intrigant bon à tout pour s’enrichir. Nous le trouvons ici trésorier
des Cent-Suisses; plus loin, nous le verrons joaillier de la Cour.
Il étoit en outre banquier, traitant, et fournisseur de la marine.
L’espionnage et la délation étoient aussi son fait. C’est lui qui
fit prendre, selon Foucault (_Mémoires_, p. 327), Chauvigny, dit La
Bretonnière, qui faisoit le _lardon_, c’est-à-dire la _Gazette de
Hollande_, et qu’on accusoit d’être l’auteur du _Cochon Mîtré_ (V.
nos _Variétés_, t. X, p. 327). Foucault fit tirer Chauvigny de la
cage de bois où Louis XIV l’avoit fait enfermer au Mont
Saint-Michel, mais dut le laisser dans la prison même, où il mourut
après vingt ans de captivité.--D’après les dernières découvertes de
M. Jung (_la Vérité sur le Masque de fer_, 1872, in-8, p. 376),
Alvarès pourroit bien avoir été pour quelque chose dans la capture
du prisonnier masqué.
_Des Chevaux Légers de la Garde._
M. Poupart, ruë
M. Bourgevin, ruë
M. Rullault, ruë
_Des Gens d’Armes de la Garde._
M. Pardé des Mottes, rue du Temple.
RENTES DE L’HOTEL DE VILLE.
_La première partie des Rentes assignées sur le Clergé est payée par_
Mrs Boileau, vieille ruë du Temple, et Roberge, ruë des Rosiers.
_La deuxième le Vendredy, par_
Mrs de la Bruyère, ruë des Augustins[1], et Guybert, ruë du Cimetiere S.
André.
[1] Louis de La Bruyère, frère cadet de l’auteur des _Caractères_.
D’abord premier huissier du Parlement, il avoit quitté cette charge
vers 1686, pour celle que nous lui voyons ici. Il mourut, un an
avant son frère, le 12 mai 1695, n’ayant que quarante-sept ans.
(Jal, _Dictionn. critique_, p. 715.)
_La troisième le Jeudy, par_
M. le Bœuf, Cloître Notre Dame.
_La première partie des Rentes assignées sur les Aydes et Gabelles est
payée le Mardy, par_
M. Lerelle, ruë du grand Chantier.
_La deuxième le Mardy, par_
M. Bachelier, ruë de la Corderie.
_La troisième le Mercredy, par_
M. Desponty, rue Tizon.
_La quatrième le Mercredy, par_
M. Boiteux, rue de la Cerisaye.
_La Cinquième le Jeudy, par_
M. Deschamps, près les Minimes.
_La Sixième le Mercredy, par_
M. le Droit, rue de Grenelle.
_La Septième le Vendredy, par_
M. Amiot, rue Michel le Comte.
_La Huitième le Vendredy, par_
M. Fredy, Cloitre Saint Benoist.
_La Neuvième le Vendredy, par_
M. Routier, rue Geoffroy Lasnier.
_La Dixième le Vendredy, par_
M. du Noyer, Cul de sac des Blancs Manteaux.
_La Onzième le Samedy, par_
M. Tissart l’Ainé, rue Saint Sauveur.
_La Douzième le Samedy, par_
Mrs Le Mesle, rue des Ecrivains, et Issaly, rue des Rats.
_La Treizième le Samedy, par_
M. Houdiart, ruë Perpignan.
_La Quatorzième le Samedy, par_
M. Hocart, rue des Fossez Montmartre.
_La Quinzième le Jeudy, par_
M. Roüalle, rue des Audriettes.
_La Seizième le Jeudy, par_
M. Tissart le Jeune, rue Saint Sauveur.
_La Dix septième le Mercredy, par_
Mrs Boureau, rue de la Tisseranderie, et Berger, rue d’Orléans, au
Marais.
_La Dix huitième le Mardy, par_
Mrs Priaux, rue de la Colombe, et Soüet, rue Verderet.
_Les douze cens mil livres[2] de l’Edit du mois de Novembre 1689 sont
payez par_
[2] Dangeau (_Journal_, 1er déc. 1689) dit 1,400,000 livres, ce qui
est le vrai chiffre. Il ajoute que cette somme étoit constituée en
rentes viagères sur l’Hôtel de Ville, «acquises suivant les
différents âges, avec accroissement de l’intérêt des mourants sur
les survivants.» C’étoit la réalisation de _la Tontine_, proposée
plus de trente ans auparavant par l’italien Tonti, de qui venoit son
nom. (Isambert, _Anciennes lois françoises_, t. XX, p. 87.) La somme
affectée aux intérêts, en principal, devoit être prise sur les
droits d’aides et gabelles, et sur les cinq grosses fermes,
«spécialement hypothéquées, disoit l’édit, au payement desdites
rentes, même par préférence à la partie de notre Trésor royal.»
Cette tontine eut un très-grand succès: «J’aurois, écrivoit
l’intendant du Berry, Seraucourt, au Contrôleur général, à l’époque
où le projet en fut émis, j’aurois peine à vous expliquer
l’applaudissement qu’on lui donne dans toute cette province, tant
pour l’invention (chacun présumant qu’il vivra plus que les autres,
et espérant par-là parvenir à une grande fortune) que par la
sagesse, avec laquelle tous les cas qui peuvent tomber dans
l’imagination ont été prévus.» (Boislisle, _Correspond. des
contrôleurs généraux_, in-4º, p. 211.)
Mrs de Bellecour, rue des Victoires, Berger le Jeune, rue de Poictou au
Marais, et Boucher, ruë Plastrière.
_La Tontine ou Rentes Viagères sont payées par_
M. Durand, à l’Hôtel d’Albret, rue des Francs Bourgeois.
_Les Syndics Onéraires[3], sont_
[3] C’est-à-dire responsables, ayant réellement charge (_onus_).
Presque sous la même forme, c’est ainsi un mot tout opposé à
«honoraire.»
_pour les 1e, 2e, 3e, 4e, 5e et 6e Classes_
M. de Lonpré, à l’Hôtel de Ville.
_Pour les 7e, 8e, 9e et 10e Classes._
M. Tiercelet, rue Saint Antoine au dessus de S. Paul.
_Et pour les 11e, 12e, 13e et 14e Classes[4]_
[4] Une dame Charlotte Bonnemay, veuve Louis Barbier, avoit pris une
action de la 13e classe, et, quand une seconde tontine fut créée en
1696, une action encore, mais de la 14e classe. En 1726, elle vivoit
toujours, et, se trouvant la survivante des rentiers de ces deux
classes, elle n’avoit pas moins de 76,000 livres de rente. Elle
mourut cette année-là, le 9 mars, à quatre-vingt-seize ans.
(_Gazette de France_, 9 mars 1726.)
M. de Courcelles, près Sainte Marine.
_Le Million de livres de l’Edit du mois de May 1691[5] est payé par_
[5] «Le roi, dit Dangeau, à la date du 28 mai 1691, a créé un million
de rentes à la Maison de Ville, au denier dix-huit.» Nous dirions à
cinq et demi pour cent. C’étoit dix sous de plus que le taux légal
qui, dès le temps de Colbert, étoit au denier vingt, c’est-à-dire
cinq pour cent. (Chéruel, _Fouquet_, t. II, p. 269.)
Mrs Perelle, rue du grand Chantier, Bachelier, rue de la Corderie et
Despontis, rue des Tournelles.
Le Bureau des Officiers Conservateurs des Hipotheques sur les Rentes de
la Ville est rue de la Verrerie près la rue Bardubec, où M. de la Porte
principal Commis reçoit les Oppositions, Main levées, et Ratifications
et en delivre les Expéditions, ainsi que des échanges, Donations etc.
CONSEILS DU ROY, ET CHANCELLERIE.
Monseigneur Boucherat[1] Chevalier des ordres du Roi, Chancelier et Chef
de la Justice de France a son Hôtel rue Saint Louis, au Marais[2], où il
tient souvent le Conseil des Parties et l’Audiance du Sceau.
[1] Louis Boucherat, chancelier de France et garde des sceaux, depuis
le 1er nov. 1665. Après avoir été successivement conseiller au
Parlement, maître des requêtes, intendant de Guyenne, de Languedoc,
de Champagne et de Picardie, il étoit à quarante-neuf ans, par la
protection de Turenne, monté à ces hautes fonctions, qu’il garda
jusqu’à sa mort, le 2 septembre 1699.
[2] Il existe encore au nº 40, mais est plus connu dans le quartier
sous le nom d’hôtel d’Ecquevilly, qu’il eut ensuite, que sous le nom
de Boucherat. Quand celui-ci mourut, on commençoit le percement
d’une rue qui devoit relier la rue Vieille-du-Temple à la rue
Charlot. On lui donna son nom qu’elle garda jusqu’en 1851; elle fut
confondue alors avec la rue Saint-Louis, aujourd’hui de Turenne,
dont elle est, en effet, le prolongement.
_Conseillers d’Etat ordinaires._
M. l’Archevêque Duc de Rheims[3], rue Saint Thomas du Louvre.
[3] Charles-Maurice Le Tellier, archevêque de Reims, le même qui fut
si cruellement satirisé dans le _Cochon Mîtré_, dont nous avons
parlé plus haut.
M. l’Archevêq. de Rouen[4], rue de Verneuil.
[4] Jacques-Nicolas Colbert, un des fils du ministre. Avant d’être
archevêque à Rouen, il y avoit été coadjuteur, avec le titre
d’archevêque de Carthage.
M. Pussort[5], rue Saint Honoré.
[5] Henri Pussort, doyen du Conseil, le dernier survivant des juges de
Fouquet, contre lequel il avoit déployé une véhémence dont s’indigna
Mme de Sévigné, et qu’expliquoit sa parenté avec Colbert, dont il
étoit l’oncle maternel. Il mourut le 18 février 1697, «dans une
grande vieillesse, dit Saint-Simon, et toujours dans une grande
considération.» Pour sa maison, achetée en 1697 par Bertin des
parties casuelles, voy. plus haut ce que nous avons dit de celui-ci.
M. Voisin[6], rue Sainte Croix de la Bretonnerie.
[6] Le même, qui devint ministre de la guerre, puis chancelier, puis
garde des sceaux, le 2 juillet 1714, et qu’il eût fallu, suivant
Saint-Simon, laisser dans quelque intendance, comme celle du
Hainaut, où il avoit montré des qualités, mais de second ordre:
«Noyé, dit-il, dans la science d’intendant qu’il possédoit
parfaitement, et dans l’exercice de laquelle il avoit passé presque
toute sa vie.»
M. Courtin[7], rue Saint Louis, au Marais.
[7] Honoré Courtin, doyen du conseil après la mort de Pussort. Il
avoit été plusieurs fois ambassadeur, notamment en Angleterre, à
l’époque de la fuite de la reine, femme de Jacques II: «Il avoit,
dit Saint-Simon, signé le traité de Heilbronn, celui de Bréda et
plusieurs autres. Il avoit toujours été fort estimé et fort honoré
dans tous les emplois où il avoit passé.» Il mourut le 27 décembre
1703.
M. Benard de Rezé[8], rue d’Orléans.
[8] Fut longtemps du Conseil, dont il mourut le sous-doyen, le 9
décembre 1702. Un de ses fils fut évêque d’Angoulême.
M. d’Aligre[9], ruë Saint Dominique, Quartier Saint Germain.
[9] Fils du chancelier Etienne d’Aligre. Il avoit dû à la haute
position de son père d’être fait conseiller ordinaire, sans passer
par le titre de conseiller de semestre. Cette faveur étoit grande,
et personne de son rang ne l’obtint après lui, ce que Dangeau
n’oublia pas de constater, en parlant de sa mort le 19 mai 1695.
M. de Pommereu[10], vieille rue du Temple.
[10] Aug. Rob. de Pommereu, seigneur de la Bretêche-Saint-Non, fut
intendant du Bourbonnais et de Bretagne, où Mme de Sévigné le trouva
le plus honnête homme et le plus bel esprit de la robe. Il fut
ensuite à Paris prévôt des marchands de 1676 à 1683, et devint deux
ans après conseiller d’Etat. Quand il mourut en septembre 1699,
Saint-Simon écrivit en marge de son manuscrit du _Journal de
Dangeau_ cette note qui vaut une oraison funèbre: «homme droit,
ferme, et transcendant, qui avoit et méritoit des amis.»
M. d’Argouges[11], ruë de l’Echarpe.
[11] Frère du lieutenant civil. Il fut fait conseiller d’Etat avec
Caumartin, le 20 janvier 1685: «Ils étoient, dit Dangeau, les plus
anciens du semestre.»
M. Bignon[12], ruë des Bernardins[13].
[12] Jérôme Bignon, fils de l’avocat général au Parlement, et
conseiller d’Etat depuis le 28 mars 1686. Saint-Simon, qui «étoit de
père en fils ami particulier des Bignon», l’avoit en grande estime.
[13] L’hôtel patrimonial des Bignon s’y trouvoit. Il avoit été
construit en 1566 pour Jacques Lefèvre, abbé de la Chaise-Dieu,
conseiller intime de Charles IX. L’étage inférieur, dont les
sculptures allégoriques, datées de 1567, sont attribuées à Jean
Goujon, fut transporté, après la démolition de l’hôtel, en 1830,
dans la seconde cour de l’École des Beaux Arts, où il est toujours.
L’abbé Bignon, fils du conseiller d’Etat et bibliothécaire du roi,
avoit, au commencement du XVIIIe siècle, vendu l’hôtel au chancelier
de la principauté de Dombes, M. Chol de Torpane, dont il avoit pris
le nom.
M. Rouillé[14], Isle Notre Dame.
[14] Rouillé, comte de Melai, dont Mme de Sévigné désiroit tant que
son fils épousât la fille. Il avoit été fait conseiller d’Etat à la
mort de Caumartin, et il fut président du Conseil des finances au
commencement de la Régence.
M. de la Reynie[15], ruë du Boulloy.
[15] Gabriel-Nicolas de la Reynie, si célèbre comme lieutenant de
police. C’est à ce titre que nous parlerons de lui plus loin. Sa
nomination au Conseil d’Etat datoit du 28 mars 1686.
M. le Marquis de Villars[16], rue sainte Anne.
[16] Un des trois conseillers d’état d’épée. Le célèbre maréchal duc
de Villars étoit son fils. C’est l’_Orondate_ de Mme de Sévigné. Il
avoit été ambassadeur en Danemarck, puis à Madrid, d’où il rapporta
ce curieux _Mémoire sur la Cour d’Espagne, depuis 1679 jusqu’en
1681_, publié en 1733, pet. in-8, et réimprimé à Londres, à petit
nombre, en 1861, d’après un manuscrit, par M. W. Stirling qui le
croyoit inédit. Le marquis mourut le 28 mars 1698, à plus de
quatre-vingts ans. Sa femme a laissé des _Lettres_, dont le
chevalier Perrin possédoit le recueil, et dont la publication qu’il
se réservoit n’a été faite qu’en 1760, six ans après sa mort. Léop.
Collin les réimprima sous l’empire, et plus récemment M. Courtois en
donna une édition fort soignée.
M. de Saint Romain[17], rue saint Louis.
[17] Melchior de Harod de Senevas, marquis de Saint-Romain, mort en
juillet 1694, à plus de quatre-vingts ans. Il étoit le plus intime
ami de Courtin que nous avons vu plus haut: «tous deux conseillers
d’état, dit Saint-Simon, l’un d’épée, l’autre de robe.»
M. le Comte de la Vauguion[18], rue de Grenelle, Quartier S. Germain.
[18] Cette note de Saint-Simon, dans le _Journal de Dangeau_, à la
date de sa mort, le 29 décembre 1693, peut lui servir de biographie:
«Après diverses folies, il se tua de deux coups de pistolet, chez
lui à Paris, dans son lit. Il étoit chevalier de l’Ordre depuis
1688, conseiller d’Etat d’épée, et avoit eu plusieurs ambassades,
fort gueux, plein d’esprit et de galanterie; veuf et sans enfant,
très petit et simple gentilhomme.»
M. l’Archevesque d’Ambrun[19], près le Collége des 4 Nations.
[19] Charles Brulart de Genlis, mort en 1714.
_Conseillers d’Etat du Semestre de Janvier._
M. d’Aguesseau[20], Quai de Nesle.
[20] Henri d’Aguesseau, d’abord maître des requêtes, président au
grand Conseil, puis intendant à Limoges, à Bordeaux, dans le
Languedoc, et enfin conseiller d’Etat. L’idée de créer l’ordre de
Saint-Louis est de lui. A sa mort, le 5 sept. 1699, Saint-Simon,
dans une note du _Journal de Dangeau_, fit amplement son éloge.
L’illustre chancelier d’Aguesseau étoit son fils.
M. de Ribeyre[21], ruë de Taranne.
[21] Antoine de Ribeyre, qui étoit aussi conseiller d’honneur au
parlement de Paris, après avoir été intendant à Poitiers, puis à
Tours, et commissaire du Conseil en Bretagne. A sa mort, en octobre
1712, son gendre La Bourdonnois, intendant d’Orléans, lui succéda
comme conseiller d’Etat.
M. le Comte d’Avaux[22], ruë sainte Avoye.
[22] Jean-Antoine de Mesme, qui s’étoit donné le titre de comte
d’Avaux qui n’appartenoit qu’à son frère aîné: «Ses fréquentes
ambassades, dit Saint-Simon, l’avoient accoutumé à l’épée et à se
faire appeler le comte d’Avaux en pays étranger. Dans ses divers
retours en France, il ne put se résoudre à se défaire de cette
qualité de comte, ni à reprendre l’habit de son état.» C’est lui que
Mme de Sévigné appelle _Figuriborum_. Il mourut en février 1709.
Nous avons, p. 26, note 3, parlé de son hôtel.
M. l’Abbé le Pelletier[23], ruë de la Couture sainte Catherine.
[23] Ancien commissaire aux Grands Jours d’Auvergne, frère du
contrôleur général Le Pelletier et de Le Pelletier, de Souzy. Il
étoit conseiller d’Etat depuis 1685, et il mourut le 17 octobre
1696.
M. de Breteuil[24], rue du Grand Chantier.
[24] Ancien intendant des finances, et conseiller d’Etat depuis 1685.
M. du Gué de Bagnols[25], Intendant en Flandres.
[25] Dreux-Louis Du Gué de Bagnols, conseiller d’Etat depuis 1687.
C’est le même dont la femme amusoit tant Mme de Sévigné avec ses
ridicules.
_Conseillers d’Etat du Semestre de Juillet._
M. de Marillac, ruë Sainte Avoye[26].
[26] Ancien avocat général au grand Conseil et intendant à Poitiers.
Il eut la charge de conseiller d’Etat de semestre en 1603, parce que
son père s’en démit pour lui, «ce qui, dit Dangeau, ne s’étoit
jamais pratiqué.»--L’escalier de son hôtel, rue Sainte-Avoye, étoit
remarquable. _V._ G. Brice, 3e édit., t. I, p. 256.
M. le Pelletier de Souzy[27], rue de la Couture S. Catherine.
[27] Nous avons dit comment il fut en passe de succéder à son frère
comme contrôleur général au lieu de Pontchartrain. Il étoit d’une
grande capacité. C’est avec lui que le roi faisoit tous les lundis
le travail des fortifications.
M. de la Moignon de Basville, Intendant en Languedoc[28].
[28] Cinquième fils du président de Lamoignon. Il fut d’abord
intendant à Poitiers. En Languedoc, après la révocation de l’Edit,
il fut terrible contre les protestants.
M. Bazin de Bezons, Intendant en Guyenne[29].
[29] Avoit été d’abord intendant à Limoges et à Orléans. Il étoit
conseiller d’Etat de semestre depuis le 28 mars 1686.
M. de Harlay de Bonneuil[30], ruë Saint Louis, au Marais.
[30] Nicolas-Auguste de Harlay de Bonneuil, d’abord conseiller au
Parlement, maître des requêtes et intendant en Bourgogne. Il fut
conseiller d’Etat de semestre en 1686, et conseiller d’Etat
ordinaire en 1700. Le chancelier Boucherat étoit son beau-père.
M. de Fourcy[31], rue de Jouy[32].
[31] Autre gendre de Boucherat, dont il avoit épousé la fille aînée.
Il fut prévôt des marchands à Paris, de 1684 à 1691.
[32] A l’époque de sa prévôté on ouvrit, près de son hôtel, une rue
qui faisoit communiquer la rue de Jouy avec la rue Saint-Antoine. On
lui donna son nom qu’elle a gardé.
_Maitres des Requestes de l’Hotel du Roy._
Pour M. le Doien, voiez le Chapitre des principaux Magistrats, et pour
les autres prenez la liste dans la Grand’Salle du Palais, près la
Chapelle, au bas du dégré des Requestes de l’Hôtel, ou chez les Sieurs
Michallet et Rondet imprimeurs ruë Saint Jacques.
_Les Grands Audianciers de France, Examinateurs et Rapporteurs des
Lettres qui doivent passer au Grand Sceau, sont_
Pour le quartier de Janvier, M. Boucher, ruë des Quatre Fils. Pour celuy
d’Avril, M. le Mire, ruë de Paradis. Pour celuy de Juillet, M. le Fevre,
Place du Collége Mazarini[33]. Et pour celuy d’Octobre, M. le Menestrel,
ruë du Hazard[34].
[33] Il logeoit, en effet, au collége des Quatre Nations, ou collége
Mazarin, qui est, comme on sait, devenu le palais de l’Institut.
[34] Fils du trésorier du Conseil des bâtiments. Il habitoit, rue du
Hazard, une des nombreuses maisons dont son père avoit eu, grâce à
sa charge, le terrain presque pour rien, à l’époque où l’on
construisoit ce quartier. V. notre _Histoire de la Butte des
Moulins_, p. 84.
_Les Contrôleurs Généraux de l’Audiance de la Chancellerie de France qui
veillent à ce que les Lettres accordées ne soient soustraites, et que
nulles autres ne passent au sceau, sont_:
Pour le quartier de Janvier, M. Contard[35], ruë saint Honoré. Pour
celui d’Avril, M. Pitot[36], ruë de Ventadour. Pour celui de Juillet, M.
Benoist, ruë de Grenelle, quartier saint Germain. Et pour celui
d’Octobre, M. de Jonquiere, rue Vivienne.
[35] Il faut lire Coustard, d’après _l’Alman. royal_ de 1702, p. 41.
[36] Le même _Almanach_ le nomme Pirot.
_Les Gardes des Rolles des Offices de France, sont_:
Pour le quartier de Janvier, M. Préval, ruë de la Sourdiere. Pour celui
d’Avril, M. Hevin[37], rue des Fossez Montmartre. Pour celui de Juillet,
M. Boucot[38], rue Hautefueille. Et pour celui d’Octobre, M. Ausbourg,
rue des Fossez Montmartre.
[37] Hénin, d’après le même _Almanach_, p. 41.
[38] C’étoit un des plus grands _curieux_ de Paris, comme on le verra
plus bas, à propos de sa bibliothèque. Il eut la visite de Lister,
quand celui-ci fit son second voyage à Paris. Grand amateur de
coquilles, il admira surtout celles qui étoient une des nombreuses
curiosités du cabinet de Boucot (_Voyage de Lister à Paris en 1698_,
traduct. de la Société des bibliophiles, 1873, in-8, p. 64-66). G.
Brice, qui lui aussi, dans sa _Description de Paris_, parle
longuement, t. II, p. 97-99, des collections de Boucot, y mentionne
en particulier la bibliothèque: «On y voit, dit-il,... une grande
quantité de livres très-bien conditionnés, entre lesquels il y en a
plusieurs de cartes et d’estampes rares et singuliers.» A la mort de
Boucot, en 1699, la vente de ses livres prouva que Brice avoit dit
vrai; il nous suffira de donner le titre du _Catalogue_, qui
annonçoit cette vente pour le 16 nov.: _Catalogue de la Bibliothèque
de défunt M. Boucot, garde rolle des officiers de France, composée
de plus de dix huit mille volumes de livres imprimez, très-bien
conditionnez, plusieurs des in-folio étant de grand papier, et
reliez en maroquin, de plus de soixante et dix mille estampes, entre
lesquels il y a dix sept mille portraits_. M. G. Duplessis a publié,
en 1870, sur cette vente, une curieuse lettre de Nicos Clément à
Gaignières, dans _le Bibliophile françois_, t. V, p. 97.
_Trésorier General du Sceau._
M. Bechet, Place des Victoires.
SECRETAIRES DU ROY. MAISON ET COURONNE DE FRANCE.
_Syndics en Charge._
M. de la Baune, ruë Thibaut Thodé.
M. Rouillet de Beauchamps, rue des Rosiers, quartier S. Germain.
M. Gourdon, à l’Hôtel de Guise.
M. Gamard, ruë Neuve des petits champs.
M. Hubert, rue Sainte Avoye.
M. Hérardin, à l’Hôtel de la Monnoye.
_Trésorier de la bourse commune._
M. de Lamet, près Saint Eustache.
Ces Officiers tiennent les Assemblées du Collége en la Chancellerie du
Palais, où l’on peut recouvrer la liste générale de ceux qui en sont
Membres, et encore chez le sieur Rondet Imprimeur, rue S. Jacques.
_Advocats ez Conseils du Roy._
M. Aubery leur Doyen, demeure ruë Saint Denis devant la rue du petit
Lion.
On peut recouvrer leur Liste chez le sieur du Brec Clerc de leur Collége
rue de la Calandre, ou encore chez le même Rondet.
PRINCIPAUX MAGISTRATS.
_Juges ordinaires et gens du Roy, des Cours souveraines et Juridictions
subalternes de Paris._
PARLEMENT.
_Premier Président._
M. de Harlay[1], Cour du Palais.
[1] Achille de Harlay, qui avoit succédé dans cette charge à M. de
Novion, en sept. 1689. Sa complaisance, lorsqu’il étoit procureur
général, pour la légitimation des bâtards du Roi, «doubles
adultérins», fut, selon Saint-Simon, la source de sa fortune. Il
avoit été «l’adroit auteur de cette légitimation... sans nommer la
mère.» Saint-Simon, _Mém._ 1877, in-18, t. XX, table rédigée par
lui-même, p. 257.
_Présidens à Mortier._
M. de Nesmond[2], Quay de la Tournelle[3].
[2] Il avoit acquis, en 1689, de Lamoignon, qui en garda la
survivance, cette charge de président à mortier. Lorsque Nesmond
mourut en 1693, Lamoignon eut ainsi le droit, moyennant 350,000
livres données à sa famille, de reprendre la charge. (Dangeau,
_Journal_, 4 déc. 1689 et 19 mars 1693.)
[3] Son hôtel y existe encore presque intact, auprès de la _Pharmacie
centrale_, qui étoit alors, nous l’avons dit plus haut, l’hôtel dont
Mme de Miramion, belle-mère de Nesmond, avoit fait un couvent. Selon
Saint-Simon, c’est Nesmond qui fit le premier poser au-dessus de sa
porte un marbre avec son nom en lettres d’or. V. nos _Enigmes des
rues de Paris_, p. 181.
M. de Maisons[4], ruë de l’Université.
[4] Il est beaucoup parlé de lui dans Saint-Simon, qui dit beaucoup de
bien de son esprit, et assez peu de son caractère. Il mourut en août
1715, dans toute la force de son influence sur le Parlement, et avec
l’espérance qu’à la mort du roi, qui ne devoit tarder que de
quelques jours, il seroit fait garde des sceaux. Le nom de sa
famille étoit Longueil. Elle l’avoit échangé pour celui de Maisons,
lorsque l’aïeul du président avoit obtenu l’érection en marquisat de
la terre de Maisons, où il avoit fait bâtir un si beau château,
pendant qu’il étoit surintendant des finances. Ses malversations le
firent révoquer. Il se contenta de dire: «Ils ont tort; j’avois fait
mes affaires, j’allois faire les leurs.» Saint-Simon, notes sur
Dangeau, 12 avril 1705.
M. de Champlatreux[5], ruë du Brac.
[5] De l’illustre famille des Molé, et fils de l’un des derniers
gardes des sceaux. Il céda sa charge à son fils, lorsqu’il eut
trente et un ans. (Dangeau, 11 avril 1707.)
M. le Pelletier[6], vieille ruë du Temple.
[6] Il devint premier président après la démission de M. de Harlay, et
se démit lui-même de cette charge, en 1712, à la mort de son père,
Claude Le Pelletier, ancien ministre d’Etat et contrôleur général,
qui l’y avoit fait rester malgré lui. Un accident arrivé au Palais,
dans l’Hôtel de la Présidence, où le plancher de la salle à manger
croula sous lui, avoit dérangé son cerveau, jusqu’à le rendre
presque incapable de tout travail. (Saint-Simon, t. IV, 78; VI, p.
212.) C’est son père, étant prévôt des marchands avant d’arriver au
Ministère, qui avoit fait construire près de la Grêve, en 1675, le
quai nommé, à cause de lui, quai Pelletier. (_Id._, t. I, p. 301.)
M. de Mesmes[7], ruë Sainte Avoye.
[7] Jean-Antoine de Mesme, neveu du comte d’Avaux dont il a été
question plus haut. Il avoit succédé, comme président à mortier, à
son père mort en janvier 1688. Il devint premier président en 1712,
par suite de la démission de Le Pelletier.
M. de Novion[8], ruë du Baac.