«Schoenbrunn, le 28 juin 1809, neuf heures du matin.
«Monsieur le duc de Raguse, le 27, vous n'étiez pas à Gratz. Vous avez
fait la plus grande faute militaire qu'un général puisse faire. Vous
auriez dû y être le 23 à minuit, ou le 24 au matin. Vous avez dix mille
hommes à commander, et vous ne savez pas vous faire obéir; au fond,
votre corps n'est qu'une division. Je crois que Montrichard n'est pas
grand'chose; mais vous avez mauvaise grâce à vous plaindre. Que
serait-ce si vous commandiez cent vingt mille hommes? D'ailleurs, une
désobéissance formelle serait criminelle; c'est un malentendu, et
comment peut-il y en avoir quand on n'a que dix mille hommes? Marmont,
vous avez les meilleurs corps de mon armée: je désire que vous soyez à
une bataille que je veux donner, et vous me retardez de bien des jours.
Il faut plus d'activité et plus de mouvement qu'il ne paraît que vous
vous en donnez pour faire la guerre.--Vous aurez peut-être, enfin, battu
aujourd'hui Giulay. Il est bien nécessaire que je puisse savoir à quoi
m'en tenir, où vous êtes, et où se ralliera l'ennemi autour de Gratz. Il
est important qu'il soit dispersé de manière qu'il ne puisse pas se
réunir de bien des jours.»