«Trieste, le 7 août 1810.
«Sire, j'ai l'honneur de rendre compte à Votre Majesté que vingt pièces
de gros calibre sont aujourd'hui en batterie à Pola, et que trente
autres, qui portent à cinquante l'armement de cette rade, y seront
placées le 1er septembre. Chaque batterie aura, en outre, un fourneau à
rougir les boulets et les établissements indispensables à leur service.
«Il serait désirable que, dans cet armement, il y eût au moins six
mortiers; mais, n'en ayant point, j'en demande douze en Italie, afin
d'en placer aussi le même nombre à Trieste.
«J'ai l'honneur de rendre compte également à Votre Majesté que j'ai vu
sur les lieux, et dans le plus grand détail, les projets qui ont été
faits pour la place de Pola. Ils m'ont paru fort satisfaisants. On
s'occupe à mettre au net quelques changements que j'ai indiqués, et
j'espère, sous quatre ou cinq jours, avoir l'honneur de les adresser à
Votre Majesté, ainsi que ceux de Trieste, conformément aux ordres que
Votre Majesté m'a fait transmettre par le général Bertrand.
«L'armement de la frégate _Lenoi_ avait été commencé, conformément aux
ordres de Votre Majesté, mais il a été suspendu par le mauvais état dans
lequel on a trouvé ses fonds. J'ai visité ces fonds avec des gens
experts; ils ne m'ont pas paru tels cependant, qu'on dût renoncer à
faire naviguer ce bâtiment dans l'Adriatique. En conséquence, on va
reprendre son armement, et on le continuera si on ne découvre pas
d'autres avaries, et, dans ce cas, cette frégate pourra être en état de
servir dans six semaines.
«Quant au vaisseau que Votre Majesté veut qu'on arme, ce n'est que dans
quatre ou cinq jours que nous saurons d'une manière précise s'il en est
susceptible et s'il est possible de le rétablir sans une dépense plus
forte que sa valeur.»