Me voici revenue après l’hiver.
J’ai donné à Fineke un vieux petit sac en velours. Elle le mania, puis y
fourra son nez et me dit, radieuse:
--Cela sent comme madame.
Fineke devient une beauté depuis qu’elle a reçu des soins: elle devient
comme un fruit doré du Midi.
Mitje a pris à cœur, pendant tout l’hiver, de laver consciencieusement
les enfants dans les coins et recoins, comme je le lui avais indiqué.
Elle me montre leur derrière luisant et frais, que c’en est une joie.
Samedi passé, Mileke, après son bain, courut après elle dans la cour.
--Mitje! Mitje! tu dois aussi laver ton «holeke[4]».
[4] Petit cul.
--Mais oui, fit Mitje.
Je ne voudrais pour rien au monde atténuer cette candeur, pas plus que
quand Mitje vient fourrer son bras savoureux de dix-huit ans sous le nez
de mon mari, en disant: «Voyez, monsieur, comme il est bien lavé, et
nous n’avons plus de poux, pas un seul.»
Ce n’est pas grossièreté de nature, mais c’est dû à l’étonnante
simplicité de leur vie et l’absence complète de contact avec le monde
extérieur.