Là habite ce malheureux

qaïd des Zaïan dont nous avons parlé plus haut.

_CHAOUIA_. — Les Chaouïa sont nomades et parlent l’arabe :

ils forment une nombreuse tribu soumise au sultan. Voici leur

décomposition :

{ Oulad Zireg.

{

{ { Oulad Chaïb.

{ Oulad Mḥammed {

{ (3 qaïds). {

{ { El Khloṭ.

{ {

{ { Oulad Ạmama. }

{ } 1

{ { Oulad Bou Bekr. }

{ {

{ { Oulad El Ạsri.

{ Khesasra {

{ (1 qaïd). {

{ { Brasiin.

{ {

{ { Oulad Mnisf.

{

{ El Aoulad (1 qaïd).

{

{ Oulad Bou Ạrif.}

{ } (1 qaïd)

{ Beni Imman. }

{

{ { Ḥamdaoua.

{ {

{ { Beni Sqeten.

{ {

{ { El Elf.

{ {

{ { Beni Brahim.

Chaouïa { Mzab (1 qaïd) {

{ { Mnia.

{ {

{ { Djemouạ.

{ {

{ { Oulad Fers.

{ {

{ { Oulad Senjej.

{

{ Oulad Sidi Ben Daoud (1 qaïd).

{

{ Oulad Bou Ziri (1 qaïd).

{

{ Oulad Sạïd (1 qaïd).

{

{ Msamsa (1 qaïd).

{

{ Oulad Ḥaris. }

{ } 1 (Réunies, ces deux fractions

{ } forment un groupe plus nombreux

{ } encore que les Mzab. — 1 qaïd.)

{ Medaṛra. }

{

{ Oulad Zian (1 qaïd).

{

{ Mediouna (1 qaïd).

{

{ Siaïda (2 qaïds).

{

{ Zenata (1 qaïd).

La fraction des Mzab contient un grand nombre de zaouïas ; telles

sont : Oulad Sidi Ạïssa, Qeradma, Oulad Sidi el Ḥadj, Oulad Sidi

Bel Qasem, El Kaouka.

_ZAIR_. — Les Zạïr forment une puissante tribu indépendante, de

race et de langue tamaziṛt. Leur territoire se trouve à l’ouest

de celui des Zaïan et au nord-ouest du Tâdla. Quoique ce pays soit

montagneux, ils possèdent un grand nombre de chevaux.

_AIT MESSAT_. — C’est une puissante tribu chleuḥa[100],

indépendante, qui a pour limites, au sud la crête supérieure du

Grand Atlas, au nord l’Ouad el Ạbid, à l’est les Aït Seri et

les Berâber, à l’ouest les ouads b Ougemmez et Teççaout. Les

Aït Messaṭ habitent, les uns dans des qçars, les autres sous

la tente : ceux-ci sont les plus nombreux. La tribu peut, en tout,

armer 4000 fantassins et 300 à 500 cavaliers. Elle se décompose en

cinq fractions.

Aït Isḥaq.

Aït Moḥammed.

Aït Ougoudid. }

}

Aït Ạbd Allah. } Atferkal.

}

Ibaraṛen }

Les Aït Isḥaq forment environ 2000 fusils. Ils s’étendent entre

la zaouïa d’Aḥansal et l’Ouad el Ạbid : tout le cours de

l’Ouad Aït Messaṭ leur appartient : à eux encore les deux groupes

de qçars d’Aït Maziṛ et d’Aït Issoumour. Aït Maziṛ est

une collection de qçars répartis dans la montagne entre l’Ouad

el Ạbid et l’Ouad Aït Messaṭ, au delà de la rive gauche

de ce dernier. Aït Issoumour est une réunion de 3 qçars situés

près de l’Ouad el Ạbid au-dessus d’Aït Maziṛ : on compte

17 kilomètres d’Aït Issoumour à Ouaouizert. Les Aït Isḥaq

sont la seule des cinq fractions des Aït Messaṭ qui possède des

qçars. Les quatre autres n’ont que des tentes et des tiṛremts.

Les Aït Moḥammed sont limitrophes des Aït Isḥaq : ils

s’étendent entre eux, les Aït b Ougemmez, l’Ouad el Ạbid et la

crête du Grand Atlas : à l’est des Aït b Ougemmez, ils occupent

le vaste plateau d’Iferṛes. Pas de rivière sur leur territoire ;

mais les sources sont nombreuses. Pays montagneux et boisé. Point

de qçars : les Aït Moḥammed emmagasinent leurs biens dans des

tiṛremts pendant qu’ils vivent sous la tente. Ils sont environ

500 fusils.

Les Aït Ougoudid habitent à l’ouest des Aït Moḥammed, entre

eux et les Aït Ạbd Allah. Ils n’ont que des tentes et des

tiṛremts. Il en sera de même des fractions suivantes : leur pays,

comme celui des Aït Ạbd Allah et celui des Ibaraṛen, est en tout

semblable à celui des Aït Moḥammed. Les Aït Ougoudid comptent

500 fusils.

Les Aït Ạbd Allah habitent à l’ouest des Aït Ougoudid, entre

eux et les Ibaraṛen. Ils sont en face des Aït Ạtab. Ils peuvent

lever 500 fusils.

Les Ibaraṛen se trouvent à l’ouest des Aït Ạbd Allah, auprès

des Entifa : ils forment environ 500 fusils.

Ces trois dernières fractions portent le nom collectif d’Atferkal.

Ainsi qu’on le voit, une seule rivière arrose le territoire des

Aït Messaṭ, celle qui porte le nom de la tribu.

Il existe chez les Aït Messaṭ une zaouïa dont le chef est

tout-puissant sur eux : la zaouïa d’Aḥansal. Le pouvoir de son

chikh est absolu sur les Aït Messaṭ, et son influence s’étend

beaucoup plus loin. Jusqu’à Merrâkech d’une part, jusqu’au

Dâdes et au Todṛa de l’autre, il est connu et vénéré. Un

esclave de Sidi Ḥamed ou Ḥamed Aḥansal, chef actuel de la

zaouïa, suffit pour conduire en sûreté une caravane du Todṛa à

Merrâkech. A lui a recours quiconque veut voyager dans ces régions.

Les Aït Messaṭ ne parlent que le tamaziṛt : très peu parmi eux

savent l’arabe.

Deux marchés sur leur territoire : Khemîs Aït Khelift (Aït Ạbd

Allah), Arbạa Tabaroucht (Aït Isḥaq). Point de Juifs.

_AIT B OUOULLI_. — C’est une nombreuse tribu chleuḥa,

indépendante, cantonnée sur le haut cours de la Teççaout Fouqia

et sur tout celui de l’Ouad el Ạrous. Elle n’habite que des

qçars. Les Aït b Ououlli parlent le tamaziṛt.

Point de marché sur leur territoire.

Un mellaḥ.

_AIT ABBES_. — Petite tribu chleuḥa cantonnée sur les rives

de l’Ouad Teççaout au-dessous des Aït b Ououlli. Nominalement,

elle dépend du qaïd des Entifa : de fait, elle est peu soumise. Les

Aït Abbes n’habitent que des qçars. Ils parlent le tamaziṛt.

Point de marché.

Un mellaḥ.

Distance : des Aït Abbes aux Aït Bou Ḥarazen comme d’Imiṭeṛ

à Taourirt (Todṛa).

_AIT BOU HARAZEN_. — Petite tribu chleuḥa située à quelque

distance à l’est de Djemaạa Entifa. Elle fait partie du blad

el makhzen et obéit au qaïd des Entifa. Point de rivière sur son

territoire : celui-ci n’est arrosé que par des sources. Les Aït Bou

Ḥarazen n’habitent que des qçars : leur langue est le tamaziṛt,

mais beaucoup d’entre eux savent l’arabe.

Un marché, l’Arbạa Bou Ḥarazen.

Deux mellaḥs.

Distance : d’Arbạa Bou Ḥarazen à Djemaạa Entifa comme de

Timaṭṛeouin à Taourirt (Todṛa).

_INKTO_. — Petite tribu chleuḥa au sud des Entifa. Elle appartient

au blad el makhzen et obéit au qaïd de Demnât. Elle n’habite

que des qçars. La langue en est le tamaziṛt. Le territoire, situé

à l’est de l’Ouad Teççaout Fouqia, n’en est arrosé que par

des sources : on n’y voit aucun cours d’eau.

Un marché, l’Arbạa Ouaoula.

Pas de Juifs.

Distances : d’Inkto à Demnât comme d’Aït Iidir (Dâdes) à Taourirt

(Todṛa).

» Djemaạa Entifa comme d’Aït Iidir » »

_AIT AIAD_. — Tribu chleuḥa indépendante occupant les premières

pentes du Moyen Atlas au nord-est des Aït Ạtab. La fraction

des Aït Ạtab qui la limite de ce dernier côté s’appelle les

Ikadousen. Les Aït Ạïad peuvent mettre en ligne environ 1000

hommes, dont 100 cavaliers. Ils sont habituellement alliés aux

Aït Ạtab.

Un marché, le Tlâta Aït Ạïad.

Un mellaḥ.

=Itinéraires.=

_DE FAS A BOU EL DJAD_. — Fâs, Sfrou, Aït Ioussi, Beni Mgild,

Ạïn el Louḥ, Akebab, Ichqern, Bou el Djạd.

_DE FAS A BOU EL DJAD_. — Fâs, Sfrou, Aït Ioussi, Beni Mgild,

Zaïan, Bou el Djạd.

_DU TADLA A QÇABI ECH CHEURFA_. — Du Tâdla, un chemin remonte le

cours de l’Ouad Oumm er Rebiạ jusqu’à sa source : de là on peut

gagner Qçâbi ech Cheurfa. Cette route n’est point fréquentée :

les animaux féroces, lions et panthères, qui peuplent les grandes

forêts traversées par le haut cours de l’Oumm er Rebiạ, en sont

cause en partie.

_DE BOU EL DJAD A MOULEI BOU IAZZA_. — De Bou el Djạd à Moulei

Bou Iạzza, on compte 10 heures de marche : chemin faisant : on

rencontre deux lieux habités, Sidi Bou Ạbbed, situé à 4 heures de

Bou el Djạd, et Sidi Oumbarek, qui se trouve à 7 heures de cette

même ville. Entre Sidi Bou Ạbbed et Sidi Oumbarek, on traverse

l’Ouad Grou, entre S. Oumbarek et Moulei Bou Iạzza, on franchit

la frontière du Tâdla, et on passe des Beni Zemmour chez les Zaïan.

Sidi Bou Ạbbed est un village de 200 maisons : au milieu

s’élèvent la qoubba de Sidi Bou Ạbbed et une zaouïa où vivent

ses descendants.

Sidi Moḥammed Oumbarek était un cherif vénéré ; mort depuis

très longtemps, il a laissé une postérité nombreuse qui habite

autour de sa qoubba, dans un village de 400 maisons : ce village a

pris son nom ; il est situé au milieu de grandes forêts.

Moulei Bou Iạzza est une bourgade de 1200 à 1400 habitants. Elle

porte le nom d’un cherif célèbre, mort là depuis des siècles. Il

n’a laissé ni postérité ni disciples, le souvenir de ses vertus et

son tombeau sont tout ce qui reste de lui ; son mausolée, reconstruit

jadis par Moulei Ismạïl, est fort beau : il est du même modèle

que ceux de Bou el Djạd. Cette qoubba est l’objet d’une grande

vénération.

_DE DEMNAT A BEZZOU_. — Une journée de marche. Chemin faisant, on

traverse l’Ouad Teççaout Fouqia. Bezzou est une bourgade de 1500

habitants avec un mellaḥ. Elle ressemble de tous points à Djemaạa

Entifa. Elle est située en plaine entre l’Ouad Teççaout et

l’Ouad el Ạbid. Elle est sous la juridiction du qaïd des Entifa.

_DE DEMNAT A EL QLAA_. — Un jour et demi de marche, soit : de

Demnât à Zaouïa Sidi Reḥal, une journée ; de Zaouïa Sidi

Reḥal à El Qlạa, une demi-journée. Entre ces deux derniers

points on chemine constamment en plaine et on ne traverse aucun cours

d’eau. El Qlạa est sur le territoire des Sraṛna. C’est une

ville de 3000 habitants, de l’importance de Demnât. Elle possède

un grand mellaḥ. Située à l’ouest de la Teççaout Taḥtia,

à l’est de l’Ouad Rḍât, elle n’a d’autre eau que celle

qui lui est amenée de la Teççaout par des _feggara_[101].

_DE DEMNAT AU TIZI N GLAOUI_. — Il y a deux chemins : l’un,

plus long mais beaucoup meilleur, passant par Zaouïa Sidi Reḥal,

Tagmout, etc. ; l’autre, plus court mais très difficile, entrant

à Demnât dans la montagne et allant tout droit vers le col : le

dernier est très peu fréquenté.

_DE ZARAKTEN AU TELOUET_. — Il y a deux chemins : l’un est celui

que nous avons pris ; voici l’autre : Zarakten, Ạqoub es Soulṭân

(en tamaziṛt, Asaou n Ougellid), point de croisée du sentier venant

de Tagmout, Tikhfar (l’Ouad Rḍât étant à main droite), Talatin

n Ouadil, Timi Ourṛt, Amsensa, traversée de l’Ouad Amsensa,

affluent de l’Ouad n Iri, Tanzmout (sur l’Ouad Amsensa), Ideṛ

(sur l’Ouad n Iri). A partir de là, on reprend le chemin connu.

_D’OUAOUIZERT A L’OUSSIKIS_. — D’Ouaouizert à l’Ouad el

Ạbid, 1 heure. Jusque-là on est sur le territoire des Aït Atta

d Amalou.

De l’Ouad el Ạbid à Talmest, un jour. Talmest est sur les terres

des Berâber. Entre l’Ouad el Ạbid et les Berâber se trouve le

territoire des Aït Messaṭ. C’est là qu’on a marché durant

la plus grande partie de la journée : le chemin y traverse le groupe

de qçars d’Aït Issoumour.

De Talmest à Tarḥamt, un jour. Tarḥamt est un endroit désert

où les caravanes ont l’habitude de faire halte pour passer la nuit.

De Tarḥamt à l’Oussikis, un jour. De Talmest à l’Oussikis

on n’a cessé de marcher sur le territoire des Berâber. L’Ouad

Dâdes, auquel on arrive dans l’Oussikis, est la première rivière

qu’on rencontre depuis l’Ouad el Ạbid : entre ces deux cours

d’eau ce ne sont que montagnes : point de neige sur le chemin en

été ; à dater du mois de novembre, il y en a fréquemment.

_DU TODRA AUX AIT ATAB ET A DEMNAT_. — Du Todṛa à l’Oussikis,

une journée de marche. On passe au départ sur la rive droite de

l’Ouad Todṛa ; puis on entre dans la montagne, où l’on reste

jusqu’à l’Oussikis sans rencontrer de toute la route ni qçar

ni cours d’eau. Dans ce long désert on ne trouve que des tentes

des Aït b ou Iknifen ; encore n’y sont-elles qu’en été :

en hiver elles se transportent sur le Saṛro.

De l’Oussikis trois chemins conduisent à la plaine d’Izouṛar,

plateau désert :

Ṭriq Aqqa (à l’est).

Ṭriq Izilal (au centre).

Ṭriq Tafrout (à l’ouest).

Dans la plaine d’Izouṛar campent en été des Aït ou Allal et des

Aït Bou Daoud. De cette plaine on passe à la vallée de l’Ouad b

Ougemmez : un seul chemin y conduit : on franchit au Tizi Izouṛar

une crête qui marque l’extrémité du plateau, et de là on descend

directement dans la vallée de l’Ouad b Ougemmez : on l’atteint à

Zaouïa Aït Ouaham. De l’Oussikis à Aït Ouaham, un piéton isolé

met une forte demi-journée. Pour les caravanes il faut une journée.

D’Aït Ouaham partent deux routes, l’une vers les Aït Ạtab,

l’autre vers Demnât.

La première monte sur le flanc droit de l’Ouad b Ougemmez,

en face même de la zaouïa, puis franchit un col, le Tizi n

Tiṛrist. C’est un passage difficile. De là on entre dans la

vaste plaine d’Iferṛes. Elle est occupée par les tentes des

Aït Moḥammed (fraction des Aït Messaṭ). On descend ensuite dans

la vallée de l’Ouad el Ạbid. Un piéton isolé ne met qu’une

journée pour aller d’Aït Ouaham à Ḥad Aït Ạtab.

Si l’on prend la seconde voie, celle de Demnât, on descend l’Ouad

b Ougemmez jusqu’à Agerd n Ouzrou, puis l’Ouad el Ạrous

jusqu’à son confluent avec la Teççaout Fouqia. On remonte ensuite

la Teççaout pendant 4 heures environ ; puis on passe sur sa rive

gauche, on franchit le Djebel Tamatout (montée très difficile), et

de là on se rend à Demnât. Il y a deux petites journées d’Aït

Ouaham à Demnât. On passe la nuit dans le haut de la tribu des Aït

b Ououlli, sur les rives de la Teççaout.

_DE L’OUSSIKIS A OUAOUIZERT_. — On gagne le plateau d’Izouṛar

par le chemin le plus oriental, Ṭriq Aqqa. On traverse le plateau,

puis on franchit successivement le Tizi n Teṛrisin et le Tizi n

Terboula. De là on débouche, à Zaouïa Aḥansal, dans la vallée

de l’Ouad Aït Messaṭ. On descend cette rivière jusqu’à son

confluent avec l’Ouad el Ạbid, et on gagne Ouaouizert. On compte

un jour de l’Oussikis à Zaouïa Aḥansal, et deux jours de la

zaouïa à Ouaouizert. Ce chemin a pour les caravanes l’avantage

de passer par Zaouïa Aḥansal, résidence d’un puissant chef

religieux de qui elles prennent l’ạnaïa. Ce marabout est la

ressource habituelle de ceux qui voyagent chez les Aït Messaṭ.

Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte) · 第 30 / 59 段