«Milan, le 20 mars 1809.
«Toutes les nouvelles que je reçois portent que les Autrichiens se
réunissent à Laybach et Klagenfurth; les troupes croates et la Licca
sont en mouvement. On y dit qu'il y a un rassemblement à Bihatsch et à
Novi sur Lunna. J'attends toujours de vos nouvelles. Vous me parlez sans
doute de cette dernière réunion. Vous avez sans doute fait en ce moment
toutes vos dispositions et effectué la réunion de vos troupes. En
conséquence, vous prendrez de suite position sur la frontière
autrichienne, de manière à la menacer au moindre événement, et, comme je
vous le marquais dans ma lettre du 14, vous pouvez faire travailler à
quelques redoutes pour former un camp retranché: il est essentiel
d'assurer toujours votre communication avec Zara. La guerre ne peut
tarder à être déclarée; vous devez vous attendre à recevoir aussitôt
l'ordre d'envahir tout le pays et de marcher à la rencontre des
Autrichiens, à moins qu'ils n'aient devant vous un corps plus
considérable que le vôtre. Tenez-vous donc prêt au premier signal, et
tenez-moi exactement informé de vos dispositions comme de tout ce qui se
passe en face de vous.»