GRIGOU. Signifiait autrefois: lépreux, vieux grec.—Aujourd’hui, ce

mot veut dire: époux vieux, laid, avare et jaloux:—Othello et Bertholo

réunis.

_Il était une femme,

Femme d’un vieux grigou,

Toujours fermant porte et verrou.

Quand il allait en ville,

Pour plus de sûreté,

Il emportait la clé._

(_Vieille chanson anonyme._)

GRIMPER. Baiser une femme, monter sur la cavale qui doit conduire au

bonheur.

_Neptune au fond des eaux y grimpe

Nymphes, sirènes et tritons._

PIRON.

Tu t’es laissé grimper avant que... j’t’aie donné tes gants.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Les uns vont au bordel. Les autres

Grimpent les femmes des voisins,

Et, de Priape heureux apôtres,

Vendangent leurs divins raisins._

(_Parnasse satyrique._)

GRIVOIS. Libertin en paroles ou en actions; peloteur et, conséquemment,

fouteur.

Mon grivois ne voit pas plus tôt un cotillon mettre un pied dans

sa chambre que, s’élançant par la ligne droite et franchissant la

table, il me joint, me saisit avant que j’aie le temps d’ouvrir

la bouche.

A. DE NERCIAT.

GROS LOT (Avoir, donner ou gagner le). Avoir, donner la vérole,—le plus

gros lot qu’on puisse gagner à la loterie de l’amour.

GROS NUMÉRO. Bordel.

GRUE. Fille entretenue, parce que les filles de cette espèce sont

souvent plus bêtes que belles—ce qui fait qu’on ne s’explique pas les

folies que les gandins font pour elles.

Dans certains théâtres, on voit de jeunes aspirantes qui se

font des yeux jusqu’aux oreilles et des veines d’azur du corset

jusqu’aux tempes; ce ne sont pas des femmes, ce sont des pastels;

cette première catégorie de grues s’appelle les _maquillées_.

JOACHIM DUFLOT.

GUENILLES (Les). Les testicules de l’homme, que dédaignent les

femmes—qui ne peuvent plus s’en servir.

GUENIPPE. Femme de mauvaise vie; guenon.

_Mais présentement que l’on grippe,

Et Lise, et toute autre guenippe._

(_La France galante._)

_Sus donc, gentilles guenippes,

Prenez vos plus belles nippes,

Sans vos attiffets laisser...

Et vous faites enchâsser._

LE SR DE SYGOGNES.

GUENON. Femme de mauvaise vie, qui se trousse et écarte les jambes au

profit du premier orang-outang venu.

Le temps où les femmes m’allumaient si facilement que la première

guenon venue qui me mettait la main dessus me f’sait faire bâton

pendant quinze jours.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GUENUCHE. Variété de guenon.

_Elle est sèche comme une cruche,

Mal faite comme une guenuche,

Éloquente comme un Gascon, etc._

(_Cabinet satyrique._)

GUEUSE. Femme de mœurs beaucoup trop légères, qui n’est pas la femelle

du gueux,—au contraire.

_Quand d’un air tout de franchise

Une gueuse m’aborda._

PIRON.

GUIGNER LES VITS. Porter souvent ses regards à l’endroit du pantalon

où se trahit le mieux le sexe de l’homme et par lequel on sait ainsi ce

qu’il pense—des femmes présentes.

_J’ai des cheveux roux comme des carottes,

Des yeux de faunesse, émerillonnés,

Qui guignent les vits au fond des culottes

Et des pantalons les mieux boutonnés._

ANONYME.

GUIGNES. Les testicules—à cause de leur forme.

Ma cousine... empoigne-le bien fort... Tu sais si bien frotter,

frotte-moi de l’autre main mes guignes.

LA POPELINIÈRE.

GUIGUI. Le membre viril.

Ah! petit coquin! tu t’en vas... tu me quittes... ta pauvre

guigui n’a ni force ni vertu.

LA POPELINIÈRE.

GUIGUITTE. Priape enfant.

GUILLEDOU. Vieux mot hors d’usage signifiant un mauvais lieu.

_Je suis bien fait, car j’ai des cornes,

Puisque tu cours le guilledou._

LA FONTAINE.

_Car Pallas, bien que la déesse

Du bons sens et de la sagesse,

Courait partout le guilledou._

CHAPELLE.

H

HABITAVIT (L’). Le pantalon, dans lequel habite le vit.

HARPONNER UNE FEMME. La baiser militairement, sans s’arrêter aux

bagatelles de la porte, pelotage, langues fourrées, branlage du bouton,

etc.,—comme fait un pandour qui viole une béguine.—On dit aussi: _Se

harponner_.

Ma gorge, par exemple, tu n’as pas eu le loisir d’y faire

attention: nous venons de nous harponner si brusquement.

A. DE NERCIAT.

HAUTE-BICHERIE (La). Les plus élégantes et les plus coureuses

Parisiennes, reines d’un jour—et surtout d’une nuit—qui ne font que

paraître et disparaître sur le boulevard, leur champ de bataille.

Ce salon—qui n’est pas autre chose qu’un marché—est hanté par la

Haute-Bicherie parisienne: musardines, précatelanières, biches,

lorettes, filles de marbre et autres gourgandines élégantes qui

viennent là exactement comme nous allons à la Bourse, pour y

faire leurs petites affaires.

A. DELVAU.

HERCULE (Un). Fouteur capable d’accomplir les douze travaux... ou même

un peu moins, ce qui n’est déjà pas mal.

Tu possèdes un hercule, ma chère Tullie; que les autres hommes

lui ressemblent peu!

(_Meursius français._)

HÉRISSON. La nature de la femme,—à cause des broussailles qui en

obstruent l’entrée et auxquelles s’égratigne quelquefois le membre

viril.

HEURE DU BERGER (L’). Le moment où l’homme baise la femme pour laquelle

il bandait depuis plus ou moins de temps.

_Lorsque le temps que l’amour donne

N’est pas employé prudemment,

Ce dieu pardonne rarement:

Amant, l’heure du berger sonne,

Mais ne sonne qu’un moment._

COLLÉ.

HIATUS (L’). La nature de la femme—qui, en effet, bâille toujours. Il

peut se faire que les hiatus ne soient point tolérés dans les vers;

mais, dans les draps, ils sont très estimés.

HIRONDELLE. Jeune fille encore pucelle, qui annonce le printemps de

l’amour comme l’aronde le printemps de l’année.

HISTOIRE. Le membre viril—que la femme se plaît à étudier avec son

ventre;—quelquefois le con.

Allons, pas tant de façons: montre-moi ton histoire.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Madame, lui dit-il, je ne peins que l’histoire.

—Eh! quoi, mon cher Monsieur, n’est-ce donc que cela?

Peignez toujours... le reste, un autre le peindra._

ARM. SÉVILLE.

HOMME À FEMMES. Grand fouteur, après lequel courent toutes les femmes

et qui court lui-même après toutes.

_Un homme aimable, un homme à femmes,

S’il veut être l’homme du jour,

S’il veut avoir toutes nos dames,

Ne doit jamais avoir d’amour._

COLLÉ.

HOMME ARDENT, FEMME ARDENTE. Homme amoureux, femme amoureuse, aimant à

baiser. C’est l’_ardens_ d’Ovide.

HOMME À RESSORTS. Godemichet, qui rend mieux que l’homme sous la

volonté de la femme qui veut jouir et qui le trouve toujours prêt.

_Vos mirliflors

Vaudraient-ils cet homme à ressorts?_

COLLÉ.

HORREURS (Chanter des). Chanter des couplets gaillards, à double

sens, pleins d’équivoques obscènes, comme se plaisent à en chanter les

bourgeois lorsqu’ils sont en famille.

S’il a chanté! j’crois ben... Des horreurs, ma vieille, qu’il a

chantées.

HENRY MONNIER.

HORREURS (Dire des). Être libre en paroles; tenir des discours

d’une grande lubricité,—pour pousser à l’accomplissement de

l’acte vénérien.—Faire des horreurs. Se porter à des voies de fait

agréables envers les femmes, leur prendre le cul, les tétons et le

reste.—_Horreurs_ est une antiphrase comme _Euménides_,—mais dans le

sens contraire.

_Qu’une femme devait et dire et savoir faire

Toutes les saletés et toutes les horreurs;

Que cela ranimait le chibre des fouteurs._

LOUIS PROTAT.

HOURIS. Le pavé du Paradis de Mahomet,—sur lequel les vrais croyants

espèrent se rouler éternellement un jour ou l’autre.

_Des houris, toujours belles,

Qu’on satisfera bien,

Et qui, toujours pucelles,

N’arrêteront sur rien._

COLLÉ.

HUILE. Le sperme, qui est l’huile essentielle de l’amour.

_Qu’après d’une douce huile je graisse le dedans,

Lorsque je la tiendrai sur le dos étendue._

THÉOPHILE.

HUÎTRE. Le con qui sent la marée, s’ouvre et se referme sur le doigt du

pêcheur; sa morsure, quoique douce, est parfois venimeuse.

_D’une huître qui te plaira fort,

Je vais te montrer les coquilles._

E. DEBRAUX.

HUMIDE RADICAL (L’). Le sperme.—L’expression a été employée pour la

première fois par Casanova de Seingalt.

Elle ne voulait pas, disait-elle, que, répétant tous les jours et

à tous moments d’épuisantes tribaderies, j’émoussasse l’aiguillon

de la volupté et tarisse ce précieux humide radical si nécessaire

à ma croissance.

A. DE NERCIAT.

I

IDÉES (Avoir, donner des). Avoir, donner des envies de baiser.

_Ces formes en tout sens trop longtemps regardées,

Dans son crâne embrasé font germer des idées._

LOUIS PROTAT.

IGNOMINIE. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la

femme.

_Et vous cachez en vain, belle Marie,

Ce que vos saints nomment l’ignominie._

PARNY.

IL EST MIDI. Se dit d’un homme qui bande violemment, dont l’aiguille

est tout à fait en l’air.—_Il est six heures et demie_ se dit d’un

homme qui ne peut plus bander et dont le membre, flasque, incline

piteusement vers la terre.

IMPUISSANCE. Impossibilité où se trouve un homme de bander, soit par

suite de maladies, soit pour s’être trop masturbé dans sa jeunesse,

soit par un vice de conformation quelconque. C’est ce qui arrive à

Encolpe (dans le _Satyricon_) lorsque, étendu sur l’herbe, dans les

bras de l’aimable libertine Circé, et au moment où il lui entr’ouvre

les cuisses pour introduire son braquemard, d’ordinaire plus gaillard,

il est trahi par une faiblesse subite et trompe l’attente de la belle

courtisane à qui le cul démange d’impatience. Un auteur moderne, qui

s’est probablement rappelé ce passage de Pétrone, fait dire, à un poète

qui ne bande pas, par une fille qui bande fort:

_Est-ce du mépris ou de l’impuissance?

Es-tu pédéraste ou castrat, voyons?

Un pareil état m’excite et m’offense:

Descends de mon lit, ou bien rouscaillons!_

IMPUISSANT (Être). Ne pas ou ne plus pouvoir bander en l’honneur du

sexe auquel nous devons la suprême jouissance—et la plus horrible

maladie.

_Fi de l’amour banal

Que l’homme ivre ou brutal

Nous donne en grimaçant,

Quand, par hasard, il n’est pas impuissant!_

JOACHIM DUFLOT.

IMPURE. A la fin du XVIIIe siècle, on donnait ce nom aux filles

entretenues qui aimaient à se pavaner en public. Le mot est encore dans

la circulation.

_C’est une impure

Presque aussi sûre

Que ces belles

Demoiselles

Là!_

COLLÉ.

INDÉCENCES (Dire ou faire des). Tenir des propos gaillards, avoir la

parole leste et même ordurière.—Baiser avec des raffinements ignorés

des simples mortels, en levrette, à la paresseuse, en cuisses, en

tétons, etc.

INFANTE. Maîtresse, femme aimée,—les infantes, filles puînées des rois

d’Espagne et de Portugal, étant supposées belles.

_Qu’en dites-vous, amies, qu’en dites-vous, infantes,

Dont les trous sadinets vivent bien de leurs rentes?_

(_Recueil de poésies françaises._)

Aux petits oignons, mon infante!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

INSTRUITE (Être bien). Connaître à fond les divers moyens de faire

jouir les hommes et de se foutre d’eux—tout en se laissant foutre par

eux.

Je connais sur tout cela des femmes bien instruites.

LA POPELINIÈRE.

_Elle de se coucher, et lui de vous l’instruire._

VADÉ.

Un jour elle trompa la vigilance de ses gouvernantes, et nous

nous instruisîmes.

DIDEROT.

INSTRUMENT. Le membre viril, ou la nature de la femme.

_Jamais pire homme je ne vis

Et je crains bien votre instrument._

(_Ancien Théâtre français._)

_Là soudain sans attendre plus

Je lui happe son instrument,

Et je lui lave doucement._

(_Farces et moralités._)

Et ci a l’instrument grand et gros, de la longueur du bras.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_Touche du moins, mignonne frétillarde,

Sur l’instrument le plus doux en amour._

THÉOPHILE.

Il lui dit qu’il savait jouer d’un autre instrument qui ravissait

bien davantage.

CH. SOREL.

_Et puis pensez que l’instrument

Il faudra bien que l’on me prête._

(_Farces et moralités._)

_D’une on dit qu’elle ayme Hutin,

Et a l’instrument compassé

Comme un houseau de biscaïen,

Quand a le ventre deslacé._

G. COQUILLART.

Monsieur l’official condamna la pauvre fille à prêter son beau et

joli instrument à son mari.

BONAVENTURE DESPERRIERS.

INTERROGER LE PANTALON D’UN HOMME. Porter les yeux sur son paquet, pour

savoir ce qu’il pense, s’il est en état de baiser ou non.

Urinette, qui a interrogé son pantalon: A quoi bon, puisque tu

n’es pas prêt?

LEMERCIER DE NEUVILLE.

J

JACQUELINE. Nom de femme qui est devenu celui de toutes les

femmes—devenues filles.

Le banquier Kocke, chez qui toi et ta jacqueline vous passez les

beaux jours de l’été.

CAMILLE DESMOULINS.

JACQUES OU JACQUOT. Le membre viril.

_Il est hercule ou peu s’en faut,

Il faut que tout lui cède;

Il sait démontrer comme il faut

L’amoureux intermède;

Quand il se prépare à l’assaut

Faut voir comme il est raide,

Jacquot,

Faut voir comme il est raide!_

AL. DALÈS.

_... Il est nommé pine par la lorette;

Un chose, ou bien cela, par une femme honnête;

Jacques par le farceur..._

L. PROTAT.

JAMBE. La pine, qu’on appelle aussi la troisième jambe.

Ah! Monsieur, que vous avez une belle jambe!—Laquelle donc,

Madame?... répliquait Arnal, en donnant à entendre qu’il ne

s’agissait ni de la droite, ni de la gauche.

JAMBONS. Les cuisses d’une femme.

_Elle a le cœur si bon, qu’en mille occasions,

Pour avoir une andouille, elle offre deux jambons._

LEGRAND.

JARDIN. La nature de la femme, que l’homme est chargé d’entretenir, de

sarcler, de bêcher, de ratisser, et de planter—d’enfants.

Au demeurant, il n’y a homme qui mieux dresse et accoutre un

jardin que moi.

NOEL DU FAIL.

_Quand, se ruant tout en courroux,

Le fleuve aux ondes spermatiques,

D’Armide inondait le jardin._

B. DE MAURICE.

JEAN, JEANNOT, JANIN. Expressions désignant un mari trompé.

_Chez nous le mâle est Jean, la femelle Catin,

C’est l’usage de la famille._

DAILLANT DE LA TOUCHE.

Il est Janin sans qu’il le sache.

CH. SOREL.

_Janot est le vrai nom d’un sot._

(_Ancien Théâtre français._)

JEAN CHOUART. Le membre viril: appelé le _pénil_ selon Lignac, la

_braguette_ selon Rabelais, Marot et autres poètes anciens; la _verge_,

dans l’idiôme des nourrices et des parleurs timbrés; le _bracquemart_

dans Robbé, Rousseau et Grécourt; _Jean Chouart_ dans d’autres, etc.,

etc.

JEANNETON. Synonyme de Goton. Fille de la petite vertu, servante ou

grisette, qui se laisse prendre volontiers le cu par les rouliers ou

par les étudiants.

_Partout on vous rencontre avec des Jeannetons._

V. HUGO. (_Ruy-Blas_)

JETER LE MOUCHOIR. Choisir une fille, au bordel ou au bal, et l’emmener

coucher avec soi; ou, si l’on est femme, faire comprendre à un homme

qu’on bande pour lui et qu’on voudrait bien _se le payer_.

_Jetez vous-même le mouchoir,

Ou bien au sort il faudra voir

Dans le dortoir,

Qui pourra vous échoir._

COLLÉ.

JEU (Le). Celui que presque tous les hommes et presque toutes les

femmes savent jouer et aiment à jouer—quoique souvent il ne vaille pas

la chandelle qu’on use en son honneur par les deux bouts.

_J’en jurerais, Colette apprit un jeu

Qui, comme on sait, lasse plus qu’il n’ennuie._

LA FONTAINE.

_Il était une fillette

Coincte et joliette

Qui voulait savoir le jeu d’amour._

(_Farces et moralités._)

_Vous et monsieur, qui, dans le même endroit,

Jouiez tous deux au doux jeu d’amourette._

LA FONTAINE.

Le jeu te plaît, petite? Alors, nous allons recommencer.

A. FRANÇOIS.

_Adieu, conquêtes,

Joyeuses fêtes,

Où le champagne au lansquenet s’unit;

Belles soirées,

Nuits adorées,

Qu’un jeu commence et qu’un autre finit._

GUSTAVE NADAUD.

JEU RENOUVELÉ DES GRECS. La pédérastie, qui était le vice de Socrate;

ou le gougnottisme, qui était le vice de Sapho.

_Socrate et Sapho la Lesbienne

Ont eu des goûts assez suspects:

Tous les jours en France on ramène

Leurs jeux renouvelés des Grecs._

COLLÉ.

JEUX INNOCENTS. Ainsi nommés par antiphrase sans doute, puisque ce sont

les jeux les plus libertins que l’on connaisse, le jeune homme pinçant

le cul à la jeune fille, ou la jeune fille faisant une langue avec le

jeune homme, devant les grands parents assemblés—qui n’y voient que du

feu.

_Pour ces jeux innocents, source de tant de fièvres,

Qui troublent les jeunes sens,

Un monsieur a baisé, devant les grands parents,

Tout en baisant la joue, un peu le coin des lèvres.

On a rougi cent fois..._

A. KARR.

JOUER AU TROU-MADAME. Faire la chosette.

Il est très dangereux de jouer au trou-madame avec elle.

TABARIN.

JOUER AUX QUILLES. Faire l’acte vénérien.

La tienne joue bien aux quilles.

BRANTÔME.

_Que l’un sur l’autre ils tombèrent

En jouant au beau jeu de quilles._

(_Recueil de poésies françaises._)

_Bon compagnon et beau joueur de quilles._

LA FONTAINE.

JOUER DES MAINS. Peloter les tétons et le cul d’une femme—qui ne hait

pas ce jeu, même lorsqu’elle en a le plus l’air offensé.

Je me souviens... qu’il hasarda sur cela des manières et des tons

de polissonneries, qu’il s’exposait déjà à jouer des mains.

LA POPELINIÈRE.

JOUER DES REINS. Faire l’acte vénérien.

L’étudiant jouant avec vigueur des reins...

H. MONNIER.

JOUER DU CROUPION, OU DU CUL. Jouer des fesses, faire l’acte vénérien.

Et en même temps, lui, de jouer du croupion.

(_Les Aphrodites._)

_Ne jouez plus du cul, ma tante,

Ni moi aux dez, je le promets._

AGRIPPA D’AUBIGNÉ.

_Le vieux Jaquet dans une étable,

Voyant Lise jouer du cu

Avec un valet à gros rable,

En va faire plainte au cocu._

THÉOPHILE.

JOUER DU MIRLITON. Baiser une femme.

_En jouant du mirlitir,

En jouant du mirliton._

(_Refrain d’une chanson récente._)

JOUER DU NAPOLÉON. Faire sonner son gousset en passant devant une femme

que l’on suppose aimer cette musique-là.

JOUER DU SERRE-CROUPIÈRE. Faire l’acte vénérien.

JOUEUSE DE FLÛTE. Fille ou femme entretenue, qui joue de la flûte avec

les queues de ses contemporains.

Lorettes, cocottes et autres aimables joueuses de flûte,

corruptrices de la jeunesse.

CH. COLIGNY.

JOUIR. Arriver au _summum_ du plaisir par l’éjaculation spermatique.

_Jouir d’une femme_, la faire jouir.

_As-tu de l’abbesse

A la fin joui?_

COLLÉ.

_Dans peu de temps d’ici, vous verrez un paillard

Qui viendra pour jouir de son beau corps gaillard._

TROTTEREL.

_Entre ses bras l’heureux Adam la presse,

Brûle, jouit, et dans sa folle ivresse

Il répétait: Perdre ainsi c’est gagner._

PARNY.

Ah! comme je jouis, mon Dieu! comme je... jouis!... Ça me va dans

la plante des cheveux.

H. MONNIER.

_Il est une heure dans l’année

Où tout ce qui vit veut jouir,

Où la vierge et la graminée

Ressentent le même désir._

A. D.

_Je possède l’art du casse-noisette

Qui ferait jouir un nœud de granit._

(_Parnasse satyrique._)

_Mais, pour faire jouir, j’ai d’ailleurs un moyen

Qui jusques à ce jour m’a réussi très bien._

L. PROTAT.

Tellement que s’ils voient passer quelqu’une dont ils aient déjà

joui, ils ne disent pas simplement: J’ai baisé une telle, mais

bien: J’ai foutu une telle, je l’ai chevauchée.

MILILOT.

Pas sans moi! pas sans moi!... Ensemble!... joui... jouissons...

ensemble... bien ensemble!...

H. MONNIER.

JOUISSANCE. L’acte vénérien, et ce qu’on y éprouve, qui n’a pas son

analogue dans les autres plaisirs humains.

_Et regardant la jouissance

Comme un pas dangereux qu’il nous faut éviter._

GRÉCOURT.

_Soudain par leur vive jeunesse

Vers la jouissance emportés,

Tous deux des molles voluptés

Boivent la coupe enchanteresse._

PARNY.

_... Il faut de tous ces dons savoir bien se servir,

Savoir les employer à donner du plaisir

A ceux qui dans nos bras cherchent la jouissance._

L. PROTAT.

JOUISSEUSE. Femme qui aime l’homme et qui, au lit, y va bon jeu, bon

argent, donnant autant de coups de cul qu’elle reçoit de coups de

queue.

Ce n’est pas une bégueule, c’est une vraie jouisseuse.

LEMERCIER.

JOUJOU. Celui de l’homme est son vit.

_Vive ce beau joujou

Bijou

Que la tendresse

Dresse..._

Celui de la femme est son con.

_Ah! permets que je pose

Le petit bout

De ma langue amoureuse

Qui serait bien heureuse

Dans ton joujou._

MARC-CONSTANTIN.

Quand je n’aurais pas su d’avance que mon orifice était fait pour

être pénétré, la nature et notre position m’auraient à l’instant

révélé que nos deux joujoux étaient faits l’un pour l’autre.

(_Mon noviciat._)

JOYAU. Signifie:

1º Le membre viril.

Vous ne vous enfuyez de ce joyau qu’on vous fait voir, que parce

qu’aussi bien il est trop loin de vous.

CH. SOREL.

Je jouissais d’autant plus délicieusement, que j’avais longtemps

langui après la possession du joyau qui était tout entier dans

mon étui.

(_Mémoires de miss Fanny._)

2º La nature de la femme.

Ce tablier couvre leur joyau, dont les Hottentots sont idolâtres.

VOLTAIRE.

_Voyez fille qui dans un songe

Se fait un mari d’un amant;

En dormant, la main qu’elle allonge

Cherche du doigt le sacrement;

Mais faute de mieux, la pauvrette

Glisse le sien dans le joyau._

BÉRANGER.

3º La virginité.

_Pour demander à ce peuple méchant

Le beau joyau, que vous estimez tant._

VOLTAIRE.

Madame Brown me gardait toujours jusqu’à l’arrivée d’un seigneur

avec qui elle devait trafiquer de ce joyau frivole qu’on prise

tant et que j’aurais donné pour rien au premier crocheteur qui

aurait voulu m’en débarrasser.

(_Mémoires de miss Fanny._)

JUS DE COUILLON. Le sperme, le _nec plus ultra_ des jus.

_Vous qui, du haut de ce balcon,

Riez de ma misère,

S’il pleuvait du jus de couillon,

On vous verrait sous la gouttière._

PIRON.

Lorsque Molière fait dire à Elmire:

_Aucun jus, en ce jour, ne saurait me charmer..._

il a la même idée que Piron, seulement: il l’exprime d’une façon plus

honnête.

L

LABOUREUR (Le). Le membre viril, qui est chargé de défricher les vagins

vierges avec le soc de sa petite charrue, et de féconder les vagins

stériles en déchargeant dedans.

_Combien pourtant que bien faible me semble

Pour labourer à deux terres ensemble._

CL. MAROT.

Quoi faisant, j’appliquerai dorénavant mes dix mille écus à une

terre que je labourerai tout seul.

(_La France galante._)

Les autres enflaient en longueur par le manche que l’on nomme le

laboureur de nature.

RABELAIS.

Un demi-pied de la ressemblance du laboureur de nature.

TABARIN.

LÂCHER. Quitter une femme dont on est l’amant, ou un homme dont on est

la maîtresse.

Après? Milie veut te lâcher.

CH. MONSELET.

—On dit aussi, dans le même sens: _lâcher d’un cran_.

LAISSER ALLER SON CHAT AU FROMAGE. Se laisser foutre par un homme.

_Dites-moy, et ne mentez point,

Vous êtes-vous laissée aller?_

(_Farces et Moralités._)

La fille a laissé aller le chat au fromage si souvent que l’on

s’est aperçu qu’il fallait rélargir sa robe.

(_Variétés hist. et littér._)

LAISSER FAIRE (Se). Consentir, quand on est femme et un peu amoureuse,

à ce qu’un homme qui bande raide vous trousse, vous écarte les cuisses

et vous baise.

_Qui ne voulant perdre son temps,

Et craignant de mourir pucelle,

Se le laissa faire à dix ans._

COLLÉ.

Après, elle lui laissa tout faire.

TALLEMANT DES RÉAUX.

Chevaucher simplement une femme qui se laisse faire et que la

honte ou la froideur empêchent de passer outre dans la recherche

du plaisir, c’est une satisfaction commune.

MILILOT.

LANCE (La). Le membre viril, avec lequel on blesse agréablement les

femmes, qui, toutes, adorent les lanciers. Une belle arme, la lance! De

beaux hommes, les lanciers!

Il dit qu’il était aussi bien fourni de lance que la femme de

cul.

BONAVENTURE DESPERRIERS.

Et m’ayant montré sa lance, qui était droite, il me prit à force

de corps et me coucha à la renverse sur le lit.

MILILOT.

LANGUES (Faire une ou des). Introduire plus ou moins profondément

sa langue dans la bouche d’une femme lorsqu’on est homme, d’un homme

lorsqu’on est femme, ce qui donne un avant-goût du plaisir que l’on va

goûter tout à l’heure en foutant. On dit aussi: _faire langue fourrée_.

Il lui fait une langue prolongée.

H. MONNIER.

_Puis, lorsqu’on a dormi, l’haleine est si mauvaise,

Que, pour faire une langue, on n’est pas à son aise._

LOUIS PROTAT.

LANGUE EXERCÉE. Qui possède à fond la science du gamahuchage, soit pour

femmes soit pour hommes.

_Dis à Sophie, à la langue exercée,

De démontrer sur Édile Reynier

Comment on fait l’amour au gynécée

Et sur quel rhythme il le faut pratiquer._

J. DUFLOT.

LANLA LANDERIRETTE. Refrain de couplets qui sert à gazer les gros mots.

Il représente tantôt le vit, tantôt le con, etc., etc.

_Auprès de sa jeune épouse,

Un mari peu complaisant

Dans une fureur jalouse

S’écria: Rien n’est plus grand

Que ton lanla landerirette

Que ton lanla landerira._

_A ce reproche, la femme

De ce mari peu galant

Répondit: Vilain infâme,

Que n’en puis-je dire autant

De ton lanla landerirette,

De ton lanla landerira!_

ANONYME.

LANTERNE. La nature de la femme, dans laquelle l’homme met sa

chandelle—sans la moucher.

Dictionnaire érotique moderne · 第 14 / 23 段