Je ramène Fineke chez elle, la tête enfarinée d’acide borique. J’ai dû
lui faire mal, mais cette enfant de cinq ans ne veut pas pleurer et, les
larmes aux yeux, elle a éclaté de rire. Maintenant, apaisée, dans une
main une rose et dans l’autre des bonbons, elle me raconte en son
patois, avec beaucoup d’animation, que Remi avait un petit oiseau dans
un pot de fleurs retourné; que, pendant qu’il était à l’école, elle a
pris l’oiseau et l’a fait s’envoler par la cheminée.
--Le matin, quand je me réveille, gazouille-t-elle, les oiseaux
chantent: alors celui que j’ai fait s’envoler peut chanter avec eux.
Oh! comme je l’ai embrassée!
--Gilles, continue-t-elle, a une pie dans une malle; quand il sera sorti
avec les vaches, je la laisserai aussi s’envoler.
--Alors tu dois, avant d’ouvrir la malle, ouvrir la porte et les
fenêtres, car la cheminée, c’est très haut et tout droit, et elle
pourrait retomber dans les cendres chaudes de l’âtre.
--Oui, j’ouvrirai la porte, car je n’ose pas la prendre: elle est
grande, la pie.
Cette adorable petite créature est réceptive à tout ce qui est bon, à
tout ce qui est beau. La rose que je lui ai donnée, elle la met à côté
d’elle dans une tasse d’eau pendant qu’elle mange.
Je ne puis rien pour elle, je dois me borner à soigner ses croûtes et
les bleus qu’elle attrape à droite et à gauche.