«Trévise, le 18 avril 1809.
«Vous avez sans doute reçu, monsieur le général Marmont, ma lettre du
10, par laquelle je vous prévenais des hostilités.
«L'armée d'Italie était sur les deux rives de l'Adige et peu de force
dans le Frioul. J'ai été obligé de faire retirer le corps du Frioul et
de faire avancer des divisions pour soutenir le mouvement, qui a été
fort bien jusqu'à Sacile, où j'avais la ligne de la Livensa. L'ennemi,
étant très en force à Pordenone, et le général Chasteler, avec une
armée, ayant pénétré dans le Tyrol et marchant sur Trente, j'ai été
obligé de livrer bataille le 16 avril pour au moins l'arrêter sur ce
point: le résultat n'a pas été à mon avantage. Je me suis replié en
arrière de la Piave, sans cependant être inquiété par l'ennemi. Le temps
affreux qu'il fait depuis quelques jours est ce qui me contrarie le
plus. Je suis, la journée du 18, à Trévise, avec mes postes sur la
Piave.
«Une partie de l'armée se porte dans le Tyrol, au-devant de l'ennemi.
«J'ai cru devoir vous prévenir de ce qui se passe à l'armée d'Italie,
pour votre direction.»