L'établissement de l'influence française au Maroc aurait-il une
répercussion sur les intérêts des chasseurs français? C'est bien
possible et voici comment. La caille est un oiseau migrateur, qui passe
l'hiver au Maroc et en Égypte, et qui, en été, monte en Europe et en
France particulièrement. Les plus belles sont celles qui viennent du
Maroc: celles d'Égypte sont moins grasses, leur long voyage aérien les
ayant fatiguées. Mais il n'en vient pas autant qu'il devrait. Ceci tient
à ce que des industriels anglais et allemands se rendent en Égypte et au
Maroc pour capturer les oiseaux au moment où ils vont prendre leur vol
vers le nord. Les cailles, venant de l'intérieur du pays, un peu
éprouvées par leur premier vol, se reposent quelques jours. C'est à ce
moment que des bandes d'Arabes, payés par les industriels en question,
pourchassent les oiseaux, les étourdissent avec des branchages et les
prennent vivants pour les expédier aussitôt en Angleterre et en
Allemagne en évitant la France où ce trafic est défendu. C'est ce qui
fait que nos champs sont privés d'une partie du contingent de cailles
qui, autrement, seraient venues nous rendre visite. Si l'influence
française devient prépondérante au Maroc, il faudra voir à mettre fin à
ce trafic et à empêcher des industriels étrangers de venir, non nous
couper l'herbe sous le pied, mais nous retirer la caille au moment où
elle allait prendre le chemin de notre bouche. Cela fera l'affaire des
chasseurs et aussi du consommateur français.
UN PRÉTENDU SIGNE DE LA
RACE MONGOLE.
Chez la plupart des nouveau-nés japonais, on constate, au niveau de la
région sacro-coccygienne, une ou plusieurs taches bleues, dont les
dimensions varient entre celle d'un petit pois et celle de la paume de
la main. Il n'est pas rare d'en trouver également dans la région des
épaules. Au bout de quelques mois, ces taches disparaissent.
Considérées d'abord comme propres aux Japonais, ces taches ont été
ensuite retrouvées chez d'autres peuples mongols, et on leur attribua
alors la valeur d'un caractère de race. Mais voici que plusieurs
observateurs contestent cette conclusion.
C'est d'abord M. Adachi, qui a constaté l'existence de cellules
pigmentaires spéciales dans la région sacro-coccygienne chez le singe et
chez les enfants de toutes races, colorées ou non. Il suffit que ces
cellules soient un peu plus abondantes que normalement pour que les
taches apparaissent. Et, en effet, M Kocko Fujisawa, à Munich, a
retrouvé ces taches chez plusieurs enfants nouveau-nés, dont les
familles étaient exemptes de tout mélange mongol.
Il est bon que l'on connaisse l'existence et le caractère passager de
ces taches; car le chirurgien pourrait être tenté de les enlever et, à
leur place, on provoquerait des cicatrices indélébiles.