[35] Thomas Moette, libraire depuis 1659: «Il se fait distinguer, dit

La Caille qui avoue l’avoir souvent consulté, par la grande

connaissance qu’il a dans les livres.»

[36] «Et quai de la Tournelle.» Edit. 1691, p. 34.

Les Sieurs le Vasseur[37], Barnache[38] et Nion[39], fameux Relieurs et

Doreurs, qui sont employez à la Bibliotèque du Roy, demeurent prés saint

Hilaire[40].

[37] Eloy Le Vasseur, qui fut, suivant La Caille, le plus célèbre

relieur de ce temps-là.

[38] Ou Bernache, qui, malgré l’édit de 1686, continuoit à cumuler le

métier de relieur et celui de libraire.

[39] Denis Nyon, qui fut, après l’édit de 1686, un des premiers gardes

de la nouvelle corporation des relieurs-doreurs.

[40] Ce fut jusqu’à nos jours le quartier des relieurs.

Au même endroit, les beaux caractères d’Imprimerie se font chez les

Sieurs Cottin[41] et Sanlecque[42].

[41] Philippe Cottin, qui étoit libraire en même temps que fondeur, et

donnoit ainsi son adresse: «P. Cottin, fondeur de caractères

d’imprimerie et libraire, rue Saint-Jacques, à l’entrée de la rue du

Foin, _à la Minerve_.»

[42] Jean Sanlecque. C’est chez son père Jacques, que Philippe Cottin,

qui précède, avoit appris l’art de graver, de frapper les matrices

et de fondre les caractères.--Le P. Sanlecque, chanoine régulier de

Sainte-Geneviève, à qui l’on doit de bonnes satires, étoit son

grand-oncle.

Le Sieur de la Caille le jeune a le secret de faire une matière fort

propre aux Fondeurs de caractères d’Imprimerie, qui ne finit point et ne

déchet que de très peu.

_Livres qui ont été imprimez pendant le courant de l’année 1691._

Pour le Sieur Michallet outre ceux dont il a été parlé,

Une nouvelle édition des Ordonnances pour la Marine, in-4º.

La septième édition de la Chimie de Lemery[43], in-8º.

[43] La première édition étoit de 1675.

La sixième édition des Caractères ou Mœurs de ce siècle[44], in-12.

[44] Cette édition du livre de La Bruyère, quoique publiée, comme il

est dit ici, en 1691, porte sur son titre la date de l’année

suivante.

_Du Hamel Theologia speculatrix et practica_, in-8º, 7 vol.[45]

[45] C’est la première édition de ce livre célèbre de l’avocat

Duhamel, de l’Académie des Sciences.

_Manuduxio ad praxim executionis Litterarum S. Pœnitent_. 12.

Dictionnaire Mathématique avec explications et figures, in-4º[46].

[46] _Dictionnaire de Mathématiques_ par Ozanam, qui parut, en effet,

cette année-là.

La Connoissance des temps, Calendrier et Ephemerides du Soleil et de la

Lune, in-12.

L’Art d’evaluer toutes sortes de Toisez, in-12.

Traité du légitime Usage des Medicamens selon les Modernes, in-12[47].

[47] Ouvrage de Daniel Tauvri, qui, en 1691, quand il le publia,

n’avoit que vingt-et-un ans.

Constitutions de l’Abbaye de la Trape, in-12[48].

[48] Par l’abbé de la Trappe lui-même, M. de Rancé. En 1701, un an

après sa mort, on y ajouta les _Règlements_ qui firent un second

volume.

L’Ortografe dans sa pureté[49].

[49] Le vrai titre de ce livre très-rare est: _Traité de l’Ortographe

françoise_, ou _l’Ortographe en sa pureté_. L’auteur s’appeloit De

Soule. Quoique ce soit, selon l’abbé Goujet, un volume très-inutile,

il eut, en 1692, une seconde édition un peu moins rare que la

première.

La Conquête de la Nouvelle Espagne avec figures, in-4º[50].

[50] Le vrai titre est: _Histoire de la Conqueste du Mexique_ ou de

_la Nouvelle Espagne_, par Fernand Cortez, traduit de l’espagnol

d’Antonio de Solis, par l’auteur du _Triumvirat_, c’est-à-dire par

Citri de la Guette.

Le Desordre du Jeu.

Pour les Sieurs Auboüyn, Emery et Clouzier.

Histoire des Monnoyes de France par M. le Blanc, avec figures,

in-4º[51].

[51] C’est une seconde édition. La première est de 1690.

Histoire Ecclésiastique de M. l’Abbé Fleury, 2 vol. in-4º[52].

[52] Ce sont les deux premiers volumes de cet ouvrage célèbre, qui en

eut vingt, quoique l’auteur ne l’ait poussé que jusqu’à l’année

1414.

Institution du Droit Ecclésiastique, 2 vol. in-12[53].

[53] Autre ouvrage de l’abbé Fleury. Le vrai titre est: _Institution

au droit ecclésiastique_.

Relation de divers voyages de Hongrie, avec figures, in-4º[54].

[54] La révolte du hongrois Tékeli donnoit alors à tous les livres sur

son pays un à-propos que les libraires s’empressoient d’exploiter.

Celui-ci fut du nombre. Il est peu connu.

Pratique de la Guerre, par Mattus[55], avec fig., in-8º. Nouvelle

édition du Maréchal de Soleisel, in-4º[56].

[55] Lisez Malthus. Voici le titre détaillé de son livre, qui parut

pour la première fois, en 1650, chez Clouzier, un des trois

libraires indiqués ici, et dont une seconde édition in-8 avoit paru

en 1681: _Pratique de la guerre, contenant l’usage de l’artillerie,

bombes et mortiers, feux artificiels et pétards, sappes et mines,

ponts et pontons, tranchées et travaux, avec l’ordre des assauts aux

brèches, ensemble un traité des feux de joye_, par François Malthus.

[56] La première édition étoit de 1664.

Le Manege ou l’Art de monter à cheval, du même Autheur, avec figures,

in-4º[57].

[57] C’est, avec additions, une traduction du livre du manège, ou

_Méthode nouvelle pour dresser les chevaux_, dont une première

traduct. avoit paru in-fol. en 1691, par le duc de New-Castle.

Nouvelle édition de l’Ecole des Arpenteurs, in-12[58].

[58] Par Philippe de la Hire, de l’Académie des Sciences, dont il a

été parlé plus haut.

_Huetii Concordantia Rationis et Fidei_, in-4º[59].

[59] Un des principaux ouvrages de Daniel Huet: _Quæstiones Alnetanæ

de concordia rationis et fidei_. C’est à Caen, sa ville natale,

qu’il l’avoit fait imprimer.

Pour le Sieur Muguet.

Abrégé de l’Histoire universelle, 2 vol. in-12[60].

[60] Première édition de l’ouvrage de Claude Delisle, qui, plus tard,

fut porté à sept volumes: _Introduction à l’histoire générale et

politique de l’Univers_, ou _Abrégé de l’histoire universelle_.

_Acta primorum martyrum_[61].

[61] C’est le recueil in-fol. de Ruinart, qui fut plus tard traduit en

françois par Drouet de Maupertuy, en deux vol. in-8.

Commentaire sur la Regle de saint Benoist en François et en Latin,

in-4º.

La Mort de Dom Muce.

Traité de la verité et du mensonge du R. P. Thomassin, in-8º.

La Méthode d’etudier les langues, du même Auteur, 2. vol.[62]

[62] _Méthode d’enseigner chrétiennement la grammaire ou les langues,

par rapport à l’Ecriture Sainte._ 2 vol. in-8.

Pour le Sieur Seneuze.

Arlequin Comedien aux champs Elisée[63].

[63] Comédie en trois actes, en prose, par l’abbé Bordelon, qui ne fut

jamais jouée, et ne pouvoit l’être, pas plus que sa _Lotterie de

Scapin_, qu’il publia deux ans après, à la suite de _Molière aux

Champs-Elysées_, un des livrets les plus rares sur Molière.

Remarques ou Reflexions Critiques, Morales et Historiques de M. l’Abbé

Bordelon, in-12[64].

[64] L’abbé publia deux ans après, à Lyon, chez Briasson, un volume

faisant suite à celui-ci: _Nouvelles remarques_ ou _Réflexions

critiques_, etc. En tête se trouve un beau portrait gravé, d’après

De Troye, par Drevet. C’est celui de M. François Brunet, dont nous

avons vu plus haut les parents, et qui, après Mme de Sévigné, habita

l’hôtel Carnavalet.

Caractères naturels des hommes en forme de dialogues, par le même

Auteur, in-12[65].

[65] L’édition hollandoise, qui parut l’année suivante chez Louis et

Henry Van-Dole, à La Haye, a pour titre: _Les Caractères naturels

des hommes en cent dialogues_, par M. Bordelon. Ce livre, qui

s’étoit donné le titre mis à la mode par La Bruyère, est dédié au

comte de Carné.

Le veritable Pénitent, 2 vol. in-12[66].

[66] Par le bon prêtre parisien Jean Girard de Villethierry.

Dissertation sur la prison de saint Jean, in-12.

Idée de l’Amitié, par M. de Bellegarde, in-12.

Reflexions sur ce qui peut plaire ou deplaire dans le commerce de la

vie, 2 vol. in-12[67].

[67] Comme le précédent, cet ouvrage est de l’abbé Morvan de

Bellegarde. Il fait partie de l’édition de ses œuvres qui fut

publiée en Hollande, et forme 14 petits volumes.

La Morale des Ecclésiastiques, in-12.

Pour le Sieur de la Caille, ruë saint Jacques aux trois Cailles.

Mémoires pour l’Université de Paris, par M. Cuvilliers, in-4º.

Le 4. tome des Devises du P. Menetrier, in-8º[68].

[68] Il s’agit de _La Science et l’art des devises..._ par le P.

Menestrier, qui se publioient sans doute en fascicules. Nous ne

connaissons, en effet, de lui aucun ouvrage qui ait quatre volumes.

Les Fables d’Esope moralisées, avec figures, in-12[69].

[69] Première édition du petit livre de Le Noble: _Esprit d’Esope_, ou

_nouvelle traduction de ses fables, en vers, avec une lettre morale

sur chacune_. La seconde édition est de 1695.

Pour le Sieur Remy, rue saint Jacques.

Avis salutaires sur l’education des enfants, in-12.

Pour le Sieur Villette, ruë saint Jacques à la Croix d’or.

La Vie des Princes d’Orange pour servir à l’Histoire d’Hollande, in-8º.

Les Poësies de Madame des Houllieres, in-8º[70].

[70] A la suite venoient les poésies de sa fille Thérèse, ce qui

formoit un volume en deux parties. En 1694, après la mort de Mme Des

Houillères, le même libraire Villette en publia une seconde édition.

L’Histoire d’Angleterre, 4 vol. in-12.

Pour le Sieur Hortemels.

Remarques sur la Bibliotèque des Auteurs Ecclésiastiques, par M. du Pin,

in-8º[71].

[71] Ce sont des remarques d’Ellies Dupin sur son propre recueil:

_Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques_, qui avoit commencé de

paroître en 1686. Elles forment trois volumes.

Nouveaux Essais de Morale, in-12[72].

[72] _Nouveaux Essais de morale sur le luxe et les modes_, par Jean

Frain du Tremblay, qui ne se nomma pas sur le titre.

La Vie de M. Descartes[73].

[73] Ce sont les deux volumes in-4º d’Adrien Baillet sur Descartes,

qui parurent, en effet, en 1691.

Les Pseaumes en forme de Prières, in-12[74].

[74] Cette «paraphrase», comme dit le titre, est du curé de

Saint-Lambert, François Paris, et du curé de Chevreuse, Vincent

Loger. La première édition avoit paru en 1690.

Prières formées sur la Morale de l’ancien et nouveau Testament,

in-12[75].

[75] Autre ouvrage du même François Paris, curé de Saint-Lambert.

Dissertation sur la Goutte, in-12[76].

[76] Ouvrage de l’oratorien Michel Mauduit, dont la première édition

avoit paru en 1688. Une _Réfutation_ en avoit été publiée par le

même libraire Hortemels, en 1690.

Traité des Opérations Chirurgicales, par M. de la Chariere, in-12.

Homelies sur les Commandemens de Dieu, le Symbole et l’Oraison

Dominicale, 4 vol. in-12[77].

[77] Première partie des _Homélies_ de l’abbé de Monmorel, qui, peu

d’années après, arrivèrent à former dix volumes. Il devint alors

aumônier de la duchesse de Bourgogne.

Pour les Sieurs Couterot et Guerin en compagnie.

Sermons de M. Fromentieres, Evêque d’Aire, 6 vol. in-8º[78].

[78] M. de Fromentière, évêque d’Aire, étoit mort en 1684, en

ordonnant que rien de ses sermons ne fût imprimé. On n’en publia pas

moins les six volumes indiqués ici, et qui se composent: les trois

premiers de _Sermons pour les fêtes_, deux autres de _Sermons pour

le Carême_, et le dernier d’_Œuvres diverses_.

Discours moraux pour la Chaire, 10 vol. in-12[79].

[79] Ouvrage de l’avocat Jean Richard, qui, bien que laïque et marié,

passa toute sa vie à écrire des sermons, que de vrais prêtres se

chargeoient de prononcer. Quand il mourut, ses _Discours moraux pour

la chaire_ n’avoient pas seulement dix, mais douze volumes. C’est

lui qui avoit été l’éditeur de l’ouvrage précédent, _les Sermons_ de

l’évêque d’Aire.

Manière de prêcher selon l’esprit de l’Evangile, in-12[80].

[80] Par le capucin de Paris, Albert. Couterot, son éditeur, republia

ce livre en 1701.

La Main qui conduit au Ciel, du Cardinal Bona, in-12[81].

[81] Ce traité, un des plus célèbres du mystique Bona, est le même

dont l’abbé Le Duc fit une nouvelle traduction avec cet autre titre:

_le Chemin du Ciel_, 1738, in-12.

Conférences morales sur la Religion, 2 vol. in-8º.

L’Eglise Protestante détruite par elle-même, in-12.

Pour le Sieur Pepie, rue saint Jacques à saint Basile.

Suite des Instructions Monastiques, in-12.

Satires de Juvénal, par M. de Silvecane, 2 vol. in-12[82].

[82] C’est une des plus anciennes et non des meilleures traductions

rimées du satirique latin. En voici le vrai titre: _Traduction des

satyres de Juvénal en vers françois, avec des remarques et le latin

à côté_, par Pierre de Silvecane.

Traité des Fièvres, par M. d’Hesse, in-12[83].

[83] Traduction du hollandois en françois du _Traité des fièvres_ de

Corneille Boutekoe.

Pensées Chrétiennes, par M. l’Abbé de Choisy, in-12[84].

[84] Un des nombreux écrits religieux que l’abbé de Choisy publia

après sa conversion, sans grande conviction encore et surtout sans

grand savoir. N’a-t-il pas dit, après la publication de son

principal ouvrage en ce genre: «J’ai écrit l’histoire

ecclésiastique, il ne me reste plus qu’à l’apprendre.»

Grammaire Italienne, in-12.

Pour le Sieur Roulland fils, ruë saint Jacques.

Analise des Epîtres de saint Paul, etc., 2 vol. in-12.

Explication des Prières de la Messe, par M. de Meaux, in-12[85].

[85] Il n’est pas besoin de dire que M. de Meaux, c’est Bossuet.

Pratique judiciaire sur les Censives, in-12.

Pour le Sieur Robustel, rue saint Jacques.

Histoire des Empereurs, par M. Tillemont, 2 vol. in-4º[86].

[86] Ce célèbre ouvrage, quand l’auteur mourut en 1698, avoit six

volumes.

Traité des Etudes Monastiques, par le P. Mabillon, in-4º[87].

[87] L’ouvrage a deux volumes. Il fut écrit pour réfuter l’opinion de

l’abbé de la Trappe, qui prétendoit que les moines ne peuvent ni ne

doivent étudier.

Pour la veuve Coignard et son Fils en compagnie.

Les Offices de Cicéron et autres Œuvres, traduits du Latin de Grotius

avec des nottes, in-8º[88].

[88] Cette traduction est de Goibaud Du Bois, de l’Académie françoise.

Les Loix Civiles dans leur ordre naturel, 2 vol. in-4º[89].

[89] Ce sont les deux premiers volumes du grand ouvrage de Domat. Un

troisième compléta bientôt cette partie des lois civiles.

Maniere de fortifier selon la métode de M. de Vauban, in-12.

Traitez de Metaphisique, d’histoire et de politique de feu M. de

Cordemoy, in-12[90].

[90] Recueil des petits traités, de Cordemoy, déjà publiés à part,

tels que: le _Discours physique de la parole_, d’où Molière tira

tout le comique de la scène du professeur de philosophie au premier

acte du «Bourgeois gentilhomme»; la _Lettre sur le système de

Descartes_, etc., etc.

La Geographie ancienne, moderne et historique, 2 vol. in-4º.

_Nota._ Que dans le courant de la présente année 1692, on imprimera chez

ledit Sieur Cognard fils, Imprimeur du Roy et de l’Academie Françoise,

le Dictionnaire de ladite Academie[91]:

[91] Le privilége d’impression du _Dictionnaire de l’Académie_ avoit

alors déjà huit ans de date. Il est, en effet, de 1674. (_Collect.

Delamarre_, nº 21,739, fol. 79.) La première édition parut, non en

1692, mais en 1694, chez Coignard, en 2 vol. in-fol.

Pour le Sieur Auroy, rue saint Jacques.

Etablissement de la Foy dans la nouvelle France, 2 vol. in-12[92].

[92] Le titre complet porte par le P. Le C... C’est le Père Ch. Le

Clercq, récollet.

Nouvelle Relation de la Gaspesie.

_Barhei Compendium Theologiæ._

Pour le Sieur Boudot.

Homelies Theologiques et morales de M. Palafox, traduites par M. Amelot

de la Houssaye, in-12[93].

[93] Ces homélies, traduites de l’espagnol, ont pour texte principal

la Passion.

Lettres de M. l’Abbé le Grand à M. Burnet, in-12.

Deffense de l’Antiquité des Temps, par le R. P. Dom Paul Perron[94].

[94] C’est une défense de son propre ouvrage, l’_Antiquité des Temps

rétablie_, publiée en 1687, et que les PP. Martiany et Le Quien

avoient fort attaquée.

MUSIQUE.

_Grand Maitre de la Musique de la Chapelle du Roy._

Monseigneur l’Archeveque de Rheims[1], ruë saint Thomas du Louvre.

[1] Charles-Maurice Le Tellier, dont il a déjà été parlé. Il avoit,

comme «maître de la Chapelle-Musique», 1,200 liv. de gages, plus

3,000 «pour sa bouche à cour.» _Etat de France_, 1692, p. 39.

_Sur-Intendans de la Musique de la Chambre de Sa Majesté._

M. de la Lande qui est d’ailleurs Maître de la Musique de la

Chapelle[2], et M. Boisset qui est Maître de la Musique de la Chambre,

en Cour[3].

[2] Michel-Richard de Lalande, d’abord violon, claveciniste et

organiste, compositeur de motets, de pastorales et de ballets, puis

surintendant de la musique du Roi, charge dans laquelle il mourut,

en 1726, à quatre-vingt-trois ans. Il avoit été fait, le 9 janvier

1689, surintendant de la musique de la Chambre, ce qui étoit un

acheminement à la surintendance générale.

[3] Jean Boësset, sieur de Haut, fils de Boësset, qui avoit été de la

musique de Louis XIII, et de qui l’on a quelques jolis airs de

chansons, entre autres celui des couplets de Lingendes, qui furent

si célèbres:

Si c’est un crime de l’aimer...

Boësset étoit maître de musique des pages de la Chambre, aux gages

de 1,140 liv.

_Autres Maîtres de la Musique de la Chapelle, de la Chambre et des

Plaisirs de Sa Majesté._

Messieurs Lambert, ruë sainte Anne[4], Goupille[5], ruë Minoret[6],

rue Colasse, rue Traversine[7], et Moreau, rue sainte Croix de la

Bretonnerie[8].

[4] Michel Lambert, si recherché, en 1666, à l’époque de la satire du

_Repas_ de Boileau, et qui n’avoit pas alors moins de

quatre-vingt-deux ans. Lulli avoit épousé sa fille, et lui avoit

donné dans sa maison, qui existe encore aux coins des rues

Sainte-Anne et des Petits-Champs, l’appartement où nous le voyons

logé, et où il mourut au mois de juin 1696. (_V._ notre _Histoire de

la Butte des Moulins_.)

[5] Lisez Coupillet. Il faisoit, comme prêtre, pendant le semestre de

janvier, les fonctions ecclésiastiques de maître de musique, et

avoit soin, durant le même temps, «de la nourriture, éducation,

conduite et entretien des pages de musique.»

[6] Guillaume Minoret. Il avoit, pendant le semestre de juillet, les

mêmes fonctions que Coupillet pendant celui de janvier. Ses motets

sur un certain nombre de psaumes sont très-estimés. Le Cerf de la

Vieuville, dans son livre, _Comparaison de la musique italienne et

de la musique françoise_, 1706, in-8, 3e partie, le met, ainsi que

Coupillet, sur le même rang, pour la composition, que Collasse et

Lalande.

[7] Pascal Collasse, un des meilleurs élèves et héritiers de Lulli.

Après avoir collaboré avec son maître, il fit seul plusieurs opéras,

dont celui de _Thétis et Pelée_ est le plus célèbre.

[8] Jean-Baptiste Moreau, à qui Madame de Maintenon fit écrire, pour

Saint-Cyr, la musique des chœurs d’_Esther_ et d’_Athalie_. Il fit

aussi les airs de quelques chansons de Lainez, son ami de cabaret.

_Maîtres pour l’Orgue et pour le Clavecin._

Messieurs le Begue[9], rue Simon le Franc, Taumelin, rue de la

Verrerie[10], Couprin, prés saint Gervais[11], Dandrieux, ruë saint

Loüis du Palais[12], Nivert, prés saint Sulpice[13], Danglebert, rue

sainte Anne[14], Martin, rue de l’Echelle, le Roux [15], rue ,

Buterne, prés saint Paul[16], Montalan, rue du Cimetiere saint

André[17], Ossu l’ainé, rue saint Denis[18], Ossu le cadet, Cloître

saint Jacques de l’Hôpital, Garnier, rue Traversine, La Lande, Cour du

Palais.

[9] Nicolas Le Bègue, un des quatre organistes de la Chapelle reçus en

1678. Son quartier étoit celui d’octobre. Il touchoit l’orgue à

Saint-Merry, et l’on a de lui trois livres de pièces pour cet

instrument. Il mourut très-vieux en 1700. Ses ouvrages se vendoient

tout près de chez lui, dans la même rue. L’édit. de 1691, p. 62,

dit, en effet: «le livre d’orgues de M. Le Bègue se vend chez M.

Noël, rue Simon-le-Franc.»

[10] Jacques Tomelin, organiste de la Chapelle, comme Le Bègue. Il

exerçoit pendant le quartier de janvier.

[11] François Couperin, le second des trois frères qui fondèrent la

renommée de cette dynastie de clavecinistes célèbres. Nous le voyons

ici logé près de Saint-Gervais, parce que de 1669 à 1698, il y

toucha l’orgue. Il mourut à soixante-dix ans, en 1701, écrasé par

une voiture. L’année précédente, Montéclair lui avoit dédié sa

_Méthode facile de musique_.

[12] On ne le connoît que par son fils, Jean-François Dandrieu, qui,

de 1720 à 1740, se distingua sur l’orgue et le clavecin.

[13] Guill.-Gabriel Nivers, un des quatre organistes de la Chapelle.

Il avoit été maître de musique de la Reine.

[14] Jean-Baptiste d’Anglebert. Il étoit de la musique de la Chambre

pour le clavecin, ce qui lui rapportoit 600 liv. de gages, 900 de

nourriture, 213 de monture, «et 270 pour la nourriture de son

Porte-épinette.» _Etat de France_, 1692, p. 223.

[15] Il étoit aussi compositeur. V. _Le faux Satyrique_, 1706, in-8,

p. 11, où il est traité de «fameux maître de musique.»

[16] Jean Buterne, un des quatre organistes de la Chapelle-Musique.

[17] «Messieurs Le Règne--c’est celui qui est désigné plus haut sous

son vrai nom le Bègue--rue Simon-le-Franc, et de Montalan, rue du

Cimetière-Saint-André, sont renommez pour toucher et enseigner le

clavecin.» Edit. 1691, p. 60.--Claude Rachel de Montalant, après

avoir enlevé de son couvent, où sans doute il donnoit des leçons, la

fille de Molière, étoit, vers 1686, devenu son mari. Une note de

Titon du Tillet (_Parnasse françois_, 1732, in-fol., p. 318) que

nous avons citée le premier dans le _Roman de Molière_, 1862, in-18,

p. 129, ne laisse sur ce point très-curieux aucun doute: «Elle

épousa, dit-il, M. de Montaland, gentilhomme, qui a été quelque

temps organiste de Saint-André des Arts.» Il l’étoit sans doute

encore en 1691, ce qui expliqueroit pourquoi il logeoit tout près de

cette église. Titon le traite de gentilhomme parce qu’il se faisoit

appeler: Claude Rachel, écuyer, sieur de Montalant.

[18] Lisez Houssu. Nous avons su son nom par le curieux procès que

«les maîtres à danser et joueurs d’instruments tant hauts que bas»

firent aux clavecinistes, en 1693, pour les empêcher d’enseigner à

toucher le clavecin avant de s’être fait recevoir de leur

communauté. Les clavecinistes, représentés par plusieurs de ceux qui

figurent ici, dont on a vu les noms plus haut, ou qu’on trouvera

nommés plus loin: Médéric Corneil, Nicolas Gigault, Jean-Baptiste de

La Brune, Marin de la Guerre, Jean Mérault, Antoine Houssu, Nicolas

Le Bègue, Guillaume-Gabriel Nivers, Jean Buterne, François Couprin,

appelèrent d’une première sentence rendue contre eux par le prévôt

de Paris, et obtinrent, le 7 mars 1695, un arrêt de la Grand’Chambre

qui leur donna raison, et leur rendit l’entière liberté d’enseigner.

_Autres Maîtres pour le Clavecin._

Messieurs le Moine, ruë saint Honoré[19], Pitay, ruë sainte Croix de la

Bretonnerie, Eudet et de la Cerisaye, ruë sainte Croix de la Cité,

Bouton, rue Pavée, Mérault et Alexandre, rue saint Denis, Bernier, rue

Tictonne[20], Hardy et Landrin, Cloitre sainte Opportune, Cointereau,

place Maubert, Saffin, rue des Noyers, Boucher, rue des Assis[21],

Corneille, Cloître Notre Dame, de Bordeaux, rue saint Jacques, Raison,

rue saint Estienne, Gigot et Delian, rue saint Martin, la Brune, rue des

Moineaux, Fouquet, ruë Coquillière, de la Guerre[22] et Jacquet, Isle

Notre Dame, etc.

[19] Il étoit de la musique de la Chambre pour le théorbe.

[20] Nicolas Bernier, dont le succès fut si grand, surtout sous la

Régence, pour ses motets, la musique de ses cantates et ses airs à

boire. Il est fait de lui le plus grand éloge dans le poëme de J. de

Serré, _la Musique_, dont la première édition date de 1714.

[21] Lisez des Arcis.

[22] Son vrai nom étoit Jacquet, le seul que prit son frère nommé ici

avec lui. Jacquet de la Guerre étoit organiste à Saint-Séverin. Sa

fille, Mlle Elisabeth La Guerre, se distingua sur le clavecin et fit

la musique de l’opéra de _Céphale et Procris_, en 1694. Elle mourut

en 1727.

_Maitresses pour le même Instrument._

Mesdames Oves, rue saint Denis, et Louis, rue de la Monnoye.

Et encore Mesdemoiselles Rebours et le Tellier, fauxbourg saint

Germain[23].

[23] «Mademoiselle Le Tellier, qui demeure au cul-de-sac de la rue

Beaubourg.» Edit. 1691, p. 60.

* * * * *

M. du Clos, rue Bétizy, accorde en perfection le Clavecin.

Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2 · 第 17 / 27 段