Rencontre du comte Cereni Albizzi.--Succès de ma mission.--Sir Hudson
Lowe.
Au milieu de tant de distractions par lesquelles je cherchais à masquer
à la curiosité publique l'objet de mon voyage, je commençais à la
poursuivre avec assiduité. Le bel Albizzi, sur le compte duquel je
devais rendre un témoignage exact et minutieux, n'était pas venu seul à
Naples, et c'est ce qui avait donné à sa fuite de Florence une couleur
plus répréhensible. Un caprice fort peu digne de cette préférence
l'avait mis en route; mais, inconstant dans son infidélité, on le voyait
fort peu à Naples avec la personne qui lui avait fait faire le voyage,
il avais eu quelque peine à découvrir l'hospitalité qu'il avait choisie,
mais dès que je l'eus surprise, sans me confier à qui que ce fût, je me
mis bientôt au courant de toutes ses démarches. Je sus ainsi qu'il ne
restait déjà plus à Naples pour le motif qui l'y avait conduit, car la
société était rompue entre les deux fugitifs de Florence. Un hasard, car
le hasard est encore la plupart du temps le dénonciateur le plus
instructif, m'en apprit plus que les recherches positives auxquelles je
m'étais livrée, et me rapprocha plus directement de celui que je devais
ramener. Il y avait eu à la cour je ne sais quel gala extraordinaire. Le
roi avait dans la matinée passé une revue éblouissante. Le peuple
napolitain, si amoureux de tous les spectacles, y avait battu des mains,
à l'aspect de ce roi chevalier, courant à cheval au milieu de ses
troupes qu'il électrisait de son ardeur. Les femmes s'étaient
précipitées sur son passage et avaient accompagné de _vivat_ passionnés
et bruyans la course guerrière du monarque. Jamais roi ne fut plus
populaire par des qualités qui, ailleurs, eussent été peut-être des
défauts. Le soir de ce beau jour, Leurs Majestés vinrent ensemble au
théâtre de Saint-Charles. On ne saurait se faire d'idée de
l'enthousiasme que fit éclater leur présence. La toilette radieuse des
deux époux, l'éclat des diamans se mêlant à l'éclat de leur beauté, les
sourires gracieux de la reine, les saluts affables du roi, toute cette
pompe si bien assortie, aux moeurs, toute cette population empressée,
formaient une action et une réaction des sentimens de la foule et de
ceux de la puissance; on eût dit vraiment que c'était une fête de
famille.
Je m'étais assurée d'une loge pour cette représentation brillante, et je
m'y étais fait accompagner par le colonel Odeleben, que cet acte de
bienveillance avait charmé. Je me donnais à peine depuis quelques
minutes le plaisir d'étaler ma toilette qui n'était pas au-dessous de la
circonstance, quand je vois s'ouvrir une loge près du parquet faisant
face à la loge royale, et le bel objet de ma mission, le superbe Cereni
Albizzi s'installer bruyamment sur le devant de la loge. Cereni était un
de ces hommes sans caractère, sur lesquels peuvent s'exercer à coup sûr
toutes les volontés, esprit ordinaire et frivole, plongé pour ainsi dire
dans la méditation et dans la rêverie de sa beauté; mais cette beauté
était si réelle et si imposante, qu'elle empêchait de trop voir ses
ridicules, de trouver trop choquante, ce soir-là surtout, l'affectation
de Cereni à se mettre en évidence, à lorgner, autant qu'il l'osait, la
belle souveraine. Tout cela me parut bien niaisement fat. Au même
moment, je priai Odeleben de me faire venir des sorbets, le prévenant
que j'avais deux mots à dire à quelqu'un hors de ma loge.
En effet, je vais droit du côté de Cereni. Jamais on ne vit expression
plus vive et plus plaisante de surprise que celle de Cereni à mon
aspect. Après les premiers mots de reconnaissance, je me contentai de
lui donner mon adresse, lui disant que je l'attendrais le lendemain. De
retour dans ma loge, j'observai de nouveau la figure que je venais de
tant étonner. Entièrement remis de cette surprise, il parut suivre son
plan de fatuité, et je n'eus pas de peine à lire sur sa physionomie la
conviction que ses attentions impertinentes étaient remarquées et
agréées de l'auguste personne qui en était l'objet bien involontaire.
Les fumées de cette vanité prétentieuse n'ôtèrent pourtant pas la
mémoire au beau Léandre, et ne l'empêchèrent point de me venir voir le
lendemain. Je ne manquai pas de lui faire part de mes observations de la
veille; il me répondit de manière à mériter un soufflet. La noblesse de
sa figure servait si heureusement de correctif à l'inconvenance de ses
paroles, que ses joues furent sauvées d'un affront dont elles étaient
dignes.
«Que faites-vous ici?» dis-je au volage, avec cet empire qu'une femme
sait prendre dans ses interrogations, quand elle sait le faible des
gens. «Qu'est devenue l'aimable fugitive qui vous a fait accourir de
Naples?
«--Elle est entrée au théâtre, et suffisamment éclairé, j'ai cessé de la
voir.
--«Vous proposez-vous de revenir bientôt à Florence?
«--Jamais!»
Ce jamais-là ne cadrait pas avec mes instructions, et je dus m'attacher
à le combattre. Avec un peu d'expérience de la vie, je commençais à
comprendre que les _jamais_ ou les _toujours_ des hommes ne sont pas
choses éternelles ou invincibles. Cereni n'avait pas une tête aussi
forte qu'elle était belle, et au bout de quelques jours et de quelques
visites, j'eus bon marché de ses sermens et de ses résistances. J'avais
fait habilement de la peur la complice de mes insinuations, en
persuadant au crédule personnage que sa course, entreprise pour une
cause très peu flatteuse, l'exposerait aux soupçons de la politique;
qu'avec son immense fortune et sa haute position, il ne fallait point
jouer avec la défiance active et toute-puissante des polices; que la
cour de Toscane, où il tenait un rang élevé que les bontés de la
grande-duchesse relevaient encore, valait mieux que de gratuites
tracasseries. Aux premiers traits de ce tableau, Cereni ne répondait que
par des exclamations passionnées sur la délicieuse figure de la reine de
Naples, et les soupirs d'une ambition aussi inconvenante qu'inutile.
«Sans compter les difficultés d'un retour de tendresse que je ne crois
pas la reine capable d'agréer, songez aussi, mon ami, qu'après sa
réserve à vaincre, il y aurait encore la jalousie de Murat à tromper et
à braver. Les maris ne sont trahis que quand ils méritent de l'être: les
femmes ordinaires ne sont vulnérables que par les légèretés de leurs
volages époux. Si, par leur abandon, ils ne préparaient et
n'autorisaient nos fautes, il y en aurait bien peu de commises. Le cas
est bien plus grave avec une reine, que la dignité de son rang
retiendrait encore, lors même que le coeur conjugal la délaisserait. Mais
Caroline n'en est point là avec Joachim. Joachim l'idolâtre, apprécie
ses qualités, s'attache à ses pas, et ressent pour sa royale compagne
toute la jalousie frénétique qu'on éprouve pour une maîtresse. Je ne
vous conseille pas de vous mesurer avec les Othello.»
Tant de considérations réunies et insidieusement présentées produisirent
enfin leur effet, et Cereni, persuadé, daigna avouer que son retour à
Florence était ce qu'il avait de mieux à faire. J'ajoutai au tableau de
son intérêt celui d'autres espérances, qui furent encore assez
puissantes pour déterminer l'exactitude de son départ, au jour que
devant moi je lui avais fait fixer. Le mien était moins pressant, et
contente d'avoir réussi, j'imaginai que l'objet du voyage serait encore
pour la grande-duchesse le plus agréable messager de son succès. Je
restai donc à Naples quelques jours encore. Mon baron saxon tournait
toujours autour de moi pour pénétrer le secret de mes allures, qu'il
imaginait de la nature la plus grave et la plus politique, et qui se
réduisaient à une mission en faveur de l'impatience contre
l'ingratitude. Du reste, si je lui ai continuellement échappé, je n'ai
pas pu m'expliquer sa position plus clairement qu'il ne s'expliquait la
mienne. Il voyait beaucoup la grande société, l'ancienne noblesse
napolitaine, et il fut fait général de brigade à la suite de ce voyage
entrepris sous un prétexte de santé, qui n'était pas trop justifié par
sa mine et son appétit tudesque.
Il faut que je me fasse un compliment. Avant et après le succès de ma
mission, et malgré ma facilité bien connue à me laisser entraîner vers
les liaisons commodes et amusantes avec les artistes, j'évitai, autant
que naguère et dans d'autres circonstances je l'eusse cherché ce genre
de société. J'établis une espèce de cordon sanitaire entre moi et le
théâtre, et cette précaution m'avait paru indispensable, attendu que
j'en connaissais le directeur, M. Armand Verteuil, et quelques autres
personnes de la troupe royale, et qu'au milieu de tout ce monde, j'eusse
été provoquée par de continuelles interrogations sur les motifs d'un
voyage; si dispendieux et si peu explicable. Quand on est en relation
avec des reines véritables, il ne faut pas se commettre avec des reines
pour rire, toute chose a besoin de conserver ses illusions.
La conscience tranquille sur ma conduite, et le coeur satisfait de mes
démarches, pour ne pas dire de mon triomphe, je retournai à Caserte, où
la reine Caroline m'avait dit, avec une bonté dont j'avais été ravie,
que je pouvais me présenter désormais sans convocation officielle.
L'accueil fut encore plus gracieux qu'à la première entrevue, la reine
plus aimable et plus caressante; il semblait que ce fût un besoin de son
coeur d'être bonne et affable autant qu'elle était jolie. Elle me reparla
de Cereni, et quand je lui annonçai qu'il avait quitté Naples, un peu
chassé par la peur, elle rit aux éclats de la promptitude et de la
simplicité de sa résignation. S. M., avec cette finesse qui laisse
deviner qu'on n'ignore rien, et cette grâce délicate qui annonce en même
temps qu'on sait tout cacher, se contenta de me dire: «J'espère bien que
c'est la route de Florence qu'a prise ce beau cavalier. Allons, Madame,
on sera content de vous là-bas autant que personnellement j'en ai été
contente ici. J'écrirai à Élisa, et je ne lui cacherai point l'envie que
je porte au bonheur qu'elle doit ressentir de voir auprès d'elle un zèle
aussi éclairé et un dévouement aussi discret.» Je sortis enchantée de
cette dernière entrevue, et vraiment il entrait dans ma joie quelque
chose de plus que de la vanité. Satisfaite, j'étais heureuse de trousser
tant de qualités et de vertus dans toutes les personnes de la famille à
laquelle j'avais voué le culte de mes opinions et de mon dévouement.
Rien ne serait pénible, ce me semble, comme d'aimer des princes qui par
leur esprit ne justifieraient pas le choix que l'on aurait fait de leur
cause, et qu'on serait embarrassé de défendre vis-à-vis de leurs
ennemis. Je ne revis pas le roi Joachim, mais je recueillis avec un
extrême intérêt tout ce que j'entendais dire de sa bonté et de son
courage. Malgré cet air de galanterie que lui donnait un costume
chevaleresque, malgré la brillante élégance de ses manières avec les
femmes, Murat ne prêtait pas même à l'envie le prétexte du moindre tort
conjugal. L'aventure de Camilla, que j'ai racontée, une autre du même
genre, dont les détails seraient trop longs et que j'appris à Naples,
méritent de faire comparer, sous les rapports même d'une vertu fort rare
pour un Français, l'intrépide Murat à l'intrépide Bayard. Il était un
peu enclin à la colère, à cette brusquerie des camps qu'on appelle en
termes militaires une mauvaise tête; mais il justifiait bien le proverbe
des mauvaises têtes et des bons coeurs.
Quand un homme monte si haut, il est bien rare que la malignité ne se
venge pas de sa fortune par la calomnie. C'est ainsi qu'on a dit, qu'on
a imprimé, que, dans nos troubles, Murat avait changé une lettre de son
nom pour lui donner une affreuse ressemblance avec celui de l'homme
sanguinaire que frappa l'héroïque Charlotte Corday, cette femme dont on
a si bien dit qu'elle donna la mort comme Brutus et qu'elle la reçut
comme Socrate; mais je puis certifier avoir entendu à ce sujet, et de la
bouche de M. le marquis de Saluces[13] qui en avait été témoin, une
explication positive. Dans une réunion brillante où se trouvait Murat,
par malice ou par hasard la conversation était tombée sur la révolution
et le déplorable acteur de ce drame dont Murat aurait ambitionné d'être
l'homonyme; le roi Joachim, se livrant à son opinion et à ses souvenirs,
avait dit: «_Quant à celui-là, il ne pouvait y avoir rien d'humain sous
une si abominable écorce._»
Qu'on me pardonne cette expression, Murat avait fort bien pris à Naples.
Bien plus propre au commandement que Joseph, auquel il avait succédé, il
eut à peine mis le pied sur les marches d'un trône qu'il en comprit les
devoirs: Il n'eut pas besoin des lieutenans de Napoléon pour réduire ses
sujets et assurer la tranquillité publique. Quoique malade à son
arrivée, il avait fait son entrée à cheval, présentant hardiment sa
poitrine aux mécontentemens populaires, et ainsi appelant à lui les
coeurs toujours si près d'admirer même le courage qui les écrase. On
citait encore à Naples tous les jours ses premières paroles quand,
arrivé à son palais, il avait aperçu d'une fenêtre l'île de Caprée,
qu'occupaient les Anglais. «Il faut d'abord, s'était-il écrié, par une
vigoureuse canonnade assurer son pavillon.» Étrange privilége de
l'histoire, qui se plaît à mettre en face certains noms pour réveiller
souvent de doubles souvenirs! L'homme qui commandait alors l'île de
Caprée, qui habitait les lieux déjà célèbres par la prédilection de
Tibère, était ce même sir Hudson Lowe, que le commandement d'une autre
île a rendu plus fameux. Les rochers ne sont pas favorables à la
réputation de ce héros britannique; carie point militaire de Caprée,
qui, défendu par l'habileté réunie au courage, eût été imprenable, fut
contraint par Murat à une assez humiliante capitulation, après deux
jours d'attaque, telle que Murat savait les brusquer.
Je me plais à citer ces détails, je me plais à rendre hommage aux
grandeurs tombées; car, après les ingratitudes que j'ai vues, je ne puis
me défendre d'un profond sentiment de pitié pour les infortunes de
Murat. Il me semble que l'histoire ne doit point abandonner ceux qui
furent trahis par la fortune, ni les amis si rares du malheur. Voici à
ce sujet un trait qui mérite d'être conservé: Un des hommes que Murat
avait le plus comblés de bienfaits (et combien n'en avait-il pas
répandu!), Raphaël Scolforo ne craignit pas de devenir le juge de son
ancien maître, lors de la dernière et fatale expédition de celui-ci en
Calabre. En apprenant la sentence, une soeur de ce Scolforo, mariée à
Pistoye, se rappelant le bienfaiteur de sa famille, changea de nom,
comme pour protester contre la responsabilité de l'ingratitude. Cette
dame s'est établie depuis à Milan. Je crois qu'elle y existe encore:
puisse mon livre arriver jusqu'à elle! puissent tous les traits de
loyauté et de fidélité au malheur être connus et publiés, afin que
l'estime publique récompense des vertus qui sont rares dans tous les
partis!
Je continuais de mener à Naples une vie si agréable et si douce, que
j'avais peine à m'éloigner de ces beaux lieux; c'était la première fois
qu'une vie composée d'impressions seulement extérieures, sans aucun
sentiment vif, parut me suffire. Le dirai-je? Mon imagination semblait
attendre avec quelque complaisance le spectacle terrible et nouveau
d'une éruption du Vésuve. Une circonstance bien plus effrayante pour moi
vint précipiter mon départ, que chaque jour retardaient les plaisirs du
repos, de l'indépendance et de la curiosité. Vers cette époque, la
politique paraissait amener d'assez sérieuses mésintelligences entre
Napoléon et le beau-frère, qui voulait bien avoir de la reconnaissance,
mais qui voulait aussi exercer le pouvoir. Joachim se retira quelques
jours à Capo-di-Monte. La reine Caroline se mêlait singulièrement des
affaires; beaucoup d'intrigues se nouèrent et se croisèrent alors. Je ne
pouvais, ne devais, ni ne voulais les suivre. Toutes ces tracasseries
n'allaient pas à Murat, qui était loin d'être dans le cabinet ce qu'il
était sur le champ de bataille; le diplomate en lui se trouvait
au-dessous du guerrier. Mais ces vagues rumeurs arrivaient bien
indifférentes à mon coeur, et n'eurent point de part à ma résolution de
repartir enfin pour Florence. La fatalité, qui me fit rencontrer dans
les derniers jours cet affreux D. L*** qui a joué un si grand rôle dans
mes Mémoires, devint la raison la plus déterminante de mon départ, et
presque de ma fuite. Je l'avais depuis long-temps perdu de vue, et ce
n'était pas pour moi qu'il était à Naples. Marchant toujours dans les
voies ténébreuses de l'intrigue, poursuivant la fortune sur toutes les
routes, résolu de l'atteindre à tout prix, mon odieux ex-conseiller
devait se retrouver comme un génie infernal dans toutes les situations
de ma vie.
D. L*** avait eu de l'avancement dans son métier d'intrigant. Il était
arrivé à Naples pour entourer le roi lui-même d'un espionnage qu'on
croyait nécessaire dans les circonstances. D. L***, qui avait
quelquefois la franchise de sa honte, et une espèce d'orgueil d'état, me
fit grand étalage des fonctions élevées et lucratives qu'il venait
remplir. Il fut mêlé depuis, en effet, à toutes les intrigués dont la
mésintelligence de deux cours, faites pour être plus unies, devint la
cause. Je le laissai sur le théâtre de ses nouveaux exploits, et dès la
seconde entrevue je lui renouvelai toutes les expressions de dégoût et
de mépris que je ne lui avais jamais dissimulées. Certes, je serais
allée au bout du monde pour me soustraire à ses visites. Elles n'avaient
plus alors pour but de m'exploiter; ses affaires s'étaient améliorées
assez pour qu'il eût cessé d'avoir toujours les yeux dirigés sur ma
bourse; mais je ne sais quelle galanterie basse, quel simulacre ou
quelle réalité d'admiration l'avait saisi pour ma personne, qu'il
voulait bien ne pas trouver changée; un je ne sais quoi de passionné, lu
dans des yeux qui n'avaient pas encore exprimé ou feint de sentimens
pareils, me fit craindre encore davantage le contact de cet être qui me
semblait comme pestiféré. Sans rien lui faire dire, sans faire aucun
adieu aux personnes avec lesquelles j'avais été en relation, je me jetai
dans une chaise de poste, deux heures après la seconde visite de D.
L***, et cette fois je fis la route, non plus en voyageuse qui désire se
donner des distractions, mais en femme qui veut éviter un grand malheur.