1. Exhibition of Female Flagellants in the Modest and Incontinent World.

2. Part Second of the Exhibition of Female Flagellants in the Modest and

Incontinent World.

3. Lady B--r's Revels. A Comic Opera, as Performed at a Private Theatre

with unbounded Applause.

4. A Treatise of the Use of Flogging in Venereal Affairs. Also of the

Office of the Loins and Reins. By Meibomius.

5. Madame Birchini's Dance. A Modern Tale, with Original Anecdotes

collected in Fashionable Circles. By Lady Termagant F--m.

6. Sublime of Flagellation: in Letters from Lady Termagant F--m to Lady

Harriet T--l.

7. Fashionable Lectures; Composed and Delivered with Birch Discipline,

by the Following Beautiful Ladies.

London, printed by G. Peacock, 1777[53].

[53] 1. Exposition des Flagellants femelles dans le monde modeste et

incontinent.

2. Seconde partie de l'Exposition des Flagellants femelles dans le

monde modeste et incontinent.

3. Les orgies de Lady B--r's--Opéra-comique, comme exécuté sur un

Théâtre privé, avec applaudissements sans frein.

4. Traité de l'usage de la verge dans les plaisirs vénériens, et

dans l'office des reins et des lombes, par Meibomius. (Voyez plus

haut: Meibomius, De l'utilité de la flagellation.)

5. La danse de Mme Birchini. Conte moderne, avec Anecdotes

originales recueillies dans des _fashionables_ Cercles, par Lady

Termagant F--m.

6. La majesté de la flagellation: en lettres de Lady Termagant F--m

à Lady Harriet T--l.

7. Lectures _fashionables_; composées et prononcées avec la

discipline du fouet, par les magnifiques dames suivantes. Londres,

imprimé par G. Peacock, 1777.

LASHED INTO LUST. A CAPRICE OF A FLAGELLATION. Paris, 1899[54].

[54] La luxure dans le fouet. Caprice d'un flagellateur. 1 volume

petit in-8º. Deux éditions dont l'une sur papier de Hollande.

Voici maintenant un ouvrage absolument moderne et qui démontre par son

existence même, que l'étrange goût de la flagellation n'est pas encore

éteint.

Voici le problème que l'auteur anonyme (nous le connaissons

personnellement, et c'est un gentleman distingué, ce qui prouve le peu

de bonne foi qui préside à l'établissement de ces ouvrages) cherche à

résoudre: comment domestiquer et réduire à la soumission une courtisane

à la langue acérée qui pense que chaque homme représente sur terre un

imbécile, plus qu'un naïf.

L'auteur a résolu ce problème avec beaucoup d'habileté. Ce volume n'a

jamais été publié en français quoique l'original ait été écrit dans

cette langue. Les acheteurs de cet ouvrage, s'ils supposent acquérir un

bréviaire de piété, doivent être tristement déçus: l'auteur a choisi ses

héroïnes et leur a assigné un rang hiérarchique dans la haute prêtrise

de la galanterie.

Les actrices de ce petit drame sont des parvenues, de naissance et

origines diverses.

L'assemblée à la _Villa du Nid d'Amour_ est suffisamment hétéroclite:

nous y trouvons la fille du faubourg, coudoyant la femme pervertie du

commerçant honnête, à laquelle fait vis-à-vis la dame _raisonnable_ et

d'âge presque mûr qui donne de _sages_ conseils à la jeune fille de

bonne famille «folle de son corps», enfin toute l'assemblée s'incline

devant la hautaine courtisane à la mode qui tout à l'heure criera,

suppliera sous les cuisantes morsures de la verge. La principale scène

de flagellation a lieu sur un yacht, en pleine Méditerranée. Ce yacht

est commandé par un anglais de goûts bizarres, nommé Sir Ralph. A bord

une nièce de ce dernier, une jeune femme d'admirable beauté du nom de

miss Violet Stafford, maîtresse de Sir Ralph, et la courtisane dont j'ai

parlé, formaient l'élément féminin qui devait entrer en scène.

Le premier sujet d'une castigation fut miss Violet, qui pour une

peccadille commise un mois auparavant, fut fouettée sans pitié. La

courtisane française avait assisté avec grande surprise à la punition de

sa jeune amie anglaise, et même essayé de dissuader les bourreaux de

leur action infâme. Aussi, je laisse à penser l'indignation qu'elle

ressentit lorsque son amant l'informa tranquillement que son tour était

venu. Je cite son propre récit que l'auteur lui fait raconter à des

amies:

«Je crus qu'il plaisantait et je me mis à rire. Mais lui se tenant

debout, le fouet à la main me dit placidement:

«Allons, Nini, déshabillez-vous, la belle!

Comme je le regardais, hébétée, pétrifiée d'étonnement, il reprit

criant presque:

«Allons... fais vite,» et au même instant son fouet s'abattait

cinglant mes épaules.

«Je poussai un cri de douleur et de rage, et bondis comme une tigresse

pour lui arracher le fouet: deux coups rapides me firent battre en

retraite.

«Nous étions restés seuls. Je courus vers la porte; elle était fermée

en dehors.

«Assassin! misérable lâche!» m'écriai-je éperdument; à chacune de mes

exclamations, le fouet retombait sur mes épaules.

«Sir Ralph, d'une voix calme, me disait:

«Prends garde à la figure. Je ne voudrais pas te blesser.» Puis, il

continuait, par saccades: «sois raisonnable... déshabille-toi, ou...

j'emploie la force--Osez donc, misérable! criai-je de nouveau.»

Et la scène se continue entre amant et maîtresse jusqu'à l'intrusion de

nouveaux témoins qui vont prêter appui à l'orgie sanguinaire qui va se

dérouler.

Les détails qui accompagnent les descriptions m'empêchent de les citer.

C'est, je crois, le livre le plus érotique qu'il m'ait été donné de lire

en anglais.

=Théâtre des cruautés des hérétiques au XVIe siècle.=--Reproduction du

texte et des gravures de l'édition française de 1558. Publié sans doute

à Londres, 96 pages.

=Prison Characters= DRAWN FROM LIFE WITH SUGGESTIONS FOR PRISON

GOVERNMENT. FEMALE LIFE IN PRISON BY F. W. ROBINSON[55].

[55] Caractères de la prison (en Angleterre); basé sur la vie, avec

conseils au gouvernement des prisons. Vie des femmes en prison, par

F. W. Robinson.

Deux illustrations, deux volumes, 736 pages.

=Les duels par la flagellation.=--Je viens de passer rapidement en revue

les principaux ouvrages, où des auteurs talentueux ou nuls se sont

efforcés de nous raconter par «des scènes vécues» (?) disaient-ils

presque tous, que la flagellation fut, est, et sera toujours à l'ordre

du jour, qu'elle fait partie intégrante de notre vie. Je suis loin de

les approuver, considérant plutôt les malheureux adonnés à cette

pratique comme des malades, et rien de plus. Cependant, il est des

circonstances où le fouet ou le bâton ont joué un rôle prépondérant. Je

me souviens avoir lu dans les journaux américains, il y a quelques

semaines à peine, que deux habitants du pays, qui s'étaient voués une

haine mortelle, dont la jalousie était la base (cherchez la femme) ont

trouvé un ingénieux moyen de mettre fin au conflit qui les séparait.

Attachés tous deux solidement à deux arbres vis-à-vis, n'ayant que la

main droite de libre, et cette main armée d'un gourdin, ils se sont

administrés réciproquement une telle volée de coups, qu'il est plus que

probable qu'ils ont trouvé dans la mort l'unité qu'ils n'avaient pu

avoir de leur vivant. Voilà un duel, qui, je crois, ne sera pas goûté de

sitôt dans la vieille Europe. Mais en Amérique...

*

* *

Le _Journal illustré_, dans son numéro du 4 mars 1900 donne en première

page une gravure représentant un duel au fouet entre deux charretiers,

duel qui se termina tragiquement, l'un des deux combattants ayant eu

l'oeil crevé.

Voici les faits tels que les a relatés _le Petit Journal_:

«Deux charretiers, Georges Falga et Emmanuel Ricci, âgés vingt-trois

ans et vingt-six ans, vivaient en paix... lorsqu'à La

Garenne-Colombes, où ils demeurent, ils firent la connaissance d'une

fort jolie fille dont ils s'éprirent éperdument et que tous deux

désiraient épouser. Falga, plus heureux que son rival, ayant obtenu,

avec le consentement du père, celui de la jeune personne qui ne

voulait pas de Ricci parce qu'il est Italien, s'empressa de faire part

à ce dernier du résultat de sa démarche.

Furieux d'être ainsi évincé, l'Italien jura de se venger.

Hier matin, vers six heures, comme les deux rivaux, avant de se rendre

à leur travail, prenaient leur repas dans un débit de la Garenne, une

violente discussion s'éleva entre eux, à propos du prochain mariage de

Falga, et de grossières invectives furent échangées. Ils allaient en

venir aux mains, lorsque d'autres charretiers, témoins de la scène,

s'interposèrent et proposèrent aux deux hommes d'aller vider leur

querelle dans un duel en champ clos.

L'arme choisie serait le fouet dont chacun d'eux était armé. Les

conditions de ce singulier duel réglées, Falga et Ricci, suivis de

leurs témoins allèrent se placer dans un terrain situé à quelque

distance du débit.

Mis en face l'un de l'autre, chacun tenant son arme, les combattants,

qui, au préalable s'étaient dévêtus jusqu'à la ceinture, attendirent

le signal et se mirent immédiatement à se cingler consciencieusement

le visage et le torse de terribles coups de fouet.

D'énormes zébrures, laissant échapper le sang, ne tardèrent pas à

apparaître sur la peau des deux adversaires, qui redoublant d'ardeur,

se frappaient comme des sourds. Le combat durait depuis quelques

minutes, lorsque tout à coup, Ricci poussa un cri terrible et

chancela. Le fouet de son rival venait de lui atteindre l'oeil.»

=Les corrections conjugales et les littérateurs, anciens et

modernes.=--Cette grave question: Doit-on ou ne doit-on pas battre sa

femme? a fait couler des flots d'encre à pas mal de littérateurs.

Il est bien un vieux proverbe qui dit «qu'il est permis de battre sa

femme, mais qu'il ne faut pas l'assommer», et comme il est

universellement reconnu que les proverbes sont la sagesse des nations,

nous devons prendre celui-là en bonne part.

«Battre sa femme, dit M. Esquiros, est un usage fort ancien dans le

monde et notamment en France... Toutes les sociétés commencent, comme

l'humanité, par l'état sauvage, lequel entraîne toujours l'emploi

aveugle de la force. De vieilles cérémonies religieuses consacraient

même cet usage en plusieurs provinces; le droit en était accordé au mari

comme une franchise.»

*

* *

En Angleterre, écrit M. Larcher, la loi qui permettait au mari de battre

sa femme _gratuitement_ a subsisté jusqu'en 1660.

Depuis ce temps, moyennant une faible amende, tout mari anglais peut

infliger de rudes corrections à sa femme.

A notre époque, dans ce pays, il ne se passe pas une semaine, pas un

jour même, sans qu'une feuille publique, soit de Londres, soit de la

province, n'annonce qu'un mari a horriblement maltraité sa femme. Ces

actes de brutalité conjugale sont depuis longtemps si communs en

Angleterre, que le public n'y donne plus aucune attention; ils passent

en quelque sorte inaperçus. On se dit: «Ce n'est rien, c'est un homme

qui a corrigé sa femme,» tout aussi simplement qu'on se dirait: «Ce

n'est rien, c'est un homme qui a battu son chien.» Il est même à

supposer que les chiens, s'ils subissaient les mauvais traitements que

subissent un grand nombre de femmes, trouveraient plutôt des défenseurs

que ces dernières... Dès l'instant que de tels actes de barbarie ne

soulèvent plus l'indignation publique, le devoir des législateurs serait

d'aviser au moyen d'y mettre un terme... Est-ce au mari, au mariage ou à

la femme qu'il faut s'en prendre? Que l'on cherche et l'on trouvera.

*

* *

Une bonne correction, dit Salomon, vaut mieux aux femmes qu'un collier

de perles.

*

* *

Tilly fait la remarque que les femmes résistent souvent aux plus nobles

procédés, et sont presque toujours subjuguées par le charme des plus

mauvais traitements.

*

* *

Le _Petit Bleu_ du 15 mars 1900, publiait l'entrefilet suivant:

=Battu et ridiculisé.=--MONTLUÇON.--Il existe à Montluçon une vieille

et originale coutume locale qui veut que tout mari qui se laisse

battre par sa femme soit promené par la ville la tête coiffée d'un

bonnet de coton, une quenouille en main en guise de sceptre et monté à

l'envers sur un âne.

Cette pratique quelque peu comique est toujours en vigueur. Aussi,

avant-hier soir, vers six heures, à la sortie des usines, plus de

trois mille personnes se trouvaient-elles sur le pont Saint-Pierre et

aux abords pour voir passer un cortège de mari battu.

Le patient était un ouvrier d'usine, à qui sa femme avait donné une

maîtresse gifle à la suite d'une querelle conjugale, et à qui ses

camarades d'atelier appliquaient la peine encourue en pareil cas,

suivant le rite usité.

Le malheureux, cavalcadant à l'envers sur un âne de marinier, le chef

ceint d'un casque à mèche et portant dans le dos une pancarte

infamante, où étaient écrits ces mots: «Battu par sa femme et

content,» fut promené par toute la ville, essuyant les lazzis les plus

sanglants d'une foule sans pitié.

*

* *

Bien d'autres auteurs ont agité cette question, mais les citer tous

m'écarterait sensiblement de mon programme.

*

* *

=A l'ombre.=--Traduit pour la première fois de l'Anglais pour la Société

des Bibliophiles, 1 volume, in-18º papier vergé. (Édité à 10 francs.)

Dans son prospectus, l'éditeur de cet ouvrage dit:

«Il est assez délicat de donner une idée du livre, vu sa nature

ultra-légère. Contentons-nous de dire que ceux que ne choquent pas les

robes qui se retroussent et les cotillons qui découvrent ce qu'ils

devraient cacher, ceux-là, disons-le, trouveront leur compte dans ce

volume singulièrement pimenté. Est-il besoin d'ajouter que l'application

de la verge et de la main sur d'affriolantes rondeurs y joue un rôle

prépondérant; c'est un des traits caractéristiques de cette sorte de

littérature, et, dans cet ouvrage, c'est pour ainsi dire à chaque page

que se manifeste ce goût étrange dont tant d'ouvrages sérieux ont

affirmé et commenté l'existence.»

=Les Loups de Paris=, par JULES LERMINA[56].--Ce n'est pas sous un titre

semblable que l'amateur d'ouvrages sur la flagellation, penserait

trouver une terrible scène de fustigation. Le hasard--qui fait parfois

bien les choses au profit des bibliomanes--m'a fait rencontrer ce livre

qui, à première vue, semble être un roman-feuilleton fort banal. En le

feuilletant, j'y ai trouvé quelques études intéressantes, où le document

n'est pas dédaigné, mais l'auteur, obéissant aux lois inexorables de la

compréhension populaire, a dû mettre sa tâche à la hauteur de Mme

Pipelet qui s'en est donnée à coeur joie: des massacres, cambriolages,

vols avec effractions, assassinats: «O ma chère! c'est palpitant.»

[56] Grand in-8º, avec un frontispice en couleurs (grande

chromolithographie pliante).

Arrivons au passage qui nous intéresse. Il s'agit d'une tentative

d'évasion dans un bagne. Le forçat coupable est condamné à recevoir

cinquante coups de bâton. Je cite textuellement:

On entraîna le coupable. Entraîner n'est pas le mot propre, car il

suppose résistance. Et il se laissait faire, comme s'il n'eût été

qu'une masse inerte...

Les forçats avaient été convoqués, selon l'usage, pour assister au

châtiment, à l'expiation...

L'évadé fut dépouillé jusqu'à la ceinture...

Un condamné à vie s'avança tenant en main l'instrument du supplice. En

cette année-là, on faisait l'essai d'un fouet d'importation anglaise,

le _cat-o-nine tails_, touffe de neuf lanières, garnies de petites

balles de plomb.

L'exécuteur fit siffler dans l'air le cuir, qui rendit un bruit sec

comme un coup de feu.

Le condamné resta immobile, les poignets appuyés sur le billot de

bois.

Il faut dire que chaque coup du _cat-o-nine tails_, était compté pour

dix coups ordinaires. C'était donc cinq rasades seulement, terme

consacré, que le patient devait recevoir.

Un!... Son dos se marbra de bleu et de rouge.

Il ne remua pas.

Deux! Il y eut du sang.

Même immobilité.

--Diable! fit un des assistants, voilà une forte nature. Qui se serait

attendu à cela? Ordinairement, on tombe au troisième.

Bah! ce sera pour le quatrième.

Mais le troisième tomba net sur les épaules l'homme...

Le quatrième enleva quelques lambeaux de chair...

L'autorité n'en revenait pas. Ce fouet britannique ne remplissait pas

les conditions du programme...

--Cinq!

C'est fait. Le condamné se redressa. Il y avait là un baquet rempli

d'eau dans laquelle on avait fait dissoudre quelques kilos de sel

marin.

--Vous permettez? demanda-t-il.

Et sans attendre la réponse, il plongea dans l'eau la toile grossière

qui servait d'éponge, et le liquide ruissela sur ses épaules...

Il ne frémissait même pas. Et cependant, à voir la chair écrasée, la

douleur devait être atroce...

Mais lui, sachant que, sa peine subie, il rentrait dans les rangs, à

sa place, alla se mettre dans le groupe des forçats, endossant la

casaque dont on l'avait dépouillé...

--C'est une mystification, dit un surveillant.

De fait, ils étaient tous consternés.

--Il y a un autre condamné, fit un garde-chiourme. On pourrait

essayer.

--Soit...

La condamnation était moins grave. Vingt coups, ce qui se résolvait en

deux coups de fouet de nouvelle invention...

--C'est l'exécuteur qui a le poignet trop mou, objecta quelqu'un.

Celui qui venait de recevoir les cinq coups dit, mettant le bonnet à

la main:

--J'offre de frapper le patient.

--Tu n'auras pas la force.

--Essayez.

--Soit.

Le forçat qui avait encouru la peine, pour quelque peccadille

d'insubordination, était un énorme colosse dont les épaules, le torse,

le _râble_ semblaient taillés en plein bronze...

Il se posa, arrogant, défiant du regard le poignet fin et sans doute

faible de cet exécuteur de hasard.

--Bonne affaire! murmura-t-il. Si celui-là me démolit...

Il n'acheva pas.

On entendit un cri, un râle.

L'homme était par terre, crispant ses ongles au sol.

Un seul coup du _cat-o-nine tails_ l'avait abattu.

Le médecin s'approcha... Une sorte de gloussement sortait de sa

poitrine, tandis qu'une écume rougeâtre souillait ses lèvres.

--Il ne résisterait pas au second coup, dit le médecin. Bien heureux

s'il réchappe de cette première alerte...

C'était fait.

Les gardes-chiourmes appelèrent les hommes à la grande fatigue.

=La flagellation dans la gravure, la caricature, en politique.=--Là

aussi, la flagellation a joué un rôle important. Mais cette partie

demande une étude spéciale. Je ne citerai donc que quelques exemples.

Qui ne se rappelle le numéro publié par le _Le Rire_, entièrement

illustré par le dessinateur Willette? Une des gravures, la plus amusante

peut-être, représente un intérieur britannique, et, cependant que le

père lit la _Bible_, la mère éponge le postérieur d'une fillette.

Légende: _En Angleterre, les petites filles sont bien gentilles, mais

trop souvent fouettées._

*

* *

Au moment où j'écris ces lignes, _La Caricature_, journal satyrique

donne en première page un dessin représentant la reine Victoria,

flagellée vigoureusement par le Président Krüger. Cette caricature,

considérée à juste titre comme outrageante, a eu un immense

retentissement de l'autre côté du détroit.

Dans son numéro du 30 avril 1800, _Le Courrier français_ donne un

merveilleux dessin de Willette à propos du rétablissement de la

flagellation en Virginie. La légende du dessin porte:

«Les journaux publient une dépêche de New-York annonçant que

l'Assemblée législative de l'État de Virginie a voté une loi

permettant d'appliquer les châtiments corporels en public.

«La première à qui cette loi a été appliquée est une jeune fille de

dix-huit ans qui a été fouettée sur la place publique de Manassas,

parce qu'elle avait des relations immorales avec un clergyman.»

Sans commentaires.

Une petite brochure vient de paraître, sous le titre. =Les Crimes des

couvents=[57], qui contient des détails si révoltants sur des faits qui

se sont passés dernièrement, d'une telle férocité que le sujet mérite

d'être étudié à fond.

[57] B. GUINAUDEAU.--LES CRIMES DES COUVENTS.--L'exploitation des

Orphelins. Paris, 1889. 1 brochure de 72 pages, 50 centimes.

Je réserverai donc cette étude pour un autre ouvrage, car ici, la place

me fait défaut.

=Traité du fouet, et de ses effets sur le physique de l'amour, ou

aphrodisiaque externe.=--Ouvrage médico-philosophique, suivi d'une

dissertation sur les moyens d'exciter aux plaisirs de l'amour, par D...

(Doppet) médecin, 1788, 1 vol. in-18 de 108 pages, plus 18 feuillets

préliminaires.

Le _Traité du fouet_ est une imitation plagiaire du traité de Meibomius,

dont j'ai déjà parlé. Ici tout est libertinage et satire grossière. Le

lecteur n'y apprendrait rien d'utile; en revanche, il y peut trouver les

moyens de ruiner sa santé, car l'ouvrage contient une pharmacopée très

étendue des plus actifs aphrodisiaques, réduits en électuaires formulés,

suivie d'une liste raisonnée des plantes analogues à la vertu de ses

récipés.

J'ai sous les yeux une réimpression de ce volume qui porte: Londres,

1891. Cette édition est précédée d'une _notice bibliographique_ dont je

cite quelques passages intéressants:

L'auteur du _Traité du fouet_ est François-Amédée Doppet, médecin,

littérateur et général français, d'origine savoisienne, né a Chambéry

en mars 1753, et mort à Aix (Savoie) vers l'an 1800. Sauf Quérard,

_France litt._ et la _Biogr. génér._ de Hoefer qui donnent

l'énumération exacte de ses nombreux ouvrages, il n'est guère

brièvement cité par les autres biographes, que pour l'ouvrage qui nous

occupe.

La première édition a pour titre: _Aphrodisiaque externe_, ou _Traité

du fouet et de ses effets sur le physique de l'amour, ouvrage

médico-philosophique suivi d'une dissertation sur tous les moyens

capables d'exciter aux plaisirs de l'amour, par D***_, sans lieu

d'impression (Genève) 1788, in-18 (disent Brunet, Graesse et le comte

d'I***), in-16 (disent Barbier, Quérard et Hoefer) de 158 pages.

Il est à remarquer que tous les biographes indiquent _Genève_ comme

lieu d'impression, tandis que la _Bibliographie_ du comte d'I***,

seule, indique _Paris_.

La _Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes_, etc.

Turin et San Remo, 1871-1873, en annonçant, au _Traité du fouet_, une

figure-frontispice, qui n'a jamais existé que dans l'imagination un

peu vagabonde des éditeurs, ajoute que le _Médecin de l'amour_ paru à

_Paphos_ (Paris) en 1787, in-8º, est un essai du même ouvrage. C'est

une profonde erreur. Le _Médecin de l'amour_, est tout simplement une

véritable histoire médico-romanesque n'ayant aucun point de

ressemblance avec le _Traité du fouet_.

*

* *

Il se rencontre aussi des exemplaires de cette édition originale

portant un titre ainsi libellé: _Traité du fouet_, ou _Aphrodisiaque

externe_, etc. A Paris, chez les marchands de nouveautés.

Une réimpression à très petit nombre a eu lieu à Paris ou à Lille, au

commencement de ce siècle (1820 à 1825). Cette édition contient 108

pages, la table comprise; elle porte sur le titre, pour épigraphe, un

passage latin, tiré de l'ouvrage de Meibomius. Elle est bien imprimée,

son bon papier ordinaire collé, d'une teinte légèrement bleuâtre.

*

* *

Il est à remarquer que la seconde partie de cet ouvrage, intitulée:

_Dissertation sur tout les moyens capables d'exciter aux plaisirs de

l'amour_, ne fait point partie essentielle du _Traité du fouet_. C'est

plutôt une pharmacopée aphrodisiaque très curieuse.

Aussi cette partie a-t-elle été détachée de l'ouvrage et reproduite

avec des annotations, depuis peu, à l'étranger.

On y a même joint un frontispice très épicé, dont l'allégorie, aussi

frappante qu'ingénieuse, rappelle d'une façon toute gaillarde, le

souvenir des _Fleurs animées_ de Granville.

=Histoire des Flagellans=, où l'on fait voir le bon et le mauvais usage

des Flagellations parmi les chrétiens, par des preuves tirées de

l'Écriture sainte, etc., traduit du latin de M. L'ABBÉ BOILEAU, docteur

de Sorbonne (par l'abbé Granet), Amsterdam, chez Henri Sauzet, 1732 (1

vol. in-12).

_Diverses éditions en latin, français et anglais._

--Tout est vraiment digne d'attention dans ce livre, publié vers la fin

de l'année 1700, par l'abbé Boileau, frère du célèbre Despréaux. Cet

excellent écrit que l'abbé Irailh, a eu le grand tort d'appeler un livre

saintement obscène traduit en français dès 1701, puis en 1732 par l'abbé

Granet, l'éditeur des oeuvres du savant de Launoy, n'excita pas moins,

quand il paru une grande rumeur parmi les moines, les théologiens et

surtout chez les jésuites, soit à cause des opinions jansénistes

imputées à l'auteur, soit par une suite de cette déplorable prédilection

que les jésuites ont toujours eue pour la _discipline d'en bas_. Le père

du Cerceau et l'infatigable controversiste Jean-Baptiste Thiers, curé de

Vibraye, s'emportèrent cruellement contre l'abbé Boileau. De leur côté

les moines et les moinesses firent grand bruit. Mais de réfutation

concluante, il n'en parut aucune.

L'abbé Boileau poursuit, en dix chapitres, la flagellation, spécialement

la flagellation volontaire, depuis son origine jusqu'à son époque, sous

toutes ses formes et ses prétextes, comme une indigne coutume née du

paganisme et de l'esprit de libertinage.

Ne fait-il pas beau voir le père Girard donnant la discipline à la belle

Cadière, pour commencement de satisfaction, et cela, parce que liberté

pareille a été prise, sans encombre de chasteté, par saint Edmond,

Bernardin de Sienne, et par le capucin Mathieu d'Avignon?

A en juger par la nature humaine, qui est la même partout, la

flagellation du christianisme n'a pas eu d'avantages sur celle des

lupercables, et dans le nombre des dévotes fouettées, nous avons dû

avoir autant de femmes compromises que les Romains.

HECTOR FRANCE dans «=Le Péché de soeur Cunégonde=» (Paris s. d. In-4º

illustré) nous donne une très amusante scène de pénitence religieuse. Je

cite textuellement:

«Cependant, ce n'était pas de l'_Ave Maria_ dont s'occupait une

religieuse, car en passant devant une porte sur laquelle était écrit

le nom de _soeur Sainte-Irène_, on entendit le bruit de ce que

Rabelais nomme une _Cinglade_, mais une cinglade timide et molle,

précédée et suivie de petits gémissements.

--Restez là, dit monseigneur à la petite fille en s'arrêtant et

frappant trois coups. Peut-on entrer? ajouta-il.

--Je me meurtris aux épines de la mortification, répondit une voix

plaintive.

--Quelle mortification?

--Je me flagelle.

--Eh! ma soeur, dit le directeur en poussant la porte qu'il referma

sur lui, c'est sur la chair qu'il faut frapper, ma soeur, la chair! la

misérable chair! Avez-vous le cordon de _Jésus-Marie-Joseph_?

--Oui, monseigneur, le voici.

--Allons, plus haut, retroussez votre tunique de lin!

Et presque aussitôt la petite fille, terrifiée, entendit les

cinglements de la corde devenir plus stridents, et à chaque coup

s'accentuer les plaintes.

--Invoquez le nom de Jésus, dit le prélat et les épines de la

mortification se changeront pour vous en feuilles de rose.

--Oh! doux Jésus! dit la soeur.

--Les morsures de la flagellation se tourneront en suaves blandices.

--Oh! doux Jésus!

--Les souffrances du martyre en jubilation.

--Oh! doux Jésus!

--Les angoisses de l'agonie se transformeront en céleste béatitude.

--Oh! doux Jésus! Grâce, monseigneur! vous frappez trop fort.

--«Alors Ponce Pilate, après avoir fait fouetter Jésus, le livra aux

Juifs pour être crucifié.» C'est en mémoire de cet acte que notre

sainte patronne Élisabeth de Hongrie livrait sa chair à la

flagellation et la sainte ne se plaignait pas de la violence du pieux

Conrad. Elle disait à chaque coup: «Plus fort, très cher père Conrad,

plus fort!» Aussi elle est assise à la droite du Père.

--Plus fort, monseigneur! Frappez sur ma misérable chair. Oh! doux

Jésus! Aïe! Aïe!

--Le sol est durci sous la lourde pression de vos péchés, il faut

frapper, ma fille, pour pouvoir enfoncer la racine de vertu.

--Oh! doux Jésus! Quelles délices! oh! doux Jésus! monseigneur! Oui...

enfoncez... la... racine... de... vertu... Oh! Joies du Paradis!

--Vous avez gagné 643 jours d'indulgence plénière, agenouillez-vous,

priez et réjouissez-vous.

--«Réjouissons-nous! J'ai vu la rosée tombée du ciel, j'ai vu la

chaste nuée d'où le juste est sorti, j'ai vu le désiré, j'ai vu le

rejeton de David, j'ai vu le fils de la Vierge, j'ai vu le Messie,

j'ai vu Emmanuel, j'ai vu Jéhovah, notre juste, c'est en mon Jésus! Il

va bientôt venir. Oh! Joies du Paradis!»

--_Amen!_ Le voici, ma soeur!

--Jésus! Marie! Joseph!

--Courbez plus bas la tête, ma fille.

--Ah! doux Jésus! L'esprit saint est en moi! Et la petite fille, qui

écoutait toute tremblante, n'entendit plus que des soupirs étouffés.

Sans doute la soeur Sainte-Irène, touchée par l'onction intérieure de

la grâce, demeurait plongée dans la contemplation des perfections

infinies et noyée dans une amoureuse union avec le fils du Père

éternel... ou avec son ministre, Mgr de Ratiski... Mystère[58]!...

[58] Une curieuse gravure illustre ce passage.

HECTOR FRANCE.--=La pudique Albion. Les nuits de Londres.= 1 vol. in-18º

jésus, 332 pp. (Paris, 1885).

Dans ce volume, page 203 commence un chapitre intitulé _Filles fessées_.

Comme ce chapitre occupe 13 pages, je ne puis le citer en entier,

quoiqu'il en vaille la peine. Voici quelques-uns des passages les plus

pittoresques:

*

* *

«Traversant un matin un corridor pour se rendre à sa classe, il (La

Cecilia, professeur de français à cette époque) entendit des

supplications suivies d'un bruit ressemblant a ce que nos pères

appelaient une _cinglade_, et nous, une forte fessée. Or, comme les

plus jeunes élèves de l'école n'avaient pas moins de douze ans, le

châtiment lui parut si extraordinaire en raison de la pudibonderie

anglaise qu'il prit avec toutes sortes de précautions, des

informations sur la nature de ce bruit insolite, près de la

sous-maîtresse assistant à son cours.

--Oh! répondit-elle en rougissant un peu, c'est une petite fessée

(_little whipping_) qu'on a infligée à cette mauvaise tête de miss

O'Brien.

Miss O'Brien était précisément une des plus grandes élèves, superbe

Irlandaise de dix-sept ans mais qui en paraissait vingt, tant la

nature avait pour elle été prodigue.

--Vous ne voulez pas dire, répliqua La Cecilia stupéfait, qu'on a

donné le fouet à cette grande fille?

--Parfaitement, «le fouet», comme vous l'appelez; c'est l'usage de la

maison.

*

* *

Voici une lettre reproduite dans ce livre; elle est d'un gentleman nommé

G. Ferguson:

«Quant à l'abominable pratique de fouetter les jeunes filles dans les

écoles, écrit-il, je veux vous relater ce qui vient d'arriver dans une

pension du nord de Londres à une jeune personne dont je suis le

tuteur. Elle a dix-huit ans et y fut envoyée pour terminer sa dernière

année d'éducation. Un soir, une des plus jeunes du pensionnat,

fillette de douze ans, ayant été fort désobéissante, la maîtresse

ordonna à ma pupille de fouetter, en sa présence, la petite dont elle

retroussa aussitôt, elle-même, les jupons. L'autre naturellement,

stupéfiée de cet ordre, refusa nettement de l'exécuter. Alors, la

maîtresse, après avoir fessé très sévèrement la fillette, conduisit ma

pupille dans la classe où sept ou huit autres de ses compagnes

travaillaient, leur disant qu'elle allait faire un exemple. Elle

ordonna à la jeune fille d'ôter sa robe et son pantalon, la menaçant,

si elle n'obéissait pas, d'envoyer chercher le maître d'allemand pour

la déshabiller. Affolée, elle céda et fut contrainte de se tenir

devant ses camarades dans la plus humiliante et la plus indécente des

attitudes, la moitié de ses effets enlevée et l'autre moitié

retroussée jusque sur ses épaules, tandis que la maîtresse la frappait

avec une verge de bouleau jusqu'à ce que le sang ruisselât sur ses

cuisses; alors seulement elle s'arrêta et l'envoya au lit.»

*

* *

Je détache ce passage de la lettre d'une dame:

«L'âge où le fouet agit le plus efficacement sur les jeunes personnes

varie entre quinze et dix-huit ans. C'est l'époque où les passions

fermentent, prennent de la force, et il faut user d'un traitement

radical. Pour les filles plus jeunes, quelques coups de baguettes bien

appliqués sur le gras des jambes ou des bras produit d'ordinaire

l'effet désiré. Naturellement il n'est pas possible d'établir une

règle quant au nombre des coups. Tout dépend des tempéraments et des

caractères. Deux filles recevant le fouet ne se conduisent pas toutes

deux de la même façon sous la douleur; les unes ont la chair plus

sensible que les autres, mais en général, un coup par année est ce

qu'il y a de plus équitable et de plus logique. Ainsi douze coups pour

une fillette de douze ans. Une de trois lustres en recevra quinze et

ainsi de suite.»

«A cette théorie si simplement exposée», dit Hector France, «je

n'ajouterai pas un mot. Tout commentaire serait superflu».

MAURICE ALHOY.--=Les Bagnes; Histoire, types, moeurs,

mystères.=--_Édition illustrée._ Paris, 1845. Un volume grand in-8º de

480 pages.

Très intéressant ouvrage qui contient un long chapitre sur la bastonnade

et les punitions corporelles au bagne. Je cite les passages qui m'ont

semblé les plus intéressants au point de vue du document.

*

* *

De nos jours dans les bagnes, l'office de l'exécuteur existe encore;

mais ses fonctions se réduisent presque toujours à appliquer la

bastonnade, châtiment qui résume là, à quelque exception près, presque

toute la collection des peines... Le forçat voleur, faussaire, faux

monnayeur, vit sous la tutelle de la loi, qui semble morte pour lui

comme il est mort pour elle, et il peut commettre impunément tous les

crimes contre la propriété, il ne court risque que de se voir étendu

sur une souche qu'on nomme _banc de justice_, et frappé par un bras

vigoureux d'un nombre de coups de gercette ou corde goudronnée, qui

varie de dix à cent; et à moins que le condamné ne joue du couteau

contre son gardien, qu'il ne l'étouffe dans ses bras ou qu'il ne le

jette dans les flots, il rachètera tous les crimes par la

flagellation.

*

* *

Il y eut à Rochefort un forçat surnommé Jean le Bourreau, qui

accomplissait ses fonctions avec un appétit carnassier qui s'exaltait

tellement quand le sang venait à saillir, qu'il fallait mettre près de

lui plusieurs agents afin qu'il ne prolongeât pas le supplice du

patient au delà des limites fixées par le jugement. Cet homme était

d'une haute stature, et quoique bancal, sa force était prodigieuse.

Les cicatrices d'un coup de couteau dans la main et plusieurs autres

blessures dont les stigmates tatouaient ses membres, témoignaient de

la haine profonde qu'il inspirait. Les liens de la parenté ou de

l'intimité n'avaient aucune puissance sur la nature de cet homme; on

le voyait vers le soir attendre l'heure de la rentrée des condamnés,

comme le fauve qui guette un troupeau dans lequel il lui faut une

proie. Un jour on lui livra pour la correction son propre neveu,

forçat comme lui; et celui-ci fut si vigoureusement châtié par son

inflexible oncle, qu'il faillit perdre la vie.

J'ai vu à l'hôpital le forçat Pitrou, qui avait passé par les mains de

Jean le Bourreau jusqu'à vingt-cinq fois; il était impossible de

regarder sans horreur le corps de ce condamné: de la nuque au talon on

eût dit un spécimen de ces grandes figures d'écorchés qui servent aux

études anatomiques.

La bastonnade produit un effet qui varie suivant la nature du

condamné. Tel forçat n'éprouve, en la subissant, que la douleur

physique, tel autre en ressent un ébranlement moral qui le rend plus

indomptable ou le frappe d'atonie. Le fameux Pontis de Sainte-Hélène

reçut les coups de corde sans rien perdre de cette dignité qui

imposait même aux plus cyniques de la chiourme. Il subit ce châtiment

sans se plaindre, et dit qu'il ressemblait au Christ innocent et

flagellé. L'abbé Molitor, victime d'une cabale formée par ses

compagnons de chaîne, subit la bastonnade et oublia plus vite la

douleur que l'humiliation... M. le Dr Lauvergne cite un forçat,

voleur, incorrigible qui, chaque jour avant le ramas, venait régler

avec le commissaire la balance de ses larcins et de sa bastonnade.

*

* *

En Virginie, épisode de la guerre de sécession Précédé d'une étude sur l'esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d'une bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation · 第 68 / 88 题