CHAPITRE XXVII

Vede perfettamente ogni salute....

_Ce sonnet a trois parties: dans la première, je dis près de quelles

personnes cette personne paraissait le plus admirable; dans la seconde,

je dis combien sa compagnie était agréable; dans la troisième, je dis

l'effet qu'elle produisait sur les autres par la vertu de sa présence.

La deuxième partie commence à_: celles qui vont ... _la troisième à: _et

sa beauté....

_Cette dernière partie se divise en trois. Dans la première, je dis

l'action qu'elle exerçait sur les femmes au sujet d'elle-même; dans la

seconde, je dis l'action qu'elle exerçait sur elles au sujet des autres;

dans la troisième, je dis comment cette action se faisait sentir

merveilleusement non seulement sur elles, mais sur tout le monde, non

seulement par sa présence mais aussi par son souvenir. La seconde partie

commence à_: à sa vue.... _La troisième à_: et tout ce qu'elle fait....

* * * * *

Lorsque le Poète nous dit que la noblesse et la beauté de Béatrice

répandaient leur reflet «sur les femmes qui allaient avec elle,» et que

tous ceux qui l'approchaient se pénétraient de sa perfection au point

d'en oublier leurs bassesses et leurs fautes, il ne semble d'abord se

livrer qu'à quelque amplification poétique.

Lorsqu'il nous montre les anges du ciel réclamant cette merveille pour

qu'elle vienne partager la paix dont ils jouissent, nous n'y apercevons

d'abord qu'une figure de rhétorique propre à nous faire pressentir la

destinée d'une créature dont «le monde où elle vit n'est pas digne».

Cependant, n'est-il pas vrai que, dans la vie commune, le commerce

assidu d'une grande beauté ou d'un pouvoir insigne nous relève aux yeux

des autres et à nos propres yeux, et que l'intimité avec une

intelligence supérieure ou une vertu éclatante réagit sur notre propre

personnalité, et exerce une influence, consciente ou non, sur nos

jugemens et sur nos actes?

Et qui, présent aux lamentations d'une mère pleurant une fille adorée ne

l'a entendue s'écrier, presque dans les mêmes termes que le Poète: elle

était trop belle et trop bonne, c'est le ciel qui nous l'a prise et qui

en a fait un ange?

C'est que, sous ces hyperboles familières à la poésie, et surtout à la

poésie trécentiste, nous retrouvons toujours une conscience précise de

la réalité, et, sous la grandiloquence habituelle du langage, une

expression fidèle des sentimens et des sensations humaines. C'est là un

des caractères les plus frappans du génie du Poète que, dans ses

harmonies les plus éclatantes ou les plus confuses, on ne saisit jamais

une note douteuse.

La Vita Nuova (La Vie Nouvelle) · 第 139 / 170 题