5 mars 1915.

Hier, une dizaine de soldats allemands s’amusaient devant l’éléphant. La

bête jetait tout le temps sa trompe en avant, mais aucun des soldats ne

savait ce que cela voulait dire. Je fis un clin d’œil au gardien, pris

une pièce de deux centimes dans mon porte-monnaie et la jetai à

l’éléphant. Il la ramassa et frappa violemment contre les barreaux. Le

gardien approcha; il lui donna la pièce et reçut en échange un morceau

de pain dans sa gueule ouverte. La joie des soldats! Maintenant tous

cherchaient des piécettes et les lui jetaient. Le gardien eut une bonne

récolte. Quand je partis, il me salua gentiment. Nous étions de

connivence, et je me promets de lui servir encore souvent d’amorce.

La seule otarie qui reste crie affreusement toute la journée, en

s’étalant devant les deux cormorans, ses camarades, mais, quand elle en

approche trop près, ils lui donnent des coups de bec, et alors l’otarie

de crier. Le gardien me dit qu’elle se lamente ainsi parce qu’elle est

seule et que les cormorans ne veulent pas jouer avec elle.

Quelle adorable créature d’avoir ainsi besoin d’affection!

Angelinette · 第 32 / 60 题