Le dindon domestique, tout blanc, se pavane, la queue en éventail, les
plumes ébouriffées, tout son être hérissé, devant le treillage derrière
lequel se trouve, le cou tendu, la femelle de son congénère, autre
dindon domestique. Il a les yeux entourés de bleu; le cou, la tête et le
chiffon qui lui pend par-dessus le bec, sanguinolents. Le chiffon est
fripé comme un lambeau d’entrailles; à volonté, il injecte de sang, ou
fait bleuir en bleu de ciel, ou laisse pâlir en un blanc violacé cette
masse amorphe qui pendille de droite et de gauche. Il va et vient,
apoplectique ou anémique, dément de désir. Il est magnifique,
antipathique, plein de morgue et d’acariâtreté. Il tend le cou et fait
_kloukoulou! kloukoulou! Kwole, kwole, kwole!_