«OEdenbourg, le 6 juin 1809.
«J'ai reçu, monsieur le général Marmont, les différentes lettres que m'a
apportées votre aide de camp; il m'a appris qu'à son passage à
Klagenfurth il avait rencontré le corps du général Rusca, qui se
repliait de Villach sur cette ville, forcé par le général Chasteler, qui
était débouché du Tyrol avec environ six mille hommes et qui cherchait à
se rallier au prince Jean. Votre aide de camp m'a également dit que le
général Rusca vous avait demandé du renfort; je ne doute pas que vous
n'ayez profité de cette occasion pour joindre l'ennemi, si vous avez été
averti assez à temps. Dans tous les cas, je marche sur le prince Jean,
qui cherche à rallier ses corps épars sur la Raab, Sa Majesté
m'ordonnant cette opération. Je désire que vous y coopériez; ainsi, si
le général Chasteler est parvenu à passer, il faut que vous le suiviez,
et faire en sorte de le joindre, s'il est possible; vous pouvez prendre
avec vous le général Rusca, car je pense que les derrières de l'armée
sont libres, du moment où le général Chasteler a passé; vous laisseriez
quelques troupes dans le fort de Laybach, avec ordre au commandant de
tenir le plus possible, et vous approvisionneriez ce fort pour plusieurs
jours. Dans le cas où le général Giulay chercherait à faire un mouvement
sur votre droite pour se jeter sur Laybach, vous vous y reporteriez
vous-même et vous pourriez l'attaquer avec avantage. Enfin, si tous les
corps autrichiens opéraient leur jonction avec le prince Jean, vous
manoeuvreriez toujours pour tenir en échec le plus de forces possible,
ce que vous feriez alors avec d'autant plus de facilité, que, me portant
moi-même sur l'armée autrichienne avec des forces imposantes, je
l'oblige à me faire face, et vous vous trouvez naturellement placé sur
son flanc. Je serai, le 9, sur la Raab, et, si l'ennemi manoeuvre, je
suivrai ses mouvements; agissez donc vous-même d'après cela. Ainsi votre
premier mouvement doit être de vous porter sur-le-champ à Marbourg, où
le général Chasteler se sera naturellement dirigé. Vous pourrez
communiquer par votre gauche avec Macdonald, qui doit s'avancer jusqu'à
Furstenfeld, mais qui laisse un petit corps d'observation à Gratz. Je
communique moi-même avec lui, et j'aurai de cette manière promptement de
vos nouvelles.
«_P. S._ Vous laisserez un officier supérieur à Klagenfurth. Sa Majesté
a désigné cette place comme le grand dépôt de l'armée d'Italie; elle a
même ordonné d'y placer les canons sur les remparts, et le général
Chasseloup y est pour l'armement. Vous ordonnerez qu'on y réunisse tous
les traînards ou hommes isolés, et qu'il ne parte aucun détachement, à
moins qu'il ne soit formé en bataillon de marche.»