SÉBASTIANI À MARMONT.

«Constantinople, le 31 mars 1807.

«Mon général, la Porte consent au passage des troupes, et j'en ai rendu

compte au ministre des relations extérieures depuis quinze jours: la

seule différence qu'il y aura dans l'arrangement de cette affaire, c'est

que la Sublime Porte désire que la demande du passage des troupes lui

soit faite par Sa Majesté, et qu'elle craint trop l'opinion de ses

peuples pour la faire elle-même. Du reste, des ordres ont été donnés

pour la formation des magasins de vivres, et j'ai mis tant de soins et

de célérité dans cette négociation, que ma réponse pour le ministre est

partie trois jours après l'arrivée du courrier qui m'avait été expédié

pour cet objet. Si les pouvoirs nécessaires pour cette stipulation

m'avaient été envoyés, tout serait déjà terminé: j'ai mandé au ministre

qu'il pouvait m'envoyer un traité rédigé sur cette affaire, et que

j'espérais qu'il ne souffrirait aucune difficulté. Le gouvernement

ottoman se trouve aujourd'hui dans une position à désirer plus que

jamais votre appui sur le Danube. La prise de l'île de Ténédos par les

Russes et les mouvements des Serviens, qui paraissent vouloir se joindre

à l'armée de Michelson, donnent à la Porte les plus vives inquiétudes.

Je viens d'expédier un courrier à M. le prince de Bénévent, pour lui

faire connaître la position actuelle de cet empire et le besoin qu'il a

d'être secouru promptement. Au reste, ici tout est arrangé pour votre

entrée, et tout dépend maintenant de notre cour, dont j'attends les

ordres avec impatience. J'ai demandé, mon général, à être appelé à votre

armée pour y commander une division; je vous prie d'appuyer ma demande:

vous connaissez mon dévouement pour vous; comptez sur mon zèle à faire

tout ce qui peut vous être agréable: mes sentiments pour votre personne

sont inaltérables.

«_P. S._ Je vous enverrai Leclerc aussitôt que j'aurai reçu les pouvoirs

nécessaires pour terminer l'affaire de l'entrée de vos troupes. Les

pachas de Bosnie et de Scutari ont reçu ordre de vous seconder de tous

leurs moyens, et même de se réunir à vous pour combattre les

Monténégrins et Cattaro.

«J'ai été fort content de votre docteur drogman: il s'est conduit avec

esprit et intelligence.»

Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (3/9) · 第 24 / 136 题