19 septembre 1916.

Dans des bassins, des canards étrangers, couleur ocre, la tête plus

pâle, la queue noire, tournent comme des toupies autour des femelles,

plus grandes, plus épaisses qu’eux; ils «coincoinent», ils jacassent,

puis font des bonds agressifs, qu’elles évitent adroitement. Alors ils

allongent le cou vers elles, et soufflent et reniflent comme des

créatures aux abois.

Elles voguent tranquillement à deux, tournent de temps en temps le bec

l’une vers l’autre en se caquetant dans la figure quelque chose qui

fait: «rwanerwanewaw». Cela veut dire évidemment: «Que ces mâles sont

embêtants! il va encore falloir s’exécuter», ou peut-être: «Quel bonheur

d’être femelle dans la création: quand l’heure est venue, avec quelle

tendresse nous disons oui! mais au moins, nous ne sommes pas affligées

de cette obsession malséante qui s’étale devant tout le monde.»

Angelinette · 第 48 / 60 题