_Rue Honoré-Chevalier._ Elle traverse de la rue Cassette dans la rue

Pot-de-Fer; et c'est sous ce nom qu'elle est désignée dans un contrat

de vente de 1611. Elle se trouve depuis indiquée rue _Chevalier_, _du

Chevalier_, _du Chevalier-Honoré_; mais son véritable nom est le

premier, qu'elle porte encore aujourd'hui. Il vient d'Honoré

Chevalier, bourgeois de Paris, qui possédoit, rue Pot-de-Fer, trois

maisons et de grands jardins, au travers desquels on ouvrit cette rue.

_Rue du Petit-Lion._ Elle donne d'un bout dans la rue de Tournon, de

l'autre dans celle de Condé. Anciennement elle n'étoit désignée que

sous la dénomination générale de _ruelle descendant de la rue Neuve à

la foire_, et _ruelle allant à la foire_. Une enseigne lui avoit fait

donner, dès le commencement du dix-septième siècle, le nom sous lequel

elle est encore connue aujourd'hui.

_Rue Maillet._ Elle traverse de la rue d'Enfer à celle du

Faubourg-Saint-Jacques. Sur les plans de Jouvin et de Bullet, ce n'est

qu'un chemin sans nom. Elle est nommée rue _des Deux Maillets_ sur le

plan de Valleyre, et rue _du Maillet_ sur tous les autres plans du

dix-huitième siècle.

_Rue Saint-Maur._ Elle donne, d'un côté dans la rue de Sèvre, de

l'autre dans celle des Vieilles-Tuileries. C'est ainsi qu'elle est

nommée sur le plan de Gomboust et sur ceux qui en ont été copiés. Dans

les archives de Saint-Germain, on lit qu'en 1644 cette abbaye donna,

par bail à cens et à rente, une certaine quantité de terrain à un

épicier nommé Pierre Le Jai, à la charge d'y bâtir et percer deux rues

qui porteroient les noms de _Saint-Maur_ et de _Saint-Placide_, deux

religieux célèbres de l'ordre de saint Benoît.

_Rue Mézière._ Elle donne d'un côté dans la rue Pot-de-Fer, de l'autre

dans la rue Cassette. Sauval a commis sur cette rue plusieurs erreurs

qu'il est inutile de relever; il nous suffira de dire qu'elle devoit

son nom à l'hôtel de Mézière, dont les jardins régnoient le long de

cette rue[286].

[Note 286: _Voyez_ p. 365.]

_Rue de Molière._ Elle donne d'un bout dans la rue de Vaugirard, de

l'autre sur la place du Théâtre-François, et date, comme toutes les

rues environnantes, de l'origine de cet édifice.

_Rue Notre-Dame-des-Champs._ Elle aboutit aux rues de Vaugirard et

d'Enfer, au coin de celle de la Bourbe. Son nom lui venoit de l'église

Notre-Dame-des-Champs, occupée depuis par les carmélites, parce

qu'anciennement ce chemin y conduisoit. Aux quatorzième et quinzième

siècles on le nommoit le _chemin Herbu_, et depuis rue _du Barc_, sans

qu'on sache bien précisément à quelle occasion. Peut-être, dit

Jaillot, en avoit-on supprimé une partie, qui faisoit, en ligne

droite, la continuation de la petite rue du Bac[287].

[Note 287: À côté de cette rue, est un cul-de-sac qui

portoit autrefois ce nom de _Notre-Dame-des-Champs_. Il a

pris celui de la rue de _Fleurus_ qui vient y aboutir.

(Voyez _Rues nouvelles_.)

Il existe, dans cette même rue, un passage planté d'arbres

et formant avenue, qui donne dans la rue de l'_Ouest_.

(Voyez _Rues nouvelles_.)]

_Rue de l'Odéon._ Voyez _Rue du Théâtre-François_.

_Place de l'Odéon._ Voyez _Place du Théâtre-François_.

_Rue Palatine._ Elle règne le long de Saint-Sulpice, depuis la rue

Garancière jusqu'à celle des Fossoyeurs, maintenant rue _Servandoni_.

Le cimetière de cette paroisse étoit autrefois situé au chevet de

l'église: lorsqu'au siècle passé on commença le monument que nous

voyons aujourd'hui, il fallut prendre le terrain qu'occupoit ce

cimetière, qui fut alors transféré au côté méridional. On ouvrit en

même temps, parallèlement à ce côté, une rue, qui fut appelée d'abord

rue _Neuve-Saint-Sulpice_, et ensuite rue _du Cimetière_. On la nomma

depuis rue Palatine, en l'honneur de madame la princesse Palatine,

veuve de M. le prince de Condé, qui, au commencement du siècle

dernier, logeoit au Petit-Luxembourg.

_Rue Saint-Placide._ Elle traverse de la rue de Sèvre dans celle des

Vieilles-Tuileries. Nous avons déjà dit, en parlant de la rue

Saint-Maur, quand elle avoit été percée, et pourquoi on lui avoit

donné le nom qu'elle porte encore aujourd'hui.

_Rue Pot-de-Fer._ Elle donne d'un côté dans la rue du Vieux-Colombier,

de l'autre dans celle de Vaugirard. Sauval dit qu'elle se nommoit

d'abord rue _du Verger_[288], et que, de son temps, elle commençoit à

prendre le nom de rue _des Jésuites_, parce que leur noviciat en

occupoit une partie. Jaillot n'a lu ces noms dans aucun titre; il

trouve seulement qu'au quinzième siècle cette rue n'étoit qu'une

ruelle sans nom, indiquée, dans les titres de l'abbaye, _ruelle

tendante de la rue du Colombier à Vignerei_. (Le clos de Vignerei

étoit, comme nous l'avons déjà dit, enfermé dans le parc du

Luxembourg). Dans d'autres titres elle porte, avec d'autres rues qui

lui sont parallèles, le nom général de _ruelle Saint-Sulpice_. Enfin,

dans le terrier de 1523, elle est désignée sous celui de Henri _du

Verger_, bourgeois de Paris, dont la maison et les jardins occupoient

une grande partie de cette rue. Il est probable que celui qu'elle

porte aujourd'hui lui vient de quelque enseigne; cependant nous

n'avons trouvé à ce sujet aucun renseignement.

[Note 288: Tome 1, page 159.]

_Rue Princesse._ Elle traverse de la rue du Four à la rue Guisarde. En

parlant de cette dernière nous avons dit qu'elle avoit été ouverte en

même temps que celle-ci sur l'emplacement de l'hôtel de Roussillon. On

ignore du reste à quelle époque et en l'honneur de qui le nom qu'elle

porte lui a été donné; mais elle est déjà désignée ainsi dans le

procès-verbal de 1636.

_Rue des Fossés-de-M.-le-Prince._ Elle commence à la rue de Condé, et

finit à l'extrémité de la rue de Vaugirard. Sa situation sur les

fossés lui en avoit fait d'abord donner le nom sans aucune addition;

ensuite on l'appela rue des _Fossés-Saint-Germain_, et enfin rue des

_Fossés-de-M.-le-Prince_, parce que l'hôtel du prince de Condé

s'étendoit jusque là. On y bâtit quelques maisons avant le milieu du

dix-septième siècle, et à cette époque les fossés existoient encore du

côté de l'hôtel de Condé; mais dès que le roi eut permis de les

combler, on s'empressa de les couvrir de bâtiments, et de former ainsi

la rue telle qu'elle est aujourd'hui.

_Rue de Racine._ Elle aboutit à la place du Théâtre-François et à la

rue des Fossés-de-M.-le-Prince, et fut percée à l'époque où l'on

bâtissoit ce théâtre.

_Rue du Regard._ Elle aboutit au coin des rues du Chasse-Midi et des

Vieilles-Tuileries, puis à la rue de Vaugirard, vis-à-vis d'un regard

de fontaine qui lui en a fait donner le nom. Sur quelques plans on la

trouve appelée rue _des Carmes_, parce qu'elle régnoit le long de

l'enclos des Carmes-Déchaussés.

_Rue de Regnard._ Elle donne d'un bout dans la rue de Condé, de

l'autre sur la place du Théâtre-François, et son origine est la même

que celle de la rue de Racine.

_Rue Saint-Romain._ Elle traverse de la rue de Sèvre dans celle du

Petit-Vaugirard. Il y a quelque apparence, dit Jaillot, qu'on lui

donna ce nom parce qu'elle fut ouverte dans le temps où D. Romain

Rodayer étoit prieur de l'abbaye Saint-Germain. Quelques plans la

présentent sous les noms d'_Abrulle_ et _du Champ-Malouin_, sans en

donner aucune raison.

_Rue Servandoni._ Voyez _Rue des Fossoyeurs_.

_Rue de Sèvre._ Elle commence au carrefour de la Croix-Rouge, et finit

au nouveau boulevard. Dans les titres de l'abbaye Saint-Germain, du

treizième siècle et des suivants, elle est nommée rue de _la

Maladrerie_; et dans un rôle de taxes de 1641, rue de _l'Hôpital des

Petites-Maisons_. On lui a donné le nom qu'elle porte aujourd'hui

parce qu'elle conduit au village de Sèvre (_Savara_); ce qui doit

faire préférer ce nom à celui de _Sève_, qu'on lit sur la plupart des

plans et dans les nomenclatures.

_Rue Saint-Thomas._ Elle donne d'un bout dans la rue d'Enfer, de

l'autre dans celle du Faubourg-Saint-Jacques. Nous avons déjà parlé du

clos des Jacobins et des rues qu'on y avoit pratiquées, lorsque ces

religieux eurent obtenu la permission d'y faire bâtir. Celle-ci, qui

étoit du nombre, doit son nom à l'un des saints les plus célèbres de

leur ordre, ainsi qu'à l'hôtel qu'ils y avoient fait élever.

_Rue du Théâtre-François._ Cette rue, qui prend naissance au carrefour

de la rue des Fossés-Saint-Germain, et vient aboutir à la place du

même nom, en face du monument, est la principale de celles qui furent

percées à l'époque où l'on construisoit ce monument.

_Place du Théâtre-François._ Cette place, qui s'étend en demi-cercle

devant le monument dont elle porte le nom, forme une espèce de centre

auquel aboutissent toutes les rues percées pour servir d'issues à cet

édifice. Elle a été pratiquée en même temps que toutes les

constructions auxquelles elle est liée[289].

[Note 289: La rue et la place du Théâtre-François ont pris

le nom de rue et place de l'_Odéon_.]

_Rue des Vieilles-Tuileries._ Elle commence au coin de la rue du

Regard, et finit à celui de la rue de Bagneux. Cette rue a reçu mal à

propos, sur les anciens plans, le nom du _Chasse-Midi_, parce qu'elle

fait la continuation de celle-ci, tandis qu'on y donnoit le nom de

_Tuileries_ et de _Vieilles-Tuileries_ à la rue Barouillère, parce

qu'elle aboutissoit effectivement à des fabriques de tuiles. Dans les

anciens titres elle est indiquée _rue des Vieilles-Tuileries allant

droit à Vaugirard_.

_Rue de Tournon._ Elle commence au coin des rues du Petit-Lion et du

Petit-Bourbon, et finit à la rue de Vaugirard, vis-à-vis le palais du

Luxembourg, auquel elle sert d'avenue. Ce n'étoit anciennement qu'une

ruelle désignée, comme celles qui lui sont parallèles, sous le nom

général de _ruelles de Saint-Sulpice_. On la trouve aussi nommée

ruelle du _Champ-de-la-Foire_, parce qu'il y avoit un champ où l'on

vendoit des animaux, lequel occupoit une grande partie de l'espace

entre les rues de Tournon et Garancière. Ce champ est désigné, dans

plusieurs actes, sous le nom de _Pré-Crotté_.

Il y avoit des maisons bâties dans cette rue avant l'année 1541, et alors

elle portoit déjà le nom de rue de Tournon qu'on lui avoit donné en

l'honneur du cardinal François de Tournon, abbé de Saint-Germain-des-Prés.

Toutefois cette rue ne fut point alors entièrement bâtie; car on trouve

qu'en 1580 plusieurs particuliers y avoient obtenu des concessions de

terrain, à la charge d'y faire construire des maisons.

_Rue de la Treille._ Ce n'est qu'un passage qui conduisoit de la rue

des Boucheries au marché et à la foire. Il fut vendu à l'abbaye

Saint-Germain en 1489. Dans plusieurs actes et sur quelques plans, il

est appelé _Porte-Gueffière_, ou plutôt _Greffière_, parce que le

greffier de l'abbaye y demeuroit.

_Rue de Vaugirard._ Elle commence à la rue des Fossés-de-Monsieur-le-Prince,

au coin de celle des Francs-Bourgeois, et aboutit à la pointe du chemin

qui conduit au village de ce nom: ce village est connu dans les anciens

titres sous la dénomination de _Valboitron_ et _Vauboitron_, et on

l'appeloit encore ainsi en 1256. Mais, quelque temps après, Gérard, abbé

de Saint-Germain, l'ayant fait rebâtir, et y ayant fait construire une

chapelle et des lieux réguliers pour sa communauté, la reconnoissance des

habitans leur fit substituer à l'ancien nom celui du bienfaiteur: on le

nomma _Vau-Gérard_, et par corruption _Vaugirard_. La rue dont nous

parlons s'appeloit simplement le _chemin de Vaugirard_, et les titres ne

lui donnent point d'autre nom jusqu'au seizième siècle, que les bâtiments

qu'on y éleva lui firent prendre le nom de rue. Tout ce que Sauval dit au

sujet de cette rue, qu'il prétend avoir été successivement appelée _des

Vaches_ et _de la Verrerie_, est entièrement destitué de preuves[290]. On

trouve seulement qu'en 1583 le duc de Pinei-Luxembourg ayant acquis un

pavillon nommé _la ferme du Bourg_, ainsi que plusieurs fermes et

héritages situés dans cette rue, elle commença à porter son nom; et en

effet quelques actes de ce temps l'indiquent rue de Vaugirard, autrement

dite _de Luxembourg_; en 1659 on trouve _grande rue de Luxembourg_[291].

[Note 290: Tome 1, page 166.]

[Note 291: JAILLOT, _Quartier du Luxembourg_, p. 100.]

_Rue du Petit-Vaugirard._ C'est la continuation de la rue des

Vieilles-Tuileries jusqu'au chemin de Vaugirard, dont elle a tiré son

nom.

_Rue des Quatre-Vents._ Elle aboutit d'un côté à la rue de Condé, et

de l'autre à celle du Brave, vis-à-vis la porte de la foire.

Anciennement ce n'étoit qu'une _ruelle descendant à la foire_. Au

commencement du quinzième siècle, elle prit le nom de rue _Combault_,

d'un chanoine de Romorantin qui y demeuroit. On la voit aussi sous

celui _du Petit-Brac_ dans les plans du siècle passé. Celui qu'elle

porte aujourd'hui vient d'une enseigne[292].

[Note 292: Il y avoit dans cette rue un cul-de-sac portant

le même nom, lequel retournoit en équerre jusqu'au mur du

préau de la foire. On y avoit pratiqué une porte pour

faciliter l'entrée et la sortie du théâtre de

l'_Opéra-Comique_. Ce cul-de-sac est aussi indiqué sous les

noms de cul-de-sac _de la Foire_ et de l'_Opéra-Comique_.

La rue des _Quatre-Vents_ a été ouverte jusqu'à la rue des

Boucheries, et de là dans une ligne droite jusqu'à celle de

Buci, pour établir une communication directe, de la rue de

Seine au palais du Luxembourg.]

_Rue de Voltaire._ Cette rue donne sur la place du Théâtre-François et

dans la rue des Fossés-de-Monsieur-le-Prince. Elle a été percée, comme

toutes celles qui aboutissent au même point, lors de la construction

du théâtre.

MONUMENTS NOUVEAUX ET RÉPARATIONS AUX ANCIENS MONUMENTS, FAITES DEPUIS

1789.

ÉGLISE DE SAINT-SULPICE.

Cette église doit à la munificence du pasteur qui la gouverne

maintenant[293], d'avoir recouvré une partie de son ancienne

splendeur, et d'offrir un genre de décoration, dont il n'y a que très

peu d'exemples à Paris: ce sont des peintures à fresque exécutées,

dans plusieurs de ses chapelles, par plusieurs de nos peintres les

plus distingués. Nous donnerons le détail des divers ornements dont

elle a été enrichie, en commençant par la description des chapelles.

[Note 293: M. Depierre.]

_Deuxième chapelle_, à droite en entrant. On la prépare maintenant

pour être peinte à fresque.

_Troisième chapelle_, dite de _Saint-Roch_. Cette chapelle, peinte à

fresque par M. _Abel de Pujol_, représente, dans le tableau qui est à

droite, saint Roch guérissant miraculeusement des malades, dans un

hôpital de Rome; dans le tableau de la gauche, sa mort dans une

prison; dans le plafond, il est enlevé au ciel par des anges, et les

quatre pendentifs représentent les quatre principales villes où

s'exerça sa charité, Rome, Aquapendente, Plaisance et Cesène; au fond

de la chapelle, un bas-relief couleur d'or offre le convoi du saint,

mort à Montpellier en 1327.

L'ordonnance de ces diverses peintures est fort belle; on y retrouve

la correction de dessin et le style élevé de M. Abel de Pujol; et l'on

ne peut reprocher à ce dessin que d'offrir de la maigreur dans un

certain nombre de figures; d'autres sont exemptes de ce défaut.

_Quatrième chapelle_, dite de _Saint-Maurice_. Cette chapelle, peinte

également à fresque par M. _Vinchon_, nous montre, dans le tableau de

la droite, Saint-Maurice, Exupère, Candide, et les autres héros de la

légion thébéenne, qui refusent de sacrifier aux idoles; le tableau à

gauche représente le moment où la légion est entourée et massacrée par

les ordres du féroce Maximien; dans le plafond, des anges apportent

des palmes à ces généreux martyrs; les figures de la Foi, de

l'Espérance, de la Charité, de la Constance, ornent les quatre

pendentifs; d'autres groupes d'anges soutiennent des écussons et une

guirlande de verdure dont le plafond est entouré.

La statue de saint Maurice, de grandeur naturelle, occupe le fond de

la chapelle.

Les compositions de cette chapelle sont d'une belle ordonnance, et les

ornements en sont de bon goût.

Le monument de M. Languet de Gergy est dans la _cinquième chapelle_

dédiée à saint Jean-Baptiste.

À l'entrée de la sacristie, sur deux piédestaux carrés, sont élevées

les statues en plâtre de saint Pierre et de saint Jean: la première

par M. _Pradier_, la seconde par M. _Petitot_. Des inscriptions

portent qu'elles ont été données par la Ville à l'église

Saint-Sulpice, en 1822.

_Sixième chapelle._ 1º Deux copies d'apôtres, vus à mi corps, d'après

le _Valentin_ ou _Michel-Ange de Caravage_; 2º l'esquisse de la

coupole de la chapelle de la Vierge.

_Septième chapelle_, dite de _Saint-Fiacre_. 1º Un très beau tableau

par M. _Dejuinne_, qui représente le saint refusant la couronne

d'Écosse; 2º la Résurrection de la fille de Jaïre (École de

_Jouvenet_); tableau au dessous du médiocre.

_Huitième chapelle._ Dans une niche sur l'autel, une petite statue de

Sainte-Geneviève, d'un style médiocre, mais exécutée avec naïveté et

correction.

_Neuvième chapelle._ Sur l'autel une bonne copie du Saint-Michel de

Raphaël; vis-à-vis, la Samaritaine, bon tableau de l'école de _La

Hire_ ou de _Le Brun_.

_Deuxième chapelle_, à gauche en entrant. Trois tableaux: 1º

Sainte-Perpétue dans sa prison; 2º saint Vincent faisant une

instruction aux orphelins en présence des soeurs de la Charité; 3º la

mort de la Vierge, par _Dandré-Bardon_. Le premier de ces tableaux est

très médiocre, les deux autres sont détestables.

_Troisième chapelle._ On la peint à fresque en ce moment.

_Quatrième chapelle_ dite de _Saint-Vincent de Paule_. Cette

chapelle, peinte à fresque par M. _Guillemot_, nous montre, dans le

tableau de la droite, le saint assistant Louis XIII à ses derniers

moments; dans celui de la gauche, le moment où il recommande les

enfants trouvés à la pitié des dames de charité; dans les quatre

pendentifs, des médaillons en bas-relief de couleur d'or représentent

plusieurs actions de sa vie; dans le plafond, il est enlevé au ciel

par des anges.

Il y a, dans ces peintures, le mérite de composition et de dessin qui

distingue les ouvrages de M. Guillemot[294].

[Note 294: En examinant ces peintures exécutées par des

artistes d'un vrai talent, et qui néanmoins s'y sont montrés

au dessous d'eux-mêmes dans tout ce qui touche la pratique

de l'art, c'est-à-dire dans la couleur, la touche,

l'harmonie, on est porté à croire que ces défauts, qu'on ne

retrouve point dans les tableaux qu'ils ont exécutés à

l'huile, ne peuvent provenir que d'une connoissance

imparfaite du procédé de la fresque, qui ne leur a pas

permis de développer ici tout ce qu'ils ont d'habileté de

main et de facilité de pinceau; et ce qui vient à l'appui de

cette conjecture, c'est que les galeries du Musée du Louvre

contiennent des fresques exécutées par des artistes

inférieurs à ceux-ci sous le rapport du style et du dessin,

lesquelles cependant offrent, dans l'exécution, ces autres

qualités du peintre que l'on cherche vainement dans celles

que nous décrivons. La peinture à fresque est encore chez

nous à son enfance, et demande de nouveaux efforts et de

nouvelles études pour être amenée au point de perfection où

l'ont portée les peintres d'Italie.]

_Cinquième chapelle._ Dans cette chapelle, qui est ornée d'une très

belle menuiserie, sur le maître-autel, un tableau allégorique

représentant la Conversion des nations infidèles par saint François

Xavier; sans nom d'auteur.

_Sixième chapelle._ Deux tableaux: 1º saint Jean écrivant son

Apocalypse; sans nom d'auteur; 2º saint François en prière, par

_Pierre_.

_Septième chapelle._ Un très beau tableau représentant saint Charles

Borromée pendant la peste de Milan; par M. _Granger_. (Donné par la

Ville à l'église de Saint-Sulpice, en 1817).

_Huitième chapelle._ Deux tableaux; 1º la Pentecôte; 2º

l'Annonciation; sans nom d'auteur.

Au dessus des deux portes d'entrée, pratiquées des deux côtés de la

chapelle de la Vierge, deux tableaux: 1º l'Annonciation; sans nom

d'auteur; 2º la Vierge de douleur, bon tableau qui paroît appartenir à

l'école de _Le Brun_.

Au dessus du banc des marguilliers, un tableau représentant

l'intérieur de Saint-Sulpice; sans nom d'auteur; vis-à-vis, une Vierge

tenant l'enfant Jésus entre ses bras; école de _Mignard_.

_Grand autel._ Il est fait en forme de sarcophage antique; au milieu

on a pratiqué une niche recouverte d'une glace, où sont exposées des

reliques. Le tabernacle, d'une forme carrée, est décoré, dans ses

parties latérales, de colonnes d'ordre corinthien, et supporte une

plinthe sur laquelle deux anges sont en adoration devant la croix.

Toute cette partie de l'autel est en cuivre doré, et l'ensemble de

cette composition est simple et de bon goût.

NOUVEAU SÉMINAIRE SAINT-SULPICE.

Ce monument, achevé depuis peu de temps, borde tout le côté

méridional de la nouvelle place Saint-Sulpice. C'est une construction

faite avec soin et d'une belle simplicité; mais elle n'a pas le

caractère convenable à sa destination, et ressemble plutôt à une

caserne qu'à un séminaire.

PALAIS DU LUXEMBOURG.

Ce palais, ayant été destiné aux séances du Sénat de Buonaparte et

ensuite à celles de la Chambre des Pairs, a éprouvé, en raison de

cette destination, plusieurs changements dans ses distributions

intérieures: à droite, a été pratiqué un grand escalier qui conduit à

la salle des séances; il est décoré de statues représentant quelques

uns des généraux et des grands hommes qui ont illustré la France. À

gauche et au dessus du rez-de-chaussée, est la galerie des tableaux.

Ceux des anciens maîtres qu'elle contenoit ayant été transportés au

musée du Louvre, cette galerie est maintenant destinée à recevoir les

ouvrages des peintres vivants dont le gouvernement juge à propos de

faire l'acquisition; cette collection de tableaux modernes change

souvent d'aspect et pour ainsi dire, à chaque salon, un grand nombre

d'ouvrages nouvellement exposés prenant la place des tableaux de

l'exposition précédente qui sont alors distribués, ou dans les maisons

royales, ou dans les musées des départements.

Ce palais, autrefois obstrué, comme la plupart de nos édifices

publics, de bâtisses irrégulières ou de baraques qui y étoient

attenantes, est maintenant, des deux côtés, parfaitement isolé au

milieu d'un espace symétrique, et fermé de tous côtés par des grilles.

JARDIN DU LUXEMBOURG.

Ce jardin, considéré maintenant comme le plus beau jardin public de

l'Europe, sans en excepter celui des Tuileries, qu'il surpasse par

l'élégance du dessin et l'heureuse harmonie de toutes ses parties,

mérite que nous nous arrêtions un moment sur les changements que le

génie de Chalgrin y a opérés, et qui en ont fait, comme par

enchantement, ce qu'il est aujourd'hui.

Planté sur un terrain irrégulier, toutes les irrégularités de l'espace

dans lequel il est circonscrit se trouvent entièrement perdues dans

les parties les plus reculées du bois qui l'environne, et ce bois,

élevé en terrasse, vient se dessiner circulairement autour d'un

parterre également circulaire dans sa partie centrale, et qui, à

partir de la terrasse du château, se prolonge jusqu'à une seconde

terrasse, laquelle précède une immense allée percée en face du palais.

Cette allée, ouverte sur l'ancien terrain des Chartreux, termine, de

ce côté, le jardin, et présente pour perspective le monument de

l'Observatoire, dont l'axe s'est trouvé, par le plus heureux des

hasards, absolument le même que celui du monument élevé par

Desbrosses. Des deux côtés, et dans la partie basse de ce terrain, que

l'on a fort élevé au dessus de son niveau, mais seulement sur l'espace

où l'allée a été pratiquée, sont des pépinières expérimentales qui

dépendent du palais, et sont renfermées dans l'enceinte du jardin.

Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 7/8) · 第 22 / 23 段