[Note 100 : Lorsque nous nous rapprocherons du sud, nous emploierons

souvent le mot de Chleuh pour désigner la race à laquelle

appartiennent les populations, afin de marquer qu’elles sont

composées d’Imaziren blancs « Chellaha », et non d’Imaziren

noirs « Haratîn ».]

[Note 101 : On donne le nom de _feggara_ à des canaux souterrains

offrant des jours de distance en distance : ces jours sont

d’ordinaire très rapprochés : il est rare qu’ils aient 10

mètres d’espace de l’un à l’autre.]

II.

BASSIN DE L’OUAD DRA.

Le cours du Dra se divise en trois portions : cours supérieur,

depuis les sources des ouads Idermi et Dâdes jusqu’au point où

ces cours d’eau se réunissent ; cours moyen, depuis ce confluent

jusqu’à Mḥamid el Ṛozlân ; cours inférieur de Mḥamid el

Ṛozlân à l’Océan.

Dans le cours supérieur, point de rivière portant le nom de Dra :

deux torrents, dont la réunion formera le fleuve, roulent au pied

de l’Atlas leurs eaux froides et impétueuses ; les rives en sont

presque constamment bordées de villages et de cultures : région

montagneuse ; végétation des pays froids : les crêtes du Grand Atlas

se dessinent tout près des vallées en longue masse blanche ; dans

les fonds, point de palmiers : des oliviers, des figuiers, des noyers.

Dans son cours moyen, l’Ouad Dra, formé de la réunion des deux

rivières précédentes, prend une nouvelle direction : il coule

perpendiculairement à l’Atlas et s’enfonce dans le sud : c’est

un large fleuve, au cours majestueux, faisant miroiter ses belles

ondes, claires et paisibles, à l’ombre de palmiers innombrables :

il coule sans interruption entre les dattiers et les villages, oasis

longue de 40 lieues, pays le plus beau et le plus riche du Maroc. Il

a presque toujours une eau abondante ; que, par extraordinaire, elle

manque dans son lit, les nombreux canaux qui le bordent en restent

pleins. La vallée est bordée de montagnes qui vont s’abaissant

et s’écartant à mesure qu’elles s’avancent vers le sud.

Dans le cours inférieur, plus un dattier, plus une maison :

au sortir d’El Mḥamid, l’Ouad Dra entre dans le désert ;

il y reste jusqu’à la mer. Il coule en plaine ; plus d’eau ;

son lit à sec s’élargit démesurément ; ses bords sont aussi

désolés qu’ils étaient riants tout à l’heure. Sa direction a

changé : il a fait un coude brusque à angle droit, et il se dirige

vers l’Océan parallèlement aux crêtes de l’Atlas.

Nous allons nous occuper successivement de chacune de ces trois

portions du cours de l’Ouad Dra.

1o. — BASSIN SUPÉRIEUR DU DRA.

Le bassin supérieur du Dra se compose de ceux des deux rivières

dont la jonction forme ce fleuve : l’Ouad Dâdes et l’Ouad Idermi.

Nous allons étudier séparément chacun de ces deux cours d’eau.

=Ouad Dâdes.=

L’Ouad Dâdes prend sa source dans le Grand Atlas : il traverse, en

descendant, les districts ci-dessous qui se succèdent immédiatement

les uns aux autres : Imdras, Aït Atta, Aït Seddrât, Dâdes, Aït

Iaḥia, Isḥiḥen, Imeṛrân, Aït Bou Delal. Au-dessous d’Aït

Bou Delal, il s’unit à l’Ouad Idermi au kheneg de Tarea. La

jonction des deux rivières forme l’Ouad Dra. L’Ouad Dâdes,

par l’importance de son volume d’eau, est la principale source

du fleuve.

Le district d’_Imdras_ est formé de quelques qçars tous situés

sur l’Ouad Dâdes : l’Imdras est habité par une fraction des

Aït Melṛad (Berâber). Il ne se compose que d’une djemaạa,

c’est-à-dire qu’il ne forme politiquement qu’un seul groupe.

Le district d’_Aït Atta_ est aussi composé de qçars s’élevant

tous sur les rives mêmes de l’Ouad Dâdes : il est habité par des

Aït Atta (Berâber) ; il se divise en deux groupes ou djemaạas,

le Semṛir et l’Oussikis, le premier en amont, le second en aval.

Le district d’_Ait Seddrât_ se compose également de qçars

situés sur les rives mêmes de l’Ouad Dâdes ; les habitants en

sont des Aït Seddrât ; ils ont leur chikh el ạam particulier ;

ce district ne forme qu’une djemaạa. Le principal de ses qçars

est celui d’Aït Saoun : on appelle quelquefois de son nom tout

le district, pour le distinguer du grand nombre d’autres régions

peuplées d’Aït Seddrât.

Le district du _Dâdes_ ne se compose, comme les précédents, que

de qçars situés au bord même de l’Ouad Dâdes. Le Dâdes est

habité partie de Draoua (Ḥaraṭîn), partie de Berâber, partie

d’Aït Seddrât. Ces derniers sont les plus nombreux : Draoua,

Berâber et Aït Seddrât sont mélangés et dans les djemaạas et

dans les qçars ; tout le pouvoir est entre les mains des Aït Seddrât

et des Berâber. Le Dâdes est divisé en six groupes ou djemaạas ;

chacun d’eux a son chikh el ạam particulier : il n’y a de chikh

supérieur, réunissant plusieurs djemaạas sous son autorité, que

dans des cas exceptionnels, lorsque des djemaạas s’unissent pour

une guerre. Voici les noms de ces six subdivisions du Dâdes, dans

l’ordre où on les trouve en descendant le cours de l’ouad : Aït

Temouted, Aït Ouniṛ, Aït Ḥammou, Aït ou Allal, Iourtegin, Arbạ

Mia. Les chikh el ạam qui administrent chacune de ces djemaạas

n’ont pour fonction que d’en gérer les affaires générales :

ils ne se mêlent point du gouvernement particulier des qçars :

chacun de ceux-ci s’administre comme il l’entend, réglant ses

affaires à sa guise et se battant avec les localités voisines à

tout instant. Les guerres, journalières entre qçars, sont rares

entre djemaạas, et ne deviennent presque jamais générales. Cette

façon de se gouverner, ces querelles intestines sont des coutumes

invariables des Aït Seddrât : elles existent et dans toute leur

tribu et dans les régions où, comme ici, ils dominent.

Le district d’_Ait Iahia_ appartient aux Aït Seddrât : dans chaque

qçar se trouvent, mélangés avec eux, un petit nombre de Draoua

(Ḥaraṭîn) ; mais ils n’ont aucune part aux affaires. L’Aït

Iaḥia ne forme qu’une djemaạa : il a son chikh el ạam

particulier. Comme les districts précédents, celui-ci se compose

de qçars situés sur les bords de l’Ouad Dâdes. L’Aït Iaḥia

peut mettre sur pied environ 1500 fusils.

Le district d’_Ishihen_. Les Isḥiḥen sont encore des Aït

Seddrât. Comme les Aït Iaḥia, comme leurs frères du Dâdes et

d’Aït Saoun, ils ne sont pas une fraction homogène de la tribu des

Aït Seddrât, mais un mélange d’Aït Zouli et d’Aït Meḥelli,

de tous les groupes. L’Isḥiḥen a un chikh el ạam particulier :

il ne forme qu’une seule djemaạa. Même remarque que pour le Dâdes

et les autres pays d’Aït Seddrât : ce chikh el ạam, apparence

de gouvernement régulier, n’empêche pas les guerres continuelles

de qçar à qçar. Les Isḥiḥen forment environ 200 fusils.

Le district d’_Imerrân_ appartient à la grande tribu, moitié

sédentaire, moitié nomade, qui porte ce nom. Elle possède ce

district sur l’Ouad Dâdes, occupe une vaste région au nord de

cette rivière et étend ses tentes sur la partie occidentale du

Djebel Saṛro. La portion de l’Ouad Dâdes possédée par les

Imeṛrân se divise en quatre djemaạas : ce sont, en descendant la

rivière, celles de Taṛzout Imeṛrân, d’Imasin, de Tamesraout,

et d’Assaka. Elles ont chacune leur chikh el ạam et se gouvernent

séparément. Les qçars sont tous sur les rives mêmes de l’ouad.

Le district d’_Aït Bou Delal_ se compose d’une douzaine de qçars

situés sur les bords de l’Ouad Dâdes : le principal d’entre

eux est Zaouïa Sidi Felaḥ ; on se sert quelquefois de son nom pour

désigner tout le groupe dont il fait partie.

Les districts que nous venons d’énumérer sont, ainsi que le bassin

entier de l’Ouad Dâdes, indépendants du sultan.

=I. — District du Dâdes.=

Voici les principaux qçars dont il se compose : tous sont sur les

bords mêmes de l’Ouad Dâdes.

RIVE DROITE :

Aït Mesạoud } 30 fusils.

}

Iṛerm Melloul } 40

}

Qçar Zida } Aït Temouted. 60

}

Iṛerm n Imzil } 200

}

Tiṛremt Aït Ạli ou Iaḥia } 10

Tarmoucht Aït Ouniṛ. 30

Aït Bou Iousef (3 qçars) } 60

}

El Ḥara } 100

} Aït Ḥammou.

Tilmiouin (2 qçars) } 40

}

Aït Mezber } 100

Aït Kasi ou Ạli (3 tiṛremts) } 150

}

Khemîs Sidi Bou Iaḥia (marché) }

} Aït ou Allal.

Qoubba Sidi Bou Iaḥia (qoubba }

isolée) }

}

Aït b Oulman } 60

Amdnar } 40

}

Ifri } Iourtegin. 50

}

Tiilit } 60

Aït Bou Ḥeddou }

}

Imzouṛ }

}

Iṛerm n Igran }

}

Taourirt Izknasen }

}

Taourirt Izknasen }

}

Cheurfa Aït Bou Ạmran }

}

Aït Haroun } Arbạ Mia.

}

Zaouïa Aït Bou Bekr }

}

Azdag }

}

Cheurfa Aït Bou Ạmran }

}

Zaouïa el Oustia Aït Bou Ạmran }

}

Cheurfa Aït Taltmanart }

}

Cheurfa Aït Bou Ạmran }

RIVE GAUCHE :

Aït Selîman } 50 fusils

}

Akboub } Aït Temouted. 30

}

Aït Iidir } 20

Aït Slillo } 100

}

Tiṛremt Aït Merset } Aït Ouniṛ. 10

}

Aït b Oumal } 150

Tiṛremt Ḥamed } 20

}

Aït Ḥamed } 20

}

Aït Ioud } Aït Ḥammou. 20

}

Tiṛremt Aït Mezber } 20

}

Aït Bou Bekr } 20

Aït Bou Allal } 60

} Aït ou Allai.

Aït ou Ez Zin } 50

Tagenza (Zaouïa Aït Sidi El Boṛdad) } 30

}

Iattasen } 50

}

Aserṛin } Iourtegin. 20

}

Tiṛremt Kasi } 20

}

Aït El Ḥaseïn } 50

Imzouṛ } 100

}

Zaouïa Fouqania Sidi Dris }

}

El Mạïach }

}

Zaouïa Sidi Dris }

}

Aït Aqqo ou Ạli }

}

Aït Haroun }

} Arbạ Mia.

Aït Bou Bekr }

}

Azdag }

}

Zaouïa Aït Sidi Mouloud Fouqania }

}

Zaouïa Aït Sidi Mouloud Taḥtania }

}

Aït Ioul }

}

Aït Bou Bekr }

Les marchés du Dâdes sont : le Khemîs Sidi Bou Iaḥia, l’Arbạa

Imzouṛ, l’Arbạa Aït b Oumal.

Il y a au Dâdes deux mellaḥs.

=II. — District d’Aït Iahia.=

Il se compose des qçars suivants, tous situés dans la vallée de

l’Ouad Dâdes, les uns sur ses rives mêmes, les autres sur celles

de l’Ouad Imgoun, auprès de son confluent. C’est à Tagnit Ba

Ḥammou d Aït Ṭaleb que cette rivière se jette dans l’Ouad

Dâdes. Les qçars de la rive droite situés au-dessous de Tagnit sont

donc sur l’Ouad Dâdes même ; ceux qui sont au-dessus se trouvent

sur l’Ouad Imgoun. Mais ces localités sont si rapprochées les unes

des autres, si groupées que, bien que sur deux rivières différentes,

elles sont toutes dans la vallée de l’Ouad Dâdes.

Voici les qçars dont l’ensemble forme le district d’Aït Iaḥia,

dans l’ordre où on les trouve en descendant la vallée :

RIVE DROITE :

Tiṛremt Ifertioun.

Aït Er Râmi.

Ibaraḥen.

Aït Abbou.

Ilouaḥen.

Ikazzour.

Tagnit Aït Moḥo.

Tagnit Ba Ḥammou d Aït Ṭaleb.

Tiṛremt Aït El Ḥasen.

Tiṛremt Ouazen.

Aït Er Ridi.

El Ḥara.

Taourirt.

Aït Tazarin.

Tirigiout.

Ikeddaren.

Aït Igmad.

RIVE GAUCHE :

Zaouïa Ouad Zfal.

Aïlkemt.

Aït ou Addar.

Timichcha (8 qçars).

Pas de marché dans le district d’Aït Iaḥia.

Dans l’Aït Iaḥia, comme dans le Dâdes, les deux rives de l’ouad

sont bordées d’un ruban non interrompu de cultures : mais elles

sont un instant désertes entre les deux districts ; à cet endroit,

la rivière traverse une petite gorge inculte et inhabitée de 1200

à 1400 mètres de long : c’est la frontière.

=III. — District d’Ishihen.=

Tous les qçars qui composent l’Isḥiḥen sont sur les bords de

l’Ouad Dâdes. Celui-ci a, sur toute la longueur du district, ses

deux rives garnies d’une bande continue de cultures. Avant d’y

entrer, il a été quelque temps désert : entre l’Aït Iaḥia et

l’Isḥiḥen, il a traversé une gorge inculte et inhabitée qui

forme frontière entre eux ; la longueur de ce désert est égale

à la distance de Taourirt à Asfalou (Todṛa). Voici les qçars

dont se compose l’Isḥiḥen, dans l’ordre où on les trouve en

descendant la rivière :

RIVE DROITE :

Tiṛremt Aït Sidi Ạli }

}

» Aït ou Ben Ạli }

}

» Isso ou Mḥammed }

}

» Ben Zizi }

} portant le nom collectif de Tiṛrematin

} Aït n Aglou.

» Ibaraḥen }

}

» Ibaraḥen Taḥtia }

}

» Isso ou Ḥamed }

}

» Ḥammou d Aït Ioub. }

Taria[102] Aït Ạmer.

Taria Aït Ạli ou Moḥa.

Taria Ben Sekri.

Tiṛremt Taria ạla sagia Imeṛrân.

RIVE GAUCHE :

Aït Bakhous.

Tiṛremt Issoun Ben Touda.

Tiṛremt Ạli Ḥeddou.

Tiṛremt Ḥeddou Nzaha (Aït Isso).

Tiṛremt Aït el Mạllem.

Tiṛremt Aït Ḥeddou.

Aït Iqqo.

Tiṛremt Aït Ḥeddou ou Sạïd.

Tiṛremt Ousfia.

Distances : d’Aït Bakhous à Tiṛremt Ousfia, 2 fois comme de Taourirt

à Tinṛir (Todṛa).

Aït n Aglou est en face d’Aït Bakhous.

Tiṛremt Taria ạla sagia Imeṛrân est en face de Tiṛremt

Ousfia.

Il n’y a dans l’Isḥiḥen ni zaouïa, ni marché, ni Juifs.

=IV. — District d’Imerran.=

La portion de la grande tribu des Imeṛrân qui habite, sur l’Ouad

Dâdes, ce district, auquel elle a donné son nom, comprend les qçars

qu’on va lire, tous sur le cours même de la rivière. Les bords

de celle-ci sont, dans tout le district, garnis d’une double bande

de cultures qui ne s’interrompt qu’à un seul endroit et sur un

très court espace, entre Tiṛremt Aït Brahim et Tiṛremt Aït

Temoudout. Entre l’Isḥiḥen et l’Imeṛrân, la vallée est

un instant déserte ; l’ouad y traverse une petite gorge inculte et

inhabitée : on l’appelle Khela Igrikan ; elle forme la limite entre

les deux districts. Ce désert a peu de longueur : autant qu’il y

a de distance de Tamnougalt à Takatert.

RIVE DROITE :

Aït Ḥammou ou Fekou } 25 fusils.

}

Tiṛremt El Ḥasen d Aït Isso } 8

}

Tiṛremt Aït Assa } 12

}

Aït Ben Sạïd } 7

}

Talat n Tanout (Cherifs. 3 qçîbas) } 12

}

Iạraben } 8

} Taṛzout.

Ạli Aït El Ḥasen ou Sạïd } 2

}

Tiṛremt Ou Tmakecht } 3

}

Tiṛremt Sạïd d Aït Lalla } 8

}

Cheurfa Aït Moḥammed } 15

}

Iṛrem Aqdim } 20

}

Moulei Iousef d Aït Ba El Ḥasen } 20

Ifran Ạli ou Reḥo } 3

}

Tiṛremt Moulei Es Sṛîr } 30

}

Tiṛremt Aït Ạbd Allah } 15

} Imasin.

Aït Bou Mesḥaoul } 20

}

Cheurfa El Bour } 40

}

Mesgoug } 20

Tigemmi Tazouggaṛt Aït El Ḥaseïn } 15

}

Tiṛremt Aït ou Ạggoun } Tamesraout 10

}

Tiṛremt Aït Brahim } 20

Tiṛremt Aït Temoudout } 40

}

Tiṛremt Bou Ouchchan } 20

} Assaka.

Tiṛremt Aït Kelb ou Ouchchen } 20

}

Tiṛremt Azarif } 12

RIVE GAUCHE :

Taleint Bou Ḥeddou } 70 fusils.

}

Tiṛremt Iderdar } 7

}

Tiṛremt Izeggaren } 2

}

Tiṛremt Ḥammou d Aït Ạli } 1

}

Tiṛremt Imi n Ichil } 7

}

Agerd Oumerri } 3

}

Agerd Aït Zaïneb } Taṛzout. 4

}

Amerdoul (10 tiṛremts) } 50

}

Aït Zaneṭ } 12

}

Tiṛremt Ạaraben } 8

}

Aït Gendou (4 tiṛremts) } 50

}

Bou Iqba (8 tiṛremts) } 45

}

Amerdoul Aït Imi (8 tiṛremts) } 50

Tiṛremt Aït Ḥaddou ou Ạmr } 10

}

Tiṛremt Aït Moḥammed } 20

}

Tiṛremt Idir Aït Temoudout } Assaka. 12

}

Tiṛremt Aït Iddi Ikniouin } 10

}

Tiṛremt Bou Tezouerin } 8

Distances : d’Aït Ḥammou ou Fekou à Ifran comme deux fois de Taourirt

à Tinṛir (Todṛa).

D’Ifran à Mesgoug comme de Tamnougalt à Asellim.

De Mesgoug à Tiṛremt Aït Brahim comme de Taourirt à

Tinṛir.

De Tiṛremt Aït Brahim à Tiṛremt Aït Temoudout comme deux

fois de Taourirt à Tinṛir.

De Tiṛremt Aït Temoudout à Tiṛremt Azarif comme de

Tamnougalt à Asellim.

Entre Tiṛremt Aït Brahim et Tiṛremt Aït Temoudout, l’Ouad

Dâdes traverse une petite gorge déserte : c’est le seul point de

l’Imeṛrân où les rives en soient inhabitées.

Un marché, le Ḥad Imasin, au bord de la rivière, entre Mesgoug

et Tiṛremt Aït Ạbd Allah.

Point de Juifs.

=V. — Affluents de l’Ouad Dâdes.=

L’Ouad Dâdes a peu d’affluents sur sa rive gauche : ceux qu’il

y reçoit sont peu importants et ont des cours déserts. Sur sa rive

droite, au contraire, il en reçoit un assez grand nombre, et parmi eux

de considérables. Beaucoup traversent des lieux habités : la région

comprise entre l’Ouad Dâdes et le Grand Atlas est très peuplée.

Voici les quelques affluents dont nous avons pu savoir les noms :

c’est une liste fort incomplète.

RIVE GAUCHE :

_Ouad Tagmout_. — (Ayant son confluent dans le Dâdes ; cours

désert.)

_Ouad Aqqa el Medfa_. — (Ayant son confluent dans l’Imeṛrân ;

cours désert.)

RIVE DROITE :

_Achil Sidi Bou Iahia_. — (Ayant son confluent à Qoubba Sidi Bou

Iaḥia, dans le Dâdes.)

_Ouad Imgoun_. — (Ayant son confluent à Tagnit Ba Ḥammou d Aït

Ṭaleb. Il arrose les territoires de plusieurs tribus ; il fera

l’objet d’un article spécial.)

_Ouad Iserki_. — (Ayant son confluent dans l’Aït Bou Delal). Il

prend sa source dans le Grand Atlas et arrose successivement les

qçars suivants appartenant à la tribu des Imeṛrân :

Dar Aït Iaḥia.

Oumm er Remman.

Dar Aït Moulei.

Tidrest.

De plus, entre Dar Aït Moulei et Tidrest, se trouvent, à une heure

de distance de l’ouad, sur le flanc gauche de sa vallée, les quatre

qçars suivants :

Tiflit.

Timtedit.

Iṛerm n Tizi.

Iṛerm Amellal.

Ils appartiennent aussi aux Imeṛrân.

Distances : de l’Ouad Iserki à Tikirt, une petite journée de marche.

De l’Ouad Iserki à Tizgi, une petite journée de marche.

Cette énumération est très incomplète : il y manque, entre autres,

les rivières arrosant d’autres portions des Imeṛrân et celles

de la grande tribu des Haskoura.

_OUAD IMGOUN._ — Il prend naissance au Djebel Tarkeddit, dans le

Grand Atlas : en descendant, il arrose trois tribus dont il porte

successivement les noms pendant qu’il est sur leurs territoires : on

l’appelle d’abord Ouad Tourza Aït Sekri, puis Ouad Aït Ḥamed,

enfin Ouad Imgoun. Le premier district qu’il traverse est celui

de Tourza Aït Sekri ; il se compose d’une certaine quantité de

qçars qui appartiennent tous aux Imeṛrân : ce sont, en descendant :

Aït ou Aḥman (groupe de 7 qçars). 150 fusils.

Aït Daoud (groupe de 7 qçars). 200

Aït Mousa ou Daoud (groupe de 8 qçars). 200

Aït Toumert (groupe de 8 qçars). 150

De là il passe dans la tribu des Aït Ḥamed : il y arrose un assez

grand nombre de localités ; elles forment toute la tribu : celle-ci

compte environ 700 fusils. Elle est isolée et indépendante.

Des Aït Ḥamed, il entre dans le territoire des Imgoun : il y arrose

successivement les qçars suivants :

Agouti rive droite.

El Ḥout rive droite.

Bou Teṛrar rive droite.

Aït Qlạa rive gauche.

Tazrout.

Azrou.

Aït Ḥammou ou Iaḥia.

Cheurfa Iifar.

Iberroussen.

Tiṛremt Izouralen d Aït Ḥammou ou Iaḥia.

Tabarkhast.

Tazrout.

Ouarsdik.

Tabaouchit.

Aït Irmaḍ d Imgoun.

El Mirna.

Zaouïa Agerd.

Talmout.

Er Reken.

El Qlạa.

Ḥara Imroudas.

Aït Meṛrar.

Ces qçars, avec trois autres situés sur l’Ouad Aït Meraou,

et dont nous parlerons plus bas, composent toute la tribu

d’Imgoun. Au-dessous d’Aït Meṛrar, l’Ouad Imgoun n’arrose

que les quelques localités du district d’Aït Iaḥia énumérées

plus haut, puis il se jette dans l’Ouad Dâdes.

Distances : de l’Aït Iaḥia à Aït Meṛrar comme de Tiilit à Khemîs Sidi

Bou Iaḥia.

D’Aït Meṛrar à Aït Qlạa comme de Tiilit à Aït Iidir.

D’Aït Meṛrar à Bou Teṛrar comme de Tiilit à Aït Iidir.

De Bou Teṛrar à Agouti comme de Tiilit à Aït Iidir.

De Bou Teṛrar aux premiers qçars de Tourza Aït Zekri

comme de l’Aït Iaḥia à Aït Iidir.

Il n’y a point de désert entre l’Imgoun et l’Aït Iaḥia :

les rives de l’Ouad Imgoun sont, entre ces territoires comme dans

chacun d’eux, bordées d’une ligne continue de cultures.

Il existe deux mellaḥs sur l’Ouad Imgoun, l’un et l’autre

dans la tribu d’Imgoun.

Un marché, le Tlâta Imgoun.

=AFFLUENTS.= — L’Ouad Imgoun reçoit sur sa rive gauche l’Ouad

Aït Meraou, qui s’y jette à Aït Qlạa.

OUAD AIT MERAOU. — Il prend sa source dans le Grand Atlas, puis

arrose le territoire des Aït Meraou : cette tribu se compose d’un

certain nombre de qçars échelonnés sur les bords de l’ouad ;

elle compte 700 ou 800 fusils. Au-dessous des Aït Meraou, la rivière

entre dans la tribu des Imgoun, où elle passe par les trois qçars

suivants, avant de se jeter dans l’Ouad Imgoun :

Igourramen.

Taria Aït Meraou (très grand qçar ; 200 fusils et 50 chevaux).

Timstiggit.

=VI. — Renseignements sur quelques tribus au nord de l’Ouad

Dâdes.=

Les pentes du Grand Atlas, au nord de l’Ouad Dâdes, sont habitées

par une population nombreuse. Elles appartiennent à plusieurs

tribus dont les principales sont : à l’est, divers groupes des

Aït Melṛad (subdivision des Aït Iafelman, qui sont eux-mêmes une

fraction des Berâber) ; à l’ouest, les Imeṛrân et les Haskoura.

_IMERRAN_. — C’est une grande tribu pouvant mettre sur pied 3000

à 3500 fusils et 150 chevaux : elle est chleuḥa et ne parle que le

tamaziṛt ; elle est indépendante. Les Imeṛrân ont des tentes et

surtout des qçars. Les tentes sont dans le Saṛro et sur les pentes

méridionales du Grand Atlas. Les qçars forment un grand nombre de

districts dont voici les principaux :

_Imerrân_ (sur l’Ouad Dâdes ; les qçars en ont été énumérés

plus haut).

_Tourza Aït Sekri_ (sur l’Ouad Imgoun ; les qçars en ont été

énumérés plus haut).

_Ahel Ouad Iserki_ (sur l’Ouad Iserki ; les qçars en ont été

énumérés plus haut).

_Igernan_ (situé à 2 jours de l’Imasin, à 2 j. du Telouet,

à 3 j. de Demnât).

_Ikandoul_ (ou _Kandoula_) (à 1 jour de l’Igernan, à 3 j. du

Telouet, à 1 j. de l’Imasin : le chemin de l’Imasin traverse le

Tizi n Taddart).

_Aït Iahia ou Ali_ (à 2 jours de l’Imasin, à 1 j. de Demnât,

tout près du Telouet).

_Aït Hammou ou Ali_ (touche à l’Aït Iaḥia ou Ạli).

_Zaouïa Aït Zerrouq_ (à 2 jours de l’Imasin, à 2 j. de Demnât,

à 2 j. 1/2 du Telouet).

_Ait Outfaou_ (à 1 jour 1/2 de l’Imasin, à 2 j. du Telouet,

à 1/2 journée de Tourza Aït Sekri).

_Tirrematin Igelmouz_ (4 qçars. — A 1 petite journée de l’Imasin,

à 1/2 j. de Tourza Aït Sekri, à 1/2 j. de l’Aït Outfaou, à 2

j. du Telouet).

_Targanada_ (à 1/2 jour de l’Imasin, à 1 j. 1/2 du Telouet,

à 1 j. de Tourza Aït Sekri, à 1 j. de l’Ouarzazât).

_Igli Aït Zarar_ (à 1 jour de l’Imasin, à 1 j. de Tourza Aït

Sekri, à 1 j. de l’Ouarzazât).

_Timicha_ (à 1 jour de l’Imasin, à 1 j. de Tourza Aït Sekri,

à 1 j. de l’Ouarzazât ; du district de Timicha à celui d’Igli

Aït Zarar, même distance que d’Ourika à Ouriz ; une rivière passe

entre eux : l’Igli est sur la rive droite, le Timicha sur la gauche).

_Tindout_ (sur la même rivière que le Timicha, mais plus bas :

du Tindout au Timicha comme de Tesaouant à Ourika).

Les diverses fractions des Imeṛrân se gouvernent d’une manière

identique : elles s’unissent par groupes plus ou moins nombreux,

et chacun d’eux élit un chikh el ạam.

Il existe chez les Imeṛrân quatre mellaḥs : dans le Targanada,

l’Igli Aït Zarar, le Timicha et le Tindout.

_HASKOURA_. — Les Haskoura sont une nombreuse tribu comprenant plus

de 200 qçars.

=VII. — Itinéraires.=

1o _DE L’IMASIN A TOURZA AIT SEKRI_. — Pour aller de l’Imasin

aux qçars de Tourza Aït Sekri, sur le haut Ouad Imgoun, on quitte

l’Ouad Dâdes dès le départ et on gagne d’abord l’Ouad el

Melḥ : ce dernier est une rivière qui prend sa source dans le

désert de Timasinin, puis qui descend vers l’Imasin ; avant d’y

parvenir et d’atteindre l’Ouad Dâdes, elle déverse ses eaux

dans une dépression nommée Issin Imaṛiren : il se forme là un

vaste marais qui n’a pas d’écoulement et ne communique point avec

l’Ouad Dâdes. Lorsque ce marais se dessèche, on ramasse beaucoup

de sel dans son lit. On remonte ensuite l’Ouad el Melḥ jusqu’au

Khela Timasinin ; on traverse ce désert : à son extrémité se

trouvent la vallée de l’Ouad Imgoun et les qçars de Tourza Aït

Sekri. — Il y a une journée et demie de chemin entre l’Imasin

et Tourza Aït Sekri ; la nuit se passe dans le désert, dans la

plaine d’Azbed.

2o _COLS DANS LE GRAND ATLAS_. — Le Grand Atlas, quoique très

élevé et presque toujours couvert de neige entre l’Ouad Dâdes

et le bassin de l’Oumm er Rebiạ, est percé de plusieurs cols

praticables toute l’année ; quand les neiges couvrent l’un

d’eux d’une couche trop épaisse, on attend huit, dix, quinze

jours au village le plus rapproché, ou bien on essaie de passer par

un autre : en aucune saison les relations ne sont interrompues entre

les deux versants de la chaîne. Les quatre principaux cols sont,

en allant de l’est à l’ouest :

Tizi ou Rijimt (chemin de l’Ouad Imgoun), Tizi Aït Imi (chemin de

l’Ouad b Ougemmez), Tizi Tarkeddit, Tizi Amzoug.

=Ouad Idermi.=

=I. — Ouad Idermi.=

L’Ouad Idermi, dont la réunion avec l’Ouad Dâdes forme l’Ouad

Dra, résulte du confluent de deux rivières : l’Ouad Iounil et

l’Ouad Imini : ce confluent se trouve entre Tazentout et Tikirt. A

peu de distance au-dessus de ces points, les deux cours d’eau

avaient reçu, chacun sur leur rive droite, un tributaire d’une

importance égale à la leur, savoir : l’Asif Marṛen, se jetant

dans l’Ouad Iounil entre Tazleft et Tamdakht ; l’Ouad Iriri,

se jetant dans l’Ouad Imini entre Tizgzaouin et Imzouṛen.

Nous allons étudier séparément chacune de ces quatre rivières,

puis nous passerons à l’Ouad Idermi.

1o _OUAD IOUNIL_. — On l’appelle aussi quelquefois Ouad Bou

Felfoul. Les eaux en sont douces. Il prend sa source au Djebel

Anṛemer ; il passe d’abord par les villages de :

Tirza, Zaouïa Bou Felfoul.

Puis il entre dans le district d’Ounila, appelé aussi Iounilen,

et y arrose successivement les villages de :

Iṛris, Aït Sidi Ạïssa, Anmiṭer, Irounan, Timsal, Angelz,

Tiourassin, Tiferoui[103].

De là il entre dans le district d’Assaka, où il arrose :

Timellilt, Tagendouzt, Tajegjit, Aït Ḥeddou, Aït Oumaziṛ,

Bedaan, Tametkal, Zaouïa Igourramen, Aït Alla, Ida ou Tazert,

Ạnd Aït Mesạoud[104].

Ensuite il passe dans le district de Tizgi, où il arrose :

Takerrat, Zaouïa Igourramen, Berda, Toṛora, Tizgi[105].

De là il passe dans celui d’Aït Zaïneb, où il arrose :

Tamakoucht, Achahod, Aït Fers, Tigert, Taïfst, Ouaounsemt, Tazleft,

Tamdakht, Asfalou, Aït b Oulman, Aït Ạïssa, Itelouan, Agilan,

Taselmant, Tabouraḥt, Tazentout[106].

Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte) · 第 31 / 59 段