21 août 1916.

Pour encourager Mitje dans ses soins de propreté, je lui ai répété que

mon mari et les demoiselles de chez l’épicier m’avaient dit qu’elle

devenait si jolie et avait la peau si claire. Elle l’a naïvement répété

à sa mère, en rougissant d’émotion heureuse. Les enfants reçoivent

régulièrement leur bain hebdomadaire et j’ai obtenu également qu’elle

les lave le soir avant de les mettre au lit. Ainsi, le matin, elle n’a

qu’à les rafraîchir avec de l’eau claire, pour les éveiller, ce qui est

vite fait, car, les jours que Mitje partait de bonne heure avec son père

pour les champs, les enfants n’étaient pas lavés: la mère, avec la

meilleure volonté du monde, n’arrive pas à se défaire de ses habitudes

crasseuses. Donc Mitje lave les enfants le soir. Aujourd’hui elle m’a

dit que Fineke était toute rose en se levant et riait en ouvrant les

yeux.

--Eh bien, Mitje, rappelez-vous la Fineke d’il y a trois mois, sa tête

encroûtée et envahie de poux et son petit corps rugueux de saleté, et la

baguette magique qui a produit ce changement n’a été que de l’eau

claire, du savon et un peu de sel de soude.

Elle me regardait, étonnée, de ses yeux intelligents.

--C’est vrai tout de même: rien que de les avoir lavés, ils sont devenus

comme des enfants de riche.

C’est une émotive que Mitje: on voit des vagues d’émotion passer sur sa

figure. N’importe, il y a encore beaucoup à faire. Mais j’y parviendrai,

je suis aidée par tous les enfants. Ces tout petits, de trois, six et

huit ans, ne veulent plus manger en dehors des heures de repas de

famille et Mileke dit à ses camarades:

--Je sais où il y a des nids d’oiseaux, mais je ne te le dirai pas car

tu les torturerais, et ils aiment autant à vivre que nous.

Et l’autre jour, comme on lui donnait un petit oiseau, il l’a mis sur sa

toute petite main et l’a fait s’envoler. Si j’étais libre, je ferais une

éducation à tous ces enfants: ils en valent la peine.

Angelinette · 第 14 / 60 题