Joyeusement se frottant leur lard.

RABELAIS.

Quand tu voudras, je frotterai ma coine contre ton lard.

(_La Comédie des Proverbes._)

FUREUR D’AMOUR. La voluptueuse démence que ressentent mutuellement un

homme et une femme dans l’accouplement.

Autrement il faudrait dire: _ce qui n’a point de nom_, _un membre

viril_, _le membre génital_, et autres telles expressions sottes

et longues, que la fureur d’amour ne donne point le temps de

prononcer.

MILILOT.

FUREUR UTÉRINE.

Outre le terme de _nymphomanie_ que nous adoptons pour exprimer

cette maladie, on lui donne encore différentes dénominations.

Moschio, médecin grec, l’appelle _satyriasis_, d’autres

_métromanie_, d’autres _érotomanie_, qui signifie _manie

d’amour_; mais tous ces noms étant arbitraires, nous nous en

tiendrons à celui de _nymphomanie_, toutes les fois qu’il sera

question de la fureur utérine.

DR DE BIENVILLE.

Voir _Nymphomanie_.

FUSEAU. Le vit, qui pour celles qui ont de l’_haleine_ sert à _enfiler_.

_Le fuseau dont filait Hercule,

Noir et tortu..._

PIRON.

_Prends ce fuseau, ma tendre amie.

—Il est si gros, quelle folie!

A peine tient-il dans mes doigts;

Mon lin va se rompre vingt fois,

Ah! mon Dieu, que dira ma mère!

Elle est si sévère!

Finissez donc, mon cher Lucas,

De grâce, ne m’enfilez pas!_

F. DAUPHIN.

G

GABAHOTER. Gamahucher une femme.

_Et s’il ne me suffit pas de gabahoter,

Je greluchonne alors aussi, sans hésiter._

L. PROTAT.

GALANT. Amant—d’une galanterie douteuse, souvent.

_Elle a quatre galants,

Et de la préférence

Les flatte en même temps._

COLLÉ.

GALANTERIE. Maladie vénérienne.

Sur la fin de la quatrième année, je m’aperçus que la supérieure

m’avait communiqué ce qu’on appelle une galanterie.

DU LAURENS.

_Je suis un malheureux qui ne mérite pas

De posséder si tôt de si charmants appas.

Je suis dans un état..._

_—Achevez, je vous prie:

Auriez-vous attrapé quelque galanterie?_

LEGRAND.

GALIPOTER LE FONDEMENT. Besogner dans le derrière au lieu de besogner

dans le devant, faire acte de bougre au lieu de faire acte d’honnête

homme.

_Maint’nant que j’ t’ai, sacré’ vessie,

Galipoté le fondement,

J’ te préviens qu’ j’ai z’une avarie

Qui me rong’ tout le tour du gland._

A. KARR.

GAMAHUCHÉ (Être). Se dit de l’un comme de l’autre sexe, la langue étant

à la disposition de tous les deux.

_Un vit, sur la place Vendôme,

Gamahuché par l’aquilon._

(_Parnasse satyrique._)

GAMAHUCHER LE CANAL. Sucer un homme, aspirer la moelle qui coule dans

son canal de l’urètre.

_Si, comme la race canine,

Nous pouvions, sans gêne et sans mal,

Nous gamahucher le canal._

DUMOULIN.

GAMAHUCHER UNE FEMME. La faire jouir en jouant de la langue dans son

con, au lieu d’y jouer de la pine. Un métier de chien!

_Celle-là, sur son lit nonchalamment couchée,

Par un vieux Cupidon était gamahuchée._

L. PROTAT.

GAMIN (Faire le). Quand une femme a bien fait la patte d’araignée,

collé un joli bécot sur le bout du vit d’un homme, quand, enfin,

elle a usé de toutes les _gamineries_ capables de le faire bander,

elle n’a plus qu’à s’enfourcher sur le glorieux priape façonné par

elle,—pour elle.—Alors: Hue! dada!... notre _gamin_ allant au trot,

puis au galop: patatrot, patatrot!—comme s’il sautait sur les genoux

de son grand-père,—se bourre le vagin à sa fantaisie, jusqu’à ce que

plaisir s’ensuivant, le cavalier tombe épuisé sur sa monture.—C’est du

nanan!—Voir le _Tire-bouchon américain_.

GANDIN. Imbécile bien mis qui paie les filles pour qu’elles se moquent

de lui avec leurs amants de cœur.

Il reste une consolation aux gandins qui grappillent dans les

vignes amoureuses après ces maraudeurs de la première heure,

c’est de se dire:

_Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse!_

A. DELVAU.

_Nous soupions au sortir au bal. Quelques gandins,

Portant des favoris découpés en jardins,

Faisaient assaut d’esprit avec des femmes rousses._

TH. DE BANVILLE.

GANTS. Ce qu’on donne aux femmes galantes comme supplément au prix

convenu pour les baiser, qu’elles vous demandent avant de vous ouvrir

leurs cuisses et qu’il est prudent de ne leur donner qu’après avoir

joui—si elles vous ont fait jouir. Ce sont nos anciennes _épingles_,

la _drinkgeld_ des Flamands, le _paraguantes_ des Espagnols et la

_buona mancia_ des Italiens—à propos de laquelle on pourrait dire, avec

Rabelais, que ces sortes de femmes aiment mieux la manche que le bras.

_Leurs vêtements sont élégants,

Mais toujours quelque chose y cloche:

Dans leur bourse elles ont leurs gants,

Et leur corset est dans leur poche._

A. DELVAU.

Employé dans un sens obscène pour désigner la virginité.

Elle fit toutes les grimaces que ses parents lui avaient dit de

faire, pour lui faire croire qu’il en avait eu les gants.

(_La France galante._)

_Mainte fille a perdu ses gants._

LA FONTAINE.

Je puis donc m’attendre, dit Potiron, que si j’épouse cette

demoiselle, je n’en aurai pas les gants.

VOISENON.

GANYMÈDE. Ce que l’on nommait anciennement un giton et que les

Parisiens appellent une _tante_.

GARCE. Mot qui, dans le vieux langage, a signifié fille pucelle, et

qui, dans le langage moderne, signifie—tout le contraire.

_Car il n’affiert à garces diffamées,

User des droits de vierges bien famées._

CL. MAROT.

_Allons, la garce, haut la quille!

Mon vit est crânement drissé._

A. KARR.

GARDE NATIONALE (Être de la). Avoir des habitudes pédérastiques.

Il s’approche, je crois qu’il en veut à ma montre que je

m’empresse de préserver; il s’approche davantage, avance

sournoisement la main vers l’objet chéri des dames: je vis qu’il

était de la garde nationale, et alors...

J. LE VALLOIS.

GARS À POIL. Homme qui a des couilles au cul et passe pour un rude

jouteur.

... Mon aîné?... c’est un gars à poil, et qui vous a une vraie

pine de famille. Il foutra votre femme, vos deux filles, et vous

enculera par-dessus le marché, histoire de dire qu’il a mis un

pied chez vous.

(_Les Deux Beaux-Pères._)

GAUPE. Fille légère—comme chausson.

GAZON DE LA FEMME. Les poils de sa motte.

_Nature t’a fourni un corsage bien fait,

Mais un con refrogné, dont l’ouverture ronde

Assise est platement et sans aucun gazon._

THÉOPHILE.

_Mais nos peintres, tondant leurs toiles

Comme des marbres de Paros,

Fauchent sur les beaux corps sans voiles

Le gazon où s’assied Eros._

TH. GAUTIER.

GENDARME. Concubine ou femme légitime qui, toujours pendue au bras de

son _homme_, ou sur ses talons, le suit partout—et quand même.

GÉNITEUR. Homme qui ne peut baiser une femme sans lui faire un

enfant,—_genitor_.

GÉNITOIRES. Les couilles, qui contiennent la liqueur de la génération.

Mes doigts, légèrement promenés sur les fesses, les cuisses

et les génitoires de l’Adonis, paraissaient lui faire grand

plaisir.—Oh! oui, comme cela, chatouille, mon petit ange,

chatouille-les bien!...

A. DE NERCIAT.

Et le montrait, voyant tout chacun ses génitoires.

(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)

_Un roi dans les grecques histoires,

Sachant des siens la trahison,

Voulut, pour en tirer raison,

Qu’on leur coupât les génitoires._

(_Cabinet satyrique._)

GENTILLE (Être bien). Bien arranger un homme, le faire jouir à gogo.

Joli garçon, viens avec moi, tu ne t’en repentiras pas... je

serai bien gentille...

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GENTILLE AU DODO (Être bien). Promesse que vous fait une fille en vous

raccrochant; cela consiste à vous faire jouir comme jamais vous n’avez

joui avec aucune femme, soit en vous suçant, soit en vous branlant,

soit en se laissant enculer par vous, soit en vous faisant postillon

pendant que vous la foutez,—et tout cela pour arriver à vous faire

tirer un pauvre petit coup de deux liards qui ne vous remue pas autant

que le premier baiser de votre première bonne amie.

GIBERNE. Le fessier d’une femme, qui est, si on le veut, une boîte à

cartouches. Allusion à la place ordinaire de la giberne.

Elle a une crâne giberne, ton adorée, faut lui rendre justice.

Tout est-il à elle, dis?

CHARLES MONSELET.

GIBIER D’AMOUR. Jolie fille que l’on chasse—pour mieux la tenir et la

posséder.

_Vrai gibier d’amour, Colette,

Par moi fut prise au collet._

VAUBERTRAND.

GIBIER DE BORDEL. Petite drôlesse qui fréquente avec les polissons de

son âge, en attendant que les vieux polissons fréquentent avec elle,—ce

qui la conduira fatalement au bordel.

GIBIER DE SAINT-LAZARE. Fille publique, qui mérite toujours, peu ou

prou, d’aller passer quelques jours ou quelques mois dans cette prison.

GIGOLETTE. Drôlesse de quinze à seize ans qui débute dans la vie en

même temps que dans le vice et qui est du bois—pourri—dont on fait les

putains.

La gigolette est une adolescente, une muliéricule... qui tient le

milieu entre la grisette et la gandine,—moitié ouvrière et moitié

fille.

A. DELVAU.

GIGOLO. Le mâle de la gigolette—comme le pierrot est celui de

pierrette, comme le maquereau celui de la maquerelle.

Le gigolo est un adolescent, un petit homme... qui tient le

milieu entre Chérubin et don Juan,—moitié nigaud et moitié

greluchon.

A. DELVAU.

GIGOTS SANS MANCHE. Les cuisses et les fesses d’une femme, qui n’ont de

manche que le vit que l’on peut y mettre.

_De Montrouge un noir habitant

Repoussant la jeune Glycère

Qui veut le conduire à Cythère,

Lui dit:—A Sodome on m’attend.

Vous avez la peau fine et blanche;

Mais un certain défaut vous nuit:

Apprenez qu’un gigot sans manche

A notre four n’a jamais cuit._

BLONDEL.

GIGOTTER. Remuer, saccader, osciller et jouer des reins; danser la

gigue sur les reins, ayant un homme entre les cuisses.—Dans un autre

cas, on dit gigotter, pour manger du gigot. D’où cette facétie:

J’aime le lapin; ma femme préfère le gigot. Or, quand nous dînons

dehors, chacun son goût: je prends mon plat de chat, mon lapin,

et elle son gigot.—Quand je _lapine_, ma femme _gigotte_.

GIMBLETTE (Faire la). Se donner mutuellement des douceurs, entre

pensionnaires:—se masturber.—Dans le tableau de Frago, c’est une jeune

fille qui se fait lécher le con par un chien qu’elle attire avec une

gimblette (petite pâtisserie appelée ainsi).

GITON. Fils d’Hermès et d’Aphrodite, d’après M. de Chompré—qui avait lu

le _Satyricon_ de Pétrone; nom du jeune homme qui est devenu celui de

tous les jeunes hommes—du même sexe que celui qui servait aux plaisirs

d’Ascylte et d’Encolpe.

_Pour dérouter mon amant

Du goût qui l’attache,

De son giton prudemment

Je prends quelquefois la tâche,

Quoiqu’il soit bien dur au con

Qu’on foute son compagnon

Jusque sous sa moustache!_

COLLÉ.

GLAIRE. Sperme qui sort du membre viril, et qui ressemble, en effet, à

une spermosité crachée par le trou de la pine.—On dit aussi: _Pousser

son glaire_, pour introduire son membre dans la nature de la femme.

GLAND. La partie supérieure du membre viril,—ainsi nommée à cause de

son exacte ressemblance avec le fruit du chêne et du hêtre. On prend

souvent cette partie du membre pour le membre lui-même.

_Comme le gland d’un vieux qui baise

Flotte son téton ravagé._

ANONYME.

GLOBES (Les). Les tétons, sur lesquels les lèvres voyagent sans se

lasser;—quelquefois les fesses ou les testicules.

_Et sa gorge charmante, au lieu d’être enfermée

Dans un affreux corset qui l’aurait déformée,

Montrant à découvert ses deux globes polis,

Se tenait d’elle-même et sans faire aucuns plis._

L. PROTAT.

_Lequel montrait deux globes faits au tour,

Qu’on aurait pris pour ceux du tendre Amour._

VOLTAIRE.

_Deux petits globes au dessous,

Pour fortifier le mystère,

Donnent le contrepoids aux coups,

Et rendent le jeu moins austère._

(_Cabinet satyrique._)

GOBER LE MERLAN. Sucer un homme jusqu’à l’éjaculation inclusivement,

et boire le sperme qui sort de son membre frémissant,—par allusion au

merlan roulé dans la farine et à sa forme allongée.

GOBER UN HOMME. Avoir envie de coucher avec lui.

Mon cher Arthur, Emma te gobe.

A. FRANÇOIS.

GODEMICHET. Phallus de cuir ou de velours avec ou sans ressorts, que

les femmes libertines ou pusillanimes substituent au véritable phallus

de chair et d’os que la prévoyante nature nous a soudé à tous au bas

du ventre pour nous reproduire, et surtout pour jouir.—Ce mot vient

du latin: _Gaude mihi_, fais-moi plaisir. Cet engin, aussi singulier

qu’ingénieux,—le rival sérieux de l’homme, dont la vigueur est

malheureusement limitée,—cet engin est en usage depuis que le monde

est monde, c’est-à-dire livré à la corruption. Les dames romaines

s’en servaient bien avant les dames françaises, comme l’indique le

_Satyricon_, où l’on voit le pauvre Encolpe-Polyænos étrangement

arrangé par Œnethée, la vieille prêtresse.—Une autre preuve, c’est le

passage suivant de l’_Escole des Filles_, où Suzanne la délurée dit à

Fanchon, à peine déniaisée par son ami Robinet:

J’ai leu dans un livre l’histoire d’une fille de roy, qui se

servoit d’une plaisante invention, au défaut du véritable masle.

Elle avoit une statue d’homme de bronze, peinte en couleur de

chair et fournie d’un puissant engin d’une matière moins dure

que le reste. Cest engin estoit droit et creux, il avoit la

teste rouge et un petit trou par le bout, avec deux pendants en

forme de couillons, le tout imité au naturel. Et quand la fille

avoit l’imagination eschauffée de la présence de ce corps, elle

s’approchoit de cest engin, qu’elle se fourroit dedans le con,

elle empoignoit les fesses de cette statue et les trémoussoit

vers elle; et quand ce venoit à descharger elle tournoit un

certain ressort qui luy sortoit derrière les fesses, et la statue

jettoit incontinent par l’engin une certaine liqueur chaude et

espaisse, blanche comme bouillie, dans le con de la fille, dont

elle estoit arrosée et satisfaite pour le coup.

Les anciens écrivains gaillards avaient donc raison d’écrire

_gaudemichi_—qui se rapproche plus, étymologiquement, de _gaude mihi_

que _godemichet_.

L’une se trouva saisie et accommodée d’un gros godemichet entre

les jambes, si gentiment attaché avec de petites bandelettes

autour du corps, qu’il semblait un membre naturel.

BRANTÔME.

_Il ne reste plus rien du bien de mon partage

Qu’un seul godemichi, c’est tout mon héritage._

THÉOPHILE.

_Et feignant de prier en fermant son volet,

Pour un godemichet quitte son chapelet._

PIRON.

GODICHE (Être ou n’être pas). Se laisser ou ne pas se laisser

facilement duper par les femmes, ces éternelles monteuses de coups.

Ça me rappellera... le temps où j’étais si godiche avec le sexe,

où les femmes m’allumaient si facilement.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GODILLER ou GAUDILLER. Jouir en baisant.—Cette expression a passé du

dictionnaire des matelots dans celui des Parisiens, gens amphibies,

moitié canotiers et moitié l’autre chose. _Godiller_, pour un homme de

mer, c’est se servir d’un aviron appelé _godille_ ou _goudille_, qui,

placé dans une entaille arrondie sur l’arrière d’une embarcation, lui

sert à la diriger.

_Puissé-je, en passant l’onde

Du fleuve au roi cornu,

Godiller ferme et dru,

Et cramper dans le cul

De ma blonde._

E. DEBRAUX.

GODILLER (Faire). Faire jouir une femme ou un homme.—Éprouver un accès

de priapisme; bander.

Je veux qu’on me paie pour me faire godiller, moi!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GOGOTTE. Le membre viril, lorsqu’il manque de virilité; vit d’enfant.

_Tirez parti de ces tristes gogottes,

Vous en viendrez à pisser dans vos bottes._

(_Chanson d’étudiants._)

GONFLER (Faire) SON ANDOUILLE. Se masturber.

_Ça m’trifouille,

Ça m’gargouille,

Ça fait gonfler mon andouille._

L. L.

GONZESSE. Fille ou femme de mœurs beaucoup trop légères; fille publique

même.

Allumer tous les soirs la chandelle de l’hyménée en faveur d’un

tas de gonzesses...

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Ils entretienn’nt des gonzesses

Qui loge’ à la Patt’ de Chat._

GUICHARDET.

GORGE (Avoir de la). Posséder de plantureux tétons,—la seule richesse

dont les femmes soient fières: c’est comme si elles avaient pignon sur

rue.

Dis donc, a-t-elle autant de gorge que moi, ta madame?

H. MONNIER.

Je suis sûre qu’elle ne se tient pas comme la mienne, sa gorge.

H. MONNIER.

_A voir sa gorge toute nue,

Son corps tout du long étendu,

L’on jugeait qu’elle avait perdu

Sa pudeur et sa retenue._

GRÉCOURT.

_Ma gorge se tient mieux qu’un militaire,

Mon con est boisé comme l’est Meudon,

Afin de cacher l’autel du mystère

Où l’on officie en toute saison._

ANONYME.

GOTHON. Abréviation de _Margoton_, qui signifie fille de mauvaise vie.

GOUAPEUSE. Petite drôlesse qui préfère la rue à l’atelier, le

vagabondage au travail, et qui s’amuse avec les quéquettes des

polissons de son âge en attendant l’occasion d’amuser les pines des

messieurs plus âgés.

GOUFFRE SECRET. Grand et vieux con.—Engouffrez-vous, messieurs, voilà

l’ plaisir!

Ces femmes aident autant qu’elles peuvent à la méprise par

les toilettes préparatoires: ... elles compriment leurs

tétons mollasses et pendants, elles réparent par des lotions

astringentes les hiatus trop énormes de leurs gouffres secrets.

(_Anecd. sur la comtesse Du Barry._)

GOUGNOTTE. «Fille ou femme qui abuse des personnes de son sexe», dit

M. Francisque Michel—qui, par pudeur, manque de clarté; la gougnotte

est une fille qui ne jouit qu’avec les filles, qu’elle gamahuche ou

qui la branlent; une gougnotte préfère Sapho à Phaon, le clitoris de sa

voisine à la pine de son voisin.

GOUINE. Nom qu’on donne à toute fille ou femme de mœurs trop légères,

et que le Pornographe fait venir de l’anglais _queen_, reine—de

l’immoralité; mais qui vient plutôt de Nelly Gwinn, célèbre actrice

anglaise qui avait commencé par être bouquetière, et qui, d’amant en

amant, est devenue la maîtresse favorite de Charles II.

GOUJON. Le membre viril,—qui frétille dans le con de la femme comme

poisson dans l’eau.

_Mais surtout prenez ce goujon,

Et mettez-le dans la fontaine

Qu’on voit tout le long, le long de la bedaine._

(_Chanson anonyme moderne._)

GOUPILLON (Le). Le membre viril—avec lequel on asperge de sperme les

femmes, heureuses d’être ainsi aspergées.

_En priant pour la sainte Vierge,

Vous prîtes votre goupillon,

Et le tenant droit comme un cierge,

Il semblait que le cotillon

Vous donnât certain aiguillon._

(_Parnasse satyrique._)

GOURDES (Les). Les testicules, dans lesquels il y a une provision du

cordial qui réchauffe les femmes malades de langueur.

_Le troupier: mes roustons; le cocher: mes roupettes;

Le marchand de coco: des gourdes; les grisettes:

Des machines..._

LOUIS PROTAT.

GOURGANDINE. Fille ou femme qui se laisse baiser par le premier homme

venu, militaire ou _pékin_, gros ou petit, riche ou pauvre, qui lui

offre un dîner, une robe, ou seulement un verre de _jaune_.

Toujours il a eu le même public mâle et femelle, les mêmes

faubouriens et les mêmes faubouriennes, les mêmes voyous et les

mêmes petites gourgandines.

A. DELVAU.

GOURGANDINER. Hanter les mauvais lieux et les drôlesses qui les

habitent.

GOURMANDE. Femme trop portée sur la queue, et difficile à satisfaire à

cause de cela.

GOÛTER LES PLAISIRS, LES ÉBATS, LES JOIES, etc. Baiser, ce qui est la

félicité suprême.

_Mais qu’importe, si l’on goûte

Le doux plaisir de la chair?

Qu’importe, pourvu qu’on foute?

Cela vous paraît-il clair?_

COLLÉ.

_Eh bien! mon petit cœur, eh bien! ma mignonnette,

Ne voulez-vous pas bien vous marier un jour

Pour goûter les ébats du petit dieu d’amour._

TROTTEREL.

Quand elle eut commencé à goûter un peu les joies de ce monde,

elle sentit que son mari ne la faisait que mettre en appétit.

BONAVENTURE DESPERRIERS.

GOÛT PARTICULIER. La pédérastie ou le gougnottisme, selon le sexe;

ainsi nommé parce que c’est un goût presque général chez les filles

galantes de Paris.

_Ne croyez pas que je contracte

Ce goût, déjà trop répandu;

C’est bon pour amuser l’entr’acte

Quand le grand acteur est rendu._

BÉRANGER.

GOÛT POUR QUELQU’UN (Avoir du). Avoir envie de coucher avec telle

femme plutôt qu’avec telle autre lorsqu’on est homme, ou avec tel homme

plutôt qu’avec tel autre lorsqu’on est femme.

Elle en tombera à la renverse si elle a autant de goût pour moi

que vous le dites.

LA POPELINIÈRE.

_Dit-on à présent: Je vous aime?

Non, l’on dit: j’ai du goût pour vous._

COLLÉ.

GOÛTS CONTRE NATURE (Avoir des). Être pédéraste, si l’on est homme,—ou

gougnotte, si l’on est femme.

On ne le lui met plus!... On le lui a donc déjà mis! L’homme que

j’ai honoré de mes faveurs aurait donc des goûts contre nature?

JEAN DU BOYS.

GOÛTS LUBRIQUES (Avoir des). Être très corrompu en amour.

_On l’accusa d’avoir des goûts lubriques,

Dont le récit fait dresser les cheveux;

De dédaigner les amours platoniques

Et de boucher des trous incestueux._

CH. BOYLE.

GOUTTE. Employé dans un sens obscène pour désigner le sperme.

_Elle sucerait bien la goutte

De quelque gros vit rabouté,

Mais je veux qu’un goujat la foute

Avec un concombre pelé._

THÉOPHILE.

GOUTTE MILITAIRE. Sécrétion gonorrhéique qui vient chaque matin au

bout du membre viril qui a été à la guerre amoureuse et qui y a été

blessé—sans daigner se guérir.

GRAISSER LE VAGIN (Se). Se faire baiser, s’oindre le con de sperme.

_C’était ma femme au retour d’un voyage,

Et qui devait n’arriver que demain;

Elle venait consoler mon veuvage,

Et pour cela se graissait le vagin._

ANONYME.

GRAISSER SA PUNAISE. Baiser sa maîtresse.

Je lui en veux: il a graissé ma punaise.

A. POTHEY.

GRANDES LÈVRES. Orifice du vagin de la femme; tentacules s’emparant de

tout priape qui vient regarder à l’entrée et ne le rendant à la liberté

qu’après en avoir exprimé toute la moelle.

GRANDE CONFRÉRIE. Celle des cocus, qui est, en effet, la plus nombreuse.

_Quand Joseph épousa Marie,

Le grand-prêtre lui dit: Mon vieux,

Te voilà de la confrérie

Des époux et des... bienheureux!

Que près du lit de ta poulette

Vienne un ange avec un moineau...

Et qu’il lui mette, mette, mette,

Mette le doigt dans cet anneau._

BÉRANGER.

GRAND JEU (Le). Toutes les polissonneries qui sont la ressource des

filles savantes pour faire jouir les débauchés usés.

J’veux que mes cinq sens soient satisfaits: c’est c’que j’appelle

le grand jeu, moi! Le toucher? tu m’as branlé. L’odorat? tu m’as

fait une langue à l’absinthe. La vue? j’ai contemplé ces ordures,

et toi. Il ne me manque plus que les satisfactions de l’ouïe et

du goût.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

GRANGE (la). Le con.

_Un jour ma Jeannette

Me dit: Robinet

Ma grange est bien nette,

Mets-y ton boquet._

(_Chansons folastres._)

GRATTE-CUL. Femme qui n’est plus bonne au service amoureux.

_Dans c’ siècle-ci, plus d’un mauvais sujet

Change en gratt’-cul la rose la plus belle._

E. DEBRAUX.

GRATTER DANS LA MAIN. Déclaration muette. Sorte de pantomime, qui se

joue discrètement dans le monde des filles.—Qu’un homme désire une

femme ou... _vice-versa_, il lui suffit, profitant de la poignée de

main d’adieu, de gratter légèrement du médium la paume de la main qu’il

presse. Si la réponse a lieu de la même manière, l’affaire est dans le

sac,—demande et réponse affranchie.

GRATTER SON DEVANT. Se masturber.

Si j’eusse pensé que ma fille eût été si vite en besogne, je lui

eusse laissé gratter son devant jusqu’à l’âge de vingt-quatre

ans.

(_Les Caquets de l’accouchée._)

GRAVELURES. Obscénités dites ou chantées, comme il s’en dit et

chante—principalement dans les réunions bourgeoises, chez les gens

honnêtes, devant les grands parents et les petites filles.

_Si j’ n’ons point d’gravelures,

C’n’est point, sur notre honneur,

Par pudeur._

COLLÉ.

GRAVONNER. Patiner les testicules de l’homme pendant qu’il baise.

Afin que la femme pût lui toucher, mettre la main dessus,

gravonner pendant le temps de la conjonction.

MILILOT.

GREFFER UN TENDRON. Prendre une jeune fille pour un arbre, la grimper

et lui faire un enfant.

_Lorsque la charmille pousse,

D’une main légère et douce

Je lui donne une façon;

Souvent je plante et je sème,

Mais, mon plaisir est extrême,

Lorsque je greffe un tendron._

(_Vieille chanson anonyme._)

GRELUCHON. Homme qui tient le milieu entre l’amant de cœur et le

monsieur, entre celui qui paie et celui qui est payé.

GRELUCHONNER. Synonyme de _Paillassonner_. Appliqué à un homme,

signifierait: faire le greluchon.—Ce verbe s’applique plus logiquement

à une femme galante, qui, lorsqu’elle ne travaille pas avec le miché

sérieux, s’amuse avec un ami: elle greluchonne.

Dictionnaire érotique moderne · 第 13 / 23 段