«Je dois ajouter quelques mots à ce volume.
«Le fidèle serviteur dont il est souvent fait mention dans ces mémoires,
n’est plus avec celle qu’il a servie toute sa vie avec tant de
sincérité, d’affection, de zèle infatigable.
«En pleine force de santé, il a été arraché à sa carrière si utile,
après une maladie de trois jours, le 27 mars de cette année. Il est
parti respecté et aimé de ceux qui ont connu sa rare valeur et la bonté
de son cœur; il a emporté les regrets de tous ceux qui l’ont connu.
«Sa perte pour moi (malade et impotente) est irréparable, car il avait
mérité et possédait ma confiance absolue. En disant qu’il me manque
chaque jour, et même à chaque heure du jour, je ne fais qu’exprimer
faiblement la vérité envers celui qui a acquis des droits à ma
reconnaissance éternelle par ses soins constants, ses attentions et son
dévouement.
«Jamais cœur plus sincère, plus noble, plus loyal, plus dévoué, n’a
battu dans une poitrine humaine.
«Balmoral, novembre 1883.»
Un tel attachement d’une reine puissante pour son humble serviteur parut
si exagéré que les mauvaises langues se donnèrent libre carrière. La
société puritaine de Londres ne put admettre qu’un valet reçût tant
d’honneurs. Peut-être trouverait-on l’explication de cette
reconnaissance
[Illustration:
Phot. G. W. Wilson.