SAUL ET L’ÉGLISE

Le grand prêtre Caïphe, les Anciens du peuple jugeaient comme lui. Une

violence en réclame d’autres. Les disciples d’Étienne ou de pieux

prosélytes ensevelirent[42] le Saint avec une solennité d’affliction qui

le glorifiait. Pour venir à bout de l’hérésie tenace, une répression

méthodique fut décidée. Elle était possible au début du principat de

Caligula, dans la brève période où la Judée respira plus libre, entre

l’éloignement d’un procurateur odieux--sa disgrâce obtenue semblait une

victoire sur Rome--et l’arrivée du successeur.

[42] Le corps du lapidé devait être, d’après la Loi, pendu jusqu’au

soir à une potence. Les _Actes_ ne disent pas que cet opprobre fut

infligé au cadavre d’Étienne.

La persécution visa par système les Nazaréens d’origine helléniste;

ceux-là, comme Étienne, négligeaient hardiment le Temple, sinon la Loi.

Les Douze, nés Palestiniens, plus exacts aux observances mosaïques,

restèrent à Jérusalem; et rien ne donne à entendre qu’ils furent, pour

lors, inquiétés. Les autres se dispersèrent, emportant avec eux

l’Évangile qui, par là, s’étendit au loin.

Faut-il dater de ce moment ou de plus tôt les chrétientés de la Samarie,

de la Syrie, d’Alexandrie? Il y en avait une à Antioche, une à Damas,

puisque Saul alla bientôt la pourchasser.

Comment Saul, après avoir joué dans le martyre d’Étienne le rôle d’un

comparse, simple gardien du vestiaire, reparaît-il, peu de temps après,

commissaire du sanhédrin, investi d’un pouvoir de haute police qu’il

exerce à la façon d’un enragé? Son zèle, sa véhémence d’exécution

l’avaient, sans doute, mis en valeur. Ses qualités de chef s’imposèrent.

Dans les crises terroristes, ce sont toujours les jeunes qui prennent la

tête du mouvement.

Sur la férocité de sa campagne le narrateur des _Actes_ s’est plu à

insister; par trois fois[43] il la certifie. Saul entrait dans les

maisons suspectes, en arrachait les hommes et les femmes, les entassait

dans les geôles, les faisait flageller, les contraignait à renier leur

foi, ou les ramenait à Jérusalem et, devant les tribunaux, intervenait

pour qu’ils fussent menés au supplice.

[43] VIII, 3; XXII, 4-5; XXVI, 9-11.

Quatre fois aussi[44] dans ses _Épîtres_, Paul évoque son passé de

persécuteur; s’il n’y revient guère plus souvent, c’est que toutes les

églises en savaient les moindres détails.

[44] _Galates_ I, 13-14; I _Cor._ XV, 9; _Philippiens_ III, 6; Ire à

_Timothée_ I, 13.

«Vous avez ouï dire, écrivait-il aux Galates, ma façon d’être dans le

judaïsme: que je persécutais à outrance l’Église de Dieu, et que je la

dévastais; et j’allais dans mon zèle pour le judaïsme plus loin que

beaucoup de Juifs, mes camarades, défenseur à l’excès des traditions

pharisiennes.»

Nous n’avons aucun motif d’induire que Paul, quinze ou vingt ans après,

exagérait ses violences pour mieux attester: Je me suis converti malgré

moi, sans nul mérite, sans que rien m’y préparât.

L’étrange, c’est plutôt le ton dégagé de sa confession; pas un mot ne

laisse entendre que la mémoire de ses violences l’a bourrelé de remords.

Il expliquera très simplement, plus tard, à Timothée, pourquoi il a pu

trouver grâce devant Dieu:

«Le Christ Jésus m’a établi dans son service, moi qui étais auparavant

blasphémateur, persécuteur, tourmenteur. Il m’a pris en pitié parce que

j’avais agi _sans savoir_, dans le manque de foi.»

Les fureurs de Saul sortaient donc d’un zèle exaspéré pour la religion

qu’il croyait uniquement vraie. Ses cruautés trouveraient une

explication dans ce mot aigu de Pascal:

«Jamais on ne fait le mal si pleinement ni si gaiement que quand on le

fait par conscience.»

Mais il faut aussi comprendre quelle pouvait être l’âme d’un Juif au Ier

siècle, ce qu’était le monde autour de lui.

On aurait grand tort de se figurer Israël comme un peuple, avant tout,

féroce. Dans son histoire, les traits de miséricorde et de tendresse

n’ont rien d’anormal. Sur l’âpreté des tempéraments, le précepte divin

posait son onction:

«_Tu aimeras_ le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force.»

Entre Iahvé et son peuple, un principe de suavité tempérait la crainte:

«Le Seigneur ton Dieu t’a porté, lui disait Moïse, comme un _homme porte

(sur l’épaule) son fils tout petit_[45].»

[45] _Deutéronome_ I, 31.

A l’intérieur de la famille, une loi sainte gouvernait les rapports du

père et des enfants, des frères et des proches entre eux. C’était une

loi exigeant «la circoncision du cœur[46]»; la bonté, le pardon y

tenaient leur place. Avant le père de la parabole évangélique, on

s’était souvenu d’Ésaü étreignant dans les larmes Jacob faible, humilié;

de Joseph se réconciliant avec ses frères indignes; de David pleurant le

misérable Absalom et criant: «Qui me donnera de _mourir à ta place_,

Absalom, mon fils, ô mon fils Absalom!»

[46] _Id._ X, 16.

Selon le code mosaïque les juges devaient rendre justice au pérégrin

comme à l’Hébreu, au petit comme au grand, sans faire acception de

personnes, parce que leur jugement «était le jugement de Dieu[47]».

Quand on entrait en guerre, devant une ville ennemie, avant de donner

l’assaut, il fallait «lui offrir la paix[48]». C’était une obligation de

respecter durant un mois la femme captive[49].

[47] _Id._ I, 17.

[48] _Deutéronome_ XX, 10-11.

[49] _Id._ XXI, 11-14.

Moïse interdisait de livrer l’esclave fugitif à son maître[50], de

garder plus d’un jour le gage du débiteur pauvre[51]. Il commandait au

riche d’ouvrir sa main à l’indigent, de laisser, pour l’orphelin et la

veuve, sur l’olivier quelques olives, dans la vigne quelques

grappes[52]. Il enseignait même la pitié pour les animaux: «Si, en

marchant sur une route, tu trouves dans les branches d’un arbre ou à

terre, un nid d’oiseau, et la mère couvant ses œufs ou ses petits, tu ne

la retiendras pas captive[53].» Josèphe, célébrant l’humanité de la loi

juive, observe qu’elle défendait de tuer les animaux, «s’ils entraient

_en suppliants_ dans une maison[54]».

[50] _Id._ XXIII, 15.

[51] _Id._ XXIV, 12-13.

[52] _Id._ XXIV, 21.

[53] _Id._ XXII, 6.

[54] Contre Apion, l. II, ch. VI.

Un peuple où l’on avait conçu et compris, du moins littéralement, le

_Cantique des Cantiques_, les _Psaumes_, les _Livres des Prophètes_, ne

pouvait ignorer les délicatesses ni les violences de l’amour humain ou

divin. Nul n’a senti d’une façon plus véhémente que l’amour est fait de

pitié.

Mais les Juifs pouvaient-ils échapper à la dureté foncière de tout

l’Orient sémitique? Quand on pense aux tyrans assyriens, aux atrocités

rituelles qu’attestent les bas-reliefs et les inscriptions de ces pays,

on s’étonne moins de voir Israël, en guerre contre des voisins

terribles, exterminer dans les villes hommes, femmes, petits enfants,

incendier les maisons, ne laisser que des cendres et de l’horreur

derrière lui. Les Hébreux savaient ce qui les attendait s’ils

épargnaient les idolâtres; ils exécutaient sur eux le juste châtiment

d’Iahvé, et, plus encore, en les exterminant, ils se préservaient de

leurs dieux redoutables.

Israël eut besoin d’être fanatique; autrement il aurait succombé, et,

avec lui, le pacte d’alliance, le témoignage du seul Dieu vrai. Il se

savait élu entre tous les peuples; sa fierté d’un tel privilège était

farouche. Jamais orgueil nobiliaire n’a pu être comparé à celui des

Juifs. Un grand orgueil offensé devient cruel en se croyant juste. D’où,

chez eux, des vindictes inflexibles dont celles des hidalgos espagnols

seraient une faible réplique.

Le pays où ils se fixèrent, malgré ses parties fertiles, est dur comme

son climat.

Pays de hautes vallées et de faîtes abrupts, peu accessible par la mer,

et qui repousse l’étranger. Six mois d’été sans pluie; un hiver assez

rude. Les villages, sur les pentes, ressemblent à des tas de pierres.

Nulle part au monde la pierre ne règne aussi implacable; on s’explique

la lapidation, supplice éminemment juif; sous les monceaux de silex on

chercherait les os d’un lapidé. Je ne connais rien de plus désolant,

surtout en automne, que la descente de Jérusalem à Jéricho: des bosses

de terres nues, après des bosses de terres nues, çà et là

broussailleuses, ou d’un gris de lèpre, chargées de boursouflures

livides, au-dessus d’une gorge rougeâtre qui fait saillir et béer ses

roches comme des gueules de bêtes altérées.

De telles régions ne pouvaient convenir qu’à des brigands ou à des clans

rigides, intraitables pour tout ce qui violait les mœurs et les

principes de la communauté.

La Loi mosaïque les enserrait dans des haies de préceptes et de rites,

dans les craintes minutieuses des cas d’impureté. Elle exigeait de ces

paysans rapaces le sacrifice de leurs bestiaux, des victimes, certains

jours, sans nombre[55]. Aux grandes fêtes, le parvis du Temple devenait

un énorme abattoir; le gémissement des animaux égorgés couvrait les voix

des prêtres; ceux-ci n’étaient plus que d’infatigables bouchers. Les

lévites parfois devaient monter sur des escabeaux pour ne pas tremper

leurs jambes dans les nappes de sang qui débordaient[56]. Le matin de

Kippour, lors du grand jeûne d’octobre, quand on avait imposé les mains

au bouc qu’on chargeait des péchés du peuple, les assistants crachaient

tous sur lui, le piquaient avec des épines[57]. Il était coiffé d’une

bande de laine écarlate; puis, à coups de fouet, les prêtres le

chassaient hors de la ville, en un lieu désert. Là, on lui arrachait du

dos sa toison qu’on éparpillait sur les broussailles, et on le jetait

dans un précipice. S’il se relevait, personne ne lui donnait à manger;

il s’en allait mourir comme un maudit, dans un trou.

[55] Pour la dédicace du Temple de Salomon, les _Paralipomènes_ (l.

II, VII, 5) dénombrent l’immolation de vingt-deux mille bœufs et de

cent vingt mille béliers. Pour la même cérémonie, Josèphe (_A. J._,

VIII, 2) parle de douze mille veaux et de cent vingt mille agneaux.

[56] Voir M. MARNAS, _Miriam_, p. 220.

[57] Voir l’épître dite de Barnabé. Le passage sur le bouc est une

citation tirée on ne sait d’où.

Atroces pour nous, ces rites expiatoires l’étaient bien moins que ceux

des idolâtres, offrant leurs fils au bûcher de Moloch, ou se mutilant,

comme faisaient les prêtres de Cybèle, en public, avec frénésie. Ils

provoquaient les Juifs à la pénitence, commémorant les peines dont Iahvé

avait frappé leurs pères impies ou fornicateurs. Ils préfiguraient la

victime substituée, elle volontaire et parfaite, le Christ percé

d’épines, flagellé, honni. Mais, chez des âmes brutales, ils excitaient

le goût du sang, une sorte d’irritation luxurieuse déviée en ivresse de

tuerie.

D’ailleurs, asservis à des maîtres iniques, les Juifs, tout en courbant

l’échine, avaient médité d’affreuses représailles. Si on touchait à leur

culte et à la Loi, ils résistaient sauvagement, et les répressions

étaient inexorables. Lorsque Antiochus Épiphane prétendit helléniser

Jérusalem, établir dans le Temple une statue de Zeus, lorsqu’il eut

interdit la circoncision, les pharisiens s’obstinèrent à faire

circoncire les nouveau-nés. Tous ceux qui étaient dénoncés étaient

battus de verges, mutilés, mis en croix; et les bourreaux, après avoir

étranglé les enfants, pendaient leurs cadavres au cou des crucifiés[58].

Hérode ayant fait clouer sur le portail du Temple un aigle d’or, deux

docteurs, Judas et Mathias, l’arrachèrent en plein midi, devant la

foule, et le brisèrent à coups de hache. Arrêtés, ils justifièrent leur

violence avec ce seul argument: «Nous avons vengé l’outrage fait à Dieu

et l’honneur de la Loi dont nous sommes les disciples.» Pour déchaîner

un mouvement furieux, il suffit que Pilate voulût faire promener à

travers les rues de Jérusalem des enseignes militaires où figurait le

médaillon de César[59]. Caligula, quand il essaya d’imposer dans le

Temple sa statue en «nouveau Jupiter», faillit soulever toute la Judée

contre Rome.

[58] JOSÈPHE, _Antiq._, l. XII, VII.

[59] _Id._, l. XVIII, IV.

A mesure que la nation juive se vit plus étroitement harcelée par

l’hellénisme[60], pressée par l’arrogance et la rapacité romaines, son

esprit de révolte se renforça; mais il devait se perdre dans l’anarchie

des factions. Sadducéens, bourgeois et sceptiques, semblables à nos

radicaux d’aujourd’hui, pharisiens intransigeants, zélotes et démagogues

illuminés s’exécraient les uns les autres. Les bandes armées, les

brigandages se multipliaient. Les grands prêtres soudoyaient des

séditieux qui provoquaient des rixes; ils les envoyaient saisir dans les

granges des dîmes appartenant aux sacrificateurs «dont quelques-uns

étaient si pauvres qu’ils mouraient de faim[61]». Des sicaires, les

jours de fête, arrivaient à Jérusalem, cachant des dagues sous leurs

manteaux.

[60] Sous Caligula, les Grecs massacrèrent, dans les progroms

d’Alexandrie, au dire de Josèphe, cinquante mille Juifs; d’où

l’ambassade conduite par Philon auprès de l’Empereur.

[61] JOSÈPHE, _Antiq._, l. XX, VI.

Ils poignardaient les gens au milieu des cérémonies, et, les voyant

tomber morts, se penchaient sur eux comme pour les secourir, échappant

ainsi aux soupçons[62].

[62] _Id._ XX, VII. Et EUSÈBE, _H. E._, II, XX.

La férocité des mœurs, l’exaspération des caractères atteignaient déjà

ce paroxysme qui aboutira aux atrocités héroïques du siège de Jérusalem,

aux épouvantes de Massada. Josèphe, homme cultivé, raconte, comme une

chose toute naturelle, de quelle manière il traita un factieux de

Tibériade. Celui-ci était venu simplement lui réclamer une somme qu’il

ne devait pas:

«Je le fis battre de verges, _je lui fis couper une main qu’on lui

attacha au cou_, et je le leur renvoyai en cet état[63].»

[63] _Vie_, ch. XXIV.

Plus loin, il invite un autre séditieux à se trancher lui-même, d’un

coup d’épée, la main gauche. Et cet homme s’empresse d’obtempérer.

Saul, dans son offensive contre les Nazaréens, se comporta donc selon la

rigueur d’un bon pharisien sectaire. Il y ajoutait l’emportement de sa

jeunesse, la fierté d’exceller dans une œuvre juste. Nul doute qu’il

n’écoutât en même temps des impulsions démoniaques. Il dira dans la

suite: «Nous n’avons pas seulement à combattre contre la chair et le

sang, mais contre les Puissances, contre les Maîtres de ce monde

ténébreux[64].» Les Puissances d’en bas l’armaient de leur furie. Elles

l’avaient élu comme un parfait agent d’extermination.

[64] _Éphésiens_, VI, 12.

Au reste, il croyait connaître l’histoire de Jésus, ses enseignements;

il les interprétait, sans intelligence, «en homme charnel»; il en

demeurait scandalisé, outré. Il était pharisien, et Jésus avait écrasé,

sous une réprobation, la superbe, l’hypocrisie des pharisiens. Israël

attendait un Messie qui établirait sa revanche sur les oppresseurs et

même lui soumettrait l’univers. Isaïe l’avait annoncé: _L’empire sera

sur son épaule._ A cette prophétie, mal comprise, vulgarisée dans tout

l’Orient, les Romains eux-mêmes prêtaient attention[65]. Jésus, trompant

les espoirs terrestres d’Israël, semblait l’ennemi à détruire dans la

personne de ses disciples, faux prophètes qui blasphémaient l’éternité

de la Loi, l’avenir du peuple saint. Que devenait son privilège, si

toutes les nations étaient appelées au Royaume? En persécutant les

Galiléens, Saul pensait «rendre hommage à Dieu[66]».

[65] TACITE, _Hist._, V, 13, et SUÉTONE, _Vespasien_, IV.

[66] «L’heure vient où quiconque vous tuera croira rendre hommage à

Dieu» (_Jean_, XVI, 2).

On a contesté qu’il ait pu les traquer hors de Palestine, jusqu’en

Syrie. Mais, dans une phase de trouble, le sanhédrin se hâtait de

ressaisir une compétence pénale dont il était jaloux. Or, la Syrie

appartenait en ce temps-là au roi Arétas, beau-père d’Hérode le

Tétrarque; et les Juifs, nous le savons par Paul lui-même, s’entendaient

fort bien avec Arétas[67]. En fait, partout où vivait une communauté

juive, l’émissaire du sanhédrin exerçait un droit de police.

[67] «A Damas, l’_ethnarque du roi Arétas_ faisait garder la ville

pour se saisir de moi» (II _Cor._ XI, 32). Juster (_op. cit._, t.

II, p. 134-139) estime incertaine, mais possible, la compétence du

sanhédrin hors de la Palestine; car Hérode avait eu le droit de se

faire remettre par les autorités romaines des criminels enfuis à

l’étranger. Ce droit, surtout en matière de crimes religieux, avait

pu passer d’Hérode au sanhédrin.

Tout persécuteur devient un persécuté. Dans l’idée que des victimes lui

échappent, il ne dort plus. Pour allonger sa liste de suspects, il n’a

jamais assez d’espions. Fatalement, son inquisition s’étendra aussi loin

qu’il peut faire devant lui le vide par la terreur. C’est pourquoi nous

trouverons Saul, avec une escorte de policiers, en marche vers Damas,

«soufflant la menace et le meurtre», frémissant d’anéantir une Église

qui se croyait à l’abri.

Mais, avant de le joindre sur la route brûlante où le Christ lui donna

rendez-vous, il convient de le mieux connaître et d’atteindre les

premiers linéaments de sa personnalité.

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Saint Paul · 第 12 / 56 题