LE MARÉCHAL MARMONT À MARET.

«28 juillet 1809.

«Monsieur le comte, je ne reçois qu'en ce moment la lettre que Votre

Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 23 juillet, et je ne perds

pas un moment pour y répondre. Je commence d'abord par vous remercier du

sentiment qui l'a dictée, et je m'empresse de vous donner les

renseignements que vous me demandez.

«Il y a dix généraux qui comptent en ce moment à mon corps d'armée, dont

deux généraux de division et huit généraux de brigade. Le général de

division Claparède, le général de brigade Delzons, le général Soyez, le

général Thiry, sont les seuls qui, jusqu'ici, aient reçu des titres. Les

autres méritent tous d'en recevoir, et j'ai la conviction intime que,

dans aucun corps de son armée, Sa Majesté n'a de plus braves généraux et

de plus dévoués à sa personne. Voici leurs noms:

«Le général de division Clausel est un officier de la plus grande

distinction, et auquel je ne saurais donner trop d'éloges pour sa

conduite dans la campagne que nous venons de faire pendant tout le temps

qu'il a servi sous mes ordres.

«Le général de brigade Tirlet, commandant l'artillerie. C'est un

officier rempli du zèle le plus ardent, qui a fait toutes les campagnes

d'Égypte, qui est déjà fort ancien général de brigade, et dont tous les

cadets ont été faits généraux de division et revêtus de titres. Je n'ai

jamais eu, depuis six ans qu'il sert avec moi, que des éloges à lui

donner.

«Le général Launay a été blessé très-grièvement à l'affaire de Gospich,

où il s'est comporté de manière à mériter beaucoup d'éloges; il est un

des plus anciens généraux de l'armée française.

«Les trois autres généraux sont MM. Bertrand, Bachelu et Plauzonne, que

Sa Majesté a promus il y a deux mois. Ils sont tous les trois des

officiers de la plus grande distinction.

«Le général Delzons et le général Soyez ont reçu précédemment le titre

de baron et une dotation de quatre mille francs. Je vous les recommande

pour y faire ajouter ce que les bontés de l'Empereur voudraient leur

accorder. Ce sont des officiers de fortune et des plus braves que je

connaisse. Le général Delzons, entre autres, est un officier de la plus

grande capacité. Le général Soyez a été blessé à l'affaire de Gospich

d'une manière très-grave. Le général Delzons l'a été plus légèrement,

mais deux fois, l'une à l'affaire d'Ottochatz, et l'autre devant Znaïm.

«Je finirai par vous prier de recommander aux bontés de Sa Majesté

l'adjudant général Delort, qui remplit les fonctions de chef

d'état-major de mon corps d'armée, qui est, pour ainsi dire, le plus

ancien colonel de l'armée, et mon premier aide de camp Richemont,

officier de la plus grande valeur et digne des bontés de l'Empereur.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (3/9) · 第 96 / 136 题