SAUCISSE. Le membre viril.

_N’est-ce pas user d’artifice

Pour avoir un plaisir plus cher,

A Margot d’avoir la saucisse

Et le vit du fils d’un boucher?_

THÉOPHILE.

SAUVAGE (Se mettre en). S’habiller _tout nu_, c’est-à-dire: se

déshabiller ou ne pas s’habiller du tout.

_Être_ (ou n’être pas) _sauvage_. Eviter les hommes ou accepter et même

rechercher leurs hommages.

_Alors, Jupin, prenant l’ parti d’ la dame,

Dit au Cyclope: Un mot va t’apaiser:

Si tu n’ veux pas qu’on reconnaiss’ ta femme

En sauvag’ faut la déguiser._

ÉM. DEBRAUX.

SAVANTE EN AMOUR (Être). Se dit de toute fille ou femme qui connaît les

préceptes les plus secrets et les secrets les plus précieux de l’art

d’aimer, et qui serait plutôt capable d’en enseigner à un homme que

d’en apprendre de lui.

Une autre fille de son quartier, plus expérimentée que l’autre et

qui, pour être un peu moins belle, n’en était pas moins savante

et spirituelle en amour.

MILILOT.

SAVOIR DES POSES. Être experte dans l’art d’allumer les désirs

libertins des hommes.

_Il n’est poses qu’elle ne sache,

En débauche elle a de Carrache

L’invention._

H. RAISSON.

SAVONNER UNE FEMME. La baiser, parce qu’ici le sperme sert de savon,

ce qui fait qu’elles sont plus blanches que les hommes, au dire de

Tabarin.

Et je lui donnerai une savonnade à laquelle son mari ne l’a pas

habituée.

SEIGNEURGENS.

SECOUER LA CARTOUCHE, LE CHINOIS, LA HOULETTE (Se). Se branler la pine.

_Sans mot dire il se fait secouer la houlette._

LOUIS PROTAT.

SECOUER UNE FEMME. La baiser gaillardement, l’ébranler dans tous les

sens en la branlant du bout de la queue.

Je te secouerai bien un peu entre l’huis et la muraille.

P. DE LARIVEY.

_Vénus, ribaude paillarde,

D’une façon plus gaillarde

Sait bien remuer le cu

Quand le dieu Mars la secoue._

THÉOPHILE.

_Mon cher Adam, mon vieux et triste père,

Je crois te voir en un recoin d’Eden

Grossièrement former le genre humain,

En secouant madame Eve, ma mère._

GRÉCOURT.

SEMENCE. Liqueur de la génération; le foutre de l’homme et de la femme.

_Au jeûne où votre con se trouve,

Vouloir faire une fine épreuve

Si je suis bélier ou mouton.

Vous eussiez eu de la semence

D’un vit dont la grandeur immense

N’eut jamais de comparaison._

F. DE MAYNARD.

Dix-huit jours après qu’elles avaient reçu la semence.

CH. SOREL.

SENS DESSUS DESSOUS (Être). Beau désordre, agréable à la vue chez une

belle femme. Quand elle est renversée et bouleversée à grands coups

de pine, les cheveux épars, le cul et les tétons en l’air, ses bras

vaincus, jetés comme de vaines armes, on n’a plus qu’à recommencer à

faire le dessus, à moins qu’on ne préfère le dessous,—pour changer.

_Gai, gai, l’on est chez nous

Toujours en fête,

Cul par dessus tête

Et sens dessus dessous!_

BÉRANGER.

SENTIMENTAGE. Amour plus platonique que physique, qui exclut

l’infidélité et le plaisir au profit de je ne sais quel idéal

ridicule—bon pour les romans et pour les pensionnats de demoiselles.

Mais s’il allait souhaiter quelque préférence exclusive, se

croire offensé de mes inévitables infidélités, perdre de vue que

je suis aphrodite, et vouloir m’assujettir à son sentimentage?

A. DE NERCIAT.

SENTIR (Le). Sentir le membre de l’homme entrer profondément dans le

vagin de la femme et y remuer.

_—J’y suis.

Le sens-tu, Philis?

—Oui, Lycas, poursuis;

Tu te raidis

Contre l’obstacle._

COLLÉ.

SÉRAIL. Bordel, où l’on élève à la brochette une foule de beautés de

poils différents pour amuser ce polisson de sultan qui s’appelle le

Public.

SERINGUE. La pine, avec laquelle l’homme donne à la femme un lavement

de sperme—qui est le plus émollient de tous les lavements.

_Il tire de sa pochette

Sa seringue et deux pruneaux._

GAUTIER-GARGUILLE.

SERINGUER. Administrer l’injection balsamique à un con bien

portant,—avec la seringue que vous savez.

Jusqu’alors, je n’avais ressenti pareille jouissance. Il me

seringua trois fois de suite de son nectar délicieux; le foutre

s’en allait à gros bouillons de la tête de son gros vit, il me

sautait jusqu’au cœur.

(_Anaïs, ou Dix ans de la vie_, etc.)

SERRER (Le). Faire le casse-noisette, retenir le membre viril comme

dans un étau.

Sens-tu comme je te le serre?

H. MONNIER.

SERRURE. La nature de la femme—dont l’homme a la clef dans son pantalon.

_Quand on fouille à votre serrure

Avec la clef de la nature._

Le Sr DE SYGOGNES.

Comment pensez-vous qu’on puisse garder une serrure, à qui toutes

sortes de clefs sont propres?

D’OUVILLE.

SERVICE (Faire le). Se remuer sous l’homme afin de le faire mieux

jouir; ou bien jouer de la main avec son membre au lieu de jouer des

reins avec lui.

_Quand t’auras fini ton service,

T’auras cent sous._

LEMERCIER DE NEUVILLE.

SERVIR DE SA MAIN (Se). Se masturber, faute de maîtresse, ou par amour

pour la veuve Poignet,—cette veuve que foutent tous les collégiens.

_La volupté me pénètre soudain.

Mon trépignoir trépignait dans sa cage:

Pour l’apaiser, je n’avais que ma main.

Je m’en servis pour écumer sa bile._

ANONYME.

SERVITEUR. Amant, homme qui sert une femme à son gré,—à moins qu’elle

ne soit aussi gourmande que Messaline.—S’est dit aussi d’un godemichet,

qui est, en effet, meilleur serviteur de la femme que l’homme.

_Que l’innocent fabrique,

Au lieu de son méchant flûteur,

Un serviteur

D’un beau moule, et bien élastique._

COLLÉ.

SIRÈNE. Fille publique qui cherche à attirer l’homme en chantant,—pour

le faire chanter à son tour.

SIROP DE NAVET. Le sperme, par allusion à la forme du navet et à sa

couleur.

_Sans donner l’ temps qu’ell’ réfléchisse,

J’ lui r’passe, afin qu’a s’ rafraîchisse,

D’ la liqueur du nœud conjugal

Et l’ sirop d’ navet pectoral._

(_Chanson anonyme moderne._)

SOCRATISER. Préférer les hommes—comme Socrate, le plus sage des hommes,

dit-on, préférait Alcibiade, qui en était le plus beau.

SODOMIE, SODOMISER. Enculer une femme—ou un homme.

_Sodomise deux coups et deux fois déchargeant,

Il retire du cul deux fois son vit bandant._

PIRON.

_Quoi, disent-elles, si les flammes

Sodomites brûlent les âmes,

On ne le fera plus qu’aux garçons._

COLLÉ.

Peut-être aurait-il trouvé plus à propos de passer pour cocu que

pour sodomite.

TALLEMANT DES RÉAUX.

_Il la quitte alors pour l’engin

D’un franciscain que sodomise

Un prélat..._

B. DE MAURICE.

_Tout Africain est sodomite,

Ainsi l’exige le climat:

On comprend ça._

ALEX. POTHEY.

SOIXANTE-NEUF (Faire). C’est faire _tête-bêche_ (V. ce mot), les deux

chiffres (69) le disant éloquemment.

_Que fait Bacchus quand, accablé d’ivresse,

Son vit mollit et sur le con s’endort?

Soixante-neuf... et son vit se redresse,

Soixante-neuf ferait bander un mort!_

(_Parnasse satyrique._)

SOLENNISER LA SAINT-PRIAPE. Baiser, le dieu des jardins étant le dieu

de l’amour.

_Or, un jour que Sa Sainteté

Solennisait la Saint-Priape

Sur l’autel de la volupté..._

B. DE MAURICE.

SOLUTION DE CONTINUITÉ. La nature de la femme, où il y a en effet une

sorte d’interruption de surface.

_Bref aussitôt qu’il aperçut l’énorme

Solution de continuité,

Il demeura si fort épouvanté,

Qu’il prit la fuite._

LA FONTAINE.

SONNER LE BOUTON OU LE TOCSIN. Branler une femme ou un homme,—la femme

avec le doigt, l’homme avec la main.

_Le cochon sonnait le tocsin

Sur le bouton de son vagin

Avec son médium sans corne._

A. WATRIPON.

_Tout aussitôt sur son lit il la couche,

Sonne au bouton!

La reine alors, déchargeant dans sa bouche,

Dit que c’est bon!_

(_La Gastibelzade._)

SONNER SON FILS. Se branler.—L’expression, très juste comme image, a

été trouvée par une dame, Mme Octave, actrice du Vaudeville.

On dit encore: _Agacer le sous-préfet_, _Se balancer le Chinois_,

_Crier Vive l’Empereur_, _Se donner une Saragosse_, _Se polir la

colonne_, _Épouser la veuve Poignet_, _Se coller une douce_.

SOTTISES (Faire des). Peloter une femme, quand on est homme; patiner un

homme, quand on est femme; copuler.

Enfin, finalement, a’ vous été contents?—Oui.—Il n’a pas fait d’

sottises?—Si tu veux...

H. MONNIER.

SOULAGER (Se). Dépenser son sperme en baisant une femme, ou en se

masturbant,—ce qui allége d’autant les rognons.

Pauvre chat! Eh bien, tu vas te soulager, mon chéri, je te le

promets.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

SOUPE ET LE BŒUF (La) ou _le bouilli_. L’ordinaire conjugal:—les mêmes

_bonjours_, les mêmes _bonsoirs_, les mêmes coups tirés par le même

homme,—avec la même femme.

Parce qu’enfin, voyez-vous, du nectar et de l’ambroisie, c’est

toujours la même chose que de l’ambroisie et du nectar. Junon,

Flore, etc..., tout ça est bel et bon; mais c’est toujours

la soupe et le bouilli; tandis qu’il y a là-bas, chez le

papa Desnoyers, des brunettes, et de la piquette qui nous

ravigoteront.

ÉMILE DEBRAUX.

SOUS LE LINGE. A nu, sans chemise.

Je suis pourtant curieuse de voir comme elle est sous le linge.

LA POPELINIÈRE.

SOUTENEUR. Homme sans préjugés qui, en cas de quelque attaque, doit

servir de défenseur aux putains. En retour, il exige d’elles une

bonne partie de l’argent qu’elles gagnent à la sueur de leur con.—Le

souteneur est le mari modèle. Il est cocu, c’est convenu d’avance

avec sa femme. Mais il ne doit pas songer à la faire _cornette_.

Il doit la monter régulièrement une ou deux fois par semaine; mais

dans l’intervalle, il ne faut pas qu’il s’avise de penser même à une

autre femme, encore moins d’en approcher. Malheureusement, chez les

souteneurs, c’est comme chez les maris: il en est peu de vraiment

honnêtes et sur qui une femme puisse compter sans réserve.

_J’ suis le roi des souteneurs!

Je connais la savate!

Au billard, faut m’ voir, j’épate

Les vrais amateurs._

LEMERCIER DE NEUVILLE.

SOUTENIR LE CHOC. Se dit en parlant d’une femme que l’on baise, et à

qui l’énergie de l’assaut ne fait pas peur.

Il faudrait surtout avoir soutenu durant toute la nuit un

entretien très vif avec une nonne charmante.

LOUVET.

SPERME. Graine d’enfants que l’on sème (σπειρω) dans le ventre de la

femme,—terre souvent féconde, et souvent bréhaigne aussi, selon la

qualité de la semence, ou la vertu du semoir.

Nul rafraîchissement ne la lui peut ôter si bien qu’un bain chaud

et trouble de sperme vénérique.

BRANTÔME.

_Le sperme n’est pas l’or potable

Qui vous nourrit au lieu de pain;

Durant que votre con tient table

Votre ventre crie à la faim._

THÉOPHILE.

_La bonne Alix, curieuse, s’avance,

Voyant jaillir ce sperme merveilleux._

PIRON.

_Et lorsque du plaisir est arrivé le terme,

Dans ma bouche je sais encor garder le sperme._

L. PROTAT.

SUCCUBE. Homme qui consent à servir de femme à un autre homme, et qui

fait le dessous pendant qu’il fait le dessus.

SUCCUBES. On appelle ainsi les patientes dans les combats

amoureux de femmes à femmes. _Confession de Mademoiselle Sapho_,

suite du _Cadran des plaisirs de la Cour_, p. 257.

_Quand il consommait son Kabyle,

On entendait sous le gourbi

Au milieu de la nuit tranquille,

Le succube pousser ce cri..._

AL. POTHEY.

SUCER. Passer la langue sur le membre viril pour l’amener à érection,

et le faire décharger.

_Que les chiens sont heureux!

Ils se sucent la pine,

Ils s’enculent entre eux!_

TH. GAUTIER.

_Je voudrais être chien

Car du soir au matin

Je pourrais me sucer la pine._

DUMOULIN.

_Cependant, en suçant, il est bon que la main

Joue autour des roustons un air de clavecin._

L. PROTAT.

SUCER LE CLITORIS. Gamahucher.

_Il te faut, à tout prix,

Sucer des clitoris,

Et si l’antiquité

Ne l’eût pas fait, tu l’aurais inventé._

J. DUFLOT.

SUCER UN HOMME. Lui passer habilement et doucement la langue le long du

membre, autour et dessus, jusqu’à éjaculation complète.

_Pourtant il leur manque, en somme

(Ce qui vaut bien un écu),

De savoir sucer un homme._

DE LA FIZELIÈRE.

SUCEUSE. Femme qui fait profession de donner aux hommes du plaisir sans

peur. C’est la fellatrice des anciens.—La suceuse rend à l’homme le

service que le gamahucheur rend à la femme, et dans les deux cas, c’est

la langue qui fout.—Il y a à Paris, dans le faubourg Montmartre, une

maîtresse suceuse, appelée la _Pompe funèbre_,—de l’ameublement d’ébène

et de soie noire de son appartement.

SUÇON. Empreinte que laissent les lèvres d’un amant sur le cou, les

joues ou la bouche de sa maîtresse, de façon à l’empêcher, pendant

quelques jours, de se montrer aux regards malins du public, qui connaît

parfaitement ce petit timbre bien accusateur.

SUCRE (pour _suc_, probablement). Le sperme de l’homme, dont les femmes

sont si friandes et dont elles ont souvent plein la bouche.

_Trouvant mon linceul tout souillé,

Et mon pauvre vit barbouillé

De sucre plus blanc que l’albâtre._

(_Cabinet satyrique._)

Comment, vous appelez donc cela du sucre, mademoiselle?

D’OUVILLE.

SUCRE D’ORGE (Le). Le membre viril—que les filles d’Eve, toujours

portées sur leur bouche, aiment tant à sucer.

_George, George,

Donne-moi de ton sucre d’orge._

(_Ancienne chanson._)

SUFFIRE À SOI-MÊME (Se). Faire de la prestidigitation à son profit—et

en l’honneur d’Onan.

_J’étais dans l’âge où la nature

Eveille nos sens au plaisir...

Quand à propos un abbé pâle et blême,

Trois fois par jour répétant la leçon,

M’apprit l’ moyen de m’ suffire à moi-même:

J’ai, mes amis, toujours été cochon._

(_Parnasse satyrique._)

SUPERLATIVES DÉLICES (Les). Le moment où l’homme et la femme, mêlant

leurs ondes spermatiques, se pâment sous l’excès de jouissance qui en

résulte.

_Plaisirs inconnus des dieux,

Superlatives délices!..._

BÉRANGER.

T

TABERNACLE. La nature de la femme, où l’on serre précieusement le

dieu—des jardins.

Elle est belle, ma Joséphine! elle a un chouette maître-autel!...

un rude tabernacle!...

TISSERAND.

TABLIER DE SAPEUR. Motte bien garnie de poils, noirs, blonds ou rouges,

longs ou frisés... On dit aussi: _Barbe au con_.

Clara, elle, avait une gorge superbe, des fesses splendides,

et un adorable petit con, protégé par un formidable tablier de

sapeur.

J. LE VALLOIS.

TABLIER LÈVE (Son). Se dit d’une fille qui s’est laissé faire un enfant

et qui ne peut plus dissimuler sa grossesse.

TACHER UNE FEMME. Répandre à son intention—et quelquefois à son

profit—un peu de liqueur séminale, en se branlant devant elle ou en la

baisant en robe.

_Mais v’là que j’ vous tache, mam’zelle,

C’est la faute de vot’ bretelle:

Plus qu’ mon amour elle tenait._

BÉRANGER.

TAMBOURINER. Jouir d’une femme, en frappant son ventre à coups de cette

baguette qu’on appelle le membre viril.

_Ma foi, s’il se perd sous ma jupe,

Nous le ferons tambouriner._

(_Chanson anonyme moderne._)

TANTE. Homme qui sert de femme aux pédérastes actifs.

Enfants, on les appelle _mômes_ ou _gosselins_; adolescents, ce

sont des _cousines_; plus âgés, ce sont des _tantes_.

MOREAU CHRISTOPHE.

TAPER DANS LE TAS. Étant donné que:—le théâtre représente un atelier de

brocheuses, de modistes ou de couturières. En vrai bandeur, vous faites

votre choix; mais ne voulant pas faire four, vous _tapez_ d’abord la

plus facile, qui a bientôt une confidente que vous _tapez_ aussi. La

deuxième excite la curiosité d’une troisième, d’une quatrième, et...

vous arrivez à réaliser le proverbe:

Qui en a vu une, les connaît toutes.

TAPER DANS L’ŒIL. Commencer à plaire à quelqu’un—ou à

quelqu’une;—séduire par la grâce, l’esprit, la parole ou le geste.

_Ma petite poulette,

Dans la rue Montorgueil,

Ton p’tit nez en trompette,

Il m’a tapé dans l’œil.

Laïtou, etc._

AL. DALÈS.

TAQUINER LE BOUTON, soit de la gorge, soit du clitoris. Promener

habilement l’index sur l’extrémité du sein ou du clitoris d’une femme

afin de la faire bander et jouir.

_La gauche, autour du cou bien doucement passée,

Taquine le bouton de la gorge agacée._

L. PROTAT.

TAQUINER LE HANNETON. Branlailler un homme, dont le membre ne sait pas

trop ce qu’il veut, à ce point qu’il donnerait de la tête aussi bien

dans un con que dans un cul.

_... Le Suédois, dit-on,

Aime qu’on lui taquine un peu le hanneton._

L. PROTAT.

TÉMOINS À DÉCHARGE. Les deux roustons, qui, lorsque le vit est en

cause, ont de quoi le faire décharger.

_Suivant les témoins à décharge,

Le vol doit être récusé.

—Les imposteurs! répond Glycère,

N’écoutez pas leurs faux rapports,

Ils n’ont rien vu, c’est bien sincère,

Car tous les deux étaient dehors._

VAUBERTRAND.

... L’abbé... avoit en ses jeunes ans perdu ses deux témoins

instrumentaires... en descendant d’un bellocier: c’est un prunier

sauvage...

(_Contes d’Eutrapel._)

Les dames rirent assez de Castor, qui était resté sans témoins.

P. DE LARIVEY.

TEMPÉRAMENT. Ardeur amoureuse.

_Qui sait, hélas! si ton tempérament

Ne trahit pas ton malheureux amant._

VOLTAIRE.

Né avec un tempérament de feu, je connus à peine ce que c’était

qu’une belle femme que je l’aimai.

DIDEROT.

_Pinc’-moi plutôt un d’ ces grands drôles

Qui crèvent de tempérament,

Larges des reins et des épaules:

C’est du nanan._

E. DEBRAUX.

TEMPLE DE CYPRIS. La nature de la femme, où nous faisons tous nos

dévotions à genoux, de la langue et de la queue.

_Lors il n’y a tétons ni fesse rebondie,

Cuisse, ventre, nombril, ni temple cyprien,

Que je ne baise, ou tâte, ou retâte, ou manie._

TENDRE SA ROSETTE. Se laisser enculer par un homme.

TENIR LA CHANDELLE. Avoir des complaisances honteuses pour un commerce

de galanterie; se faire maquereau.

_Quand vous venez, à Fabrice dit-elle,

Me faire tenir la chandelle

Pour vos plaisirs jusque dans ma maison._

LA FONTAINE.

_A son destin j’abandonne la belle,

Et me voilà; des esprits comme nous

Ne sont pas faits pour tenir la chandelle._

PARNY.

Tu m’as pris pour un imbécile... Comment! moi j’irais tenir la

chandelle!

JAIME fils.

TENIR UNE MAISON. Avoir un bordel, qu’on autorise seulement les femmes

à tenir, à leurs risques et périls: seul commerce qui aille bien!

Tu connais pas Morin, qu’est de la police?... qui vit à Rouen,

rue Ricardière, cont’ la rue aux Ours, avec eune femme qui tient

eune maison?

H. MONNIER.

TESTICULES. Les témoins du duel amoureux. Voir _Témoins à décharge_.

TÉTASSE. Mot grossier signifiant une mamelle pendante.

_Les tétons deviennent tétasses._

G. COQUILLART.

_Cette mère des gueux, cette vieille carcasse

D’un linge sale et noir resserre sa tétasse._

THÉOPHILE.

TÊTE-À-TÊTE. Conversation à deux, qui a lieu n’importe où, dans une

chambre, dans un fiacre, sur l’herbe, sur une chaise,—et la plus

éloquente, puisqu’on n’y parle pas, ou qu’on y parle peu, et qu’en

revanche on y agit beaucoup.

J’eus pourtant malgré tout cela quelque tête-à-tête impromptu

avec Sa Grandeur. Il est si doux d’escamoter de temps en temps

quelque chose d’une rivale qui en fait autant.

TÊTE-BÊCHE (Faire). Se placer de façon que la tête de l’homme soit

entre les cuisses de la femme, à la hauteur de son con, qu’il

gamahuche, et que la tête de la femme soit entre les cuisses de

l’homme, à la hauteur de sa pine, qu’elle suce.

_Mais quand parfois il trouve une motte bien fraîche,

Ce qu’il aime avant tout, c’est faire tête-bêche._

L. PROTAT.

TÉTONNIÈRE. Femme amplement pourvue de mamelles.

Dans le cabaret où ils soupaient servait une grosse tétonnière

d’Andalousie.

PIGAULT-LEBRUN.

TÉTONS. La gorge d’une femme.

_Sur un col blanc, qui fait honte à l’albâtre,

Sont deux tétons, séparés, faits au tour,

Allant, venant, arrondis par l’amour._

VOLTAIRE.

Donne-moi tes tétons.

LA POPELINIÈRE.

_Comme le gland d’un vieux qui baise

Flotte son téton ravagé._

(_Parnasse satyrique._)

_Si son cœur est de roche.

Ses tétons n’en sont pas._

J. DUFLOT.

THÉÂTRE DE LA NATURE. Le con, où le vit a ses entrées comme acteur ou

protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine.

«Ce théâtre a pour avant-scènes deux colonnes de marbre blanc;

il ne possède qu’un seul décor, lequel représente un buisson avec

une fontaine au milieu.

Le trou du souffleur est par derrière, ainsi que l’orchestre,

composé d’un seul musicien qui exécute avec son instrument à vent

une ouverture sur les motifs de: _sentir_ avec ardeur.

Quand l’acteur principal entre en scène, il a toujours l’aspect

dur et imposant; il a avec lui deux confidents, deux amis

inséparables qui l’attendent dans la coulisse. Quand l’acteur

quitte la scène, il est triste et abattu... il pleure.

La directrice est libre de donner plusieurs représentations de

suite, et, pour peu que l’acteur principal la trouve aimable, et

à son gré, plein de verve et d’éloquence, il rentre en scène avec

un nouveau transport,—à moins de raisons _majeures_.

—Tous les mois, le théâtre fait relâche. Il l’annonce par une

affiche rouge sur laquelle on applique une bande blanche. Pendant

ce temps, l’acteur est libre de donner des représentations

en ville, mais, gare à lui!... Souvent il se fatigue, revient

malade... Alors, la directrice se plaint et l’administration

_coule_!!!

NOTA: La directrice accorde quelquefois des entrées de faveur.»

TIRE-BOUCHON AMÉRICAIN. C’est la tocade de toutes les grisettes. Elles

font asseoir l’homme sur une chaise, mettent son bouchon au vent; puis,

s’asseyant à cheval sur lui et s’appuyant sur le dos de la chaise,

elles se font entrer le dit bouchon dans le con tant qu’elles peuvent,

le tirent, se renfoncent dessus, jouissent comme des carpes pâmées, et

s’en donnent ainsi jusqu’à ce qu’elles soient tout à fait échinées.

Quoique Cornélie soit partie, le plaisir n’est pas parti avec

elle; monte chez moi, je serai bien aimable, et je te ferai le

tire-bouchon américain.

(_Fantaisiste_, I, 179.)

TIRELIRE (Briser sa). Perdre son pucelage,—ce trésor que les mères

veulent forcer les filles à garder pendant seize ou dix-huit ans.

_Maman, apprenez qu’un voleur

M’a pris la pièce qu’on admire;

Mais ce qui me met en fureur,

C’est qu’en brisant ma tirelire,

Tout haut chantait le sacripant,

Zi, zi, pan, pan!_

L. FESTEAU.

TIRER. Baiser une femme.

_Et dans un bois, je savais la tirer._

E. DEBRAUX.

_Aimes tu mieux en gamine

Tirer l’ coup du macaron?_

SAUNIÈRE.

_Montrez à ma mère

Tout votre savoir,

Elle va vous faire

Tirer dans le noir._

(_Les Archers de l’amour._)

_A ce prix-là, dans toute la boutique

De faire un choix j’eus la permission

Et je montai pour tirer une chique..._

(_Chanson anonyme moderne._)

_Je vais tirer mon coup, ma crampe, ou bien ma chique,

Dit un futur Gerbier..._

L. PROTAT.

_Réclamant aux vieillards libidineux ses gants,

Et tirant tous les jours des coups extravagants._

A. GLATIGNY.

_J’ vois que vous y prenez goût.

Mais je n’ tir’ jamais qu’un coup._

F. DE CALONNE.

TIRLIBERLY. Mot forgé pour désigner le membre viril.

_Et retroussé jusqu’au tirliberly,

En laisse voir un tout des plus superbes._

GRÉCOURT.

TIV. Anagramme de _vit_.

_Polidor, amoureux d’une beauté sauvage,

Prit en sa main son tiv rouge comme un tison,

Et dit: Faut-il, hélas! que je meure en servage,

Ayant dedans ma main la clef de ma prison!_

GOMBAULD.

TOISON. Les poils qui garnissent l’entrée du con.

_Pour garder certaine toison,

On a beau faire sentinelle,

C’est temps perdu lorsqu’une belle

Y sent grande démangeaison._

LA FONTAINE.

_Au soleil tirant sans vergogne

Le drap de la blonde qui dort,

Comme Philippe de Bourgogne

Vous trouveriez la toison d’or._

TH. GAUTIER.

_Va sur Acomat au poil raide,

Sur Fatime, à la toison d’or._

B. DE MAURICE.

TOMBER SUR LE DOS. Se faire baiser.

Tiens! v’là Victoire qui _roule sa bosse_.

—Pauvre fille! si gentille, si sage... car enfin elle ne sort

jamais.

—Parbleu! elle sera tombée dans l’escalier; c’est là qu’elle aura

attrapé ça.

(_Souvenirs de carnaval._)

_Mais aussi qui ne tombe pas

Au premier mot qu’on lui dise._

BUSSY-RABUTIN.

Ce sont filets et piéges pour donner le saut et faire tomber à la

renverse les femmes et les filles.

NOEL DU FAIL.

TORDION. Vieux mot signifiant remuement, employé pour exprimer les

mouvements lascifs faits dans l’acte vénérien.

_Et inventa la bonne dame

Mille tordions advenants,

Pour culeter à tous venants._

CL. MAROT.

Il semble à ce pauvre homme qu’elle avait appris ces tordions

d’un autre maître que lui.

B. DESPERRIERS.

Elle ne se put en garder de faire un petit mobile tordion de

remuement non accoutumé de faire aux nouvelles mariées.

BRANTÔME.

Elle a pour le moins trente-cinq ans sur la tête, ce qui me fait

croire qu’elle a oublié tous ces petits tordions et gaillards

remuements, qui chatouillent la jeunesse.

P. DE LARIVEY.

Dictionnaire érotique moderne · 第 21 / 23 段