comprennent plusieurs points de la rive gauche du fleuve, les côtes
et une petite fraction du pays nommé Sénégambie, c’est-à-dire
situé entre le Sénégal et la Gambie, et s’étendent vers le sud,
le long du littoral, sur une partie des territoires entre Sainte-Marie
de Bathurst et Sierra Leone. La côte d’Afrique est très basse
et longée de nombreux bancs de sable, où viennent se briser les
flots de l’océan Atlantique ; à l’embouchure des fleuves se
sont donc formées des barres, qui ne peuvent être franchies que
par les temps tranquilles, avec des pilotes connaissant les lieux,
et exactement au courant du déplacement des sables. Les parties
orientales de la colonie sont au contraire montagneuses, et du Fouta
Djalon s’étendent dans l’intérieur de nombreux contreforts,
qui courent vers le nord et l’ouest. L’aspect du pays situé
entre le Sénégal et la Gambie est triste et désolé, sauf ces
montagnes. Ce sont généralement des régions sablonneuses, avec
une végétation rare et chétive, qui ne rappelle pas le moins
du monde la flore des pays subtropicaux. Néanmoins le sol est
fertile, et la population, qui n’est pas très dense, pourrait en
cultiver davantage, et en échanger les produits contre des articles
européens, si elle n’était détournée de cette mise en culture
par des querelles trop fréquentes.
Ce n’est qu’au sud de la Gambie, près de la rivière de
Casamance, que le pays prend le caractère commun à tous ceux
placés sous cette latitude. Les rivières les plus importantes sont :
1o Le Sénégal, l’un des plus grands fleuves de l’Afrique
occidentale après le Niger, est formé de la réunion des rivières
Bakhoy et Bafing, près du poste militaire de Bafoulabé. A son
embouchure se trouve, entre deux de ses bras, sur un banc de sable,
la capitale de la colonie, Saint-Louis, qui est, après Saint-Paul
de Loanda, la plus grande et la plus belle des villes de l’Afrique
occidentale.
[Illustration : Paysage près de Saint-Louis.]
Une population variée habite le bassin de ce fleuve ; sur ses
deux rives, dans son cours supérieur, se trouvent les Bambara,
les Sarakollé, les Toucouleur et les Foulbé ; sur la rive droite
des parties moyenne et inférieure habitent les Maures, et sur la
rive gauche les Toucouleur, les Foulbé et les Ouolof. Les grandes
régions ont des noms particuliers, et parmi elles on distingue
les pays suivants : sur la rive droite le Gouidimaka, le Djomboko,
le Kaarta et le Fouladougou : sur la rive gauche, le Oualo, le
Dimar, le Toro, le Fouta, le Damga, le Gouoyé, le Boumbdou, le
Kaméra, le Bambouk, le Biania Kadougou. Quelques-uns de ces pays
appartiennent à la France, d’autres sont protégés par elle, et
le reste entièrement indépendant. Les deux plus importants parmi
les affluents, très peu nombreux, du Sénégal sont la Falémé au
sud et le Kouniakari au nord. Pour assurer l’influence française
sur le fleuve, on a élevé les forts suivants le long de sa rive
gauche ; Richard-Toll, Dagana, Podor, Aéré, Saldé, Matam, Bakel,
Médine, Bafoulabé (et plus loin Kita).
2o La rivière de Saloum sort d’une grande plaine inondée en
temps de pluie, arrose le pays du même nom, et a trois bouches
principales. Elle traverse les parties méridionales du Siné,
du Gouilor et du Bar. A environ soixante milles marins dans
l’intérieur se trouve sur sa rive droite le fort de Kaolack.
3o La rivière de Gambie appartient aux Anglais.
4o La Casamance, dont les sources n’ont pas encore été
complètement explorées, coule à travers un beau pays, couvert
d’une végétation magnifique ; dans son cours supérieur se
trouve, sur la rive droite, le poste de Sédin ; dans une île du
cours inférieur, celui de Carabane ; entre ces deux postes, et sur
la rive gauche, est la colonie portugaise de Ziginchor.
5o Les rivières de Cachéo, rio Guéba, rio Grande et Casini sont
en dehors des possessions françaises ; les Portugais y ont quelques
établissements.
6o Le rio Nuñez vient des montagnes du Fouta Djalon, traverse le
pays des Landouman, des Nalous et des Baga et se jette dans la mer un
peu au nord du cap Verga. Le poste fortifié de Boké, sur la rive
gauche, garde les nombreuses factoreries françaises élevées sur
les deux rives de la rivière. Dans le voisinage de son embouchure
se trouve le poste de douane, très bien situé, de Victoria.
7o Le rio Pongo coule à travers le pays des Sousou et des Baga et
se jette dans la mer au cap Verga, par plusieurs bras. Non loin de
son embouchure principale est le poste de douane française de Boffa.
8o La rivière Mellacorée, qui arrose le pays des Sousou et des
Mandingo, se jette un peu au nord de Freetown. Un poste français,
Benty, est sur la rive gauche, non loin de l’embouchure. Les
habitants du pays sont sous le protectorat de la France.
Entre le Sénégal et la Gambie se trouvent les pays du Cayor, du
Baol, du Siné, du Rip (Bardibou), du Niani, d’Oulé, de Dentilia,
habités par les Ouolof, les Sérer et les Foulbé.
La colonie du Sénégal et dépendances est partagée en
deux arrondissements : celui de Saint-Louis et celui de
Dakar-Gorée. Chacun d’eux est divisé en cercles, dont
l’administration est confiée aux commandants des postes militaires,
sous la direction supérieure du gouverneur de Saint-Louis.
Le climat ne peut être considéré comme favorable aux Européens. Il
y a au Sénégal deux saisons différentes, séparées nettement
l’une de l’autre. La première, qui va de décembre au
commencement de mai, est sèche, froide et serait agréable dans
les ports, où les relations commerciales sont le plus actives,
si les vents chauds de l’est ne soufflaient pendant une grande
partie du jour, de sorte que souvent, vers midi, la chaleur est de
20 degrés plus forte que le matin.
Au reste, la température est très variable dans cette saison. On
peut dire que celle du matin et du soir est d’environ 11 degrés
centigrades ; vers midi, le thermomètre monte jusqu’à 23 ou 25
degrés à l’ombre, et 35 à 36 degrés au soleil. Quand soufflent
les vents brûlants de l’est, le thermomètre atteint même 40
degrés à l’ombre.
Cette saison n’est pas malsaine, en général, pour les Européens,
mais elle est suivie par celle des pluies, si dangereuse. A
l’intérieur la saison sèche est agréable durant trois mois
seulement ; puis vient une période de très fortes chaleurs, pendant
laquelle, pour les Européens, le climat est aussi malsain qu’en
hiver. Durant six mois il ne tombe pas une goutte de pluie ; le
Sénégal offre alors un triste aspect. Ce qu’on nomme l’hiver,
c’est-à-dire le temps des pluies, commence à la fin de mai,
ou au commencement de juin, et dure jusqu’aux derniers jours
de novembre. Dans les quatre mois placés au milieu de cette
saison surviennent des orages et des tornados aussi fréquents
que violents. Ces conditions climatologiques s’étendent non
seulement à la région des côtes, mais aussi profondément dans
l’intérieur du continent, sous ces latitudes. De la mi-juillet
en octobre j’observai beaucoup d’orages très violents pendant
mon voyage de Timbouctou au Sénégal. Durant tout ce temps le
thermomètre demeura entre 27 et 30 degrés à l’ombre et vers 40
degrés au soleil.
Au début de l’époque des pluies, à la fin de mai, ou au
commencement de juin, les vents changent de direction, le Sénégal
et la Gambie grossissent beaucoup et très vite. Le Sénégal,
qui, pendant la saison sèche, est une rivière sans importance, se
change alors tout à coup en un grand fleuve aux eaux abondantes ;
par places, dans les endroits où des rochers rétrécissent son
cours, il forme des rapides ; il déborde même sur certains points :
les plus grands navires peuvent le remonter.
Les endroits où le fleuve s’élargit beaucoup, comme le Cayar et
le Panié-Foul, et qui, en été, deviennent de simples fondrières,
sont alors de véritables lacs, sur lesquels de grands vapeurs peuvent
naviguer. La crue s’observe même à Saint-Louis, et dans la ville
elle s’élève à environ un mètre ; l’eau du Sénégal, qui est
salée durant la saison sèche, devient alors potable, car les flots
de l’Océan sont refoulés par le courant. Ce régime des fleuves
exerce certainement une influence sur la santé de la colonie. A la
suite du retrait des cours d’eau en été, il reste de larges mares
boueuses, où des matières organiques se décomposent en produisant
toutes sortes de maladies.
Les premières fortes pluies apparaissent ordinairement au milieu de
juillet, puis deviennent plus fréquentes et se terminent en août
pour revenir en septembre. En octobre elles sont plus rares et cessent
peu à peu complètement. Cette saison, où les pluies diminuent et
où les eaux se retirent pour laisser derrière elles des marais, est
la pire de l’année ; c’est alors que se développent surtout les
miasmes qui produisent la malaria (la fièvre de marais), cette plaie
de toute la côte occidentale d’Afrique, du Sénégal au Benguela.
[Illustration : Quartier nègre à Saint-Louis.]
La Sénégambie a quelque chose de plus, sous ce rapport, que les
autres colonies de l’Afrique occidentale : c’est la fièvre
jaune. Nulle part on ne l’observe dans cette partie de l’Afrique,
sauf peut-être des cas isolés ; là au contraire, à Saint-Louis,
à Dakar, à Gorée, elle s’est presque établie à demeure, et
à peu près chaque année elle y fait des victimes. Souvent même
elle prend le caractère d’épidémies effroyables, comme en 1878
ou, pendant mon séjour, en 1880. La fièvre jaune a certainement
été introduite des Indes Occidentales. Beaucoup de fonctionnaires,
d’officiers, etc., du Sénégal sont originaires des possessions
des Français aux Antilles et, d’après l’expérience, ils
supportent mieux le climat. Ils sont même indemnes de la fièvre
jaune jusqu’à un certain point.
_Population._ — Sur le cours moyen et inférieur du Sénégal,
et le long de la rive droite seulement, habitent, comme je l’ai
dit, des peuplades maures, surtout les Trarza, les Brakna et les
Douaïch ; le Sénégal forme donc en quelque sorte une limite très
nette entre la Mauritanie, avec sa population arabo-berbère, et la
Nigritie, avec ses Noirs. Les Maures mènent une vie nomade ; ils
sont guerriers, et assez souvent les Français ont dû diriger des
opérations contre eux ; en outre ils sont cruels, avides et fourbes.
Par suite de traités, à l’exécution desquels les Français
tiennent strictement la main, ces trois grandes tribus habitent
uniquement la rive droite du Sénégal et ne peuvent pénétrer sur
l’autre qu’en des points déterminés et à certaines saisons,
pour y vendre de la gomme. Il a fallu de longs combats avant que
les Français réussissent à faire respecter ces stipulations.
[Illustration : Négresse Ouolof de Saint-Louis.]
Parmi la population noire du Sénégal, les races les plus importantes
sont les Foulbé, les Toucouleur, les Mandingo, les Sarakollé,
les Ouolof, les Sérer, les Djola et les Bambara. Cette division
actuellement en usage des populations de ces pays ne repose pas sur
des principes ethnographiques, et n’est conservée, en quelque
sorte, que pour l’administration. Les Foulbé habitent surtout
les districts de Fouta, Damga, Boumdou et Fouta Djalon. Les Malinké
et les Solinké (Mandingue et Sarakpollé) ont le type nègre plus
accusé et habitent surtout la région montagneuse des sources
du Sénégal, du Niger et de la Gambie. Les Malinké n’ont pas
embrassé l’Islam, on ne le pratiquent que _pro forma_ : ce sont
des marchands très habiles et très fins, qui ont dans leurs mains
le district aurifère du Bambouk ; les Sarakpollé, au contraire,
sont de stricts Mahométans.
[Illustration : Ouolof de Saint-Louis.]
Les Ouolof et les Sérer, qui habitent le Cayor, les districts de
Oualo, de Djolof et une grande partie du Baol et du Siné, sont parmi
les plus grands et les plus beaux de tous les peuples nègres de
l’Afrique. C’est une population douce en général, un peu vaine
et apathique, mais qui est cependant très brave à l’occasion ;
ils sont cultivateurs et pêcheurs, et vivent en bons rapports avec
les Français. A Saint-Louis et aux environs un très grand nombre
ont embrassé le Christianisme.
Les Djola forment une population noire distincte ; ils habitent les
environs de la Guéba et se distinguent essentiellement des autres
Nègres par la conformation, la couleur, la langue, les mœurs et
les usages. Ils ont des traits grossiers, un nez large, de grosses
lèvres et un ventre proéminent. Ils mangent de la viande de chien,
sont adonnés au fétichisme et se tatouent. Leurs enterrements sont
tout particuliers : le mort est exposé pendant un jour dans sa hutte,
et ses parents et amis, après avoir déploré sa perte, demandent
au défunt les motifs qui lui ont fait quitter ce monde. Après avoir
attendu inutilement sa réponse, ils s’écrient qu’il est inutile
de le plaindre, car il a maintenant une vie beaucoup plus heureuse
que sur terre, et des fêtes commencent pour durer plusieurs jours.
Enfin, la population bambara est importante pour le Sénégal, parce
qu’elle y transporte de l’ivoire et d’autres produits naturels
des riches pays de l’intérieur ; une partie a embrassé l’Islam,
mais uniquement par force ; de même les Malinké se dérobent autant
que possible à cette religion, tandis que les Sérer ont rapidement
accepté les préceptes de Mahomet. Les habitants du Cayor, des pays
de Siné et de Baol sont des croyants, en tant qu’ils admettent tout
ce qu’enseigne le Coran ; au contraire ils ne se conforment pas
à certaines de ses défenses, particulièrement en ce qui concerne
les boissons spiritueuses.
La religion chrétienne n’a obtenu de succès qu’à Saint-Louis,
Gorée et Dakar, mais ils ne sont pas très importants. Le clergé
est sous la direction d’un préfet apostolique et comprend cinq
cures : la capitale, Gorée, Dakar, Rufisque et Joal. En outre il y
a des écoles dirigées par des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny et
de l’Immaculée-Conception ; ces religieuses s’occupent aussi
du soin des malades.
Les succès obtenus par le clergé sont sans importance, comme il
ne peut en être autrement dans des pays où le Mahométisme domine
à ce point et surtout quand des missionnaires de différentes
confessions viennent s’y fixer ; la stricte unité de l’Islam
doit avoir sur les indigènes une influence beaucoup plus grande que
la diversité des sectes chrétiennes, qui ne vivent pas toujours
dans les meilleurs termes.
Quant à ce qui concerne la population du Sénégal, E. Fallot
(_Bulletin de la Société de Géographie de Marseille_, 1883)
donne les chiffres suivants :
La ville de Saint-Louis 15980
Banlieue 22738
Oualo 10976
Richard-Toll 335
Dagana 2009
Dimar 5864
Podor 1361
Toro 32700
Lao 20170
Islabé 10550
Fouta indépendants 81450
Matam et ses environs 508
Damga 32050
Bakel et ses environs 2302
Guoyé 7500
Médine 487
Kaméra 12000
Kasso 10000
Logo 5000
-------
_A reporter_ 273980
_Report_ 273980
Natiaga 3000
Vallée du Bakoy entre Bafoulabé et Baoulé 3200
Fouladougou 10000
Pays de Kita 10000
Gangaran 10000
Beledougou 15000
Manding 20000
Bambouk »
Bondou 10000
Fouta Djalon 600000
Cayor 300000
Dakar et Cap-Vert 6887
Gorée 3243
Rufisque et sa banlieue 7794
Diander 20108
Baol »
Portudal et Joal 5000
Siné et Saloum »
-------
_A reporter_ 1298212
_Report_ 1298212
Sedhiou 1827
Carabane 547
Casamance »
-------
_A reporter_ 1300586
_Report_ 1300586
Rio Nuñez »
Rio Pongo 30253
Mellacorée »
-------
TOTAL 1330839
-------
Il va sans dire que ces chiffres ne sont qu’approximatifs ; la
plupart de ces pays ont été visités rarement et très rapidement
par des voyageurs européens, qui ne donnent leurs évaluations que
d’après l’impression produite sur eux par la répartition et
la densité de la population. Dans les villes et dans les ports,
au contraire, un dénombrement a été ordonné, et les chiffres
qui en résultent sont plus près de la vérité.
En général, les diverses peuplades du Sénégal sont intelligentes
et peu éloignées d’entretenir des rapports avec les Européens ;
mais c’est le plus petit nombre qui consentent à se regarder
comme sujets français. Sous ce rapport il n’y a que les Ouolof
habitant aux environs de Saint-Louis qui soient réellement soumis ;
au contraire, les Fouta, les Bambara et les Foulbé sont des alliés
incertains, et une partie d’entre eux sont même franchement
hostiles. L’abîme qui existe entre l’Islam et la civilisation
apparaît ici dans tout son jour. Les Français auront encore à
livrer maint combat à la population guerrière de ces pays, avant
qu’ils puissent avoir la possession incontestée du Sénégal,
et il est aisé de comprendre qu’à Paris les députés se lassent
de toujours voter de nouvelles sommes au bénéfice des colonies de
l’Afrique Occidentale. Les fonds enfouis dans des entreprises de
ce genre ne donnent de revenus que très tard, et n’en rapportent
souvent pas ; mais on ne doit pas partir de ce point de vue pour
apprécier une politique coloniale. Il s’agit autant d’obtenir ou
de conserver une situation influente dans le commerce international,
que d’accomplir les devoirs moraux d’un grand peuple en répandant
activement la civilisation européenne. Malgré cette phrase si
souvent entendue : « la France ne s’entend pas à coloniser »,
ce pays a beaucoup fait déjà en Afrique, et l’on ne peut que
souhaiter de voir marcher vers leur réalisation les grands projets
qu’il a au sujet du Sénégal.
_Historique._ — Un aperçu chronologique de la colonie du Sénégal,
d’après l’_Annuaire_ qui paraît à Saint-Louis, peut trouver
place ici.
Vers 1360. Découverte du Sénégal par les Dieppois.
Vers 1446. Les Portugais s’établissent sur les rives du Sénégal.
1455. Construction d’un fort portugais à Arguin.
1626. Formation de la Compagnie Normande ou Association des marchands
de Dieppe et de Rouen.
1638. Le 5 février, les Hollandais s’emparent du fort d’Arguin.
1664. La Compagnie des Indes Occidentales, créée par un édit du
Roi, achète tous ses établissements à la Compagnie Normande.
1672. Un édit du 9 avril force la Compagnie des Indes Occidentales
à vendre tous ses établissements et privilèges à une nouvelle
société qui, par lettres patentes du roi, du mois de juin 1679,
prit le titre de Compagnie d’Afrique, et obtint le privilège
de négocier exclusivement depuis le cap Blanc jusqu’au cap de
Bonne-Espérance.
1677. Les Français enlèvent de vive force aux Hollandais
l’île de Gorée et les comptoirs de Rufisque, de Portudal et
de Joal. Le traité de Nimègue (10 août 1678) les confirme dans
cette possession.
1681. La Compagnie d’Afrique, ruinée par les pertes éprouvées
durant la guerre contre les Hollandais, se voit réduite à céder
tous ses droits et possessions à une nouvelle Compagnie, formée sous
le nom de Compagnie du Sénégal, côte de Guinée et d’Afrique. Par
arrêts du roi en date des 12 septembre 1684 et 6 janvier 1685,
l’étendue de sa concession fut limitée entre le cap Blanc et
Sierra Leone, et elle prit dès lors le nom de Compagnie du Sénégal.
1694. La Compagnie du Sénégal est obligée de vendre à une nouvelle
Compagnie tous ses privilèges et toutes ses possessions.
Celle-ci, formée sous le nom de Compagnie royale du Sénégal, cap
Nord et côte d’Afrique, reçoit ses lettres patentes, en mars 1696,
qui fixent la durée de son privilège à trente ans.
1699. Construction du fort Saint-Joseph, près de Dramané (Kaméra),
enlevé en 1701 par les eaux, rebâti, puis brûlé le 23 décembre
1702 par les naturels révoltés.
1709. La Compagnie royale du Sénégal, cap Nord et côte d’Afrique,
accablée de dettes et de procès, est forcée par l’autorité
royale de céder tous ses privilèges à la Compagnie du Sénégal. La
vente est approuvée par un arrêt du Conseil d’État en date du
18 mars, et la nouvelle Compagnie reçoit ses lettres patentes le
30 juillet.
1713. Le fort Saint-Joseph est reconstruit à Makhana.
1715. Construction du fort Saint-Pierre de Kaïnoura sur la rive
gauche de la Falémé, affluent méridional du Sénégal.
1717. Cession de Portendic aux Français par les Maures du Sénégal ;
la convention signée à la Haye, le 13 janvier 1727, confirma les
Français dans cette possession.
1718. Par acte de vente passé le 15 décembre 1718 et approuvé
par un arrêt du Conseil d’État du 10 janvier 1719, la Compagnie
des Indes achète de la Compagnie du Sénégal tous ses droits,
concessions, privilèges, établissements, forts et comptoirs. Le
roi déclara en sa faveur ce privilège perpétuel et y comprit les
côtes situées entre Sierra Leone et le cap de Bonne-Espérance, dont
la concession avait été faite en 1685 à la Compagnie de Guinée.
1721. Les Hollandais fondent un établissement à Portendic.
1723. Les Maures, maîtres de Portendic, en font cession à M. Brue,
directeur général de la Compagnie du Sénégal. Ce fort est
abandonné.
1724. Les Français s’emparent du fort d’Arguin occupé par
les Hollandais.
1743. Construction du fort de Podor, sur la pointe occidentale de
l’île à Morphil.
1758. Prise du Sénégal et de Gorée par les Anglais.
1763, 1765, 1787. Gorée est restituée aux Français ; cette île est
désormais administrée par des gouverneurs nommés par le roi. En
1763, 1765, 1787, cession à la France du cap Vert et des terres
voisines, depuis la Pointe des Mamelles jusqu’au cap Bernard, avec
les villages de Dakar et de Siné, par le damel (souverain) du Cayor.
1779. Le duc de Lauzun s’empare de vive force de Saint-Louis,
dans la nuit du 29 janvier.
1783. Le traité de paix du 3 septembre entre la France et
l’Angleterre reconnaît les droits de la France à la possession
du Sénégal. Depuis cette époque le Sénégal est administré par
des gouverneurs nommés par le roi.
1784. Le roi accorde pour neuf années à la Compagnie de la Guyane
le privilège exclusif de la traite de la gomme.
En 1785 ce privilège fut cédé à une association de négociants
qui prit le titre de Compagnie de la Gomme, et plus tard celui de
Compagnie du Sénégal.
1800. L’île de Gorée tombe entre les mains des Anglais.
1809. Les Anglais s’emparent de Saint-Louis le 14 juillet.
1814. Le traité de Paris, du 30 mai, restitue aux Français tous
les établissements qu’ils possédaient au 1er janvier 1792 sur
la côte occidentale d’Afrique.
1817. Reprise de possession effective du Sénégal par le colonel
Schmaltz, le 25 janvier.
1819. Le 8 mai, le commandant passe un traité avec le brack (roi)
et les principaux chefs du Oualo, par lequel ceux-ci, moyennant des
coutumes[17] annuelles, cèdent aux Français en toute propriété
et à toujours les îles et terres du Oualo qu’on voudra cultiver.
1820. Construction du fort de Bakel, sur la rive gauche du Sénégal,
dans le Gadiaga.
1821. Construction du poste de Dagana.
1822. Essais de colonisation et de culture tentés au Sénégal. Mise
en exécution de l’ordonnance royale du 7 janvier, portant
organisation de l’administration judiciaire au Sénégal.
1824. Application du Code pénal dans la colonie du Sénégal.
1828. Établissement de la Société commerciale de Galam et du Oualo
(Akolof).
1830. Abandon des essais de colonisation et de culture tentés
au Sénégal.
1831. Promulgation de la loi du 4 mars 1831, concernant la répression
de la traite des noirs.
1833. Organisation de la milice au Sénégal. Promulgation de la
loi du 24 avril 1833 concernant le régime législatif des colonies.
1840. Promulgation de l’ordonnance royale du 7 septembre 1840 sur
le Gouvernement du Sénégal et dépendances.
1842. Construction du fort de Mérinaghen sur les bords du lac de
Guier (Panié-Foul).
1843. Construction du fort de Lampsar, sur le marigot de Kassakh
(sans importance).
1845. Construction du fort de Sénoudébou, sur la rive gauche de
la Falémé (sur l’emplacement de l’ancien fort Saint-Pierre).
1848. Promulgation des décrets du 27 avril portant abolition de
l’esclavage et suppression des conseils coloniaux.
1854. Reconstruction du fort de Podor. Création de centres fixes
de commerce à Podor et à Dagana.
1855. Construction du fort de Médine. Fondation de la banque du
Sénégal, de l’imprimerie du Gouvernement et du _Journal officiel
de la colonie_.
1856. Annexion à la colonie du pays de Oualo, des villages de Dagana,
de Bakel et de Sénoudébou, des îles de Thionq et de N’diago.
1857. Renonciation par les Anglais au droit de commerce, sous voile,
depuis l’embouchure de la rivière Saint-Jean jusqu’à Portendic,
en échange de la factorerie d’Albreda, qui leur est cédée par
les Français.
Création du bataillon de tirailleurs sénégalais.
Construction du fort de Matam, dans le Fouta Damga.
1858. Annexion à la colonie des villages de Gaé, Réfo, Bokol et
de divers territoires aux environs de Saint-Louis.
Essais d’exploitation des mines d’or du Bambouk, à Kéniéba.
Traités de paix déterminant les bases de nos nouvelles relations
avec les Maures Trarza, Brakna et Douaïch.