Je suis encore allée, aujourd’hui dimanche, faire ma promenade
hygiénique au jardin zoologique. J’ai vu une pariade de vautours. La
femelle crie lamentablement; le mâle la chevauche avec énergie en la
maintenant de ses mandibules, par la peau du cou, comme les fauves. Le
plus beau est le battement fébrile et précipité des ailes.
Pas de bourgeois, mais d’innombrables soldats allemands. Il y en avait
beaucoup qui doivent être fraîchement arrivés: en bonnet rond, blanc à
bord rouge, la tunique blanche, les bottes à éperons. Malgré ce costume
prestigieux, beaucoup avaient l’air de pauvres bougres, dans les
cinquante ans, courbaturés par un travail trop continu et trop lourd,
une épaule plus haute que l’autre, marchant sur leurs belles bottes
comme si leurs cors les tourmentaient. Ils regardaient les bêtes, comme
tous les ouvriers, avec un ébahissement qui ne cherche pas plus loin.
Ils ne songent pas que ce sont des êtres qui pensent et qui sentent. Ils
ne songent pas qu’elles rêvent de liberté et souffrent d’être ainsi en
cage. Non, les bêtes en cage sont créées pour leur ébahissement.