LE MINISTRE DE LA GUERRE AU MARÉCHAL MARMONT

«Paris, 18 mai 1810.

«Monsieur le maréchal, par ma lettre du 10 du courant, je vous ai fait

connaître que j'avais fait passer à l'Empereur une copie de celle que

Votre Excellence m'avait écrite le 3.

«Cette lettre portait que Surulu-Pacha, ayant renoncé à obtenir, par des

voies amiables, l'entière restitution des terrains usurpés sur les

Croates par des sujets de la Porte, et qu'un des capitaines turcs de la

frontière ayant brûlé le village croate de Nebluee, Votre Excellence

croyait devoir prendre le parti de se porter avec tous ses moyens devant

la ligne du régiment d'Ottochatz, afin de la couvrir et d'être en mesure

d'incendier quelques villages, s'il le fallait, pour amener Rustan-Bey,

capitaine de Bihacz, à ne plus inquiéter cette frontière.

«Sa Majesté voit avec peine, monsieur le maréchal, que des troupes

françaises soient engagées contre les Turcs, et elle veut que l'on

n'emploie contre eux que les Croates; ceux-ci doivent suffire. Les

hostilités partielles qui ont eu lieu de peuple à peuple n'étant

d'ailleurs qu'une chose ordinaire, il ne faut point que votre corps

d'armée y intervienne et que le sang français coule mal à propos. Votre

Excellence peut mettre parmi les Croates quelques officiers français et

de l'artillerie; mais elle doit s'en tenir là et ne point y mêler de son

infanterie.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (3/9) · 第 115 / 136 题