Dans des bassins, des canards étrangers, couleur ocre, la tête plus
pâle, la queue noire, tournent comme des toupies autour des femelles,
plus grandes, plus épaisses qu’eux; ils «coincoinent», ils jacassent,
puis font des bonds agressifs, qu’elles évitent adroitement. Alors ils
allongent le cou vers elles, et soufflent et reniflent comme des
créatures aux abois.
Elles voguent tranquillement à deux, tournent de temps en temps le bec
l’une vers l’autre en se caquetant dans la figure quelque chose qui
fait: «rwanerwanewaw». Cela veut dire évidemment: «Que ces mâles sont
embêtants! il va encore falloir s’exécuter», ou peut-être: «Quel bonheur
d’être femelle dans la création: quand l’heure est venue, avec quelle
tendresse nous disons oui! mais au moins, nous ne sommes pas affligées
de cette obsession malséante qui s’étale devant tout le monde.»