Il y a plusieurs Sièges dans l’enclos du Palais, qui ont leurs Audiances

réglées le Mercredi et le Samedi, à sçavoir: l’Amirauté, la Chambre du

Trésor, le Bailliage du Palais, la Chambre Souveraine des Décimes, la

Connétablie, la Maçonnerie et la Table de Marbre, qui tient encore des

Audiances le Lundi et le Jeudi, pour juger au Souverain.

Messieurs les Prévosts des Marchands et Eschevins de la Ville de Paris,

donnent Audiance les Mardis, Mercredis, Vendredis et Samedi du matin.

Mrs les Juges et Consuls des Marchands, tiennent trois jours de la

semaine leurs Audiances les Lundis, Mercredis, et Vendredis du matin et

de relevée.

Les Officiers de l’Election donnent Audiance tous les jours, depuis neuf

heures jusqu’à midi, et ceux du Grenier à Sel seulement le Mercredi et

le Samedi.

On tient Audiance le Mercredi, et le Samedi à l’Officialité et à la

Justice Nostre-Dame; le Lundi à midi à la Temporalité, et le Jeudi de

relevée à la Justice de Monsieur le Chantre.

L’Audiance de la Chambre Royale de l’Arsenal, se tient tous les Lundis

matins, et celle des Poudres et Salpestres tous les Samedis de relevée.

Celle du Bailliage du Temple, se tient le Samedi à trois heures de

relevée.

La Jurisdiction du Bailliage de S. Jean de Latran se tient le Lundi à

trois heures de relevée.

VACATIONS DES TRIBUNAUX.

PARLEMENT.

La Cour vaque depuis le 6. Septembre jusqu’au lendemain de la Saint

Martin, c’est à dire jusqu’au 12. Novembre, du moins si on en excepte la

Chambre des Vacations qui est préposée pour les matières provisoires et

autres qui requièrent célérité. Elle ne dure que depuis le 7. Septembre

jusqu’au 27. Octobre, en sorte que depuis ce jour jusqu’au 12. Novembre,

il ne se fait aucun Acte de Judicature au Palais.

La Cour vaque aussi dans le reste de l’année tous les Dimanches et Fêtes

solennelles, et encore en Décembre le 6. jour de la Saint Nicolas, en

Janvier le 23. Fête de Saint Hilaire, et le 28. Fête de Saint

Charlemagne, en Mars le 19. Fête de Saint Joseph seulement le matin, le

22. pour la Procession Générale de la reduction de Paris[1], et le 25.

Fête de l’Annonciation Notre Dame, en Mai le 2. Fête de Saint Gatien, en

Juin un jour de choix pour le Lundi ou Foire de Saint Denis, en Juillet

le 22. Fête de la Magdelaine, et le 28. Fête de Sainte Anne, en Aoust le

16. Fête de Saint Roch[2].

[1] Cet anniversaire de l’entrée d’Henri IV dans Paris, le 22 mars

1594, fut célébré jusqu’à la Révolution.

[2] La veille même des grandes fêtes, le Palais étoit fermé. Louis XIV

supprima ce supplément de vacances fériées: «L’on entre, dit

l’_Almanach royal_ de 1702, la veille de toutes les festes, depuis

l’ordonnance de 1667.»

La Cour vaque pareillement le jour des Cendres, et depuis le Mercredi de

la Semaine Sainte jusqu’au lendemain de la Quasimodo, si ce n’est le

Vendredi de l’Octave de Paques elle va à Notre-Dame.

La Chambre des Vacations vaque les 23 et 24. Septembre quoique non

Fetez, et encore en Octobre un jour de choix pour la Foire de Saint

Denis, et le 18. Fête de Saint Luc.

Quand le Dimanche ou l’une des Fêtes Mobiles, arrive un des jours

ci-dessus marquez, la Vacation de la Cour est remise au lendemain.

Le 15. Aoust passé on ne plaide plus à la grand’Chambre à huy ouvert.

Les Requêtes du Palais qui sont du Corps de Parlement et qui vaquent les

mêmes jours, ne commencent néanmoins leurs Vacations que le 15.

Septembre.

DOCTEURS ET LICENTIEZ EN DROIT.

_Professeurs des Ecoles._

M. de Loy, aux Ecolles, rue des Carmes[1].

[1] Michel De Loy, de qui l’on a un éloge en latin de Pierre Hallé,

lecteur en grec au Collége royal, puis professeur en droit canon,

mort en 1689. De Loy étoit fils du professeur de l’Université pour

lequel Corneille avoit fait des vers, le félicitant de son

panégyrique de M. de Bellièvre prononcé, en 1658, au Collége de La

Marche. (_V. Œuvres de Corneille_, édit. Marty-Laveaux, t. X, p.

131.)

M. Baudin[2], même lieu[3].

[2] Jacques Baudin, qui mourut cette année même 1692. Il avoit eu

beaucoup de réputation comme professeur. _V._ à ce sujet les

additions de Ferrière au livre de Taisand: _Vies des plus célèbres

Jurisconsultes_, 1737, in-4º, p. 590, et les _Mémoires sur le

Collége royal_, par l’abbé Goujet, t. III, p. 420.

[3] C’est-à-dire aux Ecoles de Droit. Elles avoient leur principale

entrée rebâtie monumentalement, en 1675, rue Saint-Jean de Beauvais,

en face de la maison à l’enseigne de l’_Olivier_, rendue si célèbre

par l’imprimerie des Etienne; mais elles perçoient par derrière

jusqu’à la rue des Carmes, où se trouvoient les logements des plus

anciens professeurs.

M. Cuiniez, même lieu[4].

[4] Son vrai nom étoit Cugnet. Il avoit épousé une des filles de son

collègue Baudin. Son éloge se trouve aussi dans les _Additions_ de

Ferrière, p. 695.

M. Mongin, rue de Bièvre.

M. Colson, rue Saint Jean de Beauvais.

M. le Gendre, rue des Noyers[5].

[5] Ces six professeurs enseignoient le droit romain, c’est-à-dire le

droit civil, et le droit canonique.

_En Droit François[6]._

[6] Cette chaire de droit françois n’existoit que depuis 1680.

M. de Launay, ruë des Massons[7].

[7] François De Launay, qui mourut l’année suivante, 1693. Son éloge

parut alors dans le _Journal des Savants_, t. XXXVIe.

_Docteurs agrégez._

M. Piolin, ruë des Assis.

M. du Ru, ruë Saint Jean de Beauvais.

M. Amiot, même ruë[8].

[8] Il étoit, comme Cugnet, gendre de Baudin. On trouve aussi son

éloge dans les _Additions_ de Ferrière au livre de Taisand, p. 595.

M. des Barrières, même ruë.

M. Hulin, même ruë.

M. Sachet, même ruë.

M. Bonnamour, ruë Galande.

M. l’Escuyer, ruë Pierre Sarrasin.

M. Pavoine, ruë Saint Jaques.

M. Basthide, ruë du Plâtre.

M. Porsely, ruë du Foüare.

_Licentiez Immatriculez du Parlement._

On peut recouvrer la Liste des Avocats Plaidans et Consultans au Palais,

chez Charles de Sercy, Libraire dans la grand Salle à la bonne Foy

couronnée.

Ceux qui sont dénommez en cette Liste sont gens généralement

reqammandables par leur condition et par leur éloquence par exemple pour

les Consultations, Mrs Billard, ruë de Savoye[9]. Sonnet, rue du

Battoir. Issaly, rue des Rats. Husson[10], ruë Bourtibourg. Le Verrier,

ruë du Jardinet. Raviere, ruë des Deux Portes. Chappé, rue de

l’Observance. Du Pré, ruë des Cordeliers. Sever[11], même ruë. De

Riparfond[12], rue de la Harpe. Braquet, Cloître Notre Dame, etc. Pour

les Plaidoïers Mrs Chardon[13], ruë des deux Portes. De Nivelle, ruë de

la Bucherie[14]. Robert de S. Martin, rue Haute-feuille. Baille, rue du

Cimetiere Saint André des Arts. Hérard, rue de Savoye. De Retz, près

Saint Jean en Grève. Du Mont[15], ruë du Jardinet, etc. Pour les

Matières Benéficiales Mrs Nouët[16], montagne Saint Geneviève.

Sachot[17], ruë de l’Eperon. Ferrand, rue Saint Loüis du Marais. Du

Chesne, ruë de Bièvre. Et pour les matières qui sont traitées au Trésor,

Fiefs, Aubaines et Confiscations, M. Mouffle, ruë des mauvaises paroles,

etc.

[9] C’est ce terrible avocat Billard, qui fit tant de bruit pour

empêcher les Comédiens, que le voisinage du collége Mazarin faisoit

chasser du théâtre Guénegaud--aujourd’hui passage du Pont-Neuf--de

venir s’installer dans la rue de Savoie. Louvois leur étoit

favorable, car, ainsi qu’on l’apprend par une lettre de Racine à

Boileau, il s’étoit même fait donner le plan du lieu «où ils

vouloient bâtir dans la rue de Savoie»; mais Billard, avec ses cris,

l’emporta, à la grande joie de son quartier, du reste: «Tous les

Bourgeois, dit encore Racine, trouvent fort étrange qu’on vienne

leur embarrasser leur rue. M. Billard surtout qui se trouveroit

vis-à-vis de la porte du parterre, crie fort haut; et, quand on lui

a voulu dire qu’il en auroit plus de commodité pour s’aller

divertir, il a répondu fort tragiquement: «Je ne veux point me

divertir.»--Il avoit de la réputation. Une de ses causes les plus

brillantes avoit été, en 1675, celle d’une servante, épousée par le

fils du riche marchand de la _Herse d’Or_, au faubourg

Saint-Germain, dont on vouloit faire casser le mariage. (_Journal

des Audiences_, t. III, p. 70.)

[10] Martin Husson. Il figuroit déjà au tableau des avocats, en 1643.

Le traité _de Advocato_ est de lui.

[11] Nous le trouvons, vers ce temps-là, plaidant avec succès dans une

affaire de succession. (_Journal des Audiences_, t. II, p. 79-80.)

[12] Etienne Gabriau de Riparfond, inscrit, dès le 13 juin 1661, au

tableau des avocats. Une de ses plus belles affaires fut, comme on

peut le voir dans le _Journal des Audiences_ (t. III, p. 101), celle

des religieuses de Sainte Catherine, qu’il gagna. Il mourut en 1724,

léguant aux avocats du Parlement sa bibliothèque, qui fut pour la

leur un premier fond. On peut consulter sur lui l’_Histoire des

Avocats au Parlement_ de Fournel, t. II, p. 408; et _la Bibliothèque

du Poitou_ par Dreux du Radier, t. IV, p. 335. La Conférence des

avocats possède son portrait en robe rouge. C’est un don de Dupin

aîné en 1831.

[13] L’abbé Goujet (_Biblioth. franç._, t. II, p. 367) nous le donne

comme ayant eu une grande réputation, mais qui s’effaça vite.

[14] Louis de Nivelle, inscrit au tableau depuis le 2 décembre 1657:

«Il peut, dit l’abbé Goujet (_id._, p. 369), passer pour très-bon

avocat. Il est savant, il a du génie et du bon sens.» D’Aguesseau ne

l’appeloit que le grand Nivelle. C’est lui qui avoit défendu la

Brinvilliers. Ses plaidoyers n’ont pas été conservés, ce qui étoit

un des regrets de l’abbé Goujet. (_Id._, p. 330.)

[15] Jacques-François Dumont, avocat inscrit, depuis le 4 juillet

1667. L’abbé de Villiers, dans une note de sa 3e Epître, livre Ier,

le cite comme un des célèbres. Il vient de blâmer Lulli de ce qu’il

fait chanter la tragédie au théâtre, et il ajoute:

Si cet usage plaît, s’il est autorisé

Chevalier ou _Dumont_ pourroit s’être avisé

En plaidant les moyens que sa partie expose

D’en mettre en airs les droits, et de chanter sa cause.

Dans l’affaire Beausergent, qui fut célèbre en 1689, il avoit plaidé

contre Beausergent. (Guyot de Pitaval, _Causes célèbres_, t. III, p.

194-196.)--Quand il mourut en 1718, _le Mercure_ du mois de mai lui

consacra un article, p. 187, où on lisoit qu’il fut «pendant

cinquante ans l’aigle du Palais.»

[16] Il ne plaidoit pas, il s’en faut, que les affaires

ecclésiastiques. Nous le trouvons, en effet, le 18 février 1677,

dans une cause dont l’espèce étoit au moins scabreuse. C’est celle

du cas d’impuissance du marquis de Langey, de laquelle il résulta

que défense fut faite aux Juges d’ordonner pour ces sortes

d’affaires «la preuve par le Congrès.» Pageau plaida pour le

marquis, Blondeau et Nouet pour la partie adverse. (_Journal des

Audiences_, t. III, p. 195.) D’après une note de Brillon, dans son

_Théophraste moderne_ (1701, in-12), c’est l’avocat Nouet qu’il y

auroit peint sous le nom de Téocrine dans ce passage flatteur:

«Téocrine n’a que sa chevelure naturelle, une robe très-simple,

point de laquais, point de carrosse, mais beaucoup de talent pour sa

profession.» D’Aguesseau cita Nouet comme un modèle dans sa

mercuriale de rentrée, en 1699.

[17] La protection de son frère l’abbé Sachot, grand directeur de

dévotes, dont il est parlé dans les _Mémoires_ de l’abbé Legendre

(p. 59-60), l’avoit poussé vers ces affaires ecclésiastiques. Comme

Nouet, il ne s’y tenoit pas exclusivement. Il plaida par exemple,

mais sans succès, pour la duchesse de Mazarin contre son mari, dans

un procès dont nous reparlerons à la note suivante.

Quelques uns de ces celèbres sont particulièrement habituez au grand

Conseil, comme Mrs de Monchant, Cloître Saint Mederic. Vaillant, rue de

Savoye. Eurard, Cloître Saint Germain l’Auxerrois[18]. Laurent, ruë de

la Monnoye. Chaudet, rue Quinquempoix. Doremieux, rue Bailleul, etc. Ou

à la Cour des Aydes, comme Mrs Merlin, ruë de la Verrerie. De Tessé, rue

de la Colombe. Martinet[19], rue Hautefeuille, etc. Ou au Châtelet,

comme Mrs Maurice, ruë des Prouvaires. Guérin, rue S. Martin.

Gondault[20], rue de Glatigny. Polliac, ruë de la Bucherie. Barbier, rue

du Platre[21], etc.

[18] Lisez Errard (Claude). Inscrit au tableau, depuis le 24 août

1664. Il gagna, en 1691, la cause des trois frères aînés Le Boultz,

que le père avoit réduits à leur légitime, pour avantager leur

puîné; mais son triomphe fut l’affaire du duc et de la duchesse de

Mazarin, dont nous venons de dire un mot. Il plaida pour le duc

contre sa femme, l’intrigante Hortense Mancini, qu’il voulut qu’on

déclarât à cause de sa conduite déchue et privée de sa dot. Il

demanda aussi que provisoirement elle fût mise au moins dans un

couvent, ce que lui accorda la Cour. On sait que Saint-Evremond lui

répliqua par un _Memoire_ qui est dans ses _Œuvres_ (t. V, p. 355,

et VI, p. 500). Les plaidoyers d’Errard furent recueillis en 1694.

(_Journal des Savants_, 16 avril 1695.)

[19] Nous ne savons rien de lui, sinon qu’il étoit bel esprit, et

qu’il fit cette épigramme sur le petit Jacques Corbin qui avoit

plaidé sa première cause à quatorze ans:

Vidimus attonito puerum garrire senatu.

Bis pueri, puerum qui stupuere senes.

[20] Edme Condault et non Gondault, avocat depuis le 31 janvier 1659.

[21] C’est le père de l’avocat Edmond-Jean-François Barbier, dont on a

un si curieux _Journal_ sur la Régence et le règne de Louis XV. Il

ne logeoit pas encore rue du Plâtre, mais rue Galande, quand son

fils étoit né le 16 janvier 1689.

SECRETAIRES ET GREFFIERS DU CONSEIL, DES COURS SOUVERAINES, ET DES

JURISDICTIONS SUBALTERNES.

_Les Secretaires des Finances sont_

Pour le quartier de Janvier, M. Roüillet, rue de Grenelle à Saint

Germain des Prez.

Pour celui d’Avril, M. Coquille, ruë Sainte Croix de la Bretonnerie.

Pour celui de Juillet, M. Ranchin, rue des petits Champs.

Et pour celui d’Octobre, M. de Laistre, ruë Saint Honoré près la ruë des

Prouvaires.

_Les Secretaires et Greffiers du Conseil privé sont_

Pour le quartier de Janvier, M. Planton, rue Saint Honoré prés les

Feüillans.

Pour celui d’Avril, M. Dumas, rue Beaubourg.

Pour celui de Juillet, M. des Vieux, Cloître Saint Germain l’Auxerrois.

Et pour celui d’Octobre, M. Pecquot, rue des Blancs Manteaux.

_Les Commis au Greffe du Conseil privé sont_

Pour le quartier de Janvier, M. Langlié, rue du grand Chantier.

Pour celui d’Avril, M. Danirelle, rue Pastourelle.

Pour celui de Juillet, M. Akaquia[1], rue des deux écus.

[1] Ce nom bizarre n’étoit que la traduction grecque de celui de

«Sans-Malice.» C’est un médecin de François Ier, qui l’avoit le

premier traduit ainsi, et ses descendants, dont étoit sans doute le

commis au greffe, qui figure ici, l’avoient gardé sous cette forme.

Et pour celui d’Octobre, M. Chesnelon, rue Pastourelle.

_Les Greffiers gardes Sacs[2] du Conseil privé sont_

[2] C’est-à-dire «porte-dossiers.» On mettoit alors les pièces de

procédure en des sacs pendus à la ceinture.

Pour le quartier de Janvier, M. Sifflet.

Pour celui d’Avril, M. Denis.

Pour celui de Juillet, M. de la Nouë.

Et pour celui d’Octobre, M. Duc, tous quatre ruë Saint André.

Les Greffiers Conservateurs des Hipothèques ont leur Bureau ruë de la

Verrerie.

GREFFIERS DU PARLEMENT.

_A la grand’Chambre, sont_

Mrs du Tillet, Place Roiale; Decaiman, Cloître Notre Dame; et

Dongois[1], Cour du Palais.

[1] C’est le neveu de Boileau, dont nous avons déjà parlé plus haut.

_A la Tournelle Criminelle._

Mrs Dravet, Cloître Notre Dame; de la Baune, ruë Thibaut Thodé; Amiot,

et Lancluse, rue de la Calandre.

_A la première Chambre des Enquêtes._

M. Mirebaut, à l’Hôtel des Ursins[2].

[2] Démoli à la fin du XVIIIe siècle, et remplacé par trois rues: la

rue Haute, la rue du Milieu, la rue Basse des Ursins. Il devoit son

nom au prévôt des Marchands, Juvénal des Ursins, à qui la ville

l’avoit donné. Depuis longtemps, à l’époque dont il est question

ici, on l’avoit divisé en appartements, occupés presque tous par des

gens du Palais: Magistrats, greffiers, avocats. Sur le tableau de

ceux-ci, pour 1693, on en compte trois dans cet hôtel. On a su par

Valincourt que Racine y logeoit, lorsqu’il fit _les Plaideurs_; il y

avoit pu observer ses principaux types sur place.

_à la Deuxième._

M. Joüannet, Cloître Notre Dame.

_à la troisième._

M. Menet, ruë Cristine.

_à la quatrième._

M. le Roi, ruë Pavée, près l’Hôtel de Bourgogne[3].

[3] L’hôtel de Bourgogne, occupé alors par le théâtre de la Comédie

Italienne, s’étendoit de la rue Mauconseil, où se trouvoit sa

principale entrée, jusqu’au derrière des maisons de la rue

Pavée-Saint-Sauveur. Ce qui en reste, le curieux donjon de

Jean-sans-peur, se voit encore dans la cour de l’une des maisons de

cette rue.

_à la cinquième._

M. Masson, rue de la Calandre.

_à la première Chambre des Requestes du Palais._

Mrs Dupuis, rue Hautefueille, et Anet, rue Sainte Croix de la

Bretonnerie.

_à la deuxième._

M. Aubry, rue des Noyers.

_A la Cour des Aydes._

M. Olivier, Isle Notre Dame.

_Au grand Conseil._

M. le Normand, Greffier en Chef, ruë des Vieux Augustins.

M. Guichard, Greffier Plumitif, dans l’enclos du grand Conseil[4].

[4] C’est-à-dire dans la cour de l’hôtel d’Aligre, rue Saint-Honoré,

où nous avons vu, plus haut, que siégeoit le grand Conseil.

M. Presteville, Greffier garde Sacs, rue des Prouvaires.

_Aux Requestes de l’Hotel._

M. le Mazier, ruë de Bièvre[5].

[5] Il étoit parent de la famille Vitart, dont il est tant parlé dans

la correspondance de Racine, et, par elle, il se trouvoit allié à

celui-ci. L’avocat Le Mazier, qui n’étoit pas sans causes, car

mauvaises ou bonnes il les plaidoit toutes, pour n’en pas gagner

une, étoit de ses parents. On ne le connoît plus que par les vers où

Boileau s’est moqué de lui. (_V._ la Sat. Ire et l’Epître II.)

_A la Chambre des Comptes._

M. Richer, à la pointe Saint Eustache.

_A la Cour des Monnoyes._

M. Hérardin, à l’Hôtel de la Monnoye.

_A la Prevôté de l’Hotel._

M. Baubiere Dechars, ruë Platriere.

_Au Châtelet._

M. Josse, Greffier en Chef, vieille ruë du Temple.

_Secretaires du Chatelet._

Mrs Doyard, ruë de la Tixeranderie, de la Rene, rue Beaubourg, Audinot,

et Coligny, vieille rue du Temple.

_Au Parc Civil[6], et Prévoté._

[6] C’est ce qu’au Parlement on appeloit «le parquet.»--«On dit,

lisons-nous dans le _Dictionn. de Trévoux_, qu’une chose a été faite

et adjugée au parc civil du Châtelet: pour dire à l’ordinaire, à

l’issue de l’audience.»

Mrs Moreau, place du Chevalier du Guet, et de Castes, ruë Neuve Saint

Mederic.

_Pour les Déposts et Sentences sur Production de Parties._

Mrs Claude Tartel, rue des Assis, Charles Tartel, près l’Hotel de Ville,

et Tixeran, rue de Montmorancy.

_Pour l’Expédition des Sentences sans production._

Mrs Menessiers, Cloître des Bernardins, du Four, ruë Saint Honoré,

Tartel, rue des Assis, et Forbet, vieille rue du Temple.

_Pour les Deffauts aux Ordonnances._

Mrs Philipe Luce, rue Saint Martin, et Estienne Luce, rue Quinquempoix.

_Pour les Decrets._

M. François pour M. Favier sur le Quay de la Mégisserie.

_Pour les certifications des criées._

Mrs Magny, rue Hautefeüille, et Luce, ruë Quinquempoix.

_A la Chambre Civile._

Mrs Gaudion, vieille rue du Temple, Dupuis, ruë des Prouvaires, Nicolas

et Pierre Tauxier, rue de la Tixeranderie.

_Au Criminel._

Mrs Galliot, ruë Saint Thomas du Louvre, du Jardin, ruë de Bièvre,

Pariset, rue Saint Germain l’Auxerrois, et Lodet, ruë Pavée, prés

l’Hôtel de Bourgogne.

_Pour les Inthimations._

M. Garnier, ruë du Figuier.

_Pour les Affirmations de Voyages[7]._

[7] Cet office avoit été créé par l’ordonnance de 1667, à l’effet de

donner aux plaideurs venus de province acte de leurs voyages ainsi

que du temps de leur séjour, et de leur permettre, s’ils gagnoient

leur cause, de pouvoir faire taxer séjour et voyage.

M. Gaucher, ruë Trainée, près Saint Eustache.

_Pour le Greffe Criminel de Robe-courte._

M. Casson, ruë des Menetriers.

_Pour M. le Prevost de l’Isle._

M. le Marié, ruë des Anglois.

_Pour M. le Juge Auditeur._

M. Thiery, ruë Saint Martin.

_Pour la Geolle._

M. Vallon, ruë de la vieille Monnaye.

_Garde Scel._

Qui signe pour les Notaires interdits, et qui reçoit et scelle les

Oppositions aux Décrets, et les Immatricules[8] des Notaires et

Huissiers. M. Quinot, ruë Thibaut-Thodé.

[8] On appeloit ainsi les actes enregistrés.

_Pour le Sceel des Sentences du Chatelet et des Consuls._

M. le Cour, ruë de la Tixeranderie.

_Pour le Sceel des Expeditions des Notaires._

M... ruë Geoffroy-Lasnier.

_Au Trésor._

M. Gassot, ruë des Marmouzets.

_A l’Hotel de Ville._

M. Mitantier, à la Grève.

_A l’Amirauté._

M. Charrier, ruë Saint Jacques.

_A la Connétablie et Maréchaussée._

M. Lebert, ruë Galande.

_A l’Election._

M. Metayer, ruë des Blancs Manteaux.

_Eaux et Forêts._

Mrs Broquet, ruë de la Calandre, et le Noble, ruë Saint Bon.

_Au Bailliage du Palais._

M. Godin, ruë de la Calandre.

_Aux Consuls._

Mrs Verrier père et fils, Cloître Saint Mederic.

_A la Massonnerie._

M. Le Roy, ruë des Marmouzets.

_Au Bailliage du Temple._

M. Gilbert, au petit marché du Marais[9].

[9] Il existe encore rue de Bretagne, mais sous le nom de «Marché des

Enfants rouges», qui lui vient du voisinage d’un ancien hospice

d’enfants, fondé par François Ier et supprimé en 1772. Il communique

avec la rue de Beauce par la ruelle des Oiseaux, près de laquelle

Mlle de Scudéry vécut les dernières années de sa vie. Cette ruelle

s’étoit d’abord appelée «petite rue Charlot.» (Sauval, t. II, p.

658.)

CONTRAINTES JUDICIAIRES.

On trouve les Huissiers Audianciers et autres de toutes les Cours et

Jurisdictions, au lieu et à l’heure de chaque Audiance, pour l’execution

des Arrests, Sentences, Décrets et Ordonnances des Magistrats et Juges

ordinaires, pour raison de quoy on aura recours à l’article de la

scéance des Tribunaux.

Les Huissiers du Grand Conseil ont un Bureau au pied du grand degré.

Les Barrières des Huissiers et Sergens du Chatelet, sont au marché neuf,

au petit marché Saint Germain[1], à l’aile du pont Marie, à la pointe

Saint Eustache, au coin Saint Jacques de l’Hôpital, au cimetiere Saint

Jean, à la pointe Saint Honoré[2], devant l’Abbaye Saint Martin, à la

place Maubert, ruë du petit Pont, ruë des Ecrivains.

[1] Il étoit tout près de l’enclos de la foire Saint-Germain.

[2] C’est-à-dire au carrefour de la rue Croix-des-Petits-Champs, de la

rue de Grenelle et de la rue du Coq, aujourd’hui rue de Marengo. Le

poste ou barrière des huissiers et sergents du Châtelet lui avoit

fait donner le nom de «Barrière des Sergents», qu’il garda longtemps

après que le poste eût été supprimé. L’enseigne des «Deux Sergents»,

qui ne vient que de disparoître, le rappeloit encore, mais avec une

singulière variante: Au lieu de deux recors, on y voyoit deux

sergents de l’ancienne garde impériale!--On trouve au t. 58, p. 179

de la _Collection Delamarre_, à la Biblioth. Nat., de curieux

renseignements sur les _Barrières des Sergents_, depuis 1551 jusqu’à

1698.

Le Bureau des Huissiers à cheval[3] est sur le quay de la Mégisserie où

l’on peut recouvrer leur liste, et où l’on peut apprendre le temps de

leur départ pour chaque Province et Département.

[3] Comme les huissiers au Parlement, dits «huissiers à la chaîne»,

ils pouvoient instrumenter dans tout le royaume, et pour cela ils le

prenoient de très-haut avec les autres, les simples huissiers à

verge, _car_, dit le Marquis du _Joueur_ de Regnard:

Car huissier à cheval, c’est presque chevalier.

Un seul jour dans l’année, le lendemain de la Trinité, tous,

huissiers à verge, huissiers priseurs, huissiers à cheval, se

confondoient dans une même cavalcade, pour aller faire visite au

prévôt de Paris, au premier président, au lieutenant civil, etc.

Mercier s’en est moqué dans son Tableau de Paris, et Lemierre encore

mieux au chant VIe de son poëme des _Fastes_:

Voyez-vous s’avancer, couverts de noirs manteaux,

Ces roides écuyers juchés sur leurs chevaux,

Cavalcade peu faite aux marches régulières,

Qui vient parodier nos brigades guerrières,

Et tenant mal les rangs, plus mal les étriers,

Saisit au moindre choc le crin de ses coursiers.

Les Six vingt Huissiers seuls reservez d’entre les Huissiers à Verge par

Edit du mois de Février 1691, pour la fonction de Priseurs et Vendeurs

de biens meubles en la Ville, Fauxbourgs et Banlieu de Paris, ont leur

bureau dans la Cour du Grand Chatelet, et sont compris dans la liste

suivante:

Pierre Blanchans, ruë Saint Denis proche Saint Leu.

Jacques Taconnet, rue de l’Arbre-secq.

Antoine Bruneau, ruë Saint Denis devant le Sepulchre.

Alexandre Vaubelin, ruë de la Boucherie.

Gilles la Hogue, rue Saint Martin.

Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 1/2 · 第 9 / 27 段