«Raguse, 7 janvier 1808.
«Mon général, les sénateurs s'assemblent souvent depuis mon arrivée.
J'ai reçu d'eux deux lettres que j'ai l'honneur de vous transmettre. La
dernière contient des doléances, des griefs, et ressemble assez à un
petit manifeste. Ce matin, j'ai dit au minor Contiglio que je les
engageais à s'occuper à l'avenir, et seulement, des affaires
administratives, intérieures et municipales, et, pour tout le reste,
d'attendre les événements.
«Il est vrai que le pavillon italien est arboré: c'est d'après mon
ordre, celui de Saint-Blaise n'étant déjà plus lorsque je suis arrivé.
«Les sénateurs font ce qu'ils peuvent pour empêcher que les bâtiments de
commerce ne prennent le pavillon italien. Je fais ce que je dois pour
qu'ils l'arborent tous.
«Les autres plaintes sont sans fondement et sans preuves.
«Le sénat députe M. Caboga vers Sa Majesté l'Empereur. Je ne puis
permettre son départ qu'autant que vous l'autoriserez, et je ne permets
plus qu'on s'assemble pour de pareilles députations sans votre
assentiment. Il y a un envoyé à Paris; pourquoi ne pas s'en servir?
«Les sénateurs craignent la perte de leur puissance; ils ont pour eux
raison; car la majeure partie est et sera bien misérable, puisque les
concussions, les dettes, etc., etc., ne pourront plus se faire
impunément.
«Je partirai demain pour Cattaro, et je ferai mettre les dispositions
de votre arrêté à exécution. Les bâtiments, dont la prise n'aura pas été
jugée légale, et ceux pris depuis la paix de Tilsitt, seront bientôt
remis aux anciens propriétaires.
«Le sénat va vous envoyer un député pour obtenir la permission de faire
partir Caboga pour Paris. Le choix, comme vous le voyez, pouvait être
meilleur, quoique pas plus utile.
«Le sénat, qui a réfléchi tout le jour et délibéré, me fait prévenir
qu'il écrit aux comtes pour savoir ce qu'ils pourront fournir en marins
pour la levée demandée.»