Ce sacré merle! il vous en a une sérénité!
--Cher, tu m’enchantes!
Il est perché là, sur cette cheminée d’une maison abandonnée, dominant
les jardins en fleurs gaiement ensoleillés. Si on pouvait annoter cette
musique, quelle fraîcheur! ou faire une grammaire de cette langue naïve,
quel imprévu!
Ah! le voilà parti. Enfin on ne peut tout de même pas nous priver de ce
soleil, ni du chant de ces chéris, mais moi personnellement, je n’arrive
pas non plus à m’ôter la vision des étouffements des tranchées, des
cadavres, la bouche pleine de terre de l’avoir mordue dans leur agonie,
des yeux des morts ouverts, comme regardant le ciel bleu au-dessus
d’eux, des désespoirs dans les familles à l’annonce de la mort, et
j’entends l’exclamation: «Onze Robe!», «Notre Marcel!», «Unser Hans!»,
«Our Dick!». Et les odeurs, les odeurs... Ah! mon Dieu! Ah! mon Dieu!
J’ai bien à écouter le chant du merle!