«Milan, le 14 mars 1809.
«Par mes précédentes, monsieur le général Marmont, je vous ai envoyé les
instructions de Sa Majesté et je vous ai fait connaître ses intentions;
je vous ai également prévenu que tout était à la guerre et que les
Autrichiens faisaient de grands mouvements de troupes. Aujourd'hui, je
m'empresse de vous prévenir que Sa Majesté a terminé tous ses
préparatifs en Allemagne; tout est également bien disposé en Italie, et,
le 20 mars, les armées de Sa Majesté seront en présence sur tous les
points: cependant Sa Majesté n'a pas l'intention d'attaquer. Sa Majesté
me charge de vous faire connaître que vous devez vous porter sur les
frontières de la Croatie et y choisir et tracer même un camp retranché,
afin de tenir en échec une force au moins égale à la vôtre. Il est
probable que vous aurez déjà réuni vos troupes disponibles. Je vous
dirai que la Russie est franchement avec nous. Les Autrichiens avaient
compté sur l'alliance de cette puissance, ou au moins sur sa neutralité;
ils s'aperçoivent un peu tard de leur erreur. Je vous préviens que j'ai
l'ordre de Sa Majesté de garder ici tous les officiers qui devaient
rejoindre la Dalmatie: le général Vignolle est compris dans cet ordre.
J'attends avec impatience de vos nouvelles, et l'avis des dispositions
que vous aurez prises.»