LEROUX DE LINCY.
_Mais, belles, sachez qu’un beau manche
Réchauffe aussi bien qu’un manchon._
THÉOPHILE.
L’oisiveté est mère de paillardise.
(_Le Synode nocturne des tribades._)
_L’amour est le chemin du cœur
Et le cœur l’est du reste._
Mademoiselle DE SCUDÉRY.
_Et quand on a le cœur
De femme honnête, on a bientôt le reste._
VOLTAIRE.
PROVOQUER LES PASSANTS. Les inviter à monter tirer un coup.
_Une jeune lorette
A minois séduisant,
D’une œillade discrète
Provoquait le passant._
A. MONTÉMONT.
PRUNES DE MONSIEUR. Les testicules, dont les femmes sont si friandes, à
cause de l’excellente eau de noyau qui en sort.
_Si malgré les vœux de madame,
Les prunes de monsieur m’ont plu,
On doit excuser une femme
Que tenta le fruit défendu._
MARCILLAC.
PRUSSIEN (Un). Un cul.
On dit: _Cheminer à la prussienne_, pour foutre en cul.
_Le général Kléber
A la barrièr’ d’Enfer
Rencontra z’un Prussien
Qui lui montra le sien._
(_Chanson du quartier Latin._)
PUCEAU. Adolescent qui n’a encore connu que la veuve Poignet.
_Le jeune homme puceau l’appelle son affaire._
L. PROTAT.
PUCELAGE. Fardeau pesant dont toute jeune fille qui aspire à devenir
femme se débarrasse volontiers—tout en faisant sa Sophie—en faveur de
la première pine qui passe, la tête haute, le cou tendu.
Le roi impatient et ne goûtant pas qu’un autre ait un pucelage
qu’il payait.
TALLEMANT DES RÉAUX.
_Heureux cent fois qui trouve un pucelage!
C’est un grand bien._
VOLTAIRE.
_Enfin dans un petit village
On trouva l’heureux pucelage
Qui près du roi devait coucher._
PARNY.
_Avoir dans un bordel perdu son pucelage._
A. GLATIGNY.
_Je me fous de ce météore
Qui de pucelage a le nom._
(_Parnasse satyrique._)
PUCELAGE (Avoir son). Façon de parler hyperbolique, qui signifie
seulement: N’avoir pas fait l’œuvre de chair depuis plus ou moins de
temps.
Tu tombes à pique, mon bonhomme: tu vas avoir mon pucelage, car
il y a bien trois grands jours que je n’ai cassé une canne.
A. FRANÇOIS.
PUCELLE. Le _rara avis_ des sociétés modernes, qui couronnent des
rosières pour faire croire qu’il y en a,—comme si le pucelage était une
chose de conserve!
Mademoiselle Charlotte du Tillet ne fut jamais mariée, mais on
dit qu’elle n’était plus pucelle pour cela.
TALLEMANT DES RÉAUX.
_Veuve de huit galants, il la prit pour pucelle;
Et dans son erreur par la belle
Apparemment il fut laissé._
LA FONTAINE.
_—Combien dureront nos amours?
Dit la pucelle, au clair de lune.
—L’amoureux répond: O ma brune,
Toujours, toujours!_
A. PRIVAT D’ANGLEMONT.
PUCELLE DE BELLEVILLE. Fille galante. Cette expression, tirée d’un
roman de Paul de Kock, remplace maintenant celle qu’on employait aux
XVIe et XVIIe siècles: _pucelles de Marolles_.
PUNAISE. Femme de mauvaise vie.—J’aurais cru ce mot moderne dans cette
acception: je l’ai retrouvé dans une épigramme de Sygognes:
_Lise, cette insigne punaise,
Me fait montre de ses ducats,
Et c’est afin que je la baise:
Mais qu’elle ne l’espère pas._
Une cocotte arrête une voiture, monte dedans, et dit au cocher
d’une voix de duchesse: «Cocher, au bois!»—«Au bois de lit,
punaise!» crie un voyou.
A. DELVAU.
PUTAIN. Professeur femelle de philosophie horizontale.
_Il m’est comme aux putains malaisé de me taire._
RÉGNIER.
_De toutes ses putains la Lebrun entourée._
L. PROTAT.
_J’avais résolu dans l’âme,
Pour n’être plus libertin,
De prendre une honnête femme
Qui ne fût pas trop putain._
COLLÉ.
_Les marbres de nos Tuileries,
Eux-mêmes se sentent atteints
Par toutes les galanteries
Que nous débitons aux putains._
(_Parnasse satyrique._)
Et tu m’ laisses...—Faut-y pas t’ tenir compagnie? Merci!—Sans
rien et les manches pareilles? Eh ben, c’est gentil!—Pas l’
temps.—Me v’là putain pour l’honneur.
H. MONNIER.
Auquel les grandes dames et princesses faisant état de putanisme
étudiaient comme un très-beau livre.
BRANTÔME.
_Tu as voulu me pourchasser,
Mâtine, pour te putasser._
THÉOPHILE.
_Toutes estes, serez ou fustes,
De fait ou de volonté putes._
JEAN DE MEUNG.
Car aussi bien que vous j’eusse fait l’amour, et j’eusse été pute
comme vous.
BRANTÔME.
_Pute, où avez-vous tant été?
Vous venez de vo puterie._
(_Anciens Fabliaux._)
PUTASSIER. Coureur de bordels; anciennement on disait _putier_.
_Sy est pour vrai; car je le sais,
Que ce n’est qu’un vilain putier._
(_Farces et Moralités._)
PUTINER. Faire la putain, courir après les hommes.
PUTIPHARISER. Imiter la femme de Putiphar—jusqu’au manteau
exclusivement, les Joseph d’aujourd’hui tenant à leurs habits.—Fourrer
la main dans le pantalon d’un jeune garçon encore timide.
Q
QUELQUE CHOSE DE CHAUD. Sec, un vit ou un con; liquide, le foutre
qu’ils font en collaboration.
_Liz’ que veux-tu qu’on t’apporte,
Des huîtr’s ou d’ la têt’ de veau?
—Non, non, ferme-nous la porte,
J’aim’ mieux quelque chos’ de chaud._
CH. COLMANCE.
QUELQUE CHOSE DE COURT. Une courte, même quand elle est longue.
_Tout l’ mond’ connaît bien l’aventure
Qui m’a fait rire si souvent:
Un certain paillard par nature,
D’une nonn’ prit l’habillement
Et s’en alla droit au couvent.
Que d’ victimes il aurait faites,
Si la mère abbess’ le mêm’ jour,
N’avait pas, grâce à ses lunettes,
Vu qu’il portait quéqu’ chos’ de court._
BAPT. LAMÔME.
QUENOUILLE. Le membre viril.
_Lise y procède, et saute à la quenouille
Avec laquelle Eve nous a filés._
GRÉCOURT.
_Avec une autre quenouille,
Non, vous ne filerez pas._
BÉRANGER.
QUÉQUETTE. Priape d’enfant, dans le jargon des bonnes et de _mesdames_
les nourrices. Se dit aussi d’un priape peu viril.
_Partout on lui fait bon accueil,
Elle a fait plus d’une conquête...
Cependant elle n’a qu’un œil,
Mademoiselle Quéquette._
STAN. TOSTAIN.
QUEUE. Un des noms du membre viril, fréquemment employé—sans qu’il soit
besoin d’expliquer pourquoi, tant le mot est imagé.
Mademoiselle, ma queue est assez levée pour votre service.
D’OUVILLE.
Je suis comme les poireaux, j’ai la tête blanche et la queue
verte.
TALLEMANT DES RÉAUX.
_Messire Jean, je n’y veux point de queue!
Vous l’attachez trop bas, messire Jean._
LA FONTAINE.
_L’académicien dit: mon vit. Le médecin:
Ma verge. Le curé: mon membre. Une putain:
La queue..._
L. PROTAT.
_Je viens revoir l’asile où, dans les jours mauvais,
J’exerçais librement les fiertés de ma queue._
A. GLATIGNY.
QUEUES (Faire une ou des). Tromper son amant avec un autre homme,
lorsqu’on est femme; trahir sa maîtresse pour une autre femme,
lorsqu’on est homme.
Ah! oui, je sais... c’est pour l’autre jour, avec ta madame
Machin, que vous avez été à Meudon me faire des queues.
H. MONNIER.
QUILLE. Le membre viril.
_Ma tante dessus ses vieux ans.
A voulu gouster de la quille
Et s’est faict enfler le devant
D’un petit fils et d’une fille._
(_Chansons folastres._)
_Si fussiez allé chaque jour,
Cependant qu’Alix était fille,
Planter en son jardin la quille,
A l’envi chacun eût crié!_
JODELLE.
Elles tâchent toujours d’abattre la quille du milieu.
TABARIN.
R
RACCROCHER. Arrêter un homme sur le trottoir, la nuit, et l’inviter à
monter pour baiser et jouir.
J’ai été un an à l’hôpital. Une autre que moi, en sortant de là,
aurait raccroché.
RÉTIF DE LA BRETONNE.
RAGE DU CUL, ou _Rage amoureuse_. Envie furieuse de jouir par la
fouterie ou par la masturbation.
_Ombres folles, courez au but de vos désirs:
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs._
CH. BAUDELAIRE.
C’est la rage luxurieuse, la lubricité forcenée, la jouissance
horrible qui reste inachevée.
A. D. M. (_Gamiani._)
RAGOÛT (Avoir du). Se dit de certaines façons habiles que certaines
femmes ont de se remuer sous l’homme pour le faire godiller plus
amplement qu’avec d’autres.
_Mais exiger des époux
Ces petits ragoûts,
Ces exercices gentils!
Les connaissent-ils?
Non; tout dans le sacrement,
Se fait maussadement
Et gauchement._
COLLÉ.
RAIDIR. Bander.
_Quand, plus raide que la justice,
Nez en l’air et gros de courroux,
Il s’élance pour le service,
On croit qu’il fera les cent coups._
EUG. VACHETTE.
RAIE DU CUL (La). La rainure des fesses, la petite vallée qui se trouve
entre ces deux montagnes—où tant de membres virils aiment à descendre.
Pour ne trouver la raie nette de la dame avec qui l’on s’ébat, on
y gagne bonne vérole.
BRANTÔME.
_Trois mignons de la cour se tuèrent jaloux
Pour le bien prétendu d’une raie publique._
THÉOPHILE.
RAILLE. Agent de police, redouté des filles qui font le trottoir.
_Cela nous avertit qu’il flâne en ce quartier
Un raille dont il faut d’abord se méfier._
L. PROTAT.
RAMONER UNE FEMME. Faire l’acte vénérien avec elle, passer et repasser
l’outil priapique, le ramon de l’homme, dans sa petite cheminée, non
pour la débarrasser de ses impuretés, mais, en réalité, pour en mettre
de nouvelles.
_Mes belles, c’est vous que je cherche
Pour vous montrer une leçon;
Et croyez-moi, vos cheminées
Seront promptement ramonées,
Si vous éprouvez ma façon._
(_Ballet des Chercheurs de midi à quatorze heures_)
RATER UNE FEMME. Ne pouvoir bander assez raide au moment suprême où la
femme, pâmée et déjà délirante dans l’attente de la félicité promise,
ouvre les cuisses et ferme les yeux.
Non, mais tout de bon, je vous rate... Vous n’êtes plus qu’une
comtesse ratée.
LA POPELINIÈRE.
_Je rate, hélas! également,
Le poisson, ma belle et ma muse._
BÉRANGER.
RATER UNE FEMME. La baiser, en égoïste, et sans la faire jouir.
_Quand je la baise, ma femme
S’obstine à ne pas bouger...
Comment faut-il de cela,
Punir cette ingratte-là?
—Rate-la!_
AUG. GILLES.
RATEUR. Homme qui a plus grands yeux que grosse pine et qui reste
en affront devant la femme qui l’attend, cuisses ouvertes, fesses
frémissantes.
_Quand il fait le séducteur,
Sur mon honneur! ça me vexe:
Car à l’endroit du beau sexe
Il n’est pas à d’mi rateur._
JULES POINCLOUD.
RAVIGOTER UN HOMME. Faire tant, des doigts et de la langue, qu’il
parvient à bander.
_D’un tour de main ell’ ravigote
Le plus p’tit, le plus maigre jeu._
E. DEBRAUX.
RECEVOIR L’ASSAUT. Être baisée par un homme—qui monte sur le ventre, la
pine en avant, avec la _furia_ d’un zouave montant sur le Mamelon Vert.
Dis-lui qu’à la chute du jour, elle s’apprête à recevoir les
assauts de l’empereur d’Orient.
LA POPELINIÈRE.
RÉCLAMER SES GANTS. Demander au monsieur qu’on a raccroché sur le
trottoir un supplément au prix convenu pour aller au bonheur.
_Elle ne sera pas une fille ordinaire,
Réclamant aux vieillards libidineux ses gants,
Et tirant tous les jours des coups extravagants._
A. GLATIGNY.
RECOMMENCER. Tirer un second, puis un troisième, puis un quatrième
coup, selon que la femme en vaut la peine ou que l’homme a du sperme
dans sa bouteille,—l’amour étant, comme on sait, un grand recommenceur.
La grisette serre avec énergie l’étudiant contre sa poitrine,
en soupirant et en tressaillant des derniers frissons de la
jouissance; pour un peu elle recommencerait.
H. MONNIER.
RÉCURER (Se faire). Prendre des médicaments, mercuriels, ou autres,
pour guérir des véroles gagnées au doux jeu d’amour.
_Voyez, là-bas, le sémillant Mercure
Et ses fuseaux qui tricotent gratis,
Représentant le dieu qui nous récure
Et la maison Giraudeau père et fils._
GUSTAVE NADAUD.
REDINGOTE ANGLAISE. Préservatif contre la vérole. (V. _Capote_,
_Ruban_.)
RÉDUIT (Le). La nature de la femme, où le membre viril a tant de
plaisir à se réfugier les jours d’ennui, à s’abriter les jours d’orage.
Réduit, déduit; déduit, réduit.
_Déjà de sa grandeur les doigts saints et bénis
Visitaient de l’amour les plus secrets réduits._
GRÉCOURT.
_Mais D*** avec sa main,
Sa lèvre de carmin,
Sait trouver ton réduit
Où rarement l’homme impur s’introduit._
J. DUFLOT.
REFAIRE DE SORGUE (Se). Se remettre d’une nuit d’orgie:—bien dormir, ou
bien déjeuner.
_Tous dix, au tapis-franc nous étions réunis,
Chez le père Vit-Dur, ogre de mes amis,
Zig qui ne mange pas ses pratiques sur l’orgue;
Nous étions venus là nous refaire de sorgue._
L. PROTAT. (_Serrefesse._)
RÈGLES (Avoir ses). Avoir ses menstrues—qui viennent très
irrégulièrement à certaines femmes.
_Pour ces règles que tu débines
Et traites de déjections,
Ce sont les sources purpurines
Des saintes fécondations._
ANONYME.
RELIQUE. Le membre viril,—on n’a jamais su pourquoi.
_Du grand saint Nicolas,
Dans vos draps,
Prenez donc la relique._
BÉRANGER.
_Gage de ses travaux
Pendait sous sa tunique
Cette belle relique,
Chère aux tendrons dévots._
J. CABASSOL.
REMUER DU CUL OU DU CROUPION. Se trémousser de plaisir sous l’homme.
Et tandis qu’elles font bien leur devoir de remuer du croupion
et de pressurer la grappe soigneusement pour faire que le jus en
sorte...
MILILOT.
_Sur son lit d’acajou,
Cette jeune ingénue
Fort gentiment remue
Du cul pour un bijou._
J. DUFLOT.
Enfin, à force de frotter et de remuer le cul de part et d’autre,
il arrive que tous deux viennent à s’échauffer d’aise par une
petite démangeaison et chatouillement qui leur vient le long des
conduits.
MILILOT.
Elle passa dans un bois avec un jeune compagnon dans l’espérance
d’y bien remuer les fesses.
D’OUVILLE.
Le garçon en avertit la fille et elle le garçon: cela les oblige
à frotter plus fort et à remuer plus vite les fesses.
MILILOT.
Que j’étais jeune, que j’avais les reins souples et que je les
pouvais remuer.
P. DE LARIVEY.
_Tous vos baisers sont contraints;
Mais remuez donc les reins!
Que faites-vous de vos mains?_
BÉRANGER.
RENAUDER. Renoncer à une chose, manifester de la répugnance à la faire.
RENDRE (Se). Consentir à se mettre sur le dos, à ouvrir ses cuisses et
à se laisser baiser par l’homme qui en sollicite depuis plus ou moins
de temps l’honneur—et le plaisir.
La comtesse nous raconta dans le plus grand détail comme quoi
elle s’était rendue à Préban, et tout ce qui s’était passé entre
eux.
RENDRE UN HOMME HEUREUX. Le faire jouir en le branlant, ou en le
suçant, ou en tirant un coup avec lui.
_Thémire pour me rendre heureux
Veut que de son flambeau l’Amour seul nous éclaire._
(_Épigrammes._)
_Oh! oh! oh! ah! ah! ah!
Rendez heureux ce monsieur-là,
La, la._
BÉRANGER.
RENGAINER SON COMPLIMENT, ou SON OBJET. Remettre son membre dans sa
culotte; ne pas pousser plus loin l’aventure.
_... J’entends quelqu’un venir.....
Rengaine ton objet..._
LOUIS PROTAT.
RENTRER BREDOUILLE. Se dit d’une fille qui, descendue vers quatre
heures du soir sur les boulevards pour y chasser au miché, rentre chez
elle toute seule, sans avoir été suivie.
_Plus j’y songe et plus je m’embrouille;
Comment, ils ont vu tes appas,
Et tu reviens ici bredouille!_
COLLÉ.
RÉPANDRE SA SEMENCE. Décharger en baisant, ou en se branlant.
Un proverbe chinois dit qu’il ne faut pas répandre sa semence sur
la mer; il a raison: c’est sur les filles.
A. FRANÇOIS.
REPASSER UNE FEMME. La faire jouir en la baisant avec ce fer rouge que
les polissons appellent une pine—qui la roussit quelquefois.
Et notez que la moindre bagasse peut en dire autant à un grand
roi ou prince, s’il l’a repassée.
BRANTÔME.
_Son vaillant fils, fameux par sa crinière,
Un beau matin, par vertu singulière,
Vous repassa tout ce gentil bercail._
VOLTAIRE.
_Et me v’là vite en d’voir de la r’passer._
DUMOULIN.
RESTER COURT. Manquer de souffle au lit; débander au moment même où il
faudrait bander le plus raide.
_Rester court
A la neuvième politesse!
Est-ce à ma cour
Qu’on vient pour me jouer ce tour?_
COLLÉ.
RETAPEUSE. Putain.—Femme ou fille qui fait la retape;—qui raccroche.
_En robes plus ou moins pompeuses,
Elles vont comme des souris:
Ce sont les jeunes retapeuses
Qui font la gloire de Paris._
A. GLATIGNY.
RETIRÉE DU SERVICE (Être). Ne plus exercer le rude métier de fille
d’amour, soit par suite de maladies, soit par suite de mariage, soit
par suite de vieillesse, soit—comme sainte Marie l’Égyptienne—par honte
de ce métier.
C’est si agréable, quand on s’est retirée du service.... de
pouvoir se dire: Ce procureur du roi si féroce, c’était mon petit
Auguste! Je le menais par le bout du nez, et il trouvait cela
très doux.
A. DELVAU.
RETIRER (Se). Sortir du con de la femme qu’on baise quand on craint
d’être surpris, ou de lui faire un enfant;—ou lorsque l’on a fini de
baiser, ce qui n’est plus surprenant.
_Thémire, feignant le contraire,
Disait toujours: Ménage-moi;
J’ai peur de rencontrer... ma mère...
Ah! cher Colin, retire-toi..._
G. GARNIER.
Ah! tu te retires!... Pourquoi ne l’as-tu pas laissée dans moi?
je ne l’aurais pas mangée, va!
H. MONNIER.
_Voulez-vous un ami prudent
Qui ménage vos craintes;
Vite, ouvrez-moi vos... sentiments,
Je sais me retirer à temps._
(_Chanson anonyme moderne._)
RÉTRÉCIR (Se). Se laver souvent le vagin avec des astringents,
afin d’en rapprocher les parois et de faire croire ainsi—aux
innocents—qu’ils prennent un pucelage.
_A se rétrécir elle excelle
Et joint aux airs d’une pucelle
La plus profonde instruction._
H. RAISSON.
RETROUSSER (Se). Se retourner. Se tirer de la gêne par tous les moyens
possibles.
_Une célèbre actrice
A fillette novice
Disait, sans croire l’offenser:
Imite-moi, Charlotte;
De sagesse on peut se passer:
Quand on est dans la crotte,
Il faut se retrousser._
VANDAEL.
RIBAUD, RIBAUDE. Homme et femme de mauvaise vie; luxurieux et
impudiques.
_Je suis la grande Gargouillaude,
Garce du souverain Gagoux,
Chaude putain, fière ribaude,
Pleine de vérole et de loups._
Le Sr DE SYGOGNES.
ROSE. La nature de la femme.
_Tu n’auras pas ma rose,
Car tu la flétrirais._
BÉRANGER.
_Là sur l’albâtre on voit naître l’ébène,
Et sous l’ébène une rose s’ouvrir._
PARNY.
_Ma fille, avant d’céder ta rose,
Retiens bien ce précepte-là._
E. DEBRAUX.
ROSÉE CÉLESTE, DIVINE, etc. Décharge de la liqueur balsamique, que les
gens qui n’attendent rien du ciel appellent tout bonnement:—du foutre.
Mon amie, reçois encore cette preuve de mon amour. Gamiani,
excitez-moi, que j’inonde cette jeune fille de la rosée céleste.
A. DE M.
Notre adorable conquérant fait des siennes à toute outrance et
darde la rosée de vie sans le moindre ménagement.
A. DE NERCIAT.
Et le détestable Fa-tutto a fait pleuvoir dans mon sein la
brûlante rosée du crime.
VOLTAIRE.
ROSETTE. Petite rose de chair qui se trouve à l’entrée de l’anus et
qui en est pour ainsi dire le pucelage, car les pédérastes passifs ne
l’ont plus (d’où les pédérastes actifs sont appelés _chevaliers de la
rosette_).
_Travaille bien, prends ta lichette,
La lichette donne du cœur;
Et s’il le faut, tends ta rosette,
Cela te portera bonheur._
A. DUMOULIN.
ROSSIGNOL. Le membre viril.
_Aussitôt qu’elle eut aperçu
Le rossignol que tenait Catherine._
LA FONTAINE.
ROUBLARD. Libertin qui connaît toutes les ruses féminines et qui, des
deux rôles que les hommes jouent avec les filles, celui de miché et
celui de maquereau, celui de jobard et celui d’écornifleur, préférerait
encore le dernier au premier.
Ça me rappellera, à moi, vieux roublard, le temps où je l’avais
encore, où j’étais si godiche avec le sexe.
LEMERCIER DE NEUVILLE.
ROUCHIE. Femme de mauvaise vie.
_... Depuis, de Pinolie
Ma femme, Pincecul a fait une rouchie._
L. PROTAT.
ROUPETTES. Les testicules,—qui sont les petites roues sur lesquelles
repose le canon chargé de mitraille spermatique.—L’expression est
moderne.
_Ses roupettes étaient grosses et rebondies,
Et de poils longs et noirs abondamment fournies._
L. PROTAT.
_Sur les roupettes granitiques
De l’indomptable Sarrazin
Il pleut..._
B. DE MAURICE.
ROUSCAILLER. Besogner du membre avec une femme qui en meurt d’envie.
_Un pareil état m’excite et m’offense:
Descends de mon lit, ou bien rouscaillons!_
ROUSTONS. Les testicules.—Expression moderne.
_Votre main, doucement chatouille ses roustons,
Tandis qu’il vous pelote et vous prend les tétons._
L. PROTAT.
RUBAN. Préservatif en baudruche ou en caoutchouc dont on habille
le membre viril toutes les fois qu’on le conduit au bonheur.—(V.
_Capote_.)
_Ne crains rien: ces rubans feront bien ton affaire,_
dit le marchand de capotes à Pincecul, dans la parodie de _Lucrèce_,
par M. Protat, avoué.
_Je sais attacher un ruban
Selon la grosseur d’une pine._
(_Chanson anonyme moderne._)
RUDIMENT DE CYTHÈRE (Le). Les principes de la langue—et des autres
cochonneries.
_Jeanne, sotte au monastère,
Sotte au sortir du couvent,
Plaisait sans savoir comment.
Le précepteur de son frère
Lui montre le rudiment
Que l’on enseigne à Cythère:
Son esprit s’ouvre à l’instant._
COLLÉ.
RUFFIAN. Accouplement de _Ruffi_ et d’_Anus_. Mot qui s’est introduit
en France au XIIIe siècle, et n’a été en vogue qu’à la fin du XVe,
quand l’italianisme déborda dans l’idiome gaulois. Ce mot avait alors
différentes significations, telles que: lénon, proxénète, débauché,
habitué de mauvais lieu, etc. Aujourd’hui, il signifie tout bonnement
maquereau.
_Elle introduit dans ma maison,
Son rufien, qui sait fort bien
Faire son profit de mon bien._
J. GREVIN.
On l’accusait d’avoir fait quelquefois le ruffian à son maître.
TALLEMANT DES RÉAUX.
Je suis ruffian, et m’en vante.
A. GLATIGNY.
RUSÉE AU JEU (Être). Savoir ce qu’il faut faire pour amuser les hommes
et leur procurer de vives jouissances, comme le casse-noisette, la
patte d’araignée, la feuille de rose, etc.
Tu me portes la mine d’être un jour bien fine et rusée à ce jeu.
MILILOT.
RUT. Ardeur vénérienne.
_Mais Jeanne tout en rut s’approche et me recherche
D’amour ou d’amitié, duquel qu’il vous plaira._
RÉGNIER.
_Le corps en rut, de luxure enivré,
Entre en jurant comme un désespéré._
VOLTAIRE.
_Si son esprit l’eût arrêté,
Elle eût mis en rut le conclave
Et fait bander sa sainteté._
COLLÉ.
S
SAC. Le ventre.—On dit d’une femme enceinte: Elle en a plein son sac.
La jeune garce en eut plein son sac.
MARGUERITE DE NAVARRE.
SACRIFICE. Fouterie désintéressée et—toujours intéressante.
La compagnie qui, pendant notre sacrifice, avait gardé un profond
silence, me complimenta de l’hommage que mes charmes avaient reçu
par la double décharge que j’avais subie dans une seule jonction.
(_Mémoires de miss Fanny._)
J’étais trop jeune encore pour multiplier les plus doux
sacrifices.
PIGAULT-LEBRUN.
SALETÉS (Dire des). Tenir des propos de «haulte gresse» et de
grande salacité, pour provoquer les idées libertines et pousser à la
consommation de la femme par l’homme et de l’homme par la femme.—_Faire
des saletés._ Peloter une femme ou un homme, sucer ou gamahucher,
branler ou faire postillon, etc., etc.,—toutes les choses aimables de
la fouterie.
_Tu me disais alors que, pour savoir te plaire,
Une femme devait et dire et savoir faire
Toutes les saletés et toutes les horreurs._
L. PROTAT.
SALIÈRES (Avoir des). Se dit des femmes maigres qui n’ont que des trous
où il faudrait des bosses; derrière les clavicules, par exemple.
_Elle a deux salières et cinq plats_ (sein plat). Vieux dicton
qui s’emploie pour désigner une femme maigre qui n’a ni cul ni
tétons.
SALOPE. Femme galante, de haut ou de bas étage.
_Je vous aime ainsi, divine salope._
(_Parnasse satyrique._)
SANGLER UNE FEMME. La baiser, la frapper à coups de queue—sans qu’elle
s’en fâche.
Il demande grâce pour avoir sanglé cette fille.
SAINT-AMAND.
SATISFAIRE SON GOÛT. Baiser une femme, ou enculer un homme, selon qu’on
est conformiste ou non conformiste en amour.
_Il aime par-dessus tout
La volupté roturière;
Pour satisfaire son goût
Il faut une couturière._
ÉM. DE LA BÉDOLLIÈRE.
SATISFAIRE UNE FEMME. La baiser de façon qu’elle ne réclame pas,—à
moins qu’elle ne soit trop gourmande.
_Des houris toujours belles,
Qu’on satisfera bien,
Et qui, toujours pucelles,
N’arrêteront sur rien._
COLLÉ.
SATISFAIRE UN HOMME. Le branler, ou se laisser baiser par lui—ce qui,
en effet, le comble de satisfaction.
_Chez ce libertin cagot
Qu’ j’ai tant d’ mal à satisfaire,
Je suis entré’ pour tout faire:
Aussi j’y fais mon magot._
J. POINCLOUD.
SATYRIASIS (Le). L’hystérie des hommes, comme l’hystérie est le
satyriasis des femmes, c’est-à-dire que ceux et celles qui en sont
possédés ne font autre chose dans la vie que de baiser ou d’essayer de
baiser.
Ces abbés poupins et débauchés, ces fléaux de la virginité,
seront condamnés à un satyriasis éternel.
A. DULAURENS.
SAUCE D’AMOUR. Le sperme.
_Il lui faut un gros vit, et lequel soit toujours
Bien roide et bien fourni de la sauce d’amour._
THÉOPHILE.