remplie d’excellens Tableaux, de Médailles et de Monnoyes antiques et
modernes.
A celle de Monseigneur de Menars, Président à mortier, près la Porte de
Richelieu, où sont la plus grand part des plus curieux livres de M. de
Thou[5].
[5] Nous avons parlé de cette bibliothèque, à propos de son possesseur
M. de Ménars, au _chapitre_ des Présidents à mortier.
A celle de Monseigneur Talon[6], aussi President à mortier, rue Saint
Guillaume.
[6] Nous ayons aussi parlé de lui, au _chapitre_ des Présidents à
mortier. Sa bibliothèque, qu’il accrut beaucoup, lui venoit de son
père, l’illustre Omer Talon. La jurisprudence, l’histoire, la
philosophie, en étoient, comme on le pense bien, le fond principal.
A celle de Monseigneur l’Avocat Général de la Moignon, à l’Hotel
d’Angoulesme[7], où il y a un grand nombre de belles Médailles
antiques[8].
[7] Sa bibliothèque avoit été formée par son père, le président de
Lamoignon, qui avoit eu le célèbre Adrien Baillet pour
bibliothécaire.
[8] Il les devoit en partie à Tavernier, qui les lui avoit rapportées
de ses voyages.
A celle de Monseigneur de la Moignon de Basville, Conseiller d’Etat[9],
rue où sont les plus belles Médailles modernes.
[9] Nous avons parlé de lui au _chapitre_ des Intendants. Il l’étoit
du Languedoc.
A celle de M. de la Proutiere, rue Saint Dominique, où il y a des
Tableaux, des Bronzes, et des Médailles d’un choix particulier.
A celle de M. le Clerc de Lesseville, ruë Galande[10].
[10] Frère de celui que nous avons vu plus haut parmi les présidents
des Enquêtes.
A celle de M. Boucot, rue Hautefeuille[11].
[11] Nous l’avons vu figurer plus haut parmi «les gardes des offices
de France», et nous avons à ce sujet parlé de sa bibliothèque et de
ses collections.
A celle de M. Rousseau, rue de la Calandre, où il y a un grand nombre
des plus rares estampes[12].
[12] «Le cabinet de M. Rousseau, où l’on voit plus de quatre-vingts
volumes, gros comme l’_Atlas_, lesquels contiennent tout ce qu’il y
a de beau dans tous les Etats du monde. Tous les hommes illustres et
tous les saints y sont représentés,--au moins ceux dont on a fait
des estampes.--Néanmoins cette bibliothèque ne doit passer que pour
un recueil.» (Le Gallois, _Traité des plus belles Biblioth. de
l’Europe_, 1680, in-8, p. 130-131.)
A celle de M. Bultault[13], près la place des Victoires.
[13] Louis Bulteau, qui mourut l’année suivante, 1693, chez les
Bénédictins. Son frère Charles, en faveur duquel il s’étoit démis de
sa charge de secrétaire du Roi, conserva la riche bibliothèque qu’il
lui légua. Elle ne fut vendue qu’en 1711, un an après sa mort.
Gabriel Martin en publia le catalogue: _Bibliotheca Bulteriana_, 2
vol. in-12. A cette vente, la Bibliothèque du Roi n’acquit pas moins
de 850 volumes.
A celle de M. l’Abbé de la Chambre[14], sur le quay de Nesle.
[14] «Sa grande inclination, dit Vigneul-Marville, dans l’éloge qu’il
a fait de cet académicien inconnu, étoit pour les livres Italiens et
Espagnols.» (_Mélanges d’histoire et de littérature_, t. I, p. 97.)
A celle de M. Chassebras de Cramailles, rue du cimetiere saint André, où
il y a beaucoup de curiositez d’Italie et du Levant, d’Estampes, de
Monnoies, etc.
A celle de la Sorbonne, où il y a de rares manuscrits de Théologie[15].
[15] Le Gallois, dans son _Traité_ cité tout-à-l’heure, nous la donne,
p. 133, comme étant «sans contredit une des plus florissantes de
l’Europe.» C’étoit en 1680, elle augmenta beaucoup, depuis. Au
XVIIIe siècle, on n’y comptoit pas moins de 5,000 mss., et 60,000
volumes. Ses principaux bienfaiteurs avoient été Richelieu et l’un
de ses secrétaires, l’abbé Des Roches, que l’on connoît par l’Epître
que lui dédia Boileau. En 1796, les manuscrits furent portés à la
Bibliothèque Nationale, où on les réunit au fonds qui provenoit du
cardinal de Richelieu.
A celle du Collége de Loüis le Grand, rue saint Jacques, composée en
partie de celle de M. Fouquet[16].
[16] Suivant une note fort juste de l’abbé Goujet, écrite en marge de
l’exemplaire du _De Bibliothecis parisiensibus_, de Dan. Maichel,
1729, in-8, p. 94, que nous possédons, le Fouquet auquel les
Jésuites devoient un fonds dont s’enrichit leur bibliothèque n’étoit
pas Fouquet, le surintendant, mais Fouquet, marquis de la Varenne.
Les livres acquis avec l’argent de son legs se distinguoient par un
double Φ, sur le dos de la reliure.
A celle des Chanoines Reguliers de sainte Geneviève du Mont[17].
[17] _V._ ce que nous avons dit plus haut, à propos de la bibliothèque
de Le Tellier. Celle des Génovéfains se trouvoit, où nous l’avons
vue encore, au dernier étage de cette partie de l’abbaye
Sainte-Geneviève, qui étoit devenue une dépendance du collége Henri
IV. En 1768, on la rendit publique trois fois par semaine, le lundi,
le mercredi et le samedi, de deux heures à cinq. Elle est maintenant
en de nouveaux bâtiments construits sur l’emplacement du collége
Montaigne. _V._ plus bas.
A celle de l’Abbaïe saint Germain des Prez[18].
[18] Elle étoit la plus riche après la Bibliothèque du Roi,
principalement en manuscrits, dont un grand nombre lui vinrent au
XVIIIe siècle de M. de Coislin, de l’abbé d’Estrées, de l’abbé
Renaudot, etc. _V._ ce qu’en dit D. Bouillart dans son _Hist. de
Saint-Germain des Prés_, 1724, in-fol.--Malgré l’incendie de 1792,
et un vol en 1791, qui fit passer 120 de ses mss. en Russie, la
Biblioth. Nat. n’en eut pas moins de 9,000 de cette seule
provenance.
A celle du Chapitre de Notre Dame[19].
[19] Elle étoit assez modeste, n’occupant que deux petites chambres
dans la cathédrale même, et ne comptant au XVIIIe siècle que 5,000
volumes au plus. Le principal fonds en étoit venu de Claude Joly,
dont nous avons parlé au chapitre des _Affaires ecclésiastiques_. Il
tenait de son grand-père, l’avocat Loisel, un certain nombre de mss.
qui passèrent avec les siens et les autres du chapitre à la
Bibliothèque du Roi, par une donation que firent les chanoines, le
24 avril 1756.
A celle du Collége de Navarre, montagne sainte Geneviève[20].
[20] Il est occupé aujourd’hui par l’Ecole Polytechnique. Sa
bibliothèque, dont le premier fonds venoit de Jeanne de Navarre,
fondatrice du collége, avoit pour principale richesse la plus grande
partie des livres de l’illustre curieux du temps de Louis XIII, le
provençal Peiresc, et de nombreux volumes sur peau vélin, avec
initiales en miniature. De ses nombreux _mss._ il n’en arriva que
124 à la Bibliothèque Nationale pendant la Révolution.
A celle du Collége de Boissy[21], rue du Cimetière saint André.
[21] Nous ne savons rien sur la bibliothèque de ce collége fondé en
1354 par Guill. de Boissy, qui lui donna son nom. Il étoit en 1692
en complète décadence, dont il ne se releva que l’an d’après. Sa
bibliothèque toutefois étoit, à ce qu’il paroît, restée assez riche.
A celle des Augustins Réformez de saint Germain des Prez[22].
[22] L’école des Beaux-Arts, rue Bonaparte, a pris la place de leur
couvent. La bibliothèque n’en devint importante que lorsque le
président de la Cour des Monnoies, Gilbert Mauguin, lui eut légué
ses 12,000 volumes de théologie et de jurisprudence, en 1674. Elle
s’augmenta encore, en 1728, de ceux du copiste Jean Pontal. On y
remarquoit 14 volumes in-fol. d’_Antiphonaires_, tous écrits, notés
et enluminés, au XVIIe siècle, par le P. Trochereau, un des moines
du couvent.
A celle des Augustins Déchaussez, rue des Victoires[23].
[23] Ce sont les petits Pères, de la rue Notre-Dame des Victoires,
dont il ne reste que l’église, une caserne des gardes de Paris,
ayant, depuis 1850, pris la place du couvent. On y comptoit, vers le
milieu du XVIIIe siècle, environ 30,000 volumes. Auprès de la
bibliothèque étoient un cabinet de peinture, et un autre d’histoire
naturelle et d’antiquités.
A celle des Célestins, près l’Arsenal[24].
[24] On y comptoit environ 20,000 volumes, non compris les manuscrits,
dont les plus précieux venoient de la bibliothèque que le frère de
Charles VI, Louis d’Orléans, conservoit dans son hôtel de _Pute y
musse_, voisin du couvent. Un des deux seuls exemplaires de
l’édition xylographique du _Speculum humanæ salvationis_, que l’on
connut au XVIIIe siècle, s’y trouvoit aussi.
A celle des Cordeliers, près l’Eglise saint Cosme[25].
[25] Brûlée en 1580, cette bibliothèque redevint peu à peu plus
importante qu’elle ne l’avoit été. L’incendie y avoit détruit 9,000
volumes; en 1680, elle en avoit 12,000, mais l’on n’y trouvoit plus
la plupart des beaux manuscrits donnés par Catherine de Médicis, ni
ceux des auteurs latins, dont les Alde et les Estienne s’étoient
servis pour leurs éditions. Les 163 qui en sont venus à la
Bibliothèque Nationale sont la plupart sans grande valeur.
A celle des Jacobins du Grand Couvent, rue saint Jacques[26].
[26] Elle n’étoit pas alors bien riche, les dons du chanoine lyonnois
Tricaud, et du duc d’Orléans, fils du Régent, ne l’ayant augmentée
qu’au siècle suivant. Les livres du prince, qui, au nombre de 6,800
volumes, formoient plus d’un tiers de la bibliothèque, s’y voyoient
dans une salle à part, nommée _Bibliotheca Aureliana_. Il n’est venu
des Jacobins à la Bibliothèque Nationale que 60 mss. environ des
XIIIe et XIVe siècles.
A celle des Jacobins Reformez, rue saint Honoré[27].
[27] «Somptueuse en édifices, écrivoit sous Louis XIII le P. Jacob,
mais de beaucoup moindre qualité en livres.» Elle s’enrichit plus
tard. Un des religieux du couvent lui légua, en 1649, toute la
bibliothèque de son père, médecin en Allemagne. Le sorboniste Picque
lui laissa, en 1699, les manuscrits arabes de son cabinet, qui
devaient passer en 1795 à la Bibliothèque Nationale, et auxquels se
joignirent ceux que le P. J. Goar avoit rapportés de Grèce. Sous
Louis XV, sans compter les manuscrits, il y avoit chez les Jacobins
de la rue Saint-Honoré 26,000 volumes. En 1748, le P. Bérenger avoit
dressé le catalogue des livres et manuscrits en 7 vol. in-fol. On
l’appeloit quelquefois la Bibliothèque de M. le Dauphin, parce qu’à
la naissance de Louis XIV, les Jacobins la lui avoient dédiée. Une
partie de la correspondance du cardinal de Noailles, aujourd’hui à
la Bibliothèque Nationale, s’y trouvoit.
A celle des Chanoines Réguliers de sainte Croix de la Bretonnerie[28].
[28] Nous ne savons rien sur cette bibliothèque d’un chapitre
d’ailleurs peu important.
A celle du Prieuré de saint Martin des Champs[29].
[29] On n’y trouvoit guère que 5 ou 6,000 volumes, mais beaucoup de
manuscrits, dont 112 sont aujourd’hui à la Bibliothèque Nationale;
et, comme dans tous les prieurés de Bénédictins, un grand nombre de
chartes et diplômes. Dom Chameaux, qui en étoit le conservateur,
sous Louis XV, en évaluoit le chiffre à 80,000. Ils avoient été
rassemblés par Dom Pernot dans la première moitié du XVIIIe siècle.
A celle des Minimes de la place Roïale[30].
[30] Un des religieux du couvent, le P. Joseph Renaud, avoit créé le
principal fonds de cette bibliothèque, en lui léguant la sienne. Le
savant Jean de Launoy en fit autant. C’est avec ces ressources que
les PP. Niceron et Mersenne composèrent leurs ouvrages si pleins de
recherches. Au XVIIIe siècle, la bibliothèque des Minimes, au lieu
de 8,000 volumes qu’elle possédoit sous Louis XIV, en comptoit
20,000; presque tous reliés en veau fauve, avec un soleil d’or sur
les plats, portant au centre le mot _caritas_, et en exergue
l’inscription: _Conventus parisiensis Minimorum_.--L’_Herbarium
vivum_, ms. en 15 vol. in-fol., du P. Prumier, contenant la
description de toutes les plantes qu’il avoit étudiées de 1675 à
1704, tant en Italie qu’en Amérique, étoit une des curiosités de la
bibliothèque des Minimes. Ce beau recueil lui fut enlevé, par ordre,
pour celle du roi, en 1768.
Outre les Biblioteques particulières, il y en a quelques unes à l’usage
du public, dans lesquelles on donne entrée à tous venans aux jours et
heures ci-après marquées; sçavoir,
Celle du Collége Mazarini qui est ouverte les Lundis et Samedis du matin
et de relevée[31].
[31] «On commence aussi à donner entrée les lundis et jeudis en celle
du collége Mazarini.» Edit. 1691, p. 11.--Elle avoit été ouverte
pour la première fois, en octobre 1688, dans le pavillon du collége
Mazarin, aujourd’hui palais de l’Institut, où elle est encore, sous
le nom de Bibliothèque Mazarine. Le premier bibliothécaire fut
Ludovic Picques, à la suite d’une élection faite par la Société de
Sorbonne, qui seule avoit droit de nommer à cette place. Elle avoit
été, comme on sait, formée pour Mazarin, par G. Naudé, qui en parle
beaucoup dans son _Mascurat_. Un siècle après eux, elle avoit
presque doublé. On n’y comptoit que 27,000 vol. à la mort du
cardinal; en 1751, lorsque Desmarais en fit le catalogue, il n’y en
avoit pas moins de 45,000.
Celle de l’Abbaïe saint Victor où sont les Livres de feu M. Bouchet de
Bournonville, qui est ouverte les Lundis, Mercredis et Samedis, le matin
depuis sept jusqu’à onze heures, et l’aprés-dinée depuis deux jusqu’à
cinq[32].
[32] «Où l’on peut consulter les auteurs d’autant plus utilement
qu’elle est des plus complètes, et qu’on y met entre les mains des
curieux tous les livres qu’ils demandent.» Edit. 1691, p. 11.--C’est
la bibliothèque dont Rabelais a dressé un si burlesque catalogue. Au
XVIIe siècle, elle s’étoit assez sérieusement enrichie pour que l’on
ne s’en moquât plus. M. de Bournonville, conseiller de
grand’Chambre, dont il est parlé ici, lui avoit, en 1690,
non-seulement légué tous ses livres, mais aussi une rente pour en
acheter d’autres, à condition qu’elle serait publique trois jours
par semaine, le matin et l’après-dîner. On voit ici qu’il y fut fait
droit. Plus tard vint le don de M. de Tralage, neveu de La Reynie,
qui possédoit une collection inappréciable de cartes et plans, dont
le plus précieux étoit celui de Paris par Du Cerceau, qui prit, en
passant par la bibliothèque de l’abbaye, le nom de plan de
Saint-Victor. Ce legs de M. de Tralage, fait en 1698, fut suivi en
1703 de celui du président Cousin, qui donna tous ses livres aux
Victorins. Leur bibliothèque dut être alors agrandie de plus du
double. Les 3,000 manuscrits suffisoient pour remplir l’ancienne. La
Bibliothèque Nationale, depuis 1796, en possède 1265, dont un tiers
de mss. latins. Dans le nombre est le très-curieux catalogue de la
Bibliothèque Saint-Victor par Claude de Grandrue.
Et celle du Jardin Medicinal de Pincourt, qui est ouverte seulement les
Dimanches après Vepres, en faveur des Medecins, des Chirurgiens et des
Apoticaires artistes; qui confèrent en même temps sur les Nouvelles
Découvertes qui se font dans les Sciences Naturelles et dans les Arts
qui en dépendent.
COLLÈGES ET LEÇONS PUBLIQUES[1].
[1] «Il y a d’ailleurs dans l’étendue de l’Université divers colléges
où la jeunesse est instruite à très-peu de frais, et où il y a même
des bourses fondées pour l’entretien d’un certain nombre de pauvres
étudiants.» Edit. 1691, p. 11.
Les Collèges où il y a exercices ordinaires des Humanitez, de la
Rhétorique et de la Philosophie, sont,
Celuy de Loüis le Grand et celuy du Plessis Sorbonne[2], rue saint
Jacques. Celuy des Quatre Nations sur le quay de Nesle[3], celuy de
Navarre[4], celuy de la Marche[5], et celuy de Montaigu[6] à la montagne
sainte Genevieve; celuy d’Harcourt[7] et celuy de Lizieux, rue de la
Harpe[8]; ceux de Beauvais[9] et de Presles[10], rue saint Jean de
Beauvais, celuy du Cardinal le Moine[11], rue saint Victor, et celuy des
Grassins[12], rue des Amandiers[13].
[2] Geoffroi Du Plessis, secrétaire de Philippe-le-Long, l’avoit fondé
en 1316. Réuni à la Sorbonne en 1647, il prit le double nom qu’il a
ici. Les facultés de Théologie, des Sciences et Lettres l’occupèrent
sous l’Empire et la Restauration jusqu’à ce qu’on y eût mis l’Ecole
normale.
[3] C’est le collége Mazarini, dont il a été parlé plus haut:
«Messieurs de Sorbonne, ajoute l’édit. de 1691, p. 11, qui ne
tiennent point chez eux de petites classes, ont la direction de ce
collége, où ils font enseigner gratis toutes les humanités, au désir
de la fondation du feu cardinal Mazarin. Les RR. PP. Jésuites en
font de même au collége de Louis-le-Grand, rue Saint-Jacques.»
[4] Fondé en 1364, avec un legs de la reine Jeanne de Navarre, femme
de Philippe-le-Bel, il fut rebâti et agrandi plus tard avec le prix
de la vente de la tour de Nesle, qui appartenoit aux rois de
Navarre. Depuis l’Empire, il est occupé par l’Ecole polytechnique.
La chapelle en est curieuse. (_Rev. archéolog._, t. I, p. 192-200.)
[5] Il datoit de 1420. Guillaume de La Marche l’avoit fondé pour des
écoliers de sa pauvre province. Supprimé à la Révolution, il devint
une pension célèbre du quartier Latin, la pension Vattier. Les
bâtiments en ont disparu, avec une partie de la rue de la
Montagne-Sainte-Geneviève, où ils se trouvoient sous le nº 37.
[6] Un des plus pauvres et des plus austères colléges de Paris.
Aycelin de Montaigu l’avoit fondé en 1314, Erasme y étudia. La
maigre pitance, à laquelle on y étoit soumis, l’avoit fait appeler
_Collége des Haricots_, nom qui resta à la prison militaire, qu’on y
installa, en 1792. (_V._ notre _Paris Démoli_.) Ses bâtiments, qui
faisoient l’angle de la rue des Sept-Voies et de la place du
Panthéon, furent démolis en 1845, pour faire place à ceux de la
nouvelle bibliothèque Sainte-Geneviève.
[7] Un chanoine de Paris, Raoul d’Harcourt, l’avoit fondé en 1220. Ses
bâtiments, reconstruits en 1675, ont été emportés en partie par le
boulevard Saint-Michel. Ce qui reste est occupé par le lycée
Saint-Louis.
[8] Il y a ici une erreur. Si le collége d’Harcourt fut rue de la
Harpe, le collége de Lisieux en revanche n’y fut jamais. L’évêque
de Lisieux, Gui d’Harcourt, le fonda en 1336, rue des
Prêtres-Saint-Séverin; il passa ensuite rue Saint-Etienne des Grès,
et n’en fut déplacé qu’en 1764, pour occuper, rue Saint-Jean de
Beauvais, les bâtiments du collége de Dormans.
[9] C’est celui dont nous venons de parler, le collége de
Dormans-Beauvais, qui devoit son nom à son fondateur, l’évêque de
Beauvais, Jean de Dormans. Il datoit de 1370. Supprimé à la
Révolution, Carnot y établit la première école mutuelle d’essai.
[10] Raoul de Presles l’avoit fondé en 1313 pour les pauvres écoliers
du diocèse de Soissons, d’où lui vint son premier nom de collége de
Soissons. Ramus y professoit; c’est là qu’il fut tué à la
Saint-Barthélemy.
[11] Il devoit son nom au cardinal Jean Lemoine, qui l’avoit fondé en
1302. Calvin y étudia, et Lhomond y fut professeur. Il n’en existe
plus rien que le nom d’une petite rue bâtie sur les chantiers qui en
avoient pris la place.
[12] Il ne datoit que de 1569. Le sénonois P. Grassin, de qui lui
venoit son nom, l’avoit fondé pour des écoliers nés à Sens.
Chamfort, qui s’appeloit alors Nicolas, en fut le dernier élève
distingué.
[13] «Celui de Cambrai et celui de fondation royale, près Saint-Jean
de Latran,... celui des Trésoriers, près de la Sorbonne.» Edit.
1691, p. 11.
Il y a encore des Communautez Religieuses qui ont des Maisons
Collègiales dans l’étendue de l’Université, où les nouveaux Profez sont
instruits aux Humanitez, Rhétorique, Philosophie, etc., à sçavoir: les
Grands Augustins devant le Pont neuf[14], les Grands Cordeliers, près
saint Cosme[15], les Grands Jacobins, rue saint Jacques[16], les
Bernardins, au quartier saint Victor[17]; les Carmes, à la place
Maubert[18], les Prémontrez, rue Hautefueille[19]; les Religieux de
l’Ordre de Grammont, rue du Batoir[20], et ceux de l’Ordre de Cluny,
place de Sorbonne[21].
[14] Ils ont donné leur nom au quai. De leur église, construite en
1368, on fit, sous le premier empire, le marché à la Volaille, qui
garda le nom de _la Vallée_, parce qu’on l’y transféroit de _la
Vallée de Misère_, située près du Châtelet. Ce qui restoit, sur le
quai, de l’église devenue marché, vient de disparoître. Il subsiste
encore quelque chose des bâtiments, au nº 5 de la rue du Pont de
Lodi, dont le percement, en 1797, coupa en deux le terrain occupé
par le couvent.
[15] Ils avoient donné leur nom à la rue, qui prit, en 1790, celui de
_rue de l’Ecole de Médecine_. Leur église y subsiste encore. C’est
le _Musée Dupuytren_. Pendant la Révolution, ce fut le _Club des
Cordeliers_, d’où Camille Desmoulins, qui en faisoit partie, datoit
son journal, _le Vieux Cordelier_.
[16] Nous en avons parlé un peu plus haut, à propos de leur
Bibliothèque.
[17] Dans la rue à laquelle ils avoient fait donner leur nom, et qui
prit, en 1806, celui de rue de Pontoise, parce qu’elle est voisine
du Marché aux Veaux, que Pontoise approvisionne.
[18] Ils n’étoient pas sur la place même, mais auprès, dans la rue,
qui leur devoit son nom. Leur église, qui datoit du XIVe siècle, fut
démolie en 1814, pour faire place au _marché Maubert_. Ces carmes ne
sont pas à confondre avec ceux de la rue de Vaugirard, _les Carmes
déchaussés_, à qui l’on doit l’eau de Mélisse, et dont l’église
existe encore.
[19] Ils s’y étoient établis, dès 1252, dans une des maisons que
Pierre Sarrazin, qui donna son nom à une des rues voisines, y
possédoit. Leur chapelle, située au coin de la rue Hautefeuille, à
gauche de la rue de l’Ecole de Médecine, fut démolie et rebâtie en
1618. C’est aujourd’hui un café.
[20] Ils n’étoient pas rue du Battoir, mais dans le voisinage, rue
Mignon, où, depuis 1603, ils occupoient, par suite d’un échange avec
leur prieuré du bois de Vincennes, le collége fondé en 1343, par le
maître des Comptes, Jean Mignon.
[21] Le collége de Cluny se trouvoit en effet au coin de cette place
et de la rue des Grès. Sa fondation par Yves de Vergy, abbé de
Cluny, datoit de 1269. Quelques restes du cloître subsistent encore.
David y avoit son atelier en 1806.
Outre les exercices ordinaires de l’Université, on professe la Théologie
au Collège de Sorbonne[22], et à celuy de Navarre.
[22] Les écoles de théologie fondées par Richelieu n’étoient pas à la
Sorbonne même, mais sur la place, au nº 2. Elles furent supprimées à
la Révolution.
La Jurisprudence aux Ecolles de Droit, rue saint Jean de Beauvais[23].
[23] _V._ plus haut.
La Médecine, au Collège des Medecins, rue de la Bucherie[24].
[24] Les écoles de médecine et de chirurgie étoient déjà rue de la
Bûcherie en 1472. Les bâtiments en furent reconstruits en 1676, à
l’exception d’un portail du XIVe siècle qui existoit encore, il y a
quelques années. En 1744, on avoit refait l’amphithéâtre, dont le
dôme se voit toujours dans la maison qui porte le nº 13, au coin de
la rue de l’hôtel Colbert. Ce n’est qu’en 1774 que ces écoles furent
transférées, où nous les voyons, dans l’ancien collége de Bourgogne
reconstruit exprès, et qu’on avoit acheté aux Bénédictins, qui
justement y avoient établi une école de chirurgie.
Les Mathematiques, et les Langues Arabe, Grecque, et Hebraique, au
College Royal, Place de Cambray.
Les autres Collèges dont les revenus ne servent maintenant qu’à
l’entretien des Bourciers, sont pour les Provinces du Maine et d’Anjou,
celui de Bayeux[25]; pour ceux du Diocese de Narbonne[26], celui de ce
nom; pour la Bourgogne, celui du même nom[27]; pour le Diocèse d’Arras,
encore celui du même nom[28]; pour la Touraine, celui de Tours[29]; pour
le Diocèse de Vienne et de Bourbonnois, celui du cardinal Bertrand[30];
pour le Limosin, celui de saint Michel[31]; pour Theroüenne, celuy de
Boncourt[32]; pour le Diocèse de Bayeux, celui de M. Gervais[33]; pour
le Diocèse de Rheims, celuy du même nom[34]; pour le Diocèse de Séez,
celui de ce nom[35]; pour ceux de Paris et de Beauvais, celui de sainte
Barbe[36]; pour ceux de la famille de feu M. Fortet, et à leur deffaut,
pour Paris et saint Flour, celui de Fortet[37]; pour ceux de la Famille
de Godefroy de Boissy, celui du même nom[38]; tous lesquels sont dans
l’enclos de l’Université.
[25] Il avoit été fondé par Guillaume Bonnet, évêque de Bayeux.
L’inscription, que l’on put lire jusqu’à sa démolition, il y a
vingt-cinq ans, au-dessus de la porte gothique, rue de la Harpe, nº
107: _Collegium Bajocence, fund. anno 1308_, dispensoit de chercher
la date de la fondation. On l’avoit réuni à l’Université en 1763.