Hier, une dizaine de soldats allemands s’amusaient devant l’éléphant. La
bête jetait tout le temps sa trompe en avant, mais aucun des soldats ne
savait ce que cela voulait dire. Je fis un clin d’œil au gardien, pris
une pièce de deux centimes dans mon porte-monnaie et la jetai à
l’éléphant. Il la ramassa et frappa violemment contre les barreaux. Le
gardien approcha; il lui donna la pièce et reçut en échange un morceau
de pain dans sa gueule ouverte. La joie des soldats! Maintenant tous
cherchaient des piécettes et les lui jetaient. Le gardien eut une bonne
récolte. Quand je partis, il me salua gentiment. Nous étions de
connivence, et je me promets de lui servir encore souvent d’amorce.
La seule otarie qui reste crie affreusement toute la journée, en
s’étalant devant les deux cormorans, ses camarades, mais, quand elle en
approche trop près, ils lui donnent des coups de bec, et alors l’otarie
de crier. Le gardien me dit qu’elle se lamente ainsi parce qu’elle est
seule et que les cormorans ne veulent pas jouer avec elle.
Quelle adorable créature d’avoir ainsi besoin d’affection!