_Maman, j’ai plus d’une fois
Trouvé ma couche trempée:
Mon cœur était aux abois:
Je fus bientôt détrompée.
Je fis cesser mes alarmes:
Ces pleurs qui mouillaient mon lit,
Ces pleurs n’étaient pas des larmes...
Mon petit doigt me l’a dit._
V. COMBES.
PLEURER SES PÉCHÉS. Avoir la chaude-pisse.
_Las! si ce membre eut l’arrogance
De fouiller trop les lieux sacrés,
Qu’on lui pardonne son offense,
Car il pleure assez ses péchez._
RÉGNIER.
PLOMB. La vérole—avec laquelle on blesse, et quelquefois on tue la
personne à qui on la communique.
_Le plus marlou peut attraper le plomb._
DUMOULIN.
PLOMBER. Se dit de l’odeur particulière que porte avec soi la femme
qui ne se lave pas, ou qui échauffe trop son vagin seule ou en
collaboration avec les hommes.
_Nom d’un’ trombe!
Comm’ ça plombe
Dans ta vieille catacombe!_
(_Parnasse satyrique._)
PLUMER DES PIGEONS. Ruiner des hommes assez fous pour payer l’amour
de certaines femmes plus qu’il ne vaut; ou seulement leur arracher
quelques billets de mille francs ou quelques louis.
_Oiseaux plumés qu’a dispersés l’orage,
Ils vont chercher un monde plus parfait.
Mon épicier devient un personnage,
Arthur n’est rien, Oscar est sous-préfet._
GUSTAVE NADAUD.
POIGNARD. Le membre viril.
_Mais Robin, las de la servir,
Craignant une nouvelle plainte,
Lui dit: Hâte-toi de mourir,
Car mon poignard n’a plus de pointe._
RÉGNIER.
_Lève sa cotte, et puis lui donne
D’un poignard à travers le corps._
LA FONTAINE.
_Heureuse la nymphe légère,
Qui trompant sa jalouse mère,
Peut saisir un poignard si doux._
GRÉCOURT.
POIL BLOND OU NOIR (Avoir le). Avoir le pénis garni de poils blonds ou
noirs.
_Et jusques au nombril retroussant son peignoir,
Leur montra qu’étant blonde elle avait le poil noir._
L. PROTAT.
POINT. Employé dans un sens obscène pour désigner:
1º L’acte vénérien.
_Venons au point, au point qu’on n’ose dire._
CL. MAROT.
_Ce pitaud doit valoir pour le point souhaité
Bachelier et docteur ensemble._
LA FONTAINE.
2º Le clitoris.
_Le traître alors touche d’un doigt perfide
Le point précis où naît la volupté;
Ce point secret, délicat et timide
Dont le doux nom des Grecs est emprunté._
PARNY.
POISON. Fille ou femme de mauvaise vie, qui empoisonne quelquefois
l’eau-de-vie, quelquefois le musc,—et souvent l’homme.
Ce n’est pas une femme, c’est une poison.
A. VITU.
POISSON. Maquereau, souteneur de filles.
_Camille Fontallard, des poissons le monarque._
DUMOULIN.
Le perruquier jeune et actif est lui-même un poisson. Depuis un
siècle, on l’appelle merlan; mais quelquefois, souvent même, il
cumule,—et ces dames ont des merlans—maquereaux.
POITRINE (Avoir de la). Avoir des tétons accusés.
Ces belles filles qui ont de la poitrine et rien dessous!
A. DELVAU.
_Elle a dix-huit ans et pas de poitrine;
Sa robe est très close et monte au menton;
Rien n’en a gonflé la chaste lustrine:
Elle est droite ainsi qu’on rêve un bâton._
A. GLATIGNY.
POIVRER UN HOMME. Lui donner la vérole.
_Toi, louve, toi, guenon, qui m’as si bien poivré,
Que je ne crois jamais en être délivré._
SAINT-AMAND.
_Va, poivrière de Saint-Côme,
Je me fiche de ton Jérôme._
VADÉ.
POLICHINELLE. Le vit,—par allusion à Karaguez, le polichinelle turc,
qui est tout en nœud. (V. ce mot.)
_Papa, mon époux abuse
De ce titre solennel:
Croirais-tu qu’il me refuse
Jusqu’à son polichinel?_
ÉM. VANDERBUCK.
_Avoir le polichinelle dans le tiroir._ Être enceinte.
POLIR LE CHINOIS (Se). Se branler le vit. Boileau, qui n’aimait pas les
femmes nous a dit:
Polissez-le sans cesse et le repolissez.
_Le noir cocu que la chair aiguillonne,
Tranquillement se polit le chinois._
(_Chanson anonyme moderne._)
On dit aussi: _Se balancer le chinois_.
POLISSON, POLISSONNE. Libertin, libertine.
_Tâche que ta chanson soit leste et polissonne._
L. PROTAT.
_Aujourd’hui, Sophie est, je crois,
Aussi polissonne que toi._
BÉRANGER.
_Le vieux, plus que le jeune, aime à polissonner._
L. PROTAT.
Il ne se passera guère entre nous que des polissonneries.
LA POPELINIÈRE.
_Pour être admise ici, sais-tu bien, ma chérie,
Qu’il faut être très forte en polissonnerie?_
L. PROTAT.
Au lieu d’aller au salon avec toutes ces dames, à qui on dit et
fait des masses de polissonneries...
LEMERCIER DE NEUVILLE.
POLITESSE (Faire une). Décaloter son prépuce en bandant devant une
femme, et le lui introduire dans le vagin, pour lui prouver tout son
respect—et la faire jouir par la même occasion.
_J’ m’offre à lui faire un’ politesse:
Ell’ m’ répond oui modestement._
(_Chanson anonyme moderne._)
_Il a voulu de quelque politesse
Payer au moins les soins de son hôtesse._
VOLTAIRE.
_Tous les jours quatre politesses
Seront le pain quotidien._
COLLÉ.
POLLUER LE DARD (Se). Se masturber.
_Notre cocher, sans vergogne et sans fard,
Sur ses coursiers laissait frotter les rênes
Et des deux mains se polluait le dard._
ANONYME.
POMMES. Les tétons.
_Il montre aux regards de l’amour
Abricot mignon qui s’entr’ouvre,
Et plus haut deux pommes d’amour._
FÉLIX.
_Un beau bouquet de roses et de lis
Est au milieu de deux pommes d’albâtre._
VOLTAIRE.
_Quand tu frippais mes jupons,
Poussé par trent’-six rogommes,
N’ t’ai-j’ pas fait trouver des pommes
Où tu n’ cherchais qu’ des chiffons?_
(_Parnasse satyrique._)
POMPER LE DARD. Sucer un homme.
_L’Espagnol amoureux se fait pomper le dard._
L. PROTAT.
POMPER LE GLAND. Sucer l’extrémité du membre viril pour y amener le
sperme.
_Et rien qu’en lui pompant l’extrémité du gland,
Fait jaillir de son tronc un foutre ruisselant._
L. PROTAT.
POMPER LE NŒUD. Sucer un homme pour le mettre en érection et le faire
jouir.
_Les largues nous pompent le nœud.
Mais nous, nous le pomperions mieux,
Si, comme la race canine,
Nous pouvions, sans gêne et sans mal,
Nous gamahucher le canal._
DUMOULIN-DARCY.
PONT-NEUF. Fille de joie sur le ventre de laquelle tout le monde passe.
_Il nous appela des grivoises,
Des ponts-neufs, des fines matoises,
De ces filles, et cætera,
Qui pour cinq sols feraient cela._
JACQUES MOREAU.
PONT DU COIL (Le) et _le coil du pont_. Jeu innocent qui consiste à
faire dire plusieurs fois de suite à une jeune fille cette phrase;
ce qui l’amène à dire en se trompant: _Le poil du con, le con du
poil_,—par anagramme.
_Mon père a fait bâtir maison
Sur le pont du coil, sur le coil du pont;
Les charpentiers du roi la font
Sur le pont du coil, sur le coil du pont.
Ah! le joli petit pont
Que le pont du coil, que le coil du pont!_
Il y a aussi cet autre dicton: _Six petites pipes fines dans un sac_,
qui, répété avec volubilité, produit: _six petites pines_, etc.
PORT DE CYTHÈRE. Le con, lieu charmant, appelé plus poétiquement
l’île de Cythère, est situé entre les cuisses de la femme. Il reçoit
cordialement MM. les vits et abrite volontiers quels qu’ils soient, les
produits de leurs vaisseaux—spermatiques.
Dix fois Trufaldin a touché au port, sans pouvoir y entrer.
PIGAULT-LEBRUN.
PORT D’ARME (Être au). Être en érection.
PORTER À DROITE. Avoir l’habitude de placer son _paquet_ à droite de
l’entre-jambes dans le pantalon—au lieu de le placer à gauche, comme
presque tout le monde. On prétend qu’il n’y a que les pédérastes qui
portent à droite.—Il y a des pédérastes et beaucoup d’honnêtes gens
pour lesquels cette façon de porter est plus commode.
PORTER À GAUCHE. Avoir l’habitude de placer son membre sur le côté
gauche du pantalon,—habitude normale, prétendent les tailleurs et
les femmes, les deux classes d’humains qui s’occupent le plus de la
position du paquet.
..... _A ce paquet aux dimensions fortes
Qu’on voit dans ta culotte et qu’à gauche tu portes._
LOUIS PROTAT.
PORTER UNE BOTTE À UNE FEMME. Tirer un coup avec elle,—terme de
l’escrime amoureuse.
_Mais, d’ quequ’ côté qu’on vous porte une botte,
Mam’zelle, ôtez donc, ôtez vot’ culotte:
Mam’zelle, ôtez donc vot’ culotte._
BÉRANGER.
PORTÉ SUR LA MINETTE (Être). Aimer à gamahucher les femmes, à se faire
le chien de ces chattes.
_Ce derrière n’est pas l’idéal que rêva
Mon gendre, lequel est porté sur la minette._
A. GLATIGNY.
POSER. Faire valoir habilement, aux yeux des femmes, les avantages
qu’on possède dans son pantalon, par exemple en se cambrant et en se
présentant de profil.
POSSÉDER UNE FEMME. En jouir, tirer un ou plusieurs coups avec elle—qui
appartient en effet à l’homme durant tout le temps qu’il la tient sous
lui, fichée au lit par son clou spermatique.
Je l’ai possédée, j’ai pris les dernières faveurs.
MILILOT.
POSTE. L’acte vénérien.
Il lui dit que s’il était couché avec elle, il entreprendrait de
faire six postes la nuit.
BRANTÔME.
_Quoi qu’il en soit avant que d’être au bout,
Gaillardement six postes se sont faites._
LA FONTAINE.
POSTÈRE. Le postérieur, le cul.
_L’abbesse lui dit chastement,
En couvrant son postère:
Par un trou fait dans mon drap blanc,
Mettez-moi ce clystère._
COLLÉ.
POSTILLON (Faire). Introduire le doigt, ordinairement l’index, dans
le derrière d’une femme ou d’un homme, pendant l’acte vénérien, pour
doubler la jouissance.
Je te branlerai, je te sucerai, je te ferai postillon... tu
jouiras!
LEMERCIER DE NEUVILLE.
_L’homme, de sa main droite, ou lui fait postillon,
Ou la glisse en dessous et lui branle le con._
L. PROTAT.
POSTURES. Attitudes, positions et mouvements divers du corps les plus
propres au jeu de l’amour.—Les _Postures de l’Arêtin_, suite de 16
sujets érotiques, dessinés par Jules Romain, gravés par Marc-Antoine
Raimondi, et accompagnés de Sonnets par l’Arêtin, sont perdues depuis
longtemps par suite de la persécution acharnée qui leur a été faite.
On en retrouve cependant un souvenir dans le petit volume intitulé
l’_Arêtin français_. Ces postures, fruits de l’imagination extravagante
d’un artiste qui ne veut rien faire de _commun_, c’est-à-dire, de
naturel, sont non-seulement peu usitées, mais peu agréables, quand
elles ne sont pas même irréalisables. On a essayé de faire quelques
autres manuels érotiques de ce genre: l’_Art de foutre en 40 manières_,
etc.; mais dans ces petits livres, les figures ont rarement rapport au
titre, et le texte est d’une niaiserie qui passe la permission. En un
mot, ces sortes de manuels ont toujours été jusqu’ici des attrapes. Les
diverses postures généralement pratiquées sont les suivantes:
_En levrette_, ce qui s’exécute tantôt sur un lit, tantôt la femme
appuyée à un meuble, à une fenêtre, etc.
_Levrette paresseuse_, quand les deux amants sont couchés sur le côté,
l’homme derrière la femme. Dans cette position, la femme remuant peu,
peut fatiguer successivement un grand nombre d’hommes.
_Tire-bouchon-américain._ La femme assise sur l’homme assis lui-même
sur une chaise, et le regardant; pour peu qu’un homme bande bien, la
femme décharge deux ou trois fois et se satisfait entièrement.
_La Diligence de Lyon_, même position que la précédente, mais exécutée
sur un lit ou sur un divan.
_La Bête à deux dos_, l’homme et la femme couchés en vis-à-vis l’un de
l’autre, ce qu’on appelle encore _danser à plat_, _baiser à la papa_,
_ourser_ (les gens grossiers), la _position naturelle_ (M. Prudhomme,
les épiciers et tous les maris honnêtes). Voir aussi la _crapaudine_,
modification agréable de cette posture.
Il n’y a rien de si plaisant à considérer qu’un beau corps en la
personne aimée, la structure de ses membres, ses postures et ses
dispositions lascives.
MILILOT.
_Car dans la même posture,
Dès le lendemain matin,
J’ai surpris ma créature
Avec un bénédictin._
COLLÉ.
POT-AU-FEU. Les fesses d’une femme, quand elles sont d’un embonpoint
agréable,—comme celles de la Vénus Callipyge...
_Mais tournez-vous donc un peu...
Quel superbe pot-au-feu!
C’est d’ la fière marchandise,
Mam’zelle Lise!_
F. DE CALONNE.
POT DE CHAMBRE ou POT DE NUIT. La femme, parce que c’est ordinairement
la nuit que l’on vide dans son con le liquide spermatique que l’on a
fabriqué dans la journée.
_La femme n’est pour moi, d’ailleurs, qu’un pot de chambre
Où j’aime à décharger la liqueur de mon membre._
LOUIS PROTAT.
POULAIN. Tumeur vénérienne qui vient dans les aines, et qu’on appelle
ainsi probablement par antiphrase—puisqu’elle vous empêche de marcher.
_Des deux côtés du con tu nourris deux poulains,
Et de pus malfaisants tous tes vaisseaux sont pleins._
(_Un troupier au clou._)
POUPÉE. Femme galante avec le cul de laquelle il est permis à tout le
monde de jouer, comme Néron avec celui de Poppée.
Je m’en fus rue Saint-Honoré pour y trouver ma poupée. Je lui
dis: Ma petite femme...
VIDAL.
POUSSE-MOU. Variété de Bande-à-l’aise.
_Retire-toi d’ici, laisse-moi, pousse-mol!
Que le diable t’emporte et te casse le col!_
GRANDVAL fils.
POUSSER. Introduire profondément son outil dans le ventre d’une femme
et besogner comme il faut.
_Celui-là poussait en ami._
RÉGNIER.
Oh! va... va!... mais va donc!... Pousse, tit homme... pousse!...
mais pousse donc!
H. MONNIER.
Ah! chien... chien!... que tu me fais mal!... Ah! mes fesses...
mes pauvres fesses... Tu pousses si fort que tu me crèves... ah!
LA POPELINIÈRE.
POUSSER L’AVENTURE À BOUT. Après avoir peloté une femme, la baiser
d’autour et d’achar, à bride abattue.
De ce moment, il est décidé que le comte peut pousser à bout
l’aventure.
A. DE NERCIAT.
POUSSER LE CUL POUR AVOIR LA POINTE. Proverbe en usage chez les
couturières, et qui signifierait coudre, s’il ne voulait pas dire:
Jouer des reins pour avoir au cul la pointe d’une aiguille de
viande,—soit un bon gros vit.
POUSSER SA POINTE. Baiser une femme, la piquer de son fleuret
démoucheté.
_Vien,
Chien,
Foutu vaurien,
Cess’ ta plainte
Et pouss’ ta pointe._
(_Parnasse satyrique._)
PRÉCEPTEUR D’AMOUR. Femme déjà mûre qui se charge d’initier un
jouvenceau ou une jouvencelle aux mystères de la Bonne Déesse, en
baisant avec l’un et en branlant l’autre,—ce que le code pénal appelle
excitation de mineurs à la débauche.
Non-seulement elle a soigné l’enfant de celui-ci, mais elle s’est
faite son précepteur d’amour.
A. DE NERCIAT.
PRÉCURSEUR (Le). Le médium, qui est le saint Jean-Baptiste de la
jouissance, dont le vit est le Christ.
_Il emploie avant cela,
Là, là, là,
Le précurseur que voilà!
Ce doigt, toujours honnête,
Qui prépare tout ça,
Va, va, va,
Avant que l’on entre là!_
COLLÉ.
PRÉDESTINÉ. Synonyme de cocu.
C’est un prédestiné,—il l’est, il devait l’être:—c’était écrit.
PRÉLIMINAIRES DE L’AMOUR (Les). Toutes les menues friandises qui
mettent les amants en appétit de foutre: baisers, langues, patinage
mutuel, branlage, suçage, etc.,—le meilleur de l’amour, enfin, en ce
que cela dure aussi longtemps que le veulent les raffinés.
_Quand vous me promîtes, un jour,
D’abjurer vos séminaires,
Je vous accordai de l’amour
Tous les préliminaires.
Vous auriez eu tout le surplus,
Sans cette robe affreuse._
COLLÉ.
PRÉLUDES. Amusements libertins qu’on se permet en amour avant le
suprême amusement: jouer avant de jouir.
C’est un habile musicien que son amant: il entend à merveille
les préludes et les exécute d’une manière brillante, au grand
contentement de Sylvie.
A. FRANÇOIS.
PRÉMICES. Le pucelage d’un garçon ou d’une fille,—ce que les poètes
appellent dans leur précieux langage:
_Les premiers fruits de la nubilité._
Quand il a eu seize ans, elle lui a ravi ses désirables prémices.
(_Les Aphrodites._)
PRENDRE DES PRÉCAUTIONS. Se retirer précipitamment de la femme que
l’on baise, au moment où l’on va décharger, afin de ne pas lui faire
d’enfants.
_Vivez donc de privations!
Prenez donc des précautions!_
BÉRANGER.
PRENDRE DU FRUIT. Croquer la pomme, c’est-à-dire: se laisser baiser,
devenir enceinte pour accoucher,—peut-être d’un melon.
_Avec Lycas, l’autre jour,
La jeune innocente
A cueilli des fleurs d’amour;
Mais trop imprudente,
Elle tremble d’avoir pris
Parmi les fleurs quelques fruits._
(_Goguette du bon vieux temps._)
PRENDRE LE CUL D’UNE FEMME. Lui pincer les fesses; lui introduire le
doigt entre les fesses; et par-dessous ses vêtements, soit dans le con,
soit dans le cul.
_Femme rit quand on lui propose
De lui prendre un instant le cul._
(_Chanson anonyme moderne._)
PRENDRE LE DÉDUIT. Faire l’acte vénérien.
Elle se jeta à son col, et le mena dans sa chambre, où il prit le
déduit avec elle.
D’OUVILLE.
_M’a dit que vous veniez sitôt qu’il fera nuit
Coucher avecques elle, et prendre le déduit._
TROTTEREL.
Il estimait que rire et prendre le déduit avec sa femme en temps
sec lui était contraire.
B. DESPERRIERS.
PRENDRE SES ÉBATS. Faire l’acte vénérien.
_Cette putain ne manque pas,
Car la nuit prenant ses ébats
Avecque lui dedans sa couche._
THÉOPHILE.
_Quand, dans nos amoureux combats,
Nous aurons pris nos ébats,
Nous dormirons au bruit des eaux._
(_La Comédie des chansons._)
Ayant assez de loisir pour prendre leurs ébats ensemble à une
autre heure.
CH. SOREL.
_C’est de cette façon que Blaise et Péronnelle
Prirent ensemble leurs ébats._
LA FONTAINE.
_Blaise le magister, le marguillier Lucas
M’ont juré sur leur conscience,
Que quand tu voulais prendre avec eux tes ébats,
Tu les payais toujours d’avance._
F. BERTRAND.
PRENDRE SON PLAISIR. Faire l’acte vénérien.
_Qui, pour la voir et fraîche et belle,
A pris son plaisir avec elle
Trois ans entiers._
J. GREVIN.
Lui, se voyant libre, ne manqua point à prendre son plaisir.
D’OUVILLE.
Mais pourtant, petit cœur, quand vous m’eussiez laissé prendre un
peu mon plaisir.
TROTTEREL.
Elle était dans les bras de Chastel avec qui elle avait pris son
plaisir au son du luth.
CH. SOREL.
PRENDRE UN HOMME AU SAUTE-DESSUS. Arrêter un pédéraste, quand on est
pédéraste soi-même, et de plus _chanteur_ (V. ce mot), au moment où il
se déboutonne et s’apprête à socratiser, ou à alcibiadiser, selon qu’il
est actif ou passif.
Après avoir provoqué à la débauche celui qui a eu le malheur de
les aborder, ils changent tout à coup de ton, le prennent, comme
ils disent, au _saute-dessus_, et se donnant pour des agents de
l’autorité, le menacent d’une arrestation...
A. TARDIEU.
PRÊTRESSE DE LESBOS. Femme aimant les personnes de son sexe.
_Vous m’entendez, prêtresses de Lesbos,
Vous de Sapho disciples renaissantes._
PARNY.
PRÊTRESSE DE VÉNUS. Nom que M. Prudhomme donne à la fille publique qui
l’arrange, lorsqu’il s’est dérangé.
_Elle rougit: chose que ne font guère
Celles qui sont prêtresses de Vénus._
LA FONTAINE.
PREUVE D’AMOUR. Érection solide et durable du membre viril devant une
femme, qui est toujours beaucoup plus sensible à ces preuves d’amour-là
qu’à celles des amoureux transis.
Je m’en souviens encore comme si j’y étais, dit incontinent le
bijou de Thélis: neuf preuves d’amour en quatre heures.
DIDEROT.
_Qu’on nous dise qu’un’ veuve fait cas
Des preuves d’amour les plus fortes,
Et sans nombre et de toutes sortes,
Cela ne me surprend pas._
COLLÉ.
Et puis des preuves de mon amitié, si vous voulez, parce que vous
êtes bien gentil.
LOUVET.
PRIAPE. Le dieu fait homme, qui n’a pas encore trouvé d’athées et à qui
le beau sexe—les tribades exceptées—se plaît à faire ses dévotions soir
et matin, et même dans la journée et dans la nuit.
_Un priape, à travers le feuillage d’un arbre,
Ouvrait en souriant ses prunelles de marbre;
Et la vierge, le sein gonflé d’un doux émoi,
S’approche, rougissante et la joue enflammée,
Entoure de ses bras la statue, et, pâmée,
S’écrie: Oh! je meurs! Vénus, pardonne-moi!_
H. CANTEL.
Je m’élevais sur mes jambes, secouant frénétiquement mon glorieux
priape.
A. DE MUSSET (_Gamiani._)
PRIÈRE. L’acte vénérien.
_Tout propre à faire la prière,
Qu’on trouve ès heures de Cythère._
PIRON.
Voici, extraite de l’_Anti-Justine_, la prière à la Vierge Marie; c’est
la page la plus originale du volume de Rétif:
Sainte et jolie Vierge Marie, que Panthère branlait, gamahuchait,
entétonnait dans le lit du cornard le bon Joseph, duquel
cocufiage provint le doux Jésus, ce bon fouteur de la putain
publique la belle Madeleine, marquise de Béthanie, dont le
vagabond Jésus était en outre le souteneur, autrement dit le
maquereau, lequel, au grand regret de la sainte garce, enculait
encore saint Jean, son giton; sainte et jolie Marie, vierge comme
moi, nous vous remercions de cette heureuse journée de fouterie;
faites-nous la grâce, par les mérites de votre fils, de nous
avoir un pareil dimanche prochain. Et vous, sainte Madeleine,
que foutait l’abbé Jésus, ainsi que Jean l’enculé, obtenez-moi
la grâce de foutre autant que vous, soit en con, soit en cul,
quinze ou vingt fois par jour sans être épuisée. Vous foutiez
avec des pharisiens, avec Hérode et même Ponce-Pilate, pour
avoir de quoi nourrir le gourgandin Jésus, votre greluchon, et
les vagabonds qui lui servaient de chouans; obtenez-moi de votre
maquereau Jésus, qui, étant Dieu, a sans doute quelque pouvoir,
d’avoir sous peu ce riche entreteneur qui est un jour descendu
de carrosse, bandant à mon intention, comme je revenais de chez
mon amie madame Congrêlé, à cette fin qu’au moyen de l’argent
que je gagnerai avec mon con, mon cul, mes tétons et ma langue
dardée, je puisse soulager mon digne père dans sa vieillesse,
non-seulement en foutant avec lui pour lui donner du plaisir,
mais en me laissant vendre comme la pieuse fille d’Eresichton le
fanatique, ou la pieuse Ocyroë, fille du centaure Chyron, qui,
toutes deux, devinrent cavales, c’est-à-dire montures d’hommes
et putains. Modèle d’homme et de maquereau, doux Jésus, fouteur
acharné, greluchon complaisant de la brillante et exemplaire
putain Madeleine, qui était si amoureuse de votre vit divin et de
vos sacrées couilles, maintenez, par votre puissance, mon conin
toujours étroit et satiné, mes tétons toujours fermes, ma peau,
mon cul, mes fesses, mes bras, mes mains, mon cou, mes épaules
toujours blancs; les vits de mes amants, celui de mon père y
compris, toujours roides, leurs couilles toujours pleines: car
vous teniez en cela du saint roi David, si fort selon le cœur de
Dieu, puisqu’il était le premier fouteur de son temps. Faites,
ô Jésus, que mes hauts talons, qui me prêtent tant de grâce
et font bander tant de monde, ne me donnent jamais de cors aux
pieds, mais que ces pieds tentatifs et toujours foutatifs restent
longtemps comme ils sont. _Amen!_
PROMISCUITÉ. Mélange confus, communauté entre fouteurs et fouteuses.
_Jetons l’innocence à la borne;
Mettons la pudeur au rebut.
Des époux trompés le tricorne
A cessé d’être un attribut.
Les sexes s’effacent,
Malgré les mœurs, les lois et les Platons;
L’honneur n’est plus où nos maris le placent...
Promiscuitons!_
L. FESTEAU.
PROTECTEUR. Monsieur bien mis qui consent à mettre une fille dans
ses meubles et à oublier tous les mois, dans le tiroir de l’un d’eux,
quelques billets de banque destinés à l’entretien de cette fille—et de
son amant de cœur.
Ces belles drôlesses... qui viennent de la rive droite de la
Seine, du pays où les protecteurs fleurissent.
A. DELVAU.
PROUESSE. L’acte vénérien.
_Surtout, quelque ardeur qui vous presse,
Ne faites point trop de prouesse._
VOITURE.
PROVERBES ÉROTIQUES. En voici seulement quelques-uns des plus connus:
Le cas d’une fille est fait de chair de ciron, il démange
toujours.
BRANTÔME.
Le cas d’une femme est de terre de marais, on y enfonce jusqu’au
ventre.
BRANTÔME.
Un con bien ménagé, à Paris surtout, vaut mieux que deux
métairies.
(_Moyen de parvenir._)
_Ja cul de putain
Au soir ne au matin
Ne sera sans merde._
(_Anciens Fabliaux._)
Une femme ira plus pour un coup de vit qu’un âne pour dix coups
de bâton.
(_Moyen de parvenir._)
Les femmes sont anges à l’église, diables en la maison, singes au
lit.
(_Moyen de parvenir._)
Toute belle femme s’étant essayée au jeu d’amour ne le désapprend
jamais.
BRANTÔME.
_Par commun proverbe on dit,
Qu’on connaît femme à la cornette
S’elle aime d’amour le déduet._
G. COQUILLART.
Plus vous couvrirez une femme, plus il y pleuvra.
TABARIN.
_Femme qui fait ses cuisses voir,
Et se montre en sale posture,
A tout homme fait à savoir
Que son con demande pâture._
THÉOPHILE.
_La femme a semence de cornes._
LEROUX DE LINCY.
_Quand femme dit souvent hélas,
Elle demande ailleurs soulas._
LEROUX DE LINCY.
Le four est toujours chaud, mais la pâte n’est pas toujours
levée.
(_Moyen de parvenir._)
Il vaut mieux dépuceler une garce que d’avoir les restes d’un
roi.
BRANTÔME.