extraordinaire dans l’isolement où Victoria se sentit après la mort du
prince Albert, avec un besoin d’affection de tous les instants, plus
impérieux à mesure que les années s’accumulaient sur la tête de la
souveraine.
On dit que Brown avait, lui aussi, écrit ses mémoires qu’il destinait à
la publication et que, sur l’ordre de la reine, tous ses papiers ont été
saisis et lus par elle. Qui sait si ce n’est pas la lecture de ces
mémoires intimes, auxquels le serviteur confiait ses pensées les plus
secrètes, qui a démontré à la reine la sincérité absolue de son
dévouement? En lui rendant les honneurs qu’on ne rend généralement
qu’aux grands hommes, la reine a voulu perpétuer le souvenir du
serviteur modèle, dont l’espèce semble disparaître de plus en plus.
Depuis Brown, le serviteur intime de la reine est l’Écossais Grant, qui
se montre attentif à ses moindres désirs, mais n’a jamais été admis dans
le même degré d’intimité.