mourut le 20 octobre 1694.
_Procureur Général._
M. Maboulle[18], rue de Sorbonne.
[18] Il occupoit cette charge, depuis vingt ans, par la cession que
lui en avoit faite Nicolas Foucault, qui en parle ainsi dans ses
_Mémoires_ (in-4º, p. 16): «1672. Le 1er janvier, j’ai passé ma
procuration _ad resignandum_ de la charge de procureur général des
requêtes de l’hôtel à M. Maboul, en exécution du traité fait avec
lui de ladite charge, moyennant 78,000 livres, dont il s’est obligé
à payer 38,000 livres comptant. Le même jour, je lui ai rendu les
provisions en main.»
COURS DES MONNOYES.
_Premier Président._
M. Colignon de Champigny[1], rue S. Thomas du Louvre.
[1] Il venoit de succéder à son père Nicolas Cottignon--et non
Colignon--de Chauvry, mort le 22 mars 1692, à 83 ans, et qui
cumuloit cette charge à la Cour des Monnoies, avec celle de
généalogiste du roi.
_Autres Présidens._
M. Cousin[2], rue de Guenegaud.
[2] Louis Cousin, que ses traductions des principaux auteurs byzantins
publiées sous différents titres, de 1672 à 1683, firent nommer de
l’Académie françoise, le 19 mai 1697. Il mourut en mars 1707.
M. Feydeau, Isle Notre Dame.
M. de Lochefontaine, rue de Guénégaud.
M. Hourlier[3], Porte Saint Michel.
[3] Claude Hourlier, que nous trouverons plus loin, bailli du Palais.
M. le Vacher, à l’Arsenac.
M. Desbiais, rue Sainte Avoye.
M. Faudet[4], rue Barbette.
[4] Lisez Faudel. Il avoit épousé la fille de Zacharie Morel, maître
de la Chambre aux deniers. Suivant les _Clés_ de La Bruyère, c’est à
sa femme qu’il seroit fait allusion dans le _28e Caractère_ du
chapitre de _Quelques usages_: «la fille d’Aristippe est malade...»
Le président Faudel mourut en septembre 1707.
_Avocats Generaux._
M. Guillaine, ruë d’Enfer.
M. Hurez, ruë Quinquempoix.
_Procureur General._
M. de Selles, rue des fossez Montmartre.
AMIRAUTÉ.
M. le Comte de Thoulouse, Grand Amiral en Cour.
Les Charges de Lieutenants Généraux et Particuliers, de Conseillers et
d’Avocats du Roy, vacantes.
M. Jacob, Procureur du Roy, rue Perdue.
CHASTELET.
_Prevost de Paris[1]._
[1] Le prévôt de Paris y étoit le représentant de l’autorité et de la
justice royale, mais depuis la création de la Lieutenance de police
en 1666, sa charge s’y étoit singulièrement amoindrie.
M. de Bullion[2], ruë Platrière[3].
[2] Le marquis de Bullion, fils du surintendant Claude de Bullion, qui
s’étoit fait sous Richelieu une si grosse fortune. Le marquis avoit
prêté serment au Parlement, comme prévôt de Paris, le 22 mai 1685.
Cette charge rapportoit 8,000 livres, il l’avoit payée 50,000 écus.
Toute diminuée qu’elle fût, elle avoit son importance, surtout comme
prestige d’autorité: «les arrêts du Châtelet, écrit Dangeau (20
octobre 1684), se rendent au nom du prévôt de Paris, et le
lieutenant civil est à son égard ce que sont les lieutenants
généraux dans les présidiaux, à l’égard du grand bailli ou du
sénéchal de la Province.» Le marquis de Bullion mourut fou, en 1721,
dans une de ses maisons de la Beauce, où on l’avoit enfermé. «Un de
ses cadets, écrit Saint-Simon, étoit dès lors prévôt de Paris, sur
sa démission.» (_Mémoires_, in-18, t. XI, p. 397.)
[3] Il habitoit l’hôtel que Le Vau avoit bâti pour Claude de Bullion,
de 1630 à 1634, et qui existe encore en partie au nº 3 de la rue
Jean-Jacques Rousseau, ancienne rue Platrière. On y lit toujours
au-dessus de la porte: _Hôtel Bullion_. Il fut longtemps un des plus
beaux du quartier et des environs. (_V._ notre _Histoire de la Butte
des Moulins_, p. 95.) Il perçoit jusqu’à la rue Coq-Héron. C’est
même de ce côté-là que s’en trouvoient la galerie basse, avec sa
série des douze mois peinte par Blanchard, et la galerie haute, où
Simon Vouet avoit peint, en 1634, les aventures d’Ulysse. Cette
partie fut détachée de l’hôtel dans la seconde moitié du XVIIIe
siècle. La loge maçonnique de _Saint Jean d’Ecosse_ s’y établit en
1779, dans la galerie même de Vouet, qui étoit encore très-bien
conservée. L’autre partie, sur la rue Platrière, étoit devenue ce
qu’elle resta longtemps, presque jusqu’à nos jours: l’hôtel des
ventes. De nombreux locataires l’occupoient. On voyoit entre autres
écriteaux sur la porte, en 1789, suivant _le Provincial à Paris_
(Quartier du Louvre, p. 134): «M. Taima dentiste.» C’étoit le père
du grand tragédien.
_Lieutenant Civil._
M. le Camus[4], ruë de Paradis.
[4] Frère du président à la Cour des aides, dont nous avons parlé plus
haut. Il avoit commencé par être maître des requêtes, puis intendant
d’Auvergne. C’est depuis le 4 septembre 1671 qu’il étoit lieutenant
civil. Lorsqu’en 1684 les juridictions du grand et du petit
Châtelet, qui avoit aussi son lieutenant civil, furent réunies, sa
charge, devenue plus importante, puisqu’elle restoit seule, lui fut
conservée. C’étoit, suivant Saint-Simon, un fort honnête homme,
mais, ajoute-t-il (t. V, p. 342), «glorieux à un point qu’on en
rioit, et qu’on en avoit pitié.» Il étoit frère du premier président
de la Cour des Aides, et du cardinal Le Camus, et quand il disoit:
«Mon frère le Cardinal», il se rengorgeoit que c’étoit un plaisir.
_Lieutenant General de Police._
M. de la Reynie[5], rue du Boulloy.
[5] La charge de Lieutenant de police avoit été créée pour lui en
1666. Il l’occupa jusqu’à ce qu’en 1697 le roi l’en eût déchargé sur
sa demande. Il ne garda que la place de Conseiller d’Etat, qu’il
avoit depuis 1680. Il étoit né à Limoges le 25 mai 1625, de Nicolas
de la Reynie, qui depuis 1608 y étoit conseiller du roi en la
sénéchaussée et siége présidial. Lui-même commença dans un
présidial, celui de Bordeaux, où il fut président en 1646. Il devint
ensuite Maître des requêtes, en 1661, puis enfin, cinq ans
après, lieutenant de police. Il mourut le 24 juin 1709, à
quatre-vingt-quatre ans. Il fut enterré sans aucune pompe, au petit
cimetière Saint-Joseph, «ainsi qu’il l’avoit demandé.» (_Mercure_,
juin 1709, p. 297.)
_Lieutenant Criminel._
M. d’Effila[6], rue de la Verrerie.
[6] Lisez Deffita. Il avoit, en 1666, succédé dans cette charge à
Tardieu, si fameux par son avarice, et dont Boileau a rappelé
l’assassinat dans sa Xe satire. Deffita, qui avoit d’abord été
procureur du roi des requêtes de l’hôtel, charge qu’il céda à
Nicolas Foucault, pour devenir lieutenant criminel, conserva ce
dernier emploi jusqu’à sa mort à la fin de novembre 1700. Nicolas Le
Comte lui succéda le 1er février suivant.
_Lieutenans Particuliers._
Mrs du Martray[7], rue du Mail, et Pasquier, rue Bourlabbé.
[7] Il étoit gendre de Félix, premier chirurgien du roi, qui lui fit
avoir en 1699 une pension de 500 écus. (Dangeau, 17 octobre 1684, et
14 juillet 1699.)
_Lieutenant Criminel de Robe Courte._
M. Bachelier du Moncel, rue de Clery.
_Prevost de l’Isle de France[8]._
[8] C’étoit le titre que prenoit le prévôt des maréchaux, dont la
juridiction s’étendoit sur toute l’Ile de France. Un autre prévôt
siégeoit à Melun, pour le reste de la généralité de Paris.
M. Francine de Grand Maison[9], rue des Prouvaires.
[9] Il étoit frère de Francine, qui avoit épousé une sœur de Lulli, et
qui devint, après celui-ci, directeur de l’Opéra. Francine de
Grandmaison se démit de sa charge en faveur de son fils, qui la céda
lui-même, mais fort tard, en 1718. «Suivant l’usage, écrit Dangeau
(12 novembre 1718), son successeur fut installé à la table de marbre
par MM. les maréchaux de France.»
_Chevalier du Guet._
M. Chopin, rue de la Verrerie.
_Juge Auditeur._
M. Testebone, rue Saint Antoine.
_Avocats du Roy._
M. Brochard, rue Haute-fueille.
M. Leschassier[10], rue du Jardinet.
[10] Il étoit frère du supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, et de
Mlle Lechassier dont nous avons vu plus haut les grandes aumônes. Il
mourut à 84 ans, le 12 août 1725.
M. Mallet, rue Neuve Saint Mederic.
_Procureur du Roy._
M. Robert[11], rue Sainte Avoye.
[11] Claude Robert. Il étoit depuis longtemps attaché à la juridiction
du Châtelet, où il avoit commencé par être lieutenant particulier.
Il y a deux lettres de lui dans _la Correspondance des contrôleurs
généraux_, publiée par M. de Boislisle.
PREVOSTÉ DE L’HOSTEL DU ROY[12].
[12] Tribunal que présidoit le grand prévôt. Il jugeoit les délits et
procès survenus entre les gens de cour, et de plus tous les crimes
commis à Paris, lorsque le roi y résidoit.
_Grand Prevost._
M. de Sourches[13], rue de l’Université.
[13] Louis-François du Bouchet, marquis de Sourches, avoit eu de son
père la survivance de la grande prévôté, le 15 septembre 1649. Il
fut, avant d’en être titulaire, conseiller d’Etat, colonel du
régiment d’infanterie qui portoit son nom, major général de M. de
Luxembourg en Hollande, gouverneur du Maine et du Perche. Il se
démit de la grande prévôté, le 25 août 1714, en faveur de son fils,
et mourut le 4 mars 1716. Il a laissé des _Mémoires_ qui sont du
Dangeau développé et du Saint-Simon éteint. Le troisième volume, qui
comprend les années 1685 et 1686, a seul été publié en 1836 par M.
Adelhm Bernier, d’après le manuscrit trouvé par lui un peu
auparavant, et qui provenoit de la bibliothèque du président Roland,
vendue en 1834. Le reste existe au château de Sourches, propriété du
duc Descars.
_Lieutenans Generaux._
M. Barbier, cul de Sac Saint Sauveur.
M. Cornu de Noyon, rue Poupée.
_Procureur du Roy._
M. Colinet, prés Saint Gervais.
CHAMBRE DU TRÉSOR.
_Lieutenant General._
M. Vigneron, rue Jean Lointier.
_Procureur du Roy._
M. le Sec de Saint Martin, rue de la Harpe.
CONNESTABLIE ET MARESCHAUSSÉE.
_Lieutenant General._
M. de Ladarel, rue du Puis, près les Blancs Manteaux.
_Lieutenant Particulier._
M. Favart, rue Saint Honoré.
_Procureur du Roy._
M. de la Fond, rue Saint Martin.
HOSTEL DE VILLE.
_Prevost des Marchands._
M. de Fourcy[1], rue du Jour[2].
[1] Le même que nous avons vu plus haut parmi les conseillers d’Etat
de semestre.
[2] Lisez rue de Jouy, comme plus haut, p. 51.
_Eschevins[3]._
[3] Il y en avoit seize et non pas quatre seulement. Ceux qui suivent
ne figurent ici que parce qu’ils avoient été les derniers élus en
1690 ou 1691.
M. de la Leu[4], rue Saint Denis.
[4] Il étoit conseiller du Roi et notaire au Châtelet. L’une de ses
filles épousa le fermier général Dupleix de Bacquancourt, et l’autre
Verani de Varennes, receveur des tailles de l’élection de
Montdidier. (_Mercure_, sept. 1734, p. 2089.)
M. Tardif[5], rue Saint Honoré.
[5] Il étoit, de plus, conseiller de ville. Son élection datoit de
1691.
M. Chauvin[6], rue Saint Denis.
[6] Son titre de _quartenier_, c’est-à-dire d’officier de police,
chargé de faire respecter dans son quartier l’autorité municipale,
ne l’avoit pas empêché, ce qui étoit rare, à cause du double emploi,
d’arriver à l’échevinage, en 1690.
M. Savalette[7], rue Saint Antoine.
[7] Notaire au Châtelet. Il étoit fils du fameux vinaigrier de la rue
Beaubourg, Savalette, dont l’histoire un peu arrangée par Le Noble,
dans son _Gage touché_, 1711, in-12, p. 83, servit de sujet à
Mercier pour sa pièce, _la Brouette du Vinaigrier_.
_Procureurs du Roy._
M. Titon, rue Sainte Avoye.
M. Girard Substitud, Quay Pelletier.
JUGE ET CONSULS DES MARCHANDS.
_Grand Juge._
M. Clerambault, rue Jean Loinctier.
_Consuls._
M. Rosseau, Chevalier du Guet.
M. Arnot, rue Saint G. Lauxerrois.
M. Convert, Quay des Orfèvres.
M. la Roze, rue de la Cossonnerie; lesquels Juge et Conseils seront
chargez le 27 Janvier de la presente Année 1692.
EAUX ET FORESTS.
_Lieutenant General._
M. Brachet, ruë Saint Martin.
_Lieutenant Particulier._
M. Goupy, rue Sainte Avoye.
_Avocat General._
M. de l’Hommeau, vieille rue du Temple.
_Procureur General._
M. Menard, rue Perdue.
ELECTION[1].
[1] Juridiction des _Élus_, c’est-à-dire des magistrats, chargés par
voie d’élection d’assister les commissaires royaux dans la levée des
Aides, et la répartition des Tailles. Ils avoient en outre la garde
des deniers qui en provenoient. Les _pays d’État_ n’avoient pas
d’Élus, aussi appeloit-on, pour les distinguer, _pays d’Élection_
ceux qui en avoient. Paris figuroit dans le nombre, avec un
personnel considérable: un président, un lieutenant, un assesseur,
vingt conseillers, un avocat du Roi et un procureur du Roi, un
substitut et un greffier en chef. Les deux principaux de cette
magistrature figurent seuls ici.
_Président._
M. de Chevriere, rue Saint André.
_Procureur du Roy._
M. de Chenedé[2], rue des Billettes.
[2] Joachim de Chénedé, qui, après avoir été conseiller au présidial
d’Angers, et maire de la ville, fut successivement conseiller,
avocat et procureur du Roi, en l’Élection de Paris. Il avoit épousé
la fille de Bachelier, premier valet de la garde-robe du Roi. Il
mourut le 8 avril 1694.
BAILLIAGE DU PALAIS.
_Bailly._
M. Hourlier[3], porte Saint Michel.
[3] Claude Hourlier, que nous avons vu plus haut président de la Cour
des Monnoies. Il avoit, comme bailli du Palais, droit d’inspections
sur toutes les boutiques qui s’y trouvoient, entre autres celles des
libraires du perron de la Sainte-Chapelle, et des galeries
_Mercière_ et _des Prisonniers_. C’est ce qui fait comprendre
pourquoi Thomas Quinet, à qui Molière avoit cédé son privilége pour
la publication du _Dépit amoureux_, le dédia à M. Hourlier. Celui-ci
mourut en juillet 1700.
_Procureur du Roy._
M. Robert, rue Sainte Avoye.
MASSONNERIE.
_Lieutenant General._
M. de l’Espine[4], prés Saint Roch.
[4] Beau-père du président Robert, dont il a été parlé plus haut. Il
avoit, en 1667, donné «l’avis et plan pour l’aplanissement de la
_Butte des Moulins_ ou _Saint Roch_», ce qui lui avoit permis de s’y
faire une belle part dans les terrains à construire. (_V._ notre
_Histoire de la Butte des Moulins_, 1877, in-18, p. 81, 84.)
SCEANCES DES TRIBUNAUX, ET JURISDICTIONS DE PARIS.
Les Tribunaux sont au dedans, ou hors de l’enclos du Palais.
Ceux qui sont dans l’enclos du Palais, sont le Parlement, la Chambre des
Comptes, la Cour des Aydes, la Cour des Monnoyes, l’Amirauté, les
Requestes de l’Hotel, les Requestes du Palais, la Chancellerie du
Palais. Le Bureau des Trésoriers de France, la Chambre Souveraine, des
Decimes, l’Amirauté, la Table de Marbre, Eaux et Forests, la Chambre du
Trésor, l’Election, le Bailliage du Palais[1] et la Maçonnerie.
[1] L’_Almanach royal_, pour 1702, p. 65, ajoute ici: «la Bazoche, qui
est la juridiction des clercs.»
Ceux qui sont hors l’enclos du Palais sont, le grand Conseil du Roy, et
la Prevosté de l’Hotel de Sa Majesté, qui tiennent leurs Seances à
l’Hotel d’Aligre, rue Saint Honoré, et rue Bailleul[2].
[2] Le grand Conseil dut quitter, sous Louis XV, l’hôtel d’Aligre qui
menaçoit ruine. Il fut alors installé au Louvre, dans la partie qui
longe le jardin de l’Infante. Il ne reste de l’hôtel d’Aligre, rue
Saint-Honoré, qu’une cour, qui la met en communication avec la rue
Bailleul, et qu’on appelle passage d’Aligre.
Les Prevost des Marchands et Eschevins, qui ont leur siége à l’Hôtel de
Ville.
Les Juge et Consuls des Marchands, qui tiennent leurs Audiances au
Cloitre Saint Mederic[3].
[3] C’est-à-dire Saint-Merry. La maison des Juges Consuls, qui servit,
après eux, au Tribunal de Commerce, jusqu’à ce qu’on l’eût transféré
à la Bourse, existe encore en partie dans la rue du Cloître, telle
qu’elle avoit été reconstruite sous Louis XV. M. de Crissé dans ses
_Souvenirs du vieux Paris_, 1836, in-fol., pl. 26, a donné une
lithographie exacte de l’escalier qui en est le reste le plus
curieux.
La Jurisdiction des Poudres et Artillerie, et celle de la Chambre
Royale, qui se tiennent à l’Arsenal.
La Justice des Garennes et Chasses, qui se tient aux Galleries du
Louvre.
Celle des Officiers du Grenier à Sel, qui ont leur siege au Carrefour
des trois Maries.
L’Officialité, la Justice Notre-Dame, la Temporalité et la Chambre de
Jurisdiction de M. le Chantre, qui se tiennent à l’Archeveché et au
Cloitre Notre Dame.
Enfin la Justice du Temple, et celle de saint Jean de Latran, qui se
tiennent dans les enclos de ces deux Prieurez[4].
[4] L’enclos de Saint-Jean de Latran, siége de la commanderie des
Hospitaliers de Saint-Jean, qui relevoit de l’ordre de Malte, se
trouvoit place Cambray; en face du Collége de France, et s’étendoit
jusqu’à la rue Saint-Jean de Beauvais, où étoit la Chapelle. La Tour
d’entrée qui étoit sur la place et qu’on appela dans les derniers
temps _Tour Bichat_, du nom du célèbre médecin qui s’y étoit fait un
cabinet pour ses expériences anatomiques, n’a été détruite qu’en
1855.
L’Ouverture du Parlement se fait le lendemain de la Saint Martin, auquel
jour la Cour après avoir assisté en Robes rouges à la Messe solennelle
qui se dit dans la grand’Salle du Palais[5], reçoit le Serment des
Avocats et Procureurs.
[5] L’autel de Saint-Nicolas, qui étoit, en effet, dans la
Grand’salle, et où l’on disoit chaque jour la messe.
Messieurs les Avocats Generaux, font leurs harangues à la Cour le Lundi
de la huitaine franche d’après la Saint Martin.
Les Mercuriales[6] se font par M. le Procureur Général, le même jour et
le lendemain de la Quasimodo.
[6] C’est ce que nous appelons _discours de rentrée_. Il ne faut pas
les confondre avec les anciennes _mercuriales_, que le Procureur
général avoit le droit d’adresser, dans les assemblées du
mercredi--leur nom en étoit venu--comme observations et remontrances
aux Magistrats sur leur conduite, et la façon dont ils
administroient la justice.
Depuis Pâques jusqu’aux Vacations qui arrivent le sixieme Septembre,
lors qu’une Fête arrive le Jeudi on plaide le Vendredi à la grand
Chambre.
Tous les jours ouvrables depuis la Saint Martin jusqu’au Careme, la Cour
se leve le matin à 10 et de relevée à quatre heures.
Pendant le Careme et jusqu’à la fin du Parlement, elle se leve le matin
à onze heures, et de relevée à cinq.
Le Mardi-gras, le Vendredi de l’Octave de Paques, et le jour de la saint
Nicolas[7] en Mai, la Cour se leve le matin à neuf heures et n’entre
point de relevée[8].
[7] C’étoit un patron très-fêté au Palais, où nous venons de voir
qu’il avoit son autel dans la Grand’salle.
[8] L’_Almanach royal_ de 1702, p. 66-67, après avoir donné ce détail,
ajoute: «Delà vient le proverbe: _Quand la Cour se lève matin, elle
dort l’après dînée_.»
Nosseigneurs de la grand Chambre du Parlement, tiennent les grandes
Audiances de Robes rouges sur les hauts Sieges, les Lundis, les Mardis,
et les Jeudis, depuis huit heures du matin jusqu’à dix; et celles de
Robes noires de relevée les Mardis pour les causes du Role, et les
Vendredis pour celles des Placets[9].
[9] Le _placet_ étoit une démarche succincte, par écrit, pour obtenir
justice. Le mot vient du latin _placere_, plaire.
Les Audiances ordinaires de la grand Chambre qui se tiennent sur les bas
Sieges en Robes noires, sont données les Mercredis, Vendredis, et
Samedis, outre les petites Audiances qui se donnent tous les jours à
l’exception des Lundis depuis sept jusqu’à huit heures du matin.
Nosdits Seigneurs donnent encore Audiance à la Tournelle civile tous les
jours depuis dix heures jusqu’à midi; à la grande Tournelle criminelle
le samedi, et à la petite Tournelle criminelle le Mercredi, et le
Vendredi depuis 8 jusqu’à dix heures[10].
[10] On appeloit ces juridictions _tournelles_, parce qu’elles avoient
d’abord été établies au Palais dans les deux tours jumelles qui
flanquent l’entrée de la _Conciergerie_ sur le Quai. Sauval (t. III,
p. 407) donne l’extrait d’un compte de 1472 où on lit: «A...
charpentier, pour la réparation par lui faite en deux tournelles
estant au Palais du côté de la rive de la Seine, l’une appelée la
Tournelle civile, et l’autre la Tournelle criminelle.»
Les Audiances de la première et de la deuxième Chambre des Enquestes, se
tiennent le Mercredi et le Samedi, celles de la cinquième les Lundis et
Jeudis, et celles de la quatrième le Mardi et le Vendredi.
Nosseigneurs les gens du Roy, tiennent tous les matins leurs Audiances
au Parquet où ils jugent les affaires qui leurs sont renvoyées, les
conflits d’entre les Chambres du Parlement, etc., et où Nosseigneurs les
Avocats Généraux prennent communication par les Avocats et Monseigneur
le Procureur Général par les Substituts de toutes les affaires dans
lesquelles ils doivent conclure.
La Tournelle où Mrs les Avocats Généraux vont alternativement de trois
en trois mois est composée de six Conseillers de la Grand Chambre, et de
huit des Enquestes; c’est de quoi Mrs les Doyens de la Grand Chambre et
de la première Chambre des Enquêtes se peuvent dispenser.
Tous les jours ouvrables ausquels il n’y a point d’Audiances de relevée
excepté la veille de la Fete Dieu et la veille de la Notre Dame d’Aoust,
la Cour juge de Commissaires les Procez de Rapport.
La Séance de Grace pour les Prisonniers, se tient la surveille de Noel,
le Mardi de la Semaine Sainte, la surveille de la Pentecote, la veille
de la Saint Simon Saint Jude.
Le premier Rolle qui se plaide est pour la Province de Vermandois, il
commence après la Saint Martin et finit au dernier Décembre.
Celui du Bailliage d’Amiens va jusques au quinze Janvier, et celui du
Bailliage de Senlis jusqu’à la fin du même mois.
Le Roolle de Paris commence après la Chandeleur, et continue tout le
Careme, quelque fois même après Paques, au gré de Monseigneur le premier
Président.
Le Roolle de Champagne et de Brie, commence après la Quasimodo et finit
en Mai, quelques fois au commencement, d’autres fois au quinze et
souvent à la fin.
Le Roolle de Poitou se plaide pendant le reste de Mai, et tout le mois
de Juin.
Le Roolle de Lion, pendant la premiere quinzaine de Juillet.
Le Roole de Chartres dure le reste des Plaidoiries, excepté les deux
derniers jours dont l’un est pour le Roolle d’Angoumois, et l’autre pour
les présentations.
Les Lundis et Mardis on plaide du Roolle ordinaire des Provinces et
Bailliages, les Jeudis matins et les Mardis et Vendredis de relevée du
Roolle extraordinaire.
Nosseigneurs des Requestes de l’Hotel du Roy, et Nosseigneurs des
Requestes du Palais, donnent leurs Audiances, les Lundis et Jeudis,
depuis dix heures du matin jusqu’à midi, et les Mardis et Vendredis,
depuis deux heures de relevée jusqu’à cinq[11].
[11] «A compter, lit-on dans l’_Almanach royal_, à compter du jour de
la rentrée jusqu’au mois de mars; et, depuis le premier mars, les
audianciers commencent à pareille heure jusqu’à six. Quelques fois,
ajoute encore l’Almanach, nos Seigneurs des Requêtes de l’hôtel
donnent des audiances extraordinaires de relevée, pendant un tems,
dont ils font avertir à la communauté des Procureurs.»
Les Audiances de la Chancelerie du Palais tiennent les Mercredis et
Samedis du matin.
Nosseigneurs du grand Conseil du Roy, donnent Audiance les Lundis,
Mardis, Jeudis et Vendredis, depuis neuf heures jusqu’à midi, et jugent
les Procez de Rapport les Mercredis et Samedis, pendant que Nosseigneurs
les gens du Roy, jugent au Parquet les affaires qui leurs sont envoyées,
et prennent communication les autres jours des affaires dans lesquelles
ils doivent conclure.
Nosseigneurs de la Chambre des Comptes tiennent tous les jours leurs
Audiances depuis neuf heures du matin jusqu’à onze, et de relevée depuis
deux heures jusqu’à cinq.
Nosseigneurs de la Cour des Aydes, donnent leurs Audiances en la
première Chambre, les Lundis, Mardis, Jeudis, et Vendredis, et dans la
deuxième et troisième Chambre les Mercredis, Vendredis et Samedis.
Les Plaidoiries du Roolle ordinaire de la Cour des Aydes, sont les
Mercredis et Vendredis matin, et pour l’extraordinaire le Lundi de
relevée depuis le mois de Décembre jusqu’à la fin de Mai.
Les Audiances de la Cour des Monnoyes, se tiennent le Mercredi et le
Samedi.
A l’égard du Siège Présidial du Châtelet, on plaide à la Prévoté, au
Parc Civil, au Présidial, et aux Auditeurs, tous les jours de la semaine
à l’exception du Lundi; à la Chambre Civile le Mercredi et le Samedi, à
la Police, au Criminel, et en la Chambre de M. le Procureur du Roy, le
Mardi et le Vendredi.