PHTAH-STABILITEUR.

ON a pu remarquer dans les images du Dieu _Phtah_, planches 8 et 10,

cette sorte de sceptre divisé en bandes égales, peintes de couleurs

variées, et terminé à sa partie supérieure par quatre corniches

semblables à celles qui surmontent les portes et toutes les parties des

édifices égyptiens. Ce sceptre n'est autre chose que l'objet figuré par

le premier signe de la légende nº 1 (planche 16), dont les Égyptiens

ont déprimé la largeur, et exagéré arbitrairement la longueur (dans les

fig., pl. 8 et 10), pour le placer en forme de sceptre entre les mains

du Dieu _Phtah_.

Cet objet est l'insigne et le symbole habituel de _Phtah_; les

savants ne sont nullement d'accord sur sa nature; selon les uns, cet

objet représente un _autel_; selon d'autres, c'est un _nilomètre_.

La première opinion est détruite par les monuments qui, offrant des

formes d'_autels_ infiniment variées, ne leur donnent jamais celle

du symbole dont il est ici question, et qui se trouve, au contraire,

placé _derrière_ les statues des Dieux auxquels il sert souvent

de soutien[236]. Cet emblême fait l'office de _colonne_ dans les

chapelles qui, sur les peintures des momies, renferment les images des

Dieux[237]; il décore le soubassement des trônes divins, soit seul,

soit alterné avec la _croix ansée_ et le _sceptre à tête de Coucoupha_;

enfin, on le trouve suspendu au cou des Dieux et des animaux

sacrés[238], ce qui ne convient nullement à un _autel_.

L'opinion de ceux qui veulent y voir un Nilomètre, présenterait un peu

plus de probabilité; et l'on pourrait considérer les divisions égales,

différenciées par la couleur, qui couvrent toute la hauteur de cet

objet symbolique, comme l'indication des _coudées_, ou mesures tracées

également sur la colonne centrale du _Mékias_, ou grand Nilomètre de

l'île de Raoudha. Quoi qu'il en soit, la valeur symbolique de cet

objet, auquel nous donnerons provisoirement le nom de _Nilomètre_,

jusqu'à ce que les monuments confirment ou condamnent cette

dénomination, est très-clairement indiquée par le texte hiéroglyphique

de la stèle de Rosette. Là où le texte grec emploie les verbes Διαμένω,

_permaneo_, _perduro_, et Νομίζω, _lege sancio_, dans le sens passif

_lege constituor_, le texte hiéroglyphique porte l'image redoublée

du _Nilomètre_[239], et le texte démotique présente, aux deux points

correspondants, un groupe de signes qui, dans divers autres passages

de l'inscription, répond aux verbes du texte grec, καταστησαμένου,

καταστήσασθαι, μένειν, διατετήρηκεν[240]. Il est incontestable, d'après

tous ces rapprochements, que l'objet, dit le _Nilomètre_, exprime,

quel qu'il soit, dans l'Ecriture sacrée, les idées, _établir_, _rendre

stable_, _stabilité_, _conservation_, _coordination_; or, ces idées

sont essentiellement liées à celle du Dieu _Phtah_, l'organisateur et

l'ordonnateur du monde matériel et de l'état social.

On reconnaît, en effet, dans la Divinité ayant un _Nilomètre_ pour

tête, représentée sur notre planche 16, et calquée sur les dessins

du tombeau royal de Thèbes, découvert par M. Belzoni, la coiffure

emblématique, le sceptre, le fouet, et la tunique blanche que porte

le Dieu _Phtah_ sur des monuments déja cités[241]. Aussi, cette

singulière Divinité est-elle nommée _Phtah-Sokari_ dans la légende

qui l'accompagne sur une momie de la collection de M. Durand. Dans le

bas-relief du tombeau royal, son nom (pl. 16, légende nº 1), formé du

_Nilomètre_ et des signes d'espèce _Dieu_, est symbolique, et doit se

traduire par _Dieu stabiliteur_; ce nom divin est accompagné du titre

_Père des Dieux_, qui est particulier au Dieu _Phtah_, comme nous

l'avons déja dit[242].

[236] Voyez ci-dessus planche 9, et Descript. de l'Égypte, Ant. vol.

II, pl. 73, col. 45 et 46.

[237] _Suprà_, pl. 2.2.

[238] Description de l'Égypte, Ant. vol. II, pl. 75, col. 28 et 29.

--_Idem_, MSS. hiératique, pl. 71.

[239] Inscript. de Rosette, texte grec, lignes 36 et 47, texte

hiéroglyph. lign. 6 et 10.

[240] _Idem_, texte démot. lig. 1, 7, 9, 19; texte grec, lig. 1, 11,

33 et 36.

[241] Voyez ci-dessus, pl. 8, nº 6, et pl. 9.

[242] _Idem_, pl. 13 et son explication. Le dieu est parfois

représenté par un _Nilomètre_, auquel sont adaptés deux bras humains

tenant les insignes de la divinité (voyez la Description de l'Égypte,

Ant. vol. II, pl. 84, nº 5.). Nous verrons dans la suite qu'Osiris

fut aussi figuré, comme _Phtah_, sous la forme d'un Nilomètre; les

légendes seulement distinguent alors ces dieux l'un de l'autre.

[Illustration: 16.]

ATHOR ou HATHOR.

(ATHOR, ATHYR, ATAR, APHRODITE, VÉNUS.)

LES auteurs Grecs ont mentionné parmi les Déesses Égyptiennes une

Divinité sous les noms d'Αθωρ (_Athôr_) et d'Αθυρ (_Athyr_). Jablonski,

entraîné par l'esprit de systême, crut remarquer des rapports frappants

entre Αθωρ et le mot Égyptien EDJORH ou _Adjôrh_, qui signifie la

_Nuit_. Il a voulu conclure de ce hasardeux rapprochement que la Déesse

Égyptienne _Athôr_ était la _Nuit_ et le principe de toutes choses.

Cette Déesse est, en conséquence, placée à la tête de son Panthéon; ce

savant a été conduit à cette détermination par un passage de Damascius,

portant que, _dans les livres Égyptiens, on célébrait, par des hymnes

sacrés, le principe unique de toutes choses, l'obscurité inconnue_

(Σκότος ἄγνωστον), _l'obscurité au-dessus de toute intelligence_

(Σκότος ὑπὲρ πᾶσαν νόησιν)[243]. Mais ce principe _inconnu_ n'est

autre que le grand Être Démiurgique, _Ammon_, dont le nom Égyptien,

comme l'a dit le grand-prêtre Manéthon, signifiait _occulte_, _caché_,

ou _inconnu_[244]; et il n'est nullement question d'_Athôr_ dans le

passage de Damascius.

Cette Déesse n'occupait point un rang aussi élevé dans les mythes

sacrés de l'Égypte. _Athôr_ ou _Athyr_ fut assimilée par les Grecs à

leur _Aphrodite_, la _Vénus_ des Latins; et nous savons, par d'anciens

témoignages très-formels, que les Égyptiens donnèrent le nom de cette

Divinité au troisième mois de leur année[245]; ce mois, dans les

textes _coptes_ ou Égyptiens écrits en lettres grecques, est en effet

appelé ATHOR en dialecte memphitique, et HATHOR en dialecte thébain;

ce qui détruit l'étymologie, et, par conséquent, le systême entier de

Jablonski sur la Déesse _Athôr_.

Il est rare de trouver, dans les auteurs Grecs, le nom de l'_Aphrodite_

Égyptienne, sans qu'il soit parlé en même-temps de _la vache_ qui lui

était consacrée, et qu'on nourrissait comme le symbole vivant de la

Déesse[246]; Plutarque nous apprend aussi que le nom divin _Athyr_ ou

_Athôr_ signifiait, en langue Égyptienne, Οἶκον Ὥρου κόσμιον, _maison

mondaine d'Horus_[247].

Ces deux circonstances nous ont fait aisément reconnaître la

représentation de la Déesse _Athôr_ sur les monuments Égyptiens,

qui nous l'offrent sous des formes très-variées; mais elle porte

toujours un même nom hiéroglyphique, celui qui accompagne son image

dans cette planche, nº 17. C'est le premier caractère de la légende

nº 1. Ce nom est figuré par une MAISON _ou un_ ÉDIFICE _dans lequel

est renfermé un_ ÉPERVIER; et, si nous observons que l'épervier

_sans coiffure particulière_ est l'emblême d'_Horus_, nous verrons

clairement dans ce groupe la transcription figurative-symbolique du

nom même _Athôr_ qui, selon les anciens, signifiait, en effet, _maison

d'Horus_; et Horapollon dit que l'_épervier_ était employé pour écrire

hiéroglyphiquement le nom de l'_Aphrodite_ Égyptienne[248]. De plus, ce

nom hiéroglyphique est celui que porte constamment une _vache sacrée_,

figurée dans presque tous les grands manuscrits funéraires.

La Déesse Athôr a ici les chairs jaunes, couleur propre aux femmes

représentées dans les peintures Égyptiennes; elle tient dans ses mains

des bandelettes, ou plutôt des espèces de lacs, qui, selon Horapollon,

étaient l'emblême de l'_Amour_[249]. Cet attribut convient parfaitement

à la Vénus Égyptienne. La tête d'Athôr est surmontée d'un _épervier

orné d'une coiffure symbolique_, oiseau qui est l'emblême du Dieu époux

de la Déesse, comme on le verra dans la suite.

Athôr était fille du Dieu _Phré_ (le Soleil), ainsi que nous l'apprend

la légende hiéroglyphique nº 1: HATHOR TNÈB MPÉ HNT NNE-NOUTE TSÉ RÈ,

_Hathôr, dame du ciel, rectrice des Dieux, fille du Soleil_. La légende

nº 2 est la forme hiératique du nom _Hathôr_. Une image de la Déesse,

semblable à celle que nous publions, existe sur une momie du Musée

Britannique, provenant de Guillaume Lethieullier.

[243] DAMASCIUS, cité dans le _Pantheon Ægyptiorum_ de Jablonski,

liv. I, chap. I, pag. 19 et 20.

[244] _Suprà_, pl. 1, explication.

[245] ORION, dans l'_l'Etymologic. Magn._ au mot Αθυρ.

[246] ÆLIEN. Hist. des Animaux, liv. XI, chap. 27.--HESYCHIUS, au mot

Αθυρ.--STRABON, liv. XVII.

[247] _De Iside et Osiride._

[248] HORAPOLLON. Hiérogl. liv. I, §. 8.

[249] _Id._ Hierogl. liv. II, §. 26.

[Illustration: 17.]

ATHOR ou HATHOR.

(ATHOR, ATHYR, ATAR, APHRODITE, VÉNUS.)

ON a vu que le nom égyptien de cette Déesse signifiait _demeure_, ou

_habitation d'Horus_, et que, dans les inscriptions hiéroglyphiques, ce

nom divin est exprimé par la _coupe_ ou le plan abrégé d'un _édifice_,

dans lequel est inscrit un _Épervier_, le symbole d'_Horus_; mais les

bas-reliefs et les sculptures de grande proportion nous offrent la

déesse _Athor_, portant sur sa tête, et pour signe distinctif, l'image

parfaite d'un _édifice_ dont il est facile de distinguer la frise, la

corniche et la porte. L'épervier disparaît, soit pour faire place à un

simple _Uræus_, soit à un petit bas-relief représentant l'_Allaitement

d'Horus_, scène parfaitement en rapport avec la signification connue du

nom propre de la Déesse.

L'édifice complet, coiffure symbolique d'_Athor_, l'Aphrodite

égyptienne, est parfois entouré de fleurs de lotus épanouies, ainsi

qu'on peut le voir sur cette planche; une figure semblable est sculptée

sur la grande porte du sud à Karnac: la Déesse est debout, à la

suite de Phtha, son époux. La tête humaine d'_Athor_, surmontée de

l'_édifice_, est reproduite isolément sur une foule de bas-reliefs;

mais elle a des _oreilles de vache_, parce qu'une vache sacrée était

son symbole vivant; la Déesse emprunte même souvent la tête de cet

animal[250].

Il exista en Égypte beaucoup de temples spécialement consacrés à

l'Aphrodite égyptienne; et de ce nombre furent un petit temple, dans

l'île de Philæ; le petit temple d'Ombos; le temple de Contralato; le

temple de l'Ouest au Memnonium; enfin le grand temple de Dendéra,

l'ancienne Tentyris; et tous ces monuments portent, dans leurs

décorations architecturales, les emblêmes d'_Athor_, au culte de

laquelle ils étaient destinés.

Le petit temple de Philæ a été construit sous les rois Lagides, et fut

dédié par Ptolémée-Évergète II, et les deux reines Cléopâtre, sa sœur

et sa femme, à _Aphrodite_, ΑΦΡΟΔΙΤΗΙ, comme porte la dédicace, en

langue grecque. Le temple de l'Ouest, dans la même île, et qui offre

les légendes royales hiéroglyphiques de ce même Évergète, ainsi que

celles de plusieurs empereurs romains, était également consacré à

l'Aphrodite égyptienne; car les chapiteaux de ce temple sont surmontés

de têtes d'_Athor, à oreilles de vache_, et portent _l'édifice

emblématique_[251]. Il en est de même du petit temple d'Ombos, et à

Thèbes, du temple à l'ouest au Memnonium. Les pilastres de ce dernier

monument, formés de la tête d'_Athor_, contiennent, dans l'inscription

hiéroglyphique dont ils sont ornés, la légende de Ptolémée-Évergète II,

et le nom même d'_Athor_[252].

Mais c'est principalement dans les magnifiques ruines de Dendéra, que

les emblêmes et les images d'_Athor_ se montrent avec une extrême

profusion; Strabon nous dit que le grand temple de cette ville était

dédié à l'_Aphrodite_ égyptienne; et la dédicace, en langue grecque,

inscrite sur le listel de la corniche du Pronaos, atteste aussi que

cette portion de l'édifice avait été également consacrée à la même

Divinité: ΑΦΡΟΔΙΤΗΙ ΘΕΑΙ ΜΕΓΙϹΤΗΙ, _A Aphrodite, Déesse Très-Grande_,

par les habitants du Nome et de sa Métropole, sous le règne de Tibère,

le 21 d'_Athyr_, mois qui portait précisément, en égyptien, le nom même

de la déesse.

Les vingt-quatre chapiteaux du portique sont formés, comme ceux de

toutes les colonnes du temple, par quatre énormes _têtes d'Athor_. Cet

emblême occupe le milieu de la porte du nord et le centre de la frise

du Pronaos. A droite et à gauche de cette tête symbolique, sont les

images, en pied, d'_Athor_ et de son époux _Phtah-Socari_, adorées par

soixante-deux personnages qui occupent sans interruption le reste de la

frise de la façade[253], et portent, pour la plupart, d'une main, la

tête emblématique d'_Athor_, et, de l'autre, l'hiéroglyphe recourbé,

première lettre du mot _Socari_, surnom de _Phtah_. Une tête colossale

d'_Athor_ occupe encore le centre de la partie postérieure du temple:

enfin les décorations des frises et des corniches de cette vaste

construction, présentent de tout côté la tête d'_Athor à oreilles de

vache, et surmontée de l'édifice emblématique_.

On a pris jusqu'ici les images de _Néphthys_, déesse sœur d'Isis et

d'Athor, pour Athor même ou la Vénus égyptienne; mais les monuments,

qui seuls font autorité dans cette matière, distinguent spécialement

ces deux divinités, et ne permettent point de les prendre l'une pour

l'autre.

[250] Voyez l'explication de notre planche 17.4, et la planche 17.2,

nº 3.

[251] Descript. de l'Égypte, Ant. I, pl. 21.

[252] _Idem_, pl. 36.

[253] _Idem_, Ant. IV, pl. 15.

[Illustration: 17.2.]

HATHÔR ou ATHÔR.

(ATAR, ATHYR, APHRODITE, VÉNUS.)

L'UNE des formes les plus habituelles d'_Athôr_, dans les peintures et

bas-reliefs d'ancien style égyptien, est celle que reproduit la planche

ci-jointe. Cette figure est tirée d'une grande scène sculptée et peinte

dans le tombeau du Pharaon Ousereï-Akenchérès Ier, douzième roi de la

XVIIIe dynastie diospolitaine, monument magnifique découvert à Thèbes

par le célèbre Belzoni. Ce tableau, gravé sur l'épaisseur d'une des

portes de ce vaste hypogée, représente, de proportion naturelle, la

déesse Athôr accueillant avec affection le monarque défunt qui, sur

plusieurs autres points de la catacombe, présente diverses offrandes à

cette divinité, et en reçoit, en retour, le signe de la _vie céleste_.

Dans ces diverses sculptures, la tête de la déesse est surmontée d'un

disque de couleur rouge, soutenu par deux cornes de vache peintes en

noir. Un _uræus_, ou serpent royal, est suspendu au disque. Mais ces

emblèmes n'appartenaient point spécialement à ATHÔR; on les reconnaît

aussi sur la tête d'ISIS, de SELK, ils sont même placés quelquefois

au-dessus de la coiffure de la _grande mère divine_ NEITH: d'où il

semble résulter que, comme le vautour, le disque et les cornes de vache

sont des insignes exprimant une qualité générale, une attribution

commune à plusieurs déesses égyptiennes à la fois. On s'exposerait

donc à de graves erreurs, en considérant certains attributs comme trop

exclusivement propres à certaines divinités. Aussi est-il arrivé qu'on

a souvent donné, sans raison, le nom d'_Isis_ à des images de toute

autre déesse, ou de reines mortelles empruntant les coiffures divines,

par cela seul qu'on retrouvait, parmi leurs ornements, le disque

soutenu sur deux cornes de vache. La légende hiéroglyphique inscrite à

côté de ces images, peut seule, en cette occasion, donner une pleine

certitude sur le personnage figuré. L'inscription qui accompagne la

déesse gravée sur notre planche 17.3, ne permet point de douter que

ce ne soit là une véritable représentation de la fille du soleil, de

l'épouse de Phtha: elle porte en effet HATHÔR RECTRICE DE LA RÉGION

SUPÉRIEURE DU MONDE[254].

Un diadème ceint le front de cette divinité, dont les cheveux nattés

sont contenus par une bandelette de couleur rouge; de riches _uræus_

sont suspendus à ses oreilles; et au collier, orné d'émaux, tient

un appendice qui retombe derrière les épaules de la déesse; sur

cet ornement, terminé par une fleur épanouie, est inscrit, dans le

bas-relief original, le prénom royal du Pharaon _Ousirei_, suivi du

titre ϩⲁⲑⲱⲣⲙⲁⲓ, _chéri d'Athôr_. Deux bretelles émaillées soutiennent

la tunique de couleur gris de perle, de forme ordinaire, mais dont les

ornements présentent une particularité très curieuse. Les losanges

dont elle est coupée dans l'original figurent, selon toute apparence,

un de ces filets en émaux variés, qui recouvrent les tuniques des

déesses et des reines dans les scènes peintes ou sculptées en grand.

L'intérieur de chaque losange renferme un petit groupe de signes

hiéroglyphiques; et chaque _ligne horizontale_ de losanges contient un

même groupe de caractères. Mais si l'on interprète ces mêmes losanges

en les lisant perpendiculairement, ils renferment, d'après un dessin

malheureusement peu soigné dans les détails, et placé dans l'Atlas du

voyage de Belzoni[255], les louanges du Pharaon, louanges que la déesse

_Athyr_ est censée prononcer en l'accueillant dans la région divine.

Cette singulière inscription se divise en deux parties, et renferme les

idées suivantes: «_Dieu bienfaisant_ RÈ-SATÉ-MÉ (prénom du roi), _nous

t'avons donné la domination et une vie heureuse et éternelle, toi, fils

du soleil et des Dieux_, OUSIREI, _serviteur de Phtha, vivificateur

pour toujours_.»

«_Dieu bienfaisant_ RÉ-SATÉ-MÉ, _nous t'avons donné la domination

sur les années des panégyries, toi, fils du soleil, chéri des Dieux

seigneurs, serviteur de Phtha, vivificateur comme le soleil éternel,

Dieu bienfaisant, chéri du maître du monde pour toujours_.»

Nous ne savons encore comment caractériser l'espèce d'ornement attaché

au collier que la déesse tient de sa main droite et semble montrer au

Pharaon: un ornement semblable est fixé au cou du dieu Lune[256].

[254] _Voyages, Recherches et Découvertes de G. Belzoni_; atlas,

pl. 18.

[255] _Idem._

[256] Voyez notre planche 14.4.

[Illustration: 17.3.]

Panthéon égyptien · 第 59 / 96 题